Roman Polanski réalise avec "The Ghost Writer", un thriller passionnant, doublé d'une critique des politiques actuelles. Ewan McGregor incarne un "nègre" littéraire (un écrivain sensé rédiger les mémoires d'une personne importante, mais dans l'ombre, sans être connu et reconnu des lecteurs) qui est engagé pour sortir en bouquin les mémoires d'un ancien premier-ministre britannique (Pierce Brosnan), après que le précédent "nègre" et ami du politicien soit décédé au cours d'une mort plus que suspecte . Au début du film, le spectateur pense qu'il va assister à un thriller parano et psychologique, alors qu'il s'agit en fait de quelque chose de plus réaliste, et de plus actuel. En effet, il ne s'agit pas ici de simple meurtre à la sauce "complot" car en fait, dans l'intrigue principale, on s'en tape complètement de savoir comment, pourquoi, et par qui il a été tué... Ou plutôt on devrait s'en taper, puisque le spectateur est dérouté par ces intrigues parallèles liées entre elles et imagine que c'est ce meurtre qui va être résolu et non pas... Mais c'est tout de même ce macchabée qui est l'élément déclencheur de l'intrigue, et qui en est le fil conducteur ! Car c'est lui qui conduira notre "nègre" ou "Ghost Writer" en Anglais à enquêter et à tout découvrir. Le scénario est très bien ficelé, c'est certain, mais manque cruellement de rebondissements, ce qui fait que le tout soit très lent, et donc peu angoissant. La mise en scène de Polanski contribue cependant à rajouter une dose de mystère et de non-sens à ceci, elle est classe, sobre et très précise. La musique aussi déroute, Alexandre Desplat compose ici une belle partition elle aussi élégante et épurée. Au final, on a un thriller lent, stylé, moins parano qu'il n'y paraît et traitant de... Géopolitique !