Certains jeux vidéo au potentiel cinématographique nettement moins prononcé (au hasard, “Super Mario Bros”) ayant déjà eu droit au grand écran, il semblait très peu probable que lui aussi y échappe : Max Payne, flic tourmenté et violent, bien décidé à venger le meurtre de sa femme et de sa fille. Un événement qu’il est impossible d’ignorer, tant il nous est montré sous toutes les coutures via une dizaine de flashs-backs, dont l’intérêt décroît petit-à-petit, à l’image du reste du film. Parce que si prendre le soin d’installer une intrigue peut ressembler à une bonne idée, c’est toujours plus sympa quand le réalisateur possède un scénario un minimum consistant. Ce qui n’est absolument pas le cas ici, et rend la première heure d’autant plus ennuyeuse, en nous laissant tout le loisir de constater à quel point le casting entier ressemble à une grosse erreur, de Mark Wahlberg (aussi expressif qu’un flan dans le rôle titre) à Mila Kunis (“That 70’s show”), en passant par Amaury Nolasco (“Prison Break”) et le revenant Chris O’Donnell (aaah, “Batman & Robin”). Autre erreur : avoir confié la caméra à John Moore. Déjà à l’origine du calamiteux (mais néanmoins très drôle) “666, la malédiction”, le metteur en scène rate vraiment tout ce qu’il tente (à part, à la rigueur, un pauvre ralenti), y compris les scènes d’action, qui semblent dater du début des années 2000, époque à laquelle chacun essayait de copier “Matrix”. Du coup, forcément, “May Payne” donne l’impression d’ariver plusieurs années après la bataille. Et si le travail du directeur de la photo est à saluer (tout comme celui de la personne qui, au montage, s’est chargée d’aseptiser le film en ôtant toute trace de sang), le long métrage confirme un peu plus que les adaptations de jeux vidéo au cinéma tournent si souvent au navet que le genre en est devenu un véritable potager.