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Emmanuel Cockpit
97 abonnés
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2,5
Publiée le 8 mars 2025
Le sujet est puissant, son traitement original et les acteurs ont la sobriété et l’impact nécessaires pour marquer. Il manque cependant de la passion, de la profondeur dans l’analyse psychologique et la mise en scène terne ennuie vite. Dommage !
J’ai bien apprécié la première partie, celle où une chaîne de télévision s’apprête à enregistrer les témoignages de deux hommes pris dans le conflit nord-irlandais, une trentaine d’années auparavant. L’un était un jeune adolescent, le bourreau ; l’autre, un enfant, et frère de la victime dudit bourreau. Un enfant qui a vu l’adolescent tirer sur son frère alors qu’il tapait dans un ballon contre le mur de sa maison. L’adolescent aurait pu l’abattre, il s’en est allé. La journée qui nous est donnée à voir est centrée sur l’enregistrement. Alistair (Liam Neeson) le meurtrier et Joe (James Nesbitt), le frère de la victime sont parqués chacun dans une chambre d’un château qui sert de cadre à une éventuelle réconciliation. La chaîne de télé tient là un sujet fort et élabore un scénario. Les deux hommes ne doivent pas se rencontrer de suite. Alistair a accepté volontiers l’invitation, il est assis confortablement dans un fauteuil face à la caméra dans un salon, il se dit apaisé. Il commence son intervention qui n’est rien d’autre qu’une confession puis le preneur de son l’interrompt en raison d’un bruit. Il faut recommencer. Le ton solennel, grave, et cela se comprend compte tenu du sujet, est subitement cassé. Pourtant, Alistair reprend sur le même ton, il semble maîtriser ses émotions, tel un acteur. Joe est terriblement nerveux dans sa chambre. Il attend qu’Alistair ait terminé. C’est fait, il peut descendre le rejoindre, franchir la porte du salon où le meurtrier de son frère l’attend toujours assis dans un fauteuil. Plus d’une fois, Joe manque de satisfaire à ce rendez-vous télé. Plus d’une fois il veut abandonner. Il est venu en traînant des pieds. Sa nervosité est telle qu’on se demande si tout va bien se passer. On le sent instable. Rencontrera-t-il Alistair ou fuira-t-il au dernier moment ? Il descend les escaliers ; devant lui, la caméra avec le caméraman et sa suite dont le producteur. Un peu avant d’arriver devant la porte du salon, le caméraman qui a descendu les escaliers à reculons et malgré qu’il ait été guidé par un de ses camarades, manque la dernière marche. La marche de trop. Tout est à refaire. Joe, déjà nerveux n’est pas enclin à refaire la scène. Ce peut être l’alibi parfait pour fuir. Dans le salon, Alistair paraît à son tour nerveux, rien de comparable à Joe. Il entend et perçoit la colère de Joe dans le hall. Elle n’annonce rien de bon. Joe va-t-il franchir la porte du salon ? S’il passe la porte quelle sera sa réaction ? Acceptera-t-il ses remords, ses regrets ? Lui pardonnera-t-il ? L'agressera-t-il ? Alistair s'est levé de son fauteuil et se précipite vers la porte, focus sur la poignée. Je n’en dirai pas plus. Toute cette partie est mise en scène avec une intensité palpable. Il y a un petit air de thriller. Au lieu de filmer une rencontre naturelle, saisir une spontanéité, la chaîne télé choisit de mettre en scène et maîtriser les émotions de ces deux hommes rongés par un passé violent. A voir en V.O évidemment et pour découvrir durant cette deuxième partie l’issue de cette rencontre où Liam Neeson et James Nesbitt assurent.
Une histoire tragique qui a du marquer plus d'un homme dans cette guerre en Irlande, opposant Catholiques et Protestants, les Nationalistes et les Loyalistes, une guerre qui a pris ses racines bien avant ces tragiques évènements des années 70. Voir par le prisme de deux hommes comment leur vie a été gâchée, l'un pour avoir perpétuer un acte violent, l'autre pour ne pas avoir su l'empêcher, leur vie de doute qui s'est installé, de peur, de remords et de haine. Le film qui mène de front la petite et la grande histoire, tient surtout au rapport des deux acteurs qui se prêtent à ce jeu de face à face. Les blessures sont toujours ouvertes, les cicatrices ont du mal à se refermer et le film nous montre, que même si le temps passe le pardon n'est pas toujours facile à donner, et qu'il faut parfois se pardonner à soit même avant de pardonner aux autres.
Dans les années 60, pendant le conflit nord irlandais, un meurtre va changer la vie de deux hommes .. tiré d’une histoire vrai ce drame est très prenant Liam Neeson est une vraie valeur ajoutée dans ce rôle.
J’ai lancé un peu au hasard ce film, attiré par le pitch de base. Mais au final j’ai été déçu : le film n’exploite pas tant que ça le conflit irlandais de l’époque ce qui est dommage vu comme il est peu connu, et surtout, le concept de cette rencontre télé me paraît un peu surréaliste et paraît bien trop propre pour nous apporter du suspense. La fin du film est plus en accord de ce à quoi je m’attendais mais bon après 1h30 de film pas passionnant, ce n’est pas suffisant pour en faire un bon film. Dommage
Ce 5 minutes of Heaven est bien plus touchant que la chute, le film qui révéla Hirschbiegel. En ne s'appuyant que sur ses acteurs excellents et en évitant tout artifice, le réalisateur touche juste, là où ça fait mal. Bravo !
Oliver Hirschbiegel n'est jamais là ou on l'attend et après sa mauvaise rencontre avec Joel Silver le voila de retour chez la télé Anglaise. 5 Minute of Heaven est un téléfilm à la base cependant son concept même l'empêche d'être brider par cela. En racontant la rencontre entre un meurtrier et le frère de la victime dans un quasi huit clos, "5 minutes" n'avait pas besoin d'un énorme budget mais plutôt de 2 acteurs de talent et heureusement c'est le cas. Liam Neeson en retenue "affronte" James Nesbitt beaucoup plus cabotin mais tout en rage et en souffrance.Sans faire dans le tape à l'œil ou le lacrymal, Hirschbiegel se permet une construction stylés qui permet au téléfilm d'avoir sa place au cinéma sans rougir et surtout il dessine 2 magnifiques portraits d'hommes meurtris.
Motivé par la reconnaissance de son groupe, un jeune irlandais de 14 ans assassine un membre du gang ennemi. 30 ans plus tard, rongé par le remors, il est sur le point de rencontrer le seul temoin du meurtre : le frêre de la victime, qui s'est promis de venger son ainé. Ce film 'anti-violence' analyse et dénonce les causes et conséquences d'un acte irréflechi de jeunesse. Les deux acteurs principaux (Liam Neeson, et James Nesbitt, moins connu) jouent très bien les esprits torturés. Un film éducatif.
Cette approche originale du conflit irlandais est basée sur la question du pardon, plus de 30 ans plus tard, des crimes commis par une génération prise à parti au sein de cette terrible guerre civile. Si le premier tiers de la narration est une intense reconstitution de faits datant de cette période et que la suite est axée sur les magnifiques performances de Liam Neeson (qui se fait ainsi pardonner son piteux Taken) et de James Nesbitt interprétant un criminel en quête de rédemption et le frère d'une de ses victimes aussi effrayés l'un que l'autre de se rencontrer, la moralité simpliste est tout à fait decevante de la part d'Oliver Hirschbiegel.
Après un passage peu fluctuant par Hollywood, Hirschbiegel revient à un cinéma plus modeste et plus sec avec cette confrontation magistrale entre deux immenses comédiens, tendue et riche en émotion.
Une approche originale du conflit nord-irlandais, avec la confrontation du terroriste et de la victime 30 ans plus tard. Malgré cette louable volonté de se démarquer du reste de la production cinématographique du même genre, faut bien reconnaître la pauvreté de "Five minutes of heaven". L'analyse psychologique se résume à quelques phrases conventionnelles de Liam Neeson et surtout de violents accès de colère de la part de James Nesbitt. Vite soulant. L'esthétique du film est par ailleurs bien cheap, on dirait presque qu'il a été tourné dans les années 70. L'ennui vous prend à la gorge dès la 20 mn, quand l'histoire revient au présent en fait. On aurait presque envie que James Nebitt flingue Liam Neeson dès ce moment-là pour être débarrassé.
Il faut salement morfler pour n’être absolument pas sûr d’accéder à ces fameuses cinq minutes de délivrance. Du cinéma qui passe directement par les pores de la peau : on sent le sang affluer et battre dans les tempes, les souffles s’accélérer, la transpiration perler, les pensées déborder, dérailler. Œuvre très forte, intense, surprenante (quel bonheur de n’avoir vu aucune bande annonce, de découvrir ce film en direct), qui a le cachet d'un exercice abouti et hautement maîtrisé de fin d'étude, parce qu'il s’autorise à se laisser être et avancer comme il l'entend, sans en rendre compte à rien d'autre qu'à son propre fondement, s'appuyant sur les performances juste exceptionnelles, de James Nesbitt en particulier, tout bonnement hallucinant en type complètement brisé et ravagé par 33 ans de ressentiment, de ressassement. Ambivalence aussi du personnage de Liam NEESON dont on ne saura qu'à la fin ce qu’il en est de sa sincérité. Deux personnages rongés jusqu'à l'os ; ça commence comme un film classique, milieu des années 70 en Irlande du Nord, climat de guerre civile, des jeunes gars dans une petite ville qui veulent en découdre, mais le sort personnel et individuel de ces deux types va basculer hors du destin collectif et national. "Retrouvailles" organisées et mises en scène par une équipe de journalistes à l’affût DU moment de vérité nue, crue, qui se dérobe. Durée des situations, puis décharge (Liam NEESON qui se précipite dans la pièce d’à côté pour observer James NESBITT, rougeaud et nerveux, par la fenêtre ; flashback de la scène d'exécution). On touche du doigt l’irréconciliable, l’ultime, l’impossible pardon, le lieu et la formule d’une rédemption arrachée.
Les acteurs jouent bien c'est tout, pour le reste l'histoire ne vaut pas un clou et la fin je vous raconte même pas à quel point la déception de ce film prend tout son sens, dommage que je doive classer ce film de "ennuyeux" car il y a des bons acteurs.