Le problème du dernier film de Christophe Honoré réside moins dans sa prévisibilité que dans sa platitude. On a beau promener son regard dans le cadre, à la recherche d'une once de richesse stylistique ou tout simplement de détails, il n'y a rien à faire : c'est vide. En d'autres termes, la mise en scène ne peut même pas se réclamer de l'étiquette " théâtre filmé " tant le rendu s'avère déplorable. Mouvements de caméra paresseux, montage maladroit, scènes d'amour filmées sans passion... C'est la quintessence même de la molassonnerie. Christophe Honoré parsème son métrage de dialogues faussement colorés, censés nous faire sourire par leur prétendue subtilité ; Chiara Mastroianni, pas foncièrement mauvaise en soi, s'embourbe ici dans le conventionnel et la redite. Seule Marina Foïs se débrouille tant bien que mal dans cette soupe informe. Bref, on a droit à l'énième drame sentimentalo-comique avec ledit film, une sorte d'objet sans saveur duquel se dégage un ronflement permanent, d'un côté de l'écran comme de l'autre. Le dernier Honoré, c'est le marasme auteuriste à la française dans toute sa splendeur : indigeste.
Après avoir réalisé des hommages appuyés à Demy, Honoré se meut dans la veine Téchiné/Desplechin/Assayas (conflits de famille, cadre provincial et parisien...), qui lui sied davantage, en dépit d'un air de déjà vu. Dans la seconde partie, le récit émeut, par une discrète musique mélancolique et des acteurs bien dirigés.
Voici un film difficile à noter car il est à la fois simple et flou, plein d'affects clair-obscurs, d'esquisses névrotiques. En le quittant, l'esprit torturé de l'héroïne laisse interrogatif. Inspiré par des éléments autobiographiques, Christophe Honoré nous fait là une sorte de "Madame Bovary" en la personne de Léna, personnage en quelque sorte rebelle, avide d'autonomie, d'évasion mais culpabilisé voire castré par sa famille (la mère surtout) et rattrapé par son récent divorce... L'enfant qu'est son fils se comporte comme un adulte quand elle, la mère, se démène névrotiquement dans l'infantilisation qu'on lui imprime. La séquence centrale du conte breton, désuettement réalisée et longuette, illustre, à travers l'histoire d'un amour impossible, l'impasse dans laquelle bute Léna, et révèle la peur de l'abandon qui l'étreint. La symbolique du propos semble parfois opaque. Marie-Christine Barrault campe, dans un jeu un peu trop théâtreux, une mamie douce-acide, qui voulant faire le bien fait le mal. A part Julien Honoré qui ne ressemble vraiment pas à ses soeurs, le casting est bon, en particulier Marina Foïs. Je n'ai pas apprécié cette façon de faire fumer sans cesse les personnages féminins quand elles cherchent à noyer leur malaise. Si Chiara Mastroiani assure le rôle de manière convaincue, elle reste moyennement convainquante. La subtile symphonie à cordes d'Alex Beaupain soutient la tristesse de fond. Le ton global du film s'avère nettement plus lourd et plus terne que dans 'Les Chansons d'amour' ; ça s'inscrit dans la lignée du précédent puisqu'on reste dans l'idée du refus de l'amour-passion, avec un côté 'Un Conte de Noël' mais sans le fiel. Autour de Léna, on épie, on calcule, on dissimule, on raisonne ou on joue la comédie pour tenter d'arranger les choses au mieux. Léna, farouche, aimerait refuser ces pièges de compromission or elle reste coincée entre le désir de fuir et une culpabilisation permanente qui lui pourrit la vie. Une névrose longue à résoudre.
J'ai lu beaucoup de critiques positives et des éloges concernant ce film. Concrètement, sous une réalisation discrète plutôt centrée sur la direction des excellents acteurs, qu'avons-nous ? Une tragi-comédie de moeurs qui retrace l'histoire d'une famille bourgeoise qui s'emmerde dans l'oisiveté d'un été. Les tourments, les névroses, les boutons sur lesquels chacun aime appuyer pour faire réagir l'autre, les victimes, les bourreaux, les sauveurs, les manipulateurs et les pervers narcissiques qui ne se distinguent presque plus. Outre le constat involontaire d'une pauvreté de pensée par la classe bourgeoise contemporaine -et ça ne date pas d'hier- je ne perçois rien de très bouleversant dans ce film. Le malheur transgénérationnel plus vrai que nature, pour ceux qui ne connaissent pas ça au quotidien, ça peut être aussi drôle que pathétique. Et personnellement, ma famille ne ressemble pas à ces hystériques au discours paradoxal !
Une histoire guère marquante, peu intéressante et un peu trop grise d'une famille où règne en permanence un état d'esprit très aigre servi par des dialogues qui ont plus l'air d'être théâtraux que d'être écrits pour le cinéma. Le refoulement du bonheur est une constante du film assez rebutante à regarder qui est au moins atténuée par la qualité d'interprétation des acteurs.
Que d'ennui et de désintérèt pour ce film, pourtant l'affiche prométait et laissait entrevoir une originalité. Que de déception tout au long de la projection, rien ne m'a totalement convaincu en particulier le scénario d'une longueur effroyable.Décidément les histoires de famille au cinéma ne me conviennent pas du tout, même réalisé par des metteurs en scène doués !!!!
Bon c'est quand même pas terrible. Une prise de son déficiente, des comédiens qui cabotinent, un réalisateur qui aiment la Bretagne tout ça ne fait pas un bon film. L'idée n'était pas neuve il fallait la rendre sublime. C'est pas le cas
La réalisation est un ton au-dessus de ce qu'on a l'habitude de voir actuellement du coup malgré le manque de corp de l'histoire le film reste agréable. Les acteurs sont aussi excellents.
Ce film s'embourbe dans sa réflexion sur... euh, sur quoi au juste? On ne peut pas dire que le sujet soit traité de manière très passionnante, du coup on ne s'y intéresse pas beaucoup. La mise en scène est terne, tout le monde cabotine joyeusement, et nous, on s'ennuie.
C'est sûrement le film le moins efficace d'Honoré. Alors oui la distribution est quasi parfaite (excepté Louis Garrel très fade et dont le personnage est peu utile au récit) mais le film est inégal. De très belles scènes sont disséminées parmi de longs passages bavards et ennuyeux sans aucun intérêt. On crie, on part, on revient, on parle (dialogues beaucoup trop écrits qui rompent avec le coté naturel de l'intrigue... d'ailleurs y'en a-t-il une?) Bref, au final sans vraiment s'ennuyer on reste sur notre fin. L'intermède très hypnotique de la danse bretonne est en rupture avec le reste du film car finalement c'est le moment le plus intéressant du film par sa forme et par le fond.
la première partie avait de quoi séduire. la maison de famille, les problèmes entre frères et soeurs, la séparation. brusquement, au détour d'une histoire racontée par le fils de Chiara Mastroiani, on tombe dans le n'importe quoi. une fête bretonne du XVIII ou XIXème siècle, sans aucun interêt, sans lien avec le film, une espèce de documentaire, qui dure dix bonnes minutes, comme si au beau milieu de la page pub à la télé vous passiez sur une autre chaine. on revient à l'histoire, et sans transition, on retrouve les personnages à Paris, dépressifs, excessifs, superficiels; on n'en peut plus de voir Chaira Mastroiani se débattre avec ses problèmes, entourée de seconds rôles qui n'amènent rien et surtout pas un embryon d'explication, tellement horripilante qu'on a terriblement envie qu'elle nous fiche la paix, qu'elle se foute en l'air, et que nous on puisse sortir. c'est pénible, ça n'amène à rien, ça se veut profond là ou on ne fait qu'effleurer les situations et les personnages, qui se succèdent dans des saynètes vraiment sans interêt : je mets une étoile pour les acteurs, très bons, mais Zéro pointé à un scénario brouillon et à une histoire mortellement ennuyeuse et nombriliste. du vrai grand cinéma chiant, et naturellement une critique encore entousiaste, je vais finir par aller voir seulement ce qui'ls qualifient de daube...
Nous sommes en Bretagne. Dans une belle longère, une famille se retrouve. Les parents, et leurs 2 filles avec leur enfants. Leur fils aussi et sa copine. La caméra s'attache à suivre la cadette qui vient de divorcer. La mère a invité l'ex mari à venir garder les enfants...Ce cadre familial est oppressant, on souffre avec cette fille (très jouée par Chiara Mastroiani)dont les proches ne semblent pas comprendre la douleur. On se dit qu'elle va finir par se suicider...Toute cette histoire de névroses aurait pu être un peu plus captivante, mais on s'ennuie ferme assez rapidement : des erreurs de réalisation (on voit des voitures qui passent en arrière plan lors d'une scène de danse censée se dérouler au moyen age...), un jeu d'acteur très moyen pour ce film au ton très parisien. Je me suis ennuyé ferme parce que j'ai pas dû comprendre ces douleurs de l'existence...Belle musique et quelques belles photos ne font pas un bon film.
Christophe Honoré nous offre là une énième histoire sur une famille en perdition, un thème récurrent dans ce genre de mélodrames intimistes. Une histoire plombée par sa narration morcelée, rendant brouillon la construction de cette fable pleine de symboles traditionalistes. Son principal atout est la très belle écriture des dialogues entre ces personnages qui n’ont pourtant rien à se dire, alors que son plus gros point faible est la mauvaise interprétation des membres de la famille (le casting laissait pourtant présager mieux !). Quand au quart d'heure de folklore breton, c’est triste à dire mais il est de trop!
On sent encore, une fois n'est pas coutume, l'essence de Pialat chez Christophe Honoré et ses acteurs habités, ténébreux, froids, romantiques, libres, sa caméra spontanée et au coeur des drames quotidiens intimistes. Mais cette fois, à la déception générale, il manque grâce et légèreté à un métrage plombant et parfois maladroit. Honoré sait toujours trouver l'émotion là où elle semble la plus évidente, et ses acteurs lui permettent de l'atteindre facilement. Mais sa construction sectionnée par la mise en image d'un conte breton qui s'étire en plein milieu coupe le film en deux et remet le spectateur sur les rails sans que celui-ci comprenne ce que signifiait cette jolie performance de reconstitution. Comme si avait germé dans le coeur d'Honoré (qui aime la bretagne) le désir de ce conte surréaliste et symbolique, et qu'au lieu d'en faire un court-métrage, son nouveau scénario de long se trouvait être le moment idéal pour faire un peu de remplissage, quitte à perdre du monde en route. Et c'est bien ce qui arrive ; ainsi servi, "Non ma fille, tu n'iras pas danser" se suit par chapitres invisibles mais soulignés (plus encore que chez Tarantino!), lourdement appuyés par une musique très imagée. Il y a pourtant plein de qualités, propres à Christophe Honoré en général (sa mise en scène est simple mais belle, sa direction d'acteurs incroyable, son esprit lunaire enivrant, ses dialogues ciselés, ses lumières végétales), mais il manque la maîtrise du sujet, la limpidité de l'architecture, et puis bien sûr il faut savoir apprécier ce milieu bobo exagérément posé et funeste, à la limite de l'hystérie de groupe post-soixantehuitarde. Les hésitations fusent mais, tout en donnant au film ce boîtement, la construction tripartite offre aussi la possibilité d'un rythme ternaire qui aurait tendance à nous bercer maladroitement, comme une valse à trois temps venue du fin fond de la bretagne. "Non ma fille, tu n'iras pas danser" reste grâce à son imperfection un beau film libre et par
Malgré de bons moments et de bons comédiens, le cinéma d'Honoré trouve ici sa limite et on ne retrouve jamais ce savant mélange de gravité et de légèreté qui faisait la force des précédents opus du cinéaste. Pas désagréable mais vain.