Autant j'ai accepté beaucoup de délires de Dario Argento, même pour "La Troisième Mère", mais là, avec ce film sorti en 1996, j'ai abandonné. Le réalisateur enchaine les succès (je précise que je n'ai pas encore vu le précédent, "Trauma" sorti en 1993) et puis en 1996, il nous sort un thriller très mou et très peu inspiré qui a pour thème le syndrome de Stendhal. Alors pourquoi pas, d'autant plus que ce syndrome est passionnant. De plus, la scène d'introduction donne directement le ton, on ne perd pas temps, la mise en scène d'Argento est toujours surprenante, elle nous plonge directement dans une toile pour que l'on vive avec le personnage ce syndrome si étrange (qui existe vraiment d'ailleurs). Mais malheureusement, de tout le film, nous n'avons que cette scène d'introduction qui captive autant qu'elle étonne ! Argento veut sortir un peu de sa zone de confort et nous pond un film qui n'est ni un giallo, ni un film policier, ni un film psychologique mais un mélange des trois et le résultat est raté, tout simplement. Tout part dans tous les sens, l'enquête est complètement reléguée au second plan, à tel point qu'on s'en fiche un peu, la fin prévisible n'étonne d'ailleurs personne. Le film se concentre principalement sur les problèmes psychologiques d'Anna, la policière chargée de l'enquête, et c'est long car il n'y a pas grand-chose de d'intéressant ou captivant, surtout que le film dure deux heures ! On attend alors la fin avec impatience. De plus, en ce qui concerne la mise en scène, mis-à-part la scène d'introduction et celle dans la chambre au début du film, rien n'est vraiment inspiré. on se demande d'ailleurs où est passé le style du réalisateur. Nous avons de plus des effets numériques assez moches (bon le film a au moins le mérite d'être le premier à les utiliser dans le cinéma italien) et qui ne servent, pour la plupart, pas à grand-chose. En ce qui concerne les acteurs, Asia Argento joue plutôt bien, bien qu'elle soit souvent en roue libre, et Thomas Kretschmann et constamment en surjeu. "Le Syndrome de Stendhal" est donc un film bien décevant pour un réalisateur qui fut, pendant deux décennies, le maitre de l'horreur.