Au cours de sa carrière, Steven Soderbergh a abordé divers genres et thèmes avec ses réalisations ("Kafka", "L’Anglais", "Hors d’Atteinte", "Traffic", "Bubble", "Ocean's Eleven", "Erin Brockovich", "Solaris", Contagion, "Magic Mike") et arrive toujours à nous surprendre à chaque fois. Son dernier film n’échappe pas à la règle en choisissant de faire un biopic sur le pianiste virtuose et gay Liberace, artiste exubérant, véritable bête de scène adorant la démesure et l'excès. Et à partir de ce choix, Soderbergh nous livre une grande et belle histoire d’amour tragique et bouleversante. Il s’attache à nous présenter le contexte de l’époque en dévoilant ainsi les fortes pressions pesant sur ce couple, condamné à cacher leur relation pour garder la notoriété du pianiste intacte. Mélangeant sentiments, humour et émotions, nous assistons avec réalisme aux diverses étapes que traverse le couple, qu’il s’agisse de purs moments de bonheur ou de douleur intense. A cette magnifique histoire s’ajoute la reconstitution historique particulièrement méticuleuse de l’univers de Liberace : ses shows magnifiques avec costumes à paillettes scintillant de mille feux et arrivée sur scène en sublime Rolls-Royce argentée ; sa demeure grandiose remplie de mobilier, ornements, statues, bibelots et autres tableaux à la démesure de son exubérance ; ou encore cette incroyable garde robe flamboyante que notre héros portait sur scène ou dans la vie de tous les jours. Un festival de tout ce qu’il pouvait exister de bling-bling et de kitch durant les années 70, le tout filmé parfaitement, sans fioriture ni effets de caméra surréalistes, d’une façon très intimiste. En outre, nous assistons aussi à une formidable performance du duo Michael Douglas/Matt Damon dont la complicité à l’écran est toute aussi touchante et poignante que celle de leurs protagonistes. Bravo aussi à deux autres acteurs car ils sont totalement méconnaissables sous leur maquillage : Dan Aykroyd et Scott Bakula. Le seul point noir dans toute cette histoire c’est que "Ma Vie Avec Liberace" n’a aucune chance de remporter un seul Oscar alors qu’il en a le potentiel car il n’est pas sorti en salles aux USA : ayant été jugé « trop gay » pour une distribution en salles (et pourtant on est loin du caricatural de "La Cage aux Folles" !), aucun distributeur n’a voulu se jeter à l’eau et ce, malgré que Soderbergh soit reconnu dans le métier ! (et en plus, c’est un comble quand on sait que l’une des choses qui a poussé Soderbergh à réaliser le film c’était de montrer les progrès de l'humanité par rapport à l’homosexualité et que être gay n'était plus autant stigmatisé qu’auparavant…remarque quand on voit ce qui se passe aussi dans notre pays sur ce sujet, il y a de quoi se poser des questions !) C’est donc la Chaîne de télévision HBO, l’un des producteurs du film, qui a décidé de diffuser "Ma Vie Avec Liberace" sur son antenne et, comble de l’ironie, il a y a réalisé une audience record et cela lui a valu à 6 nominations aux Emmy Awards 2013 !! Réalisant un très bel hommage à ce personnage hors du commun, Soderbergh nous livre sur un ton tragi-comique l’une des plus belles histoires d’amour du cinéma doublée d’une performance phénoménale de la part de son duo d’acteur. Et encore merci au distributeur français qui a eu le courage de nous permettre de le voir dans nos salles !
Accords parfaits entre un Damon dément et un Douglas pas dégueulasse. Ce dernier maîtrise son jeu et sa voix à la perfection pour camper ce pianiste de renom à l’ego surdimensionné. Brillant autant que son accoutrement si bien qu'on est en clin à détester ce qu'il devient à l'écran. L'incarnation même de la vanité. Pauvre Scott si naïf. Le trop plein d'amour qu'il vante à Liberace n'est surtout vrai que dans l'autre sens. Le jeune homme plaquera tout sans hésitation pour venir répondre aux demandes indécentes du pianiste. Sans jamais être sûr qu'il ne soit pas qu'un amant de passage. Aucune fausse note pour la mise en scène. Le décor et les costumes sont kitsch au possible mais avec un certain esthétisme. La musique un poil trop discrète rythme bien le film, certains morceaux mériteraient de durer plus longtemps. Mineur l'attachement aux personnages, majeur la dérision et la légèreté amenées au discours.
C'est encore une fois le culot de la chaîne HBO qui a permis à ce téléfilm de luxe de voir le jour. Tous les producteurs ont envoyé Steven Soderbergh sur les roses,le sujet étant définitivement trop gay. Heureusement,il est désormais possible de voir sur grand écran l'icône virile des années 90,Michael Douglas,en chanteur de jazz excentrique,flamboyant et homo jusqu'au bout des ongles. Face à lui,ou plutôt en couple avec lui,Matt Damon surprend énormément en blondinet aux pectoraux saillants qui met le doigt dans l'engrenage en approchant le luxe kitschissime de Walter Liberace. Leurs deux compositions sont phénoménales. On ne les a jamais vu ainsi,et ça n'arrivera probablement plus jamais. Soderbergh livre aussi des mœurs de la société américaine des années 70,fondées sur le clinquant et l'ascenseur social. Le ton tragi-comique employé est déconcertant,et on suit avec un regard à la fois amusé et terrifié,la destruction d'un couple interdit. Dommage que Soderbergh n'évite pas les clichés sur les gays,comme les scènes de ménage appuyées. "Ma vie avec Liberace",si l'on dépasse sa réserve initiale,est une œuvre tout à fait étonnante.
Sans être un chef-d'oeuvre ce film est plaisant à regarder avec une prestation grandiose de Michaël Douglas et je me suis replongée avec délice dans les années disco qui manquent tant à la musique actuelle, et j'en ai appris un peu plus sur ce musicien que je ne connaissais absolument pas
Ce que le film met surtout en relief, c’est la manipulation et la domination sociale de Liberace, mégalomane et égocentriste, pour attirer et prendre dans ses rets le jeune homme innocent, encore naïf, élevé par une famille d’accueil, avec un énorme besoin d’affection et de protection. Couvert de cadeaux (vêtements, bijoux et voitures de sport), Scott devient petit à petit la chose de Liberace, c’est-à-dire que ce dernier entreprend de le façonner à son image, lui imposant une chirurgie esthétique pour qu’il lui ressemble le plus possible à son âge. Dominé par l’artiste, rajeunissant grâce, lui aussi, à quelques coups de bistouri, Scott maigrit, se drogue et dépérit à vue d’œil, en perdant sa personnalité, aussi fade pouvait-elle sembler. Ployant sous l’excès et le kitsch des paillettes, des dorures et des costumes de scène – on demeure perplexes que le public ait pu ou voulu gober que Liberace était attiré par l’autre sexe – le film abandonne peu à peu la dimension spectaculaire – on voit de fait assez peu la vedette en représentation et en show – pour devenir un mélo cruel, puis déchirant. À l’amour sincère du jeune Scott s’oppose le goût du pouvoir et de la conquête de l’homme riche et célèbre (inclinaison obsessionnelle pour la chair fraiche et le sexe, aussi) qui sait se montrer généreux et terriblement séduisant. Ma vie avec Liberace rappelle aussi une période guère lointaine d’homophobie (mais est-elle vraiment éteinte ?), ou, tout au moins, de non-acceptation de la différence (qu’elle soit d’ailleurs sexuelle, ethnique ou religieuse) qui oblige les gays, y compris un des plus connus et idolâtrés d’entre eux, à vivre cachés et terrorisés par la crainte d’être découverts. C’est aussi un film sur le passage du temps, la dureté à vieillir, à ne plus être aimé que pour l’argent qui offre à peu près tout, mais qui, en la circonstance, pourrit la pureté et la véracité des sentiments. Brillamment mis en scène, avec une précision des détails qui confère à l’ensemble une justesse étonnante, le film doit aussi beaucoup à ses deux comédiens qui livrent une prestation exceptionnelle. Michael Douglas joue la folle tordue sans tomber dans l’outrance et il faut notamment saluer son travail vocal. En face, Matt Damon déploie une partition plus étendue, passant de la fascination à l’amertume et à l’aigreur, souffrant les mille maux de l’abandon et du rejet, brûlé vif à force d’avoir été un jouet modelable et influençable. Au final, ils ne sont que les tristes victimes d’une société qui les ostracise et les condamne. Les candélabres finissent par ne plus éclairer qu’un théâtre des ombres et des fantômes. Déchirant.
Viens d'aller le voir en V.O. Ai trouvé Michael Douglas très médiocre, trop grimaçant. Par contre Matt Damon est extraordinaire. Il porte le film. Pour l'aspect technique, c'est du très bon cinéma bien que le scénario souffre de quelques longueurs et aurait mérité de plus se centrer sur la relation entre les deux hommes (ex Les deux séquences avec la mère sont inutiles). Points positifs : hormis le jeu de Matt Damon, le contexte de l'époque est très bien rendu et l'aspect "Je te prends, je te détruis, je te jette" qui se répète dans la vie de cet homme résume assez bien le personnage. Les rapports de pouvoir et de dépendance sont également très bien rendus. YJ
J'avoue : je l'ai vu parce que j'avais déjà vu tout le reste. C'est pour vous dire si je n'en avais pas envie DU TOUT. Pourtant, j'ai presque été agréablement surpris. C'est bien joué, bien filmé, ça s'enchaîne bien. On voit venir la fin à 10km mais ce n'est pas gênant. Mais malheureusement, ce n'était pas un film pour moi et le sujet n'a pas réussi à m'emballer plus que ça...
Un très beau film, balayé par de belles émotions et d'acteurs exceptionnel, pour autant, la vie de Liberace me semblait pas des plus passionnante, pour qu'un film lui soit dédié, mais celui-ci existant et de surcroît fort bien fait, ne boudons pas ce plaisir, bien au contraire!!
Très bon film sur les illusions du monde du spectacle transposées à une histoire d'amour ambigue. Un Douglas génial et vénéneux accompagné d'un Damon très convaincant. Assez bouleversant et osé. Un des meilleurs films de Soderbergh et un beau cadeau d'adieu.
Pourtant la bande annonce avait l'air bien...... Je suis consterné en voyant de bonnes critiques de la presse pour ce navet incroyable (4 etoiles de la presse tout de même). Il n'y a rien si ce n'est des clichés, bercés par une LENTEUR abominable, le jeu des acteurs si piteux et de si mauvais goût. Que faut-il retenir... que si ce jeu d'acteur n'était pas de Matt Damon et M. Douglas, stars internationales qui se ridiculisent dans ce film, les critiques seraient mauvaises car cela ne légitimerait en rien ce navet que rien ne sauve, ni l'humour au ras des pâquerettes, ni le rythme léthargique, ni la scénarisation de cette histoire réelle..... Gardez votre argent, navet intersidéral.
Attention ! C'est du grand cinéma. Une direction d'acteurs exceptionnelle. Michael Douglas et Matt Damon sont des exemples pour nos apprentis stars perpétuelles Gérard Darmon, Lanvin, Bruel etc. Le réalisateur a une maitrise du sujet hors du commun. C'est vrai que l'histoire peut déranger les puritains et les pincés du bulbe. Mais ce film est une grande leçon de cinéma avant tout. Allez-y les yeux grands ouverts.
Ce n'est pas tout à fait un bio pic mais plutôt une histoire d'amour, un brin intéressée. Juste pour nous montrer les performances (réelles) de Douglas et Démon, sans oublier le maquillage, les décors et les costumes...le tout d'un kitsch qui est difficile à croire si ce n'est parce cela a vraiment existé (aux USA). Seulement il y aune chose qui me chagrine...quel est vraiment l'intérêt de sortir de nos jours, une histoire d'amour (?) qui ne restera pas dans les anales des romances et qui sert surtout à faire ressortir les démonstrations histrioniques les plus basiques d'un publique plutôt réac.....?
Ma vie avec Liberace est annoncé comme étant le dernier film réalisé par le prolifique Steven Soderbergh. On s'attendait à cette occasion à un superbe feu d'artifice. On se contentera d'un pétard mouillé. Réalisation et scénario sont d'un ordinaire qui confère presque à la platitude. La mise en scène manque cruellement de ce que le film veut essayer de nous montrer : du kitsch et de la...