On a adoré tous les films de Danny Boyle depuis trente ans. Mais on est surpris par le dernier (surtout surpris de ne pas être enthousiasmé) - ou alors quelque chose nous a notablement échappé.
Autant "28 Days Later" de 2002 faisait sens, autant "28 Years Later" de 2025 est une insulte au sens commun. C'est la première impression... Il faut faire appel au sens non commun pour apprécier ce dernier, au pur plaisir du gore, à celui de l'incohérence, de l'incongru, de la grandiloquence ("boots, boots, boots, boots"). Autant l'excellente bande-annonce (plusieurs mois avant sa sortie) nous avait intrigué puis attiré, autant ce film semble être la montagne qui accouche d'une souris : il n'y a rien d'original (sauf pour ceux qui, d'avance, veulent y voir un message politique) ; on n'a pas peur (on est juste parfois dégouté) ; il n'y a pas de suspense (forcément, on ne sait pas trop où l'on va).
Pour en rajouter, franchement, que vient faire le cancer de la mère dans l'histoire (une histoire de pandémie) ? Que vient nous susurrer Ralph Fiennes en latin (memento mori, memento amoris), pour dire qu'on meurt tous un jour et qu'il faut s'aimer ? Que vient faire, finalement, ce poème de Rudyard Kipling (Boots) dans l'affaire ?
Mais on gardera curieusement en mémoire des images et un message qui, même s'il n'est pas original, a du mérite. Des images qui sont le contraire de scènes d'épouvante : des images d'une beauté volcanique ; des échanges de regards entre l'enfant et sa mère qui brisent le cœur. Et côté message, on a cru au début que le film visait à contrecarrer le message du film Dragons (sorti une semaine avant), puis non ! Puis si, puisqu'au final, le film montre (avec rage) qu'il n'y a pas beaucoup de différences de comportements entre infectés et non infectés (la scène de fin est au final de même nature que la scène de début), ce qui en dit long sur la nature humaine.