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Antoine B.
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4,0
Publiée le 21 mai 2021
Le base-ball, à part les Américains, ça intéresse qui ? combien de bides hors des frontières US pour des films ayant pris pour thème ce sport qui nous paraît, à nous Européens, du moins Français, assez obscur. Alors quand on y ajoute de l'économie et de la science par ordinateur, techniquement, ça ne peut pas donner un film viable.
Et c'est pourtant ça, le Stratège, et sa réussite provient de sa capacité à rendre captivante une histoire qui a tous les boulets à ses pieds pour la freiner et la rendre indigeste. Mais Bennett Miller s'attache avant tout aux personnages, Brad Pitt en premier lieu, de tous les plans, magistral, soutenu par des cadors (Jonah Hill, PS Hoffman, à la même hauteur de jeu). Ce n'est pas pour coller à la réalité (c'est tiré d'une histoire vraie) que Miller fuit les terrains et le sport lui-même, avant d'y céder, par obligation, dans sa dernière partie, et ce n'est jamais autant passionnant que quand il ne s'agit pas de base-ball, mais dans l'opposition d'un monde à un autre, où l'économie se joue parfois à des physiques avantageux ou un comportement hors du stade.
Le Stratège diffuse une émotion inexplicable, où se mêlent nostalgie, frustration et sentiment de victoire intérieure. Avant d'être un film sur un changement majeur dans l'appréhension d'un sport, il est le portrait d'un homme porté par des convictions qui redonnent ses lettres de noblesse à l'humanité, au sens de qualité.
La dernière étoile a beau être un peu généreuse, elle est surtout illustrative d'un pari qui n'était pas gagné d'avance : celui de m'avoir intéressé (avec beaucoup d'autres d'ailleurs) pendant deux heures au baseball. Je suis d'ailleurs vraiment gré à Bennett Miller (auteur du génial « Truman Capote ») d'avoir mis autant de dimension humaine dans cette histoire truffée d'excellents dialogues et de scènes fortes, les scènes de sport étant en définitive rares, mais très convaincantes. C'est toutefois cette figure fascinante qu'est Billy Beane qui retient notre attention : à la fois égoïste et fidèle, jusqu'au-boutiste et professionnel, novateur et incompris, celui-si s'avère aussi attachant qu'étonnant, même si Brad Pitt se fait en définitive presque voler la vedette par le toujours génial Jonah Hill dans l'un des seconds rôles les plus réjouissants vus ces dernières années. On pardonnera alors plus facilement au réalisateur de sous-exploiter autant Philip Seymour Hoffman, celui-ci réussissant par ailleurs plusieurs très beaux personnages secondaires, à l'image de la charmante Casey. Le résultat est sobre, subtil et intelligent : pour un film traitant du baseball, que demander de plus ?
Les seuls contacts que j'ai eus avec le base-ball, sport sur lequel je pige absolument que dalle, sont uniquement de nature cinématographique ; par le biais d’œuvres comme "Vainqueur du destin", biopic avec Gary Cooper qui rendait bizarrement hommage au champion Lou Gehrig en ne montrant quasiment que ses gadins, "Le Meilleur" avec Robert Redford, plus hollywoodien tu meurs, et "Batty Baseball", dessin animé complètement azimuté autour de ce thème réalisé par le complètement et génialement azimuté Tex Avery (mon préféré, et de loin, des trois !!!). A cette liste peu fournie, je peux maintenant ajouter ce "Stratège". Un très très beau casting avec le trop beau et le très charismatique Brad Pitt pour mener le jeu, entouré par le talentueux Jonah Hill, le très regretté Philip Seymour Hoffman et d'autres figures familières comme Chris Pratt ou Robin Wright, le base-ball (auquel j'ai toujours rien pigé après vision de ce film !!!) pris par son côté stratégique, à base de calculs et de statistiques, angle original et a-priori intéressant ; ouais, ça donne envie... Hélas, malgré quelques scènes parfois prenantes pour ne pas dire surprenantes, à l'instar de celle où le personnage de Jonah Hill montre à celui de Brad Pitt une vidéo où un joueur a réussi sans s'en être aperçu un home run, l'ensemble manque clairement de passion pour qu'on soit vraiment emporté et certains personnages ne sont pas suffisamment creusés pour les rendre attachants, malgré un beau potentiel de ce côté-là, comme c'est le cas par exemple pour le joueur de base-ball usé incarné par Chris Pratt. Résultat, mon film préféré sur le base-ball reste toujours à l'heure actuelle "Batty Baseball" de Tex Avery.
Si on m'avait que je serais un jour autant subjugué par un film mêlant base-ball et statistiques,je ne l'aurais pas cru...Et pourtant,"Le Stratège" de Bennett Miller,réussit cet exploit.Ce drame sportif défie toutes les conventions de ce genre de film.Ni success story,ni camaraderie,ni discours édifiant sur la victoire et ses bienfaits,le film narre le combat d'un homme pour révolutionner les règles de son sport,alors que tout est contre lui(recruteurs,joueurs sur le départ,journalistes moqueurs,famille sceptique).Ex-gloire du baseball,Billy Beane a une revanche à prendre sur un passé douloureux,et engage un jeune tout frais diplômé en sciences économiques de Yale(Jonah Hill,sobre),qui lui indique la nouvelle façon de procéder.Eplucher les chiffres,assembler une équipe complémentaire,oublier les règles établies et le recrutement de stars onéreuses,mais improductives.Outre le fait qu'on peut y faire le constat de l'impossibilité pour les anciens de se remettre en question,le film prend son extraordinaire envol dans des joutes verbales endiablées,précises,détaillées,profondes.L'action se passe dans les bureaux,et non sur le terrain.Le scénario d'Aaron Sorkin est plus captivant que jamais,comme il avait su si bien le faire également pour "The Social Network".Quant à Brad Pitt,de tous les plans,il acquiert une prestance géniale en directeur d'équipe frondeur,revanchard et cynique.En vieillissant,il est en train de devenir le meilleur acteur américain,en désacralisant son image.
Je n’ai pas vraiment accroché, en dépit de quelques rares dialogues savoureux, et une belle interprétation. Cet homme, joué par Brad Pitt, qui passe son temps dans sa salle de sport pendant que « ses » joueurs sont sur le terrain a fini de m’enfoncer dans une douce torpeur. Je ne connais rien au baseball, je le reconnais. Mais pour ce qui est de l’action, ce n’est pas ici qu’il faut s’arrêter. Et le suspense est assez vite épuisé. Quant au cast, mon plus grand regret c’est l’apparition de l’excellente Robin Wright Penn, réduite à quelques minutes de présence.
Pas mal mais difficile à comprendre quand on ne connait rien au Baseball et aux théories statistiques. Le film montre assez bien l’exploit que Billy Beane a fait dans le management de cette équipe malgré le fait que pour lui ce n’est pas suffisant. Film intéressant à voir mais pas indispensable, peut-être pour les joueurs ou fans de Baseball.
Difficile en France de passionner les gens avec le baseball et même si le film qui en traite a pour tête d’affiche Brad Pitt le résultat n’est pas garanti, comme pour ce film qui a peiné à rassembler plus de 100 000 spectateurs. Pour un film avec Pitt c’est hautement décevant. Or, même pour moi qui suis assez indifférent à ce sport, le film a plu. Le côté baseball est évidemment très abscons et on ne comprend rien ni aux stratégies, ni aux postes, ni au déroulement des matchs, mais malgré ce qui pourrait paraître comme des handicaps à la compréhension du film toutes ces lacunes ne gênent absolument pas pour suivre l’intrigue. Parce que le côté sportif du film fait au final plus office de fond que de clef de voûte à l’histoire. On suit en fait l’histoire d’un homme qui décide de révolutionner la façon dont on composait et on manageait les équipes de baseball depuis un siècle. Le fait de renverser ainsi la table va le faire se heurter à l’inertie d’un système. Brad Pitt campe avec beaucoup de conviction cet anticonformiste qui avec l’aide d’un peut génie (très bon Jonah Hill) va mettre en place un système de recrutement basé sur les statistiques individuelles de jeu plutôt que sur une évaluation empirique par des recruteurs. Le film évite tous les lieux communs du film sportif avec ces triomphes sur fond de musique pompier. En fait le film fait peu cas de ceux-ci pour s’intéresser au sport en lui-même et aux hommes de l’ombre qui construisent ces équipes. D’ailleurs le réalisateur a même le bon goût de nous éviter le happy-end pour nous laisser sur une note douce-amère plus crédible et plus sympathique. En somme un film sur le baseball qui, sans pour autant vous faire vous passionner pour ce sport, va vous prendre par le colbac et vous tenir en haleine pendant deux heures au contact de ce manager général atypique. Franchement même si le baseball vous indiffère, comme moi par ailleurs, ne passez pas à côté de ce petit chef-d’œuvre de film sportif, cela serait dommage.
Deuxième des trois opus à ce jour de Benett Miller, " le stratège" revient sur un épisode qui bouleversa la gestion de la constitution des équipes de base ball aux Usa.
Billy Bean manager de l'équipe de l'Arkansas utilisa les statistiques afin de recruter des joueurs peu côtés. Il parvint ainsi à mettre sur pieds une équipe au meilleur ratio coût/résultats, obtint de grands résultats ( son équipe ne fut toutefois pas championne) et s'opposa à la doxa du moment. Sa méthode de recrutement fût par la suite copiée par d'autres clubs.
Par delà l'anecdote, certes intéressante pour elle même, " le stratège" invite à une réflexion sur le poids des déterminismes cachés ( ici personne, le héros mis à part, ne voit la part de ce qui est pourtant montré par les calculs), la marginalisation des "prophètes" contre l'opinion de la majorité, les fausses valeurs et les hiérarchies factices ( les joueurs payés de façon excessive et ceux qui sont sous payés)...
" Le stratège" est porté par Brad Pitt dans un de ses grands rôles, même si des trois opus du cinéaste ( "Truman Capote" et " Foxcatcher") c'est ( selon moi) le moins accompli.
Le spectateur hexagonal peu versé dans les enjeux du baseball professionnel américain perdra malheureusement une petite part du noeud scénaristique.
Il n'en reste pas moins que ce titre vaut le coup d'oeil pour les amateurs des prestations de BP et pour ceux qu'intéressent une réflexion sur la hiérarchie et le mérite.
Le film montre que même dans le sport ( c'est essentiellement le sport d'équipe dont il est question), activité humaine ou la légitimité du classement hiérarchique semble incontestable, les critères retenus pour le fonder, comportent une grande part de subjectivité.
Pour tout vous dire, je ne pensais pas que ce long-métrage Biopic me plairait et j'ai quand même voulu me lancer pour me faire mentir. Et je crois qu'en définitive, j'ai eu raison. Je n'aime pas trop ses grands affiches avec de grands noms, etc... mais bon parfois, il faut y faire abstraction ! Alors commençons par les points négatifs (pour une fois). Déjà, il faut avouer que "Le Stratège" est trop long. Il y a quelques longueurs donc mais c'est typiques des "grands" films. Autre chose qui n'est peut-être qu'un détail, certaines choses ne sont pas d'époque et je vous laisserai découvrir de quoi il s'agit (et puis je n'ai pas envie de les énumérer aussi !). Et pour finir avec les bémols, ce côté "héros" qui est un peu omniprésent, enfin surtout vers la fin mais, mais mais ... justement, on se rattrape vers le dénouement avec un retournement de situation qui me réconcilie finalement avec l'histoire. Donc, du coup, passons maintenant aux bons points. Ce qui m'a le plus plu, ce sont les détails. Pour la moindre petite chose, rien n'a été épargné et franchement, ça m'a procuré un petit plaisir, non négligeable. Ensuite, tout ce qui traite de management, j'adore ! Ça peut-être difficilement compréhensible mais depuis plus de dix ans, je suis un adepte de ce genre de chose (mais plutôt dans le foot) et toutes ses stats sont pour moi ... un plaisir ! Le baseball, je n'y connaissais pas grand chose à part le fait qu'on ait besoin d'une batte et d'un gant et pourtant Bennett Miller a réussi à m'y plonger sans que je m'ennuie et je tiens à lui tirer mon chapeau pour ça. Les acteurs sont tout bonnement parfait et je n'aurai vraiment pas penser dire ça juste avant de voir le film. Il faut dire ce qui est, on aura beau dire ce qu'on veut sur Brad Pitt, pour moi, c'est un grand tout simplement. Jonah Hill est surprenant, enfin un rôle à sa hauteur et pas une prestation dans un teenage américain (je trouve d'ailleurs dommage qu'il ait fait un super régime depuis, ça casse un peu l'acteur). Puis ça m'a fait super bizarre de voir Chris Pratt qui tient un rôle complètement à l'opposé de celui qu'il a dans la série "Parks and Recreation". En ce qui concerne la photographie, ben je crois qu'à part dire que c'est parfait, y a rien à ajouter. Je regrette peut-être que la bande originale ne soit pas assez présente car niveau temps, il y avait de quoi faire donc mi-figue, mi-raisin. En conclusion, une belle surprise pour ma part, à découvrir si ce n'est pas encore fait. 13/20.
Les films sur le sport font certainement partie des plus compliqués à réaliser, à écrire. Et j'ai souvent du mal à m'attacher à ce genre de films. Pour celui-ci, c'est pareil. Et quand en plus tu ne connais pas les règles du base-ball, ni ses tactiques, ni ses grandes stars, ni ses joueurs, tu te sens vite dépassé. Je ne peux pas mettre plus que trois étoiles à ce film à cause de mon manque de connaissance et de passion pour ce sport et pour les personnes qui le font, qui le vivent. Hormis cela, ce film est vraiment bon, tout comme Brad Pitt (dont je ne suis pas fan habituellement) et j'aime bien le duo Pitt-Hill !!
Un film sympathique et prenant sur le baseball. Pas besoin de comprendre grand chose à ce sport pour apprécier. La décontraction de Brad Pitt et l'histoire bien construite suffisent à notre plaisir.
Je n’avais pas vu de film sur le baseball depuis « Duo à trois », je crois, c’est vous dire ! Le 1er mot qui me vient à l’esprit pour « Le stratège » est : passionnant. Bennett Miller avait déjà fort impressionné avec l’extraordinaire Philip Seymour Hoffman en « Truman Capote » et malgré ce changement de registre radical, c’est encore un travail remarquable qu’il nous fait là. Ce n’est pourtant pas la 1ère fois qu’on nous brosse le portrait d’un manager d’équipe sportive, je pense à l’excellent « L’enfer du dimanche » d’Oliver Stone, et la trame de l’histoire est pour le moins ordinaire : l’équipe en perdition qui va remonter la pente. Mais y’a pas à dire, le scénario de Sorkin/Zaillian est aux p’tits oignons. Même si comme moi, vous n’y connaissez absolument rien à ce sport, vous pouvez vous plongez sans hésiter dans cette histoire vraie, chère au publique américain, car il ne s’agit pas tant du sport et des joueurs mais vraiment de révéler le changement fondamental qui a eu lieu à cette époque. Dans « L’enfer du dimanche », c’est le manager en fin de carrière qui va gagner grâce à son instinct et son expérience face aux p’tits jeunes, là, c’est tout le contraire, on nous montre l’efficacité de la probabilité et des statistiques face aux vieux roublards du circuit. D’habitude dans un film sportif, on a droit à de nombreuses séquences de bravoure et de victoire, ici il n’en est vraiment rien, on est focalisé sur le management avec un bon Brad Pitt et un Jonah Hill impeccable noyés dans les négociations financières pour recruter l’équipe idéal. La mise en scène est excellente, il manque la classique séquence d’émotion à la fin mais ça le rend justement plus réaliste car il y avait beaucoup de monde à ne pas décevoir dans l’authenticité de cette reconstitution…
Pour tout avouer, je suis assez fan de ce genre de film, où un homme extérieur au terrain arrive à battir une équipe sportive. "Le Stratège" parle bien évidemment beaucoup que de sport. Certes, la forme est ce qu'elle est mais le fond est plus puissant que le domaine sportif. "Le Stratège" parle d'un homme nourrit par la victoire mais qui n'arrive pas à gagner. Ce besoin de faire partie des champions est ce qui l'alimente jour et nuit et ce qui le motive à recommencer d'une saison à l'autre. Une révolution du sport où l'argent ne fait pas tout, voilà le vrai message. Un grand Bravo à Brad Pitt qui arrive à adoucir le spectateur et à le réconcilier avec cette image bling-bling du sport.
S'y connaitre en base-ball est bien sûr un plus, mais l'intérêt du film vaut également grâce et surtout aux performances de B. Pitt, J. Hill et du regretté P. S. Hoffman. C'est beau, c'est grand, c'est fort, forcément: c'est américain...
J'ai regardé ce film au départ avec réticence : le base ball n'est pas du tout dans notre culture et on a peur de rapidement zapper. En fait, à la limite, on se fout totalement du base ball: cela aurait pu être n'importe quel autre sport, voire autre chose, comme le management d'une entreprise, quel que soit son objet. Questions :1) Comment réunir une équipe la moins chère possible (vus nos moyens limités) tout en ayant beaucoup d'ambition.2) Comment faire, alors que les individualités de l'équipe, prises une par une, sont moyennement considérées à l'extérieur, pour que, ensemble, elles se subliment.3) Comment ne pas se laisser démonter par les échecs mais, au contraire, en tirer l'enseignement.On n'appelle pas ça le management ? Regardez ce film, c'est une belle illustration.