"Marnie" n'est pas un film qui repose sur un suspense continu, sa tension n'opère que lors de brefs moments et ne constitue pas un véritable enjeu pour le scénario. Le film dresse avant tout le portait d'un femme doublement malade : kleptomane de façon évidente, puisque le but de Marnie est de se faire embaucher en tant que comptable pour repartir finalement avec l'argent de la boîte, et psychiquement dérangée de manière sous-jacente, la jeune femme est un être contradictoire. Séduisante et attirant le regard des hommes, elle ne cesse de les repousser et de protéger son propre corps ; cette répulsion du sexe masculin entre en tension avec la conscience de sa beauté, qui empêche les hommes qu'elle a volés de l'oublier : en voulant se préserver, elle reste ainsi constamment menacée. La première heure du film, formidable par sa capacité à explorer les différentes facettes de son personnage et ses rapports aux autres, est l'une des plus marquantes dans la filmographie d'Hitchcock. "Marnie" avance sans définir clairement ses enjeux et établit une relation retorse entre ses deux principaux protagonistes tout en conservant les motifs classiques du cinéaste. Ce mystère qui entoure la jeune femme et l'attraction de Mark Rutland pour elle s'intensifie jusqu'à la séquence centrale du voyage en bateau, laquelle condense les névroses et les pulsions du couple central, et se présente implicitement comme un miroir du rapport complexe entre Hitchcock et Hedren. La suite est moins passionnante dans la mesure où le lien tortueux entre Marnie et Mark cesse d'être creusé ; il s'agit ensuite moins de disposer une suite de scènes aux tonalités variées que de résoudre le refoulement de Marnie à travers un scénario plus linéaire et une mise en scène extrêmement signifiante. Décevant par sa résolution et les moyens employés pour y parvenir, le film convainc donc nettement plus dans sa partie insérant un portrait protéiforme et opaque que dans son intérêt pour l'enfance de Marnie. Inégal mais passionnant lors de ses meilleures scènes, un des films les plus étranges d'Hitchcock.
Un Hitchock moins connu que d'autres et pourtant pas si mal. Un Sean Connery époque James Bond qui s'amourache pour sa voleuse qui elle souffre d'un mal du à un choc postromatique. On est clairement dans du Hitchcock : costume cravate, blonde perdue, Bernstein à la musique et mise en scene mathématique. Vieillot parfois mais un vrai plaisir de cinéma !
Le titre donne le ton : ce Hitchcock est sacrément sombre ! Plongeant dans la psychologie d'une femme qui semble impossible de retourner l'amour que souhaite lui donner... Il parle à tout le monde. Un film très fort émotionnellement, éprouvant, avec des interprétations au top et bien sûr une brillante mise en scène toujours très riche en évocations (qui nous faudrait plusieurs visionnages pour suffisamment saisir). Mais une fois m'a suffit pour en faire un de mes Hitchcock préféré !
Hitchcock prouve une fois de plus qu'il est le maître du cinéma que beaucoup considèrent comme le plus grand. La mise en scène est d'une intelligence et d'une modernité incroyables. Quel pied de découvrir des plans travaillés, réfléchis, où rien n'est filmé par hasard, bourrés de messages, et de petites choses qui font toute la différence. Il fait monté la tension quand il le veut, et quelle tension!!! Tippi Hedren y est pour quelque chose et sa prestation est absolument époustouflante.
Sean connery dans un hitchcock , cela peut surprendre ! Et cela s'avère être une bonne surprise car il joue parfaîtement le jeu. Le film en lui même, sans atteindre les sommets les plus élevés ,reste on ne peut plus regardable .
Il y a énormément de choses à dire sur "Marnie". C'est un film très intéressant, un Hitchcock inspiré et troublant qui parvient à se défaire de la censure et à passer des messages. Cependant, le film comporte quelques clichés, et, malgré certaines séquences superbes, respire par moments le déjà-vu. L'ensemble comporte une ambiance 60's un peu démodée et rétro. Mais le charme opère et la musique de Bernard Hermann est là et change considérablement la donne. Les personnages sont très fouillés et complexes. De ce fait, il est difficile de résumer leur caractère en quelques lignes. Pourtant, on pourra remarquer un changement par rapport aux Hitchcock célèbres. Il n'y a plus aucune morale dans ce film, le mal est partout et la vision paranoïaque du monde extérieur est finalement fort lucide. N'oublions pas la tranche de suspense habituelle mais présente seulement lors de courtes montées d'adrénaline bien ciblées. L'intrigue est un peu convenue et la fin sent l'entourloupe à plein nez. J'ai par contre apprécié, en mettant à part cette narration peu originale, ces mouvements de caméras accélérés donnant le vertige et qui sont parfaitement réussis grâce à un excellent cadrage. Après un très bon début (l'ouverture est grandiose), j'ai constaté une baisse de régime au mileu avant que l'intérêt ne revienne dans le dernier tiers. Bizarre mais fascinant, une telle oeuvre aurait mérité une analyse plus approfondie en particulier à cause des nombreuses similitudes avec "Vertigo", autant dans la mise en scène que dans la névrose obsessionnelle et possessive.
Dans ce film qui prend des directions inattendues, Hitchcock sonde le mal-être d'une femme spoiler: kleptomane et frigide, dont un choc vécu dans son passé s'avérera être la clé de son instabilité. Le cinéaste invente en quelque sorte le thriller familial et psychanalytique, spoiler: où la coupable et la victime ne forment qu'une seule et même personne. Un peu lent dans sa première partie, le long-métrage porté par Tippi Hedren et Sean Connery se montre plus passionnant au fur et à mesure de l'avancée de l'intrigue. Une superbe musique signée Bernard Herrmann
marnie,un hitchcock tres peu connu et pourtant ce dernier d avere etre une tres belle surprise,certe au final le tout est malsain avec des scenes marquante (dans le bateaux,et toute la fin finale),mais hitchcock ici ne met pas en place un suspens,mais nous manipule du debut a la fin!! on est captiver,on essaye de comprendre,onc roit meme avoir comprit!! mais au final pas du tout!!! l interpretation de tipi hedren est surprenante!! face un a sean connery egal a lui meme!! un hitchcock qui merite d etre plus connu au yeux du grand publics!
Un thriller psychologique sensible et prenant. Tippi Hedren et Sean Connery sont parfaits ! Ils sont justes, comme il faut. Le personnage de Marnie est très complexe, facile à mettre sur papier mais sur grand écran c'est autre chose. Hitchock réussi avec génie à nous faire comprendre son traumatisme et ses phobies par un jeu de couleur et d'autres signes : le rouge apparaissant lors de ses crises d'hystérie se référent au sang. spoiler: Le flash-back sur son enfance qui révèle le pourquoi du comment elle est devenue ainsi ; cette dernière scène d'ailleurs dont on ne pouvait faire mieux, elle est d'un telle psychisme et émotionnellement fort . Tinni Hedren a tout donné. Le film a de nombreux défauts visuels (le montage), mais des défauts qui font son charme.
Un des meilleurs films du maître du suspence Alfred Hitchcock, porté par le charisme de son duo d'acteurs. "Pas de printemps pour Marnie" s'inscrit dans la continuité d'un autre chef-d'oeuvre psychologique du réalisateur : "les enchainés". Tippi Hedren est incroyable en voleuse frigide et névrosée. Sean Connery est toujours aussi charismatique et livre une prestation grandiose mais trés éloignée des James Bond. Le scénario et la musique de Bernard Hermann donne encore plus de profondeur à la réalisation d'Hitchcock, toujours aussi parfaite.
Bavarde, insolente, rebelle, Marnie Edgar (Tippi Hedren, "Les Oiseaux") est la femme fatale ultime. Vivant seule, très proche de sa mère, elle est la spécialiste des identités secrètes, lui permettant de voler ses employeurs à chaque nouvel emploi, avant de disparaître. Son comportement et sa beauté suscitent la curiosité de Mark (Sean Connery, "James Bond"), le dirigeant d'une société qui est persuadé de pouvoir dévoiler au grand jour le secret de cette femme. Prise la main dans le sac, Marnie sera soumise au chantage, par cet homme qui lui promet de laisser ses trafics sous silence à condition de former un couple. Elle accepte mais, fortement répugnée par la compagnie des hommes, sombre petit à petit dans une folie destructrice. Où se cache la clé de sa douleur ? "Pas de printemps pour Marnie" est l'un des thrillers les plus audacieux du Maître du suspense ; violence physique et psychologique se rencontrent pour notre plus grand plaisir et l'ensemble n'est ni trop édulcoré, ni trop violent. Ce film semble vite se révéler être un "Psychose" féminin. Dès le début, Marnie se présente en compagnie de sa mère et, si cette relation n'est pas aussi étrange que l'est celle entre Norman Bates et sa mère, Hitch nous met d'emblée sur une piste vers la résolution finale. Pourtant, l'intrigue de Marnie va à l'encontre de celle de Psychose. Le secret de l'héroïne est ici perçu immédiatement, Marnie est femme ouverte, ne sache jamais son déplaisir et son dégoût pour autrui (surtout pour les hommes)... Contrairement à Norman Bates qui était présenté comme un homme discret, au point de ne jamais se montrer publiquement aux côtés de mother. Avec ce film, Hitchcock nous dresse également un cinéma anti-féministe comme nul autre n'a songé jusqu'alors. En effet, les deux personnages principaux inversent totalement les rôles-types que nous retrouvons dans la plupart des thrillers basés sur des couples. Ici, c'est la James Bond Girl qui est en pleine possession de l'agent secret (c'est le cas de le dire puisque Connery vient d'être propulsé au sommet de la gloire grâce à la sortie des deux premiers "James Bond" !), ici Mark, dont elle tombe mystiquement amoureuse. Le comportement manipulateur du personnage féminin contraste avec sa nature fragile: elle a la phobie de la couleur rouge, du tonnerre, et est régulièrement sujet de cauchemars où elle assiste à la mort de sa mère. Dynamique, sensuelle mais souvent terrifiante, ce personnage à lui seul est capable de construire le film tant son histoire suscite interrogations et plaisirs aux yeux des spectateurs. Hormis pour "Psychose", jamais le scénario d'un Hitchcock n'a été aussi élaboré que celui de "Pas de printemps pour Marnie". Un titre dont on ne peut saisir le sens que lors du retentissement de la résolution finale. spoiler: Le film n'y va pas de main morte: le twist confirmera l'idée que la femelle peut se montrer aussi barje que le mâle ! C'est en effet le meurtre accidentel du père de Marnie qui encourage Mme Edgar à se comporter comme tel vis-à-vis de sa fille. Ainsi, le printemps symboliserait l'absence de bonheur et de contact avec autrui dans la vie de ces deux dames. "Pas de printemps pour Marnie" est un brillant thriller psychologique et romantique. Chaque élément scénaristique finit par trouver une justification, l'intrigue est soignée, claire et nous met en haleine dans l'attente de percer le secret de cette femme et de ceux qui l'entourent, que ce soit sa mère, ses passions ou ses peurs. Un très grand Hitchcock.
Sans aucun doute un des meilleurs Hitchcock.Le film traite de probléme psychologique (théme cher a Hitchcock): Marnie est une femme mythomane, cleptomane et frigide passioné d'equitation qui va épouser celui qu'elle voulait voler et qui veut l'aider, l'exelente Tipi Hedren l'incarne a merveille. La mise en scéne est grandiose et poétique et posséde une grande force émotive: comment oublier le regard de Marnie lorsqu'elle demande a sa mêre ppourquoi elle ne l'aime pas et le silence de la mére, comment oublier la mére de Marnie s'éloignant tel un spectre en boitant dans l'escalier, comment oublier la couleur rouge qui vient envahir l'écran chaque fois Marnie rêve, comment oublier le visage figé et sans expression de Tipi Hedren pendant que son mari embrasse ses lévre closes et comment oublier son regard déséspéré et rongé par la folie aprés quelle est tué son cheval. Ce drame psychologique est bouleversant,poétique et la musique de Bernard Hermann est envoutante. Un trés grand Hitchcock.
Marnie marque la fin d'une époque pour Alfred Hitchcock, la fin d'un âge d'or et d'un succès immense, en plus d'être sa dernière collaboration achevée avec le génial Bernard Herrmann à la bande-originale. Après celui-ci, il reviendra vers les thrillers et l'espionnage alors qu'ici, il continue d'explorer de nouvelles facettes de son cinéma en explorant un côté psychologique fort à travers son personnage principal.
Pourtant, et autant le dire tout de suite, Marnie n'est pas exempte de quelques maladresses à l'image de quelques effets trop répétitifs et peu subtils mais qu'importe, Hitchcock réussi son coup et met en place une ambiance aussi ambiguë qu'étrange et fascinante, qui se fera de plus en plus forte et tiendra tout le long du récit. Son étude du personnage de Marnie est intéressante à plus d'un titre et très bien écrite, on suit ses peurs récurrentes, ses fuites, ses erreurs et son incapacité à bien vivre socialement et à garder une stabilité dans sa vie. Peu à peu, c'est autour de sa rencontre avec le patron d'une maison d'édition qu'il va vraiment en dresser le portrait et l'approfondir.
Hitchcock aborde alors des thématiques comme celles de la frigidité, de la névrose ou des chocs psychologiques que l'on a pu avoir enfant, et ce à travers cette femme qui semble renoncer à l'amour et la joie de vivre pour se cacher dans le mensonge, le vol et les fausses identités. Il dresse un jeu psychologique entre les deux protagonistes, l'un voulant changer l'autre et tentant de passer l'obstacle de sa froideur naturelle. La construction du récit est encore l'un des points forts de Marnie, Hitchcock prenant d'abord le temps de placer l'histoire et de débuter son film comme un thriller autour d'un vol avant de rentrer dans la partie psychologique.
Le maître montre que les années ne lui ont pas encore enlevé son génie et donne à son oeuvre un côté parfois lyrique à l'image des séquences d'orage ne faisant que renforcer son atmosphère. Tous ses plans et effets de caméra sont remarquablement choisis tandis qu'il bénéficie d'excellentes interprétations, tant Tippi Hedren (dont le rôle était d'abord prévu et écrit pour Grace Kelly), donnant froideur et beauté à son personnage que Sean Connery dans un rôle à l'exact opposé, plein de charme, classe et séduction. Bernard Herrmann rappelle aussi pourquoi il était bel et bien l'un des plus grands compositeurs de films de sa génération et participe pleinement à l'ambiance qui plane autour de ce métrage.
Si je ne considère pas Marnie comme le dernier grand Hitchcock (j'ai en haute estime Frenzy et Le Rideau déchiré), c'est néanmoins le symbole de la fin d'une époque pour lui, celle où, à l'image de Psycho ou Vertigo, il repoussait les limites de son art et y abordait des thèmes plus profonds et nouveaux. Ici, il laisse tout le long planer une ambiance aussi dérangeante que fascinante et il orchestre son étude psychologique avec brio.