Premier volet d'une trilogie, World War Z est un premier volet très réussi. Ayant moyennement confiance en Marc Forster du fait de sa filmographie dont la qualité varie d'un extrême à l'autre (le très bon Machine Gun Preacher, l'affreux Quantum of Solace), j'avoue avoir été très agréablement surpris par ce faux film de zombies. Faux car si le terme "zombie" est employé pour désigné les personnes infectées, il ne s'agit nullement des créatures gogolles à moitié déchiquetées marchant à deux à l'heure et n'ayant qu'un but : dévorer des cerveaux bien frais ! Ici, les infectés sont rapides, ils se déplacent en véritables hordes et ont un aspect encore crédible proche des individus de Je suis une Légende (pas de sang sur le visage, juste le teint blafard, les yeux indépendants et les dents sales), ce qui les rend je trouve plus menaçants que leurs homologues de Walking Dead ! De fréquentes montées d'adrénaline seront ainsi à prévoir tout au long du film, où les infectés débarqueront par centaines en emportant tout ou presque sur leur passage (chapeau aux figurants et au cadrage). Les séquences d'action sont par ailleurs absolument démentes, avec des balles tirées par centaines, des poursuites qui flanquent des sueurs froides et au milieu de tout ce chaos, un Brad Pitt que l'on a rarement vu aussi inoffensif tentant de sauver sa peau pour résoudre le mystère de la contamination. Cependant, sachez que le film propose également une paire de séquence chargées de suspense, certes aux effets un poil classiques (le coup du bruit de verre sur lequel on marche) mais toujours efficaces.
Et puisque je parlais de contamination, je dois reconnaître que le scénario est lui aussi assez surprenant dans le sens où on sortira du classique virus inventé par un savant fou et où l'antidote sera abracadabrantesque. Le scénario aborde le sujet d'un point de vue plus scientifique, et cela confère au film un aspect plus crédible que la moyenne. Par contre, le film n'étant comme je l'ai dis que le premier d'une série de trois, beaucoup de questions resteront sans réponses (ce qui n'empêche pas l'histoire d'avancer convenablement).
Concernant la violence, beaucoup de monde a tiqué sur l'absence quasi-totale de sang. Certes les effets spéciaux ne font pas la part belle à l'hémoglobine, mais la réalisation de Forster joue beaucoup sur le hors-champ et saura parfois se montrer assez efficace, prouvant que pour évoquer la brutalité d'une amputation, pas besoin de faire un gros plan sur le moignon.
Par contre le film possède un très gros défaut : sa durée. Une heure quarante-cinq, c'est clairement trop peu pour un film où le héros est amené à voyager aux quatre coins du globe. Surtout que lorsque l'on constate la pauvreté absolue des seconds rôles (James Badge Dale et David Morse, pourtant excellents comédiens héritent plus de caméos que de vrais rôles) on se dit que le film a dû être amputé de quelques scènes de dialogues qui auraient développés ces personnages.
Mais hormis ces quelques petits soucis de personnages et son histoire restant en suspens, World War Z est un excellent blockbuster dont vous auriez tord de vous priver si vous cherchez le grand spectacle, le suspense et un scénario pas trop tiré par les cheveux.