Rendez-vous avec un ange
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Rendez-vous avec un ange" et de son tournage !

Deux réalisateurs

Rendez-vous avec un ange a été réalisé par deux cinéastes : Sophie de Daruvar et Yves Thomas. La première a suivi des études de photographie et de métiers de l’image et du son à Marseille. Elle est à la fois photographe, enseignante, monteuse (courts métrages et documentaires) et bien sûr réalisatrice. Le second a étudié les lettres modernes et le commerce. Il a été tour à tour enseignant, publicitaire, administrateur de théâtre puis scénariste et réalisateur. Il est plus connu pour être le scénariste de Saint-Cyr, avec Isabelle Huppert, pour lequel il a reçu une nomination aux César du Meilleur Scénario en 2001.

Des débuts sur grand écran

Rendez-vous avec un ange est le premier long métrage réalisé pour le cinéma par Sophie de Daruvar et Yves Thomas. Ensemble, ils avaient déjà réalisé un court métrage, Noire la vie, et un téléfilm, L'Amour prisonnier.

Genèse

Comme le raconte Sophie de Daruvar, Yves Thomas et elle ont décidé de réaliser Rendez-vous avec un ange, après qu'un de leur projet n'eut pas abouti : "On venait d’apprendre qu’un projet qu’on avait et qui était bien avancé, ne se ferait pas. On s’est passé la commande de trouver une autre histoire. " Ils ont ensuite décidé d'une histoire "simple", une "sorte de thriller", mais qu'ils ont enrichi en imbriquant différentes situations: "L’histoire d’un couple en crise qui se défait, l’histoire d’une femme qui devient une héroïne, l’histoire d’un rapport de couple qui s’inverse, l’histoire d’un amour qui renaît… l’histoire d’une passion qui se substitue à une autre ..."

Un film sans débat

En abordant l'épineux sujet de l'euthanasie, Sophie de Daruvar et Yves Thomas ont choisi de faire un film actuel sans prise de position, en se plaçant aux côtés du personnage de Judith. Ils expliquent leur choix de la sorte : " On n’a à aucun moment voulu faire un film illustrant le débat pour ou contre l’euthanasie. On se place simplement dans la situation actuelle : il y a interdiction mais, néanmoins, tous les jours des actes d’euthanasie illégaux sont accomplis. Et on choisit pour en parler l’angle de celui qui pratique l’acte. C’est-à-dire un point de vue."

Un casting prestigieux

Pour interpréter les rôles principaux du film, les réalisateurs souhaitaient des acteurs simples. Le couple devait être "atypique" et "construit sur des différences fortes", pour créer une sorte de décalage. Selon les réalisateurs, Isabelle Carré s’est immédiatement imposée : "Limpide en apparence mais au fond très mystérieuse. Et puis surtout, on avait l’intuition qu’elle pouvait passer dans le même temps d’un état à un autre, de la femme ordinaire à la femme sublime et vice versa." Pour Roland, ils cherchaient "un acteur avec un regard intense et vivant". Et même si Sergi López n'était pas leur premier choix, ils ont aimé "son côté terrien, son accent, son charme et la charge de sensualité qu’il donnait au personnage." Une fois les répétitions commencées, ils ont compris qu'ils avaient pris la bonne décision : "Quand Isabelle et Sergi se sont retrouvés sur le plateau qu’on a réalisé à quel point leur incarnation de couple entraînait le film vers une histoire d’amour qui nous dépassait un peu. C’était assez grisant comme sentiment. Ils s’emparaient des personnages et du film au-delà de nos espérances ."

Une lumière changeante

La lumière du film change au fur et à mesure que l'intrigue progresse. Elle reflète, le plus souvent, l'état d'esprit des personnages, comme l'expliquent les réalisateurs: "On voulait au départ une lumière plutôt grise avec des plans larges, pour faire surgir les personnages dans la ville, puis enchaîner avec une lumière plus contrastée et aboutir à davantage de douceur vers la fin du film. On s'achemine vers une lumière plus nimbée et des couleurs inspirées de la statuaire."

Des costumes révélateurs d'un état d'esprit

Les tenues vestimentaire d'Isabelle Carré, alias Judith, correspondent à son état d'esprit."D’abord Judith s’essaie maladroitement à une féminité qu’elle se refusait dans sa modestie et en même temps dépense en vêtements parfois vulgaires et coûteux, l’argent qui lui brûle les mains. Puis, au fur et à mesure qu’elle s’investit dans son rôle de "celle qui sauve de la douleur", elle se cherche une tenue, un costume, pour encore plus ritualiser ses actes. Là encore, il lui faut plusieurs tentatives pour arriver à la robe de la fin qui, par sa couleur et sa forme, rappelle sa tenue d’infirmière du début tout en affirmant son côté ange", confient les réalisateurs.

La musique

Sophie de Daruvar et Yves Thomas ont confié la composition de la musique à Philippe Boesmans. Ils expliquent les raisons qui les ont poussées à le choisir : "On voulait d’abord une musique du film très en décalage avec les morceaux d’opéra que Roland écoute. On cherchait un compositeur rock en sympathie avec la musique contemporaine. Et puis un jour, on est allés écouter l'opéra Yvonne, princesse de Bourgogne de Philippe Boesmans : en sortant, on avait la certitude d'avoir trouvé le compositeur du film! C'est un immense compositeur. Nous aimions sa musique très colorée à la fois inventive et sensuelle. C’est un contemporain qui assume pleinement l’héritage de l’opéra classique. C’est quelqu’un de très libre." Son travail s'est effectué en étroitesse avec les réalisateurs : "Avec lui nous avons finalisé les choix des opéras entendues dans le film et leur interprétation. Il est venu sur le tournage, a vu les rushs, vu le film et nous a proposé une musique dans laquelle il y aurait beaucoup de lumière."

Le rouge comme symbole

La couleur rouge est omniprésente dans le film. Un choix symbolique : "Il y a d’abord le rouge de leur appartement, cette pièce entièrement aménagée autour de la passion de Roland pour l’opéra. Il y a le rouge de l’opéra et puis la robe rouge par laquelle Judith passe dans un élan inconscient pour entrer dans l’univers de Roland."

Abandon et transformation

Deux des thèmes importants du film sont l'abandon et la transformation à travers l'éloignement du couple, comme l'expliquent les réalisateurs : "Judith, petite chose modeste et passive se dégage de sa soumission à Roland en s’engageant dans sa mission et devient lumineuse et sublime. Roland court de façon effrénée après une cantatrice parce que l’opéra donne sens à sa vie… Jusqu’à ce qu’il découvre l’autre Judith, plus sublime que toutes les cantatrices et alors, il lâche tout pour elle."

Regards évités

Roland et Judith sont presque toujours cadrés de face, un choix des réalisateurs pour accentuer leur éloignement : "Il y a les scènes où ils ne peuvent pas se regarder, en voiture ou chez eux… car chacun est enfermé dans son monde, sa logique. Et puis le fait que le film croise leur trajet réciproque accentue ce sentiment." Mais malgré ces regards éloignés, leurs regards se croisent intensément à quatre moments cruciaux du film.

Deux points de vue

Rendez-vous avec un ange présente une structure particulière puisque l'histoire est racontée de deux points de vue différents, celui de Roland et celui de Judith. Une idée qui s'est imposée tardivement aux deux réalisateurs : "On a à un moment envisagé de raconter l’histoire du point de vue strict de Roland, ce qui donnait un thriller simple et efficace. C’était assez satisfaisant et enlevé mais beaucoup de choses nous manquaient. On avait aussi envie d’être près de Judith sans passer par le regard de Roland. On avait envie de raconter le couple, la trace que chacun laisse sur l’autre. Alors on a décidé de raconter l’histoire de deux points de vue : celui de Judith et celui de Roland en radicalisant et en assumant nettement les passages d’un point de vue à un autre. En fait, le point de vue du film pour raconter cette histoire, c’est le croisement significatif de leurs trajets."

Apparition

Xavier Beauvois, le réalisateur Des hommes et des dieux, fait une petite apparition dans le film. Ce n'est pas son premier cameo, puisqu'il apparaît aussi dans Disco, Mauvaise foi et Les Témoins.

Festivals

Rendez-vous avec un ange a été présenté en compétition pendant différents festivals (Festival des films du monde de Montréal, Festival des jeunes réalisateurs de Saint-Jean de Luz, Festival international de Hof, Festival du film de l’Outaouais...).

Changement de titre

Dans un premier temps, le film devait s'appeler Où vas-tu Judith ?.

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