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Eowyn Cwper
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3,5
Publiée le 18 août 2019
Je remonte toujours dans la chronologie de Villeneuve. Un choix discutable mais révélateur notamment quant aux liens qu’entretient le réalisateur avec Maxim Gaudette, déjà maître de l’interprétation noire avant Incendies dans Polytechnique, où il interprète le tueur dans l’histoire vraie du massacre montréalais de 1989.
Tourné en noir et blanc pour ne pas avoir à montrer de rouge, le film trouve tout seul sa métaphore, la mort qui rampe sous l’épaisse neige canadienne. La photographie rend, comme toujours chez lui, hommage aux expressions comme aux objets, peut-être même plus que dans ses productions subséquentes parce qu’elle se concentre ici sur le huis-clos et l’astuce. Vous savez, celle qui consiste à passer par une porte qui n’existe pas, et qu’on voit bien fermée quand la caméra se retourne.
Ce genre de trucages bénin établit une complicité monstrueuse entre nous et l’équipe, et par conséquent un lien fort entre le spectateur et le drame. Sous la coupe du criminel sombre de Maxim Gaudette, un héros blanc se lève sans faste en la personne de Sébastien Huberdeau ; deux hommes qui se font némésis et walkyries sur le champ de bataille doublement inégal d’un attentat fomenté par antiféminisme, nous mettant grotesquement devant le ridicule des coups de feu hollywoodiens salvés par des pros, quand la poigne tremblante et amateure de Gaudette est si glacement précise. Quand je parle de grotesque, ce n’est pas péjoratif : c’est d’un réalisme froid (ça m’arrange parce que la notion est réchauffée) et c’est ce qui est parlant.
Dommage, parfois le contemporain d’Inception fait un peu passer ses amusements caméristiques pour du remplissage dans une œuvre courte (77 minutes) où il n’y a finalement pas grand chose. Le vide est criant dans les connexions que le scénario tente d’établir non-linéairement avec l’extérieur de sa trame claustrophile. On dirait qu’il manque de la matière, ce qui rend difficile d’imprimer le film dans nos mémoires, pourtant Villeneuve rend hommage à celle des victimes sans donner l’impression de se forcer ; le déroulé est agréable, juste peu dense.
Ce film court (1h15) revient sur la terrible tuerie de l'école Polytechnique de Montréal en 1989 au cours de laquelle un jeune homme "antiféministe" exécuta de sang-froid 14 femmes choisies au hasard. Efficace et percutant, ce long-métrage politique tourné en noir et blanc bénéficie d'une mise en scène solide signée Denis Villeneuve. Il est un témoignage précieux et intéressant sur le Québec de la fin des années 90.
Denis Villeneuve vole tout à Gus Van Sant et le fait moins bien.
Même sujet, même approche mais la mise en scène ne raconte pas ce qu’elle devrait raconter. Un paquet de plans inutiles. C’est ni très captivant, ni très émouvant, alors que ça devrait.
Pourtant le sujet est fort. Villeneuve a quelque chose à dire dessus, et c’est toujours d’actualité.
J'aimais déjà beaucoup Denis Villeneuve et je l'aime encore plus maintenant. Il s'agit d'un mec qui a sacrément du courage pour faire un film aussi réaliste et dur pour que les générations futures se rappellent de ce qui s'est passé en 1989, à l'école Polytechnique de Montréal. Plus qu'un devoir de mémoire, Villeneuve a transformé cet hommage en une véritable œuvre d'art cinématographique. Les prises de vue sont dingues, les angles justement calibrées, et on a cette impression que la caméra a été envoyée dans le passé pour virevolter sur les scènes du crime. D'ailleurs, le noir et blanc est d'autant plus justifié car il permet de montrer plus, tout en choquant moins que si cela était en couleur. Attention cependant, il s'agit d'un film très dur, et très réaliste, et dont certaines images font vraiment froid dans le dos. Une sacrée expérience.
Un peu comme Gus Van Sant et son "Elephant", Denis Villeneuve retrace le massacre perpétré dans une école à Montréal. Optant pour le noir et blanc afin de filtrer quelque peu la violence, le réalisateur nous met dans la peau du tueur de façon réaliste et stylée. Néanmoins la courte durée du film empêche l'attachement aux personnages, ainsi que des va et viens dans le temps qui cassent le rythme du film. Des lacunes que Denis Villeneuve saura corriger dans ses derniers films.
Intense, éprouvant, et juste dans son approche avec le calvaire qu’on subit les personnes victimes de cette attentat, Monsieur Villeneuve a maitrisé son sujet, je l’attendais pas sur une œuvre aussi personnelle et je suis agréablement surpris car c’était très bon.
Un film qui n'est surement pas supportable par tout le monde, il faut être prévenu. Le synopsis de l'histoire suffit certainement à refroidir les âmes sensibles. Pour les autres, ce film est une perle tant la tension est palpable. Le sujet est grave, et le traitement du réalisateur est de montrer les choses, sans détour, sans juger, juste montrer l'expression de la folie humaine dans ce qu'elle a de plus incompréhensible.
toujours difficile mais nécessaire d'évoquer ces drames terribles et inacceptables. encore faut-il de la rigueur dans la réalisation et son contenue. le portrait du tueur est superficiel, sa folie mal expliquée. comme celui des victimes survivants, la dernière partie est bien trop courte. cet hommage était indispensable, mais méritait plus de consistance.
Incroyable mise en scène ... parti filmique en noir en blanc ce qui renforce la dramaturgie. Le casting est incroyable et le comédien(ne)s sont tous exceptionnels. Il en ressort une sorte de cinéma/vérité ... à la limite du documentaire. Le film n'est pas forcement facile a aborder pour tous ... et tout particulièrement certaines scène un peu crues ... mais il a le mérite de rester fidèle à la réalité puisque le réalisateur est apparement énormément documenté. En attendant le DVD qui vient ENFIN de sortir en France est formidable avec interview du réalisateur. Je ne peux que le recommander.
Je suis devenue fan de Denis Villeneuve depuis "Incendies".. et du cinéma canadien en général. Contrairement à beaucoup, l'accent canadien ne me gêne pas pour comprendre, et au contraire je le trouve tout aussi amusant que profond. Polytechnique est dans la lignée d'Elephant, sauf que là, le tueur est plus âgé et plus "engagé" dans son acte. C'est en noir et blanc, ce qui renforce la froideur et la neutralité du récit. Il n'y a en effet pas de parti pris non plus dans ce film, ce qui nous ramène à l'état brut de l'horreur des événements dont le traumatisme restera à jamais. Déjà plus de 20 ans que les faits sont arrivés et toujours ce mystère éternel de cette violence à la fois compulsive et réfléchie. Film court mais percutant . A voir.
Avant "Incendies", "Prisoners" et "Sicario", qu'il l'ont propulsé comme réalisateur à suivre, Dennis Villeneuve montrait son talent dans "Polytechnique". Ici, la réalisation est fantastique, elle arrive à montrer ce drame meurtrier de façon très immersive et; en même temps, Villeneuve met de la distance entre le spectateur et le fait-divers. Ensuite, les acteurs sont très bons, surtout les jeunes Martin Watier et Maxim Gaudette. Bref, un film coup de poing qui montre la puissance de son réalisateur.
Optant pour le noir et blanc afin de filtrer quelque peu la violence, le réalisateur nous met dans la peau du tueur de façon originale et stylée. Le film a tendance à partir un peu dans toutes les directions, ce qui ne lui rend pas forcément service mais j'ai quand même pris plaisir à regarder.
Avant ce film, je n'avais vu que Sicario de Denis Villeneuve. Et là, c'est une claque. Un très bel hommage aux victimes et à leurs familles. Une réalisation parfaite avec des mouvements de caméra assez inhabituels et qui donnent au récit un réalisme brutal. Le massacre est vécu du point de vue du tueur et des deux personnages principaux, ce qui évite des longueurs. La tension est efficace et le film, sans tomber dans l'ultra-violence, nous montre des séquences sanglantes et chocs de meurtres qui ne nous laissent pas indifférents. Et la fin, surprenante, donne une note d'espoir plutôt que de sombrer dans la dépression, ce qui est encore un point positif. En conclusion, un film brut, réaliste et violent, très réussi, et qui ne nous laisse pas indifférents.
Polytechnique est un film réalisé par le canadien Denis Villeneuve, juste avant le très bon "Incendies" qui l'a révélé. Depuis, on connait sa carrière hollywoodienne fulgurante (Sicario, Prisoners, Dune, Blade runner 2049,...).
Le film est en commémoration à la tuerie survenue le 6 décembre 1989 à Montréal au sein de l'école Polytechnique : un homme armé a commis un attentat antiféministe tuant 14 femmes et faisant une dizaine de blessés.
Villeneuve en a fait une fiction( basée sur des témoignages) assez courte (1h16) et en noir et blanc. Le rendu est assez étrange : ce noir et blanc lisse toute singularité des personnages et des décors: c'est froid. On ne connait pas grand-chose des protagonistes. Le réalisateur, dans sa manière de filmer place le spectateur dans un état de contemplation, de mauvais rêve: c'est lent. Seuls les coups de feu bousculent le film, nous sidèrent tout comme les étudiants présents, et nous ramènent à la terrible réalité des faits.
D'un point de vue artistique, je trouve que c'est beau et original, mais au regard de la gravité des faits il manque de l'intensité et de l'émotion.