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Patricemarie
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4,0
Publiée le 2 avril 2013
Evitant de prêcher à convertis, Michael Moore nous étonne encore par son analyse transversale du système économique occidental.
Après avoir vu ce film, on comprend mieux pourquoi " Lancer une vraie réforme de la France, ce serait affronter les milieux les plus pugnaces de la politique professionnelle et de l’administration d’un côté et de l’establishment financier de l’autre. C’est à dire se mettre les plus puissants à dos pendant un certain temps. Espérer qu’Hollande ait eu le moindre projet d’engager pareil bras-de-fer est une triste plaisanterie" (Serge Federbusch).
Franchement, il suffit de lire les critiques de totale mauvase foi de la presse de droite (voire le Point) pour comprendre à quel point ça géne pas mal de monde qu'on explique enfin au grand public 2-3 trucs du système dans lequel on vit ! eh oui, Mme Colombani il y a des larmes, désolés que ça vous déplaise, je sais qu'à droite on préfère se conforter par les grands sourires des pubs ! Il me semble que Moore explique TRES BIEN le changement qui s'est produit entre les années 1950 et la période Reagan, c'est pas la peine d'être tellement de mauvaise foi ! Vive Michael Moore, le seul problème avec lui est qu'il soit si seul dans le cinéma !!!
"Capitalism: A Love Story", ça sonne un peu comme Michael Moore versus le capitalisme. On redoute le truc bourrin. Et c’est vrai qu’à plusieurs moments le film manque clairement de recul : les éloges naïves de l’Europe et d’Obama, la séquence religieuse (tropisme américain oblige). Mais il reste globalement efficace pour plusieurs raisons. La première, c’est sa structure très foisonnante, Moore nous présentant une réflexion "à sauts et à gambades" comme dirait Montaigne, qui facilite d’une certaine manière l’immersion car on a l’impression de le voir élaborer son raisonnement de façon très naturelle. Même si le manque de fil directeur (hormis celui de la critique sans concession du capitalisme) se fait sentir, la narration de Michael Moore, plutôt agréable, évite de nous perdre. Ensuite, le contenu même du film, bien que de qualité inégale, est globalement pertinent. Dans le moins bon, on trouve les passages lourdingues déjà évoqués. On peut rajouter les interventions inintéressantes de Wally Shawn, ami de Moore (au moins ont-elles le mérite d’être courtes). Dans le meilleur, le projet de Roosevelt de deuxième Bill of rights, l’éclairage sur la façon dont les banques ont court-circuité les assemblées parlementaires pour se faire renflouer par l’Etat, le scandale de la justice privée pour mineurs. La grande qualité de ce film est aussi de nous montrer comment les gens s'organisent pour inventer des alternatives, même si certains passages auraient clairement mérité d’être plus développés, en particulier celui sur les coopératives. A contrario, on se serait bien passé de certains "approfondissements" qui tournent au voyeurisme malsain, notamment quand on nous montre toute une famille réunie en train de chialer en regardant des vidéos de la défunte mère (sur qui son entreprise avait contracté une assurance-vie et a fait un beau profit à son décès). Au final, "Capitalism: A Love Story" opte pour la posture du pamphlet militant (là où par exemple Inside Job préfèrera celle plus confortable de documentaire didactique). Il en a les défauts, certes, mais il en a surtout les qualités.
Des magouilles chronologiquement révélées dans le plus simple appareil mais agrémentées d'archives et de témoignages dignent d'intérêt, selon la recette de Michael. On est peu concerné et la stupidité des procédures hérisse le poil mais même si l'acte citoyen est nul, les procédures des banques sont consternantes et nous impliquent malgré tout. Du crédit etudiants malicieux au retrait des banques fuyant la bourse, en passant par la privation des foyers et du travail, on ne remerciera jamais assez Moore pour son travail même quand il se met en scène au premier plan.
Si le film n'est pas aussi ennuyant que son Farenheit 9/11 (qui a honteusement obtenu la palme d'or), Moore se livre comme d'habitude à de la désinformation au moins aussi forte que celle des personnes qu'il critique. Je suis fortement anticapitaliste donc ma haine envers le dernier Moore ne vient pas de son sujet, mais du traitement, je n'ai pas la place de développer beaucoup mais ce film essaye d'émouvoir la bonne famille américaine à coup de familles pauvres en pleurs et de blagues. On nous resort le coup du complot, on nous dit des trucs faux, on pose Obama en sauveur, on fait comme si les choses allaient changer, mais en fait, c'est juste une grosse manipulation Démocrate. Le ridicule est à son comble lorsque pour toucher son public américain Moore va voir des prêtres. Ce film est une honte, tout sauf honnête, jamais pertinent, il n'explique rien de neuf et délivre une bonne dose de propagande idiote.
Capitalism : A Love Story ou bien comment utiliser le malheur des gens pour s'assurer une plus grande crédibilité, car oui entre autres choses Michael Moore s'appuit sur la pitié qu'il va provoquer chez le spectateur, en humiliant un peu plus les gens qu'il dit injustement humiliés par le banques qui en plus de leur prendre leur argent, leur prennent leur maison. En tout cas vive Obama à la fin, vive la fin nunuche surtout.
Ca fait peur, surtout quand on voit que c'est la route que prend la France depuis quelques années déjà. On est pas sorti de l'auberge et d'ici 10 ans il va y avoir un grand nombre de personnes qui vont se retrouver sans rien! Révoltons nous et votons en réfléchissant bien les conséquences que cela implique!
Sans doute le doc de Moore le plus polémique car sans aucun doute le plus manipulateur. Ouvertement pro-Obama et surtout avec une présence énorme de la religion ce film n'a de pamphlétaire que l'enveloppe ; on sait qu'on ne peut être foncièrement à 100% anti-capitalisme même si Moore a le mérite de pointer du doigt les aberrations du système. Le problème c'est qu'à être trop partial son sujet perd de son honnêteté. On sort du film évidemment remonté, il touche au coeur et aux porte-monnaies mais la façon de faire est ici beaucoup moins louable car le partie pris est flagrant. Instructif mais aussi très démagogue.
Michael Moore, le trublion du cinéma américain ne pouvait pas laisser passer l'occasion : l'effondrement (provisoire ?) du système financier américain, le scandale des subprimes, d'autres événements américains dont on n'a pas trop parlé dans l'hexagone et voilà notre héros qui prend sa caméra et son micro. Résultat : un film à charge contre un système inhumain, un film, qui, bien qu'un peu confus, mérite d'être vu par le plus grand nombre. Un film beaucoup moins drôle que les films précédents de MM, mais il y a quand même plusieurs scènes bien juteuses. Par exemple, les premières images du film avec un parallèle savoureux entre le déclin de l'empire romain et celui, prévisible, de l'empire américain. Dans ce film, on apprend des choses, et d'autres nous sont confirmées : comme le fait que, dans la constitution américaine, il n'y rien concernant le système économique devant être pratiqué. Rappelons nous que, dans le projet de constitution européenne, le système économique devant être appliqué était omniprésent ! Le film se termine en apothéose avec une version crooner de l'internationale interprétée par Tony B, un clone de Frank Sinatra, et une chanson de Woody Guthrie ("Jesus Christ") interprétée par Merle Haggard. Une interprétation qui prouve, une fois de plus, la difficulté qu'il y a à classer politiquement les américains : depuis 1969 et sa chanson anti-hippies "The okie from Muskogee", celui qui est le plus chanteur country vivant est souvent considéré, surtout en France, comme un parfait réactionnaire. Et le voilà qui interprète, spécialement pour le film de Michael Moore, une chanson du troubadour folk, considéré par de nombreux américains comme un parfait communiste ! Savoureux.
Splendeurs et limites de la méthode Michael Moore. Si l’on appréciera l’humour acerbe (sur le parallèle anti-capitalisme/valeurs évangéliques notamment) et certaines révélations sur les agissements malveillants des grands groupes bancaires, force est d’admettre que la rhétorique moorienne commence à lasser, par ses témoignages larmoyants, ses raccourcis démonstratifs et son montage parfois aléatoire. Mais le film force malgré tout la sympathie, ne serait-ce que par son ton irrévérencieux et l’énergie de son auteur, éternel combattant de l’injustice sociale.
Au début de sa carrière, Michael Moore parvenait à réaliser des documentaires poignants, drôles et passionnants, grâce à son rapport avec les petites gens. Roger & Me en est une preuve parfaite.
Cependant, depuis quelques temps, Michael Moore a franchi la ligne rouge. Il est passé de documentariste à polémiste. Ce qui l’intéresse aujourd’hui, c’est de donner un coup de pied dans la fourmilière, pas de mettre en lumière sa petite ville de Flint. Si les films en souffrent un peu, ils restent cependant de très belles œuvres. Capitalism : A Love Story, sa dernière œuvre à ce jour, est un film qui aurait mérité une durée plus longue. Ce qui aurait dû être un film fleuve, revenant clairement aux arcanes du capitalisme et de l’économie se trouve être une suite de séquences plus ou moins réussies (les plus réussies sont réellement bonnes) qui tournent au prêchi-prêcha dans la deuxième heure, tant le film est biaisé et clairement suspicieux. Les faits sont tellement effarants qu’il est impossible de l’imaginer totalement honnête. La voix off de Michael Moore en fait des tonnes dans l’interprétation (n’oublions pas que Moore a été un très mauvais acteur dans l’abominable Lucky Numbers) et assène une suite de propos qu’un spectateur pas trop convaincu peut prendre pour de la propagande. En revanche, en termes de cinéma, Capitalism : A Love Story possède le même talent visuel qu’on a pu voir dans les autres films de son auteur, tout comme cette même virtuosité au montage.
En termes de cinéma, Capitalism : A Love Story est un très bon film. Malheureusement, son idéologie est si répétée qu’elle finit par lasser. On a connu Michael Moore (fatigué selon ses propres dires) beaucoup plus subtil.
J'ai vu un film... qui fait bien plus peur qu'Alien, Massacre à la tronçonneuse ou que Alice au Pays de Merveille réunis... On en apprend beaucoup sur notre monde, sur les gens qui gouvernent et ceux qui décident... Le style de Michael Moore oblige à réfléchir, pour comprendre, essayer de voir la faille de son propos (on n'aime quand même pas être manipulé par sa démagogie...) et se dire quoi faire pour s'opposer aux défauts de cupidité et de rapacité qui ne manquent de caractériser chacun d'entre nous. (Eh oui chacun, car lorsqu'on cherche à trouver le truc le moins cher, il y a de fortes chances que ce soit un ouvrier délocalisé qui l'ait produit...)... Et le rôle des banques, des financiers, des gouvernements est vraiment à mieux comprendre pour mieux les encadrer. (et je comprends mieux maintenant leur envie de totale déréglementation...). On ne ne peut que se sentir envahi par un certain désespoir car comment sortir, par le haut, de cette crise de confiance, cette crise de société, cette crise de foi...