Dans les nuits d'ivresse printanières d'une tristesse sans nom de la Chine urbanisée inhumainement, des êtres s'aiment et se déchirent. Si le film illégal de Lou Ye traite d'homosexualité, il traite surtout d'amour et de vie en société, dans une société intolérante. Un beau film peu bavard, mais jamais élitiste.
Quel dommage ! La mise en scène pâtit d'un scénario trop confus. Un prix à cannes ? Incompréhensible. Quelques belles scènes ne sortent pas le film d'une torpeur envahissante.
Film magique dont la clarté ne se dévoilera pas pour qui le déroulement du DAO n'est que du chinois. Fluidité rythmée littérairement par les mots calligraphiés de Yu Dafu, écrivain dont l’ouvrage est à la source du film, incrustés à l'écran comme autant de citations en tête de chaque nouveau chapitre, qui commentent et sous-tendent très clairement l'architechtonique entière du film, les inclinations naturelles, les sentiments, les emportements, les mouvementations des êtres, des coeurs, des corps, les équilibres qui s'établissent et se défont, simplement, ou dans la douleur, et chaque passage de bras en bras, ou lus par les amants crûment enlacés alors que dehors tombe une averse. "J'ai loupé l'amour qui m'était destiné / Les fleurs, elles, savent toujours quand fleurir" Voir éclore la merveille d'un grain d’images pareille, grain de peau cinématographique vibrant et mouvant, les lumières, lavées par la musique de Peyman Yazdanian, les longues dérives nocturnes enfiévrées, les sons, les parfums, les chants étouffés de larmes - des plans aux élans aussi admirablement captés, composés ; on n'avait pas été transporté par un triangle amoureux aussi fin depuis "I Don't Want To Sleep Alone". Il va falloir retourner le voir pour en explorer et savourer toutes les faveurs et les merveilles
Emotion a fleur de peau, laissez vous emporter par ce film poétique et sensible, beau et fulgurant, tout en sentiments inavoués. Le film va vosu étreindre le coeur !
La confusion des sentiments au pays de Confucius, lui-même (le pays) en pleine schizophrénie depuis une dizaine d'années, c'est un sujet intéressant. La confusion est aussi, hélas, dans le script et, surtout, la mise en scène de Nuits d'ivresse passagère dont le montage s'ingénie à brouiller les pistes (faut-il chercher à savoir qui couche avec qui, pour comprendre). Pour quelques moments de grâce (rares), il faut supporter des scènes à peine éclairées, des étreintes sexuelles très crues et ... des portables qui sonnent toutes les 5 minutes. Lou Ye, cinéaste doué, voudrait nous faire comprendre qu'il est un artiste (maudit) avec un grand A, qu'il ne s'y prendrait pas autrement. Désolé, ce film suinte la prétention et l'affèterie alors qu'il ne fait que raconter (mal) de brèves histoires d'amour dont l'originalité ne saute pas aux yeux. Si ce n'est, bien entendu, qu'elles bravent l'interdit en Chine, au même titre que les agissements underground dans Téhéran, un film bien moins poseur et qui a le mérite d'être cash du début à la fin.
Un film à ne pas mettre sous tous les yeux. Parce que visuellement, il est particulièrement sombre avec toutes les scènes plus ou moins sexuelles filmées à hauteur de visage. Ensuite, parce que le scénario n'a rien de conventionnel et réclame donc une attention de tous les instants... On est loin, très loin du cinéma formaté américain...
ce fut un veritable choc... une oeuvre majeure dans le cinema asiatique. Une photo tres travaillée et un trio d acteur de grand niveau. j ai vraiment été marqué par ce film . a voir absolument.
magnifique film mis en scène avec brio, sans aucuns points morts avec des acteurs inoubliables c'est juste de dire qu'il s'agit d'une variation sur Jules et Jim , filmé dans une chine inconnue au cinéma
Film trop long et qui a l'inconvénient de partir un peu n'importe où. Le réalisateur aurait du s'intéresser d'avantage au triangle amoureux de base et s'attarder plus sur les trois personnages initiaux, en explorant mieux leurs sentiments et leurs zones d'ombres. Ici, le gros problème est qu'on ne sait absolument pas où on va, ni pourquoi et qu'on n'en apprend finalement pas plus au début qu'à la fin. Pour finir des scènes inutilement longues finissent par achever le film. Reste cependant une certaine poésie et le charme terriblement séduisant du printemps ...
Après le prix de la mise en scène à l'horrible Kinatay l'an passé, on se demandait ce qu'était passé par la tête au jury du festival de Cannes ! Mais en voyant ce prix du scénario décerné à ces Nuits d'ivresse on se pose encore plus de questions. Les cinéastes opprimés ou interdits, ou ceux venant de pays émergeant sont bien souvent récompensés dans les festivals. Souvent à tort. Ce n'est pas la qualité des films qui est honorée mais bien la condition de leurs auteurs. Rien de moins objectif donc. C'est bien le cas ici. Le mérite du festival est bien sûr de mettre en avant ces cinéastes et c'est très louable. Ce film clandestin et parlant d'homosexualité, sujet hautement sensible en Chine, est fait dans l'urgence et cela se sent. La mise en scène est tendue parfois intense mais trop perturbée par un scénario qui ne tient pas la distance. De trop peu nombreux moments de grâce émaillent des scènes longues, lourdes, sans saveur et surtout sans aucune passion donc sans émotion. De plus au bout d'un moment on ne sait plus qui couche avec qui et qui fait quoi. Techniquement le peu de moyens se sent aussi beaucoup, même si cela n'est pas un critère de réussite. Tous ces entraves et ces contraintes auraient pu donner justement quelque chose de fiévreux et de désespéré. Il n'en ai rien. On a juste là quelque chose de creux, d'ennuyeux et d'un peu vain. Dommage.
Une épouse fait suivre son mari et son amant par un dédective qui va finir par coucher avec l'amant en question mais il y aussi une femme... L'histoire avait de quoi offrir une kyrielle de possibilité. Des acteurs bons, des scènes de sexe gay charnelles et sans fioritures, mais dénuées de sensualités. Le problème vient des choix techniques... Scénario trop découpé, choix de la caméra à l'épaule inadéquate et grain de l'image laide... A trop vouloir faire cinéma d'auteur on se brise parfois les ailes. Film censuré en Chine, on n'en est pas étonné ; question... Pourquoi les scènes de sexe gay sont traités aussi crument et froidement comparé aux scènes de sex hétéro, plus sages et moins exposées ?!... Le film a ses qualités mais les choix de mise en scène et le scénario font que ce film peut être difficle à suivre pour la grande majorité du public.