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Roy Batty
198 abonnés
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4,5
Publiée le 2 octobre 2014
"Appel d'urgence" suit les destins d'Harry (Anthony Edwards) et de Julie (Mare Winningham), qui tombent amoureux alors qu'une grande menace pèse sur Los Angeles... Ce long-métrage de Steve De Jarnatt est un film assez méconnu que j'adore. Il aborde un sujet rarement traité au cinéma finalement, à savoir les évènements qui se passent avant une catastrophe nucléaire, où l'Homme redevient un animal, se battant uniquement pour sa propre survie et n'hésitant pas à tuer dans ce but (les scènes d'émeutes urbaines sont, à ce titre, impressionnantes de réalisme). Ce qui est remarquable, c'est que le film commence presque comme une comédie romantique et puis la tension monte au fur et à mesure, jusqu'au superbe et tragique final, magnifié par la musique de Tangerine Dream (sans doute ma préférée du groupe). Les acteurs sont très bons, en particulier Anthony Edwards (rarement aussi bon que dans ce film) et Mare Winningham, qui forment un couple très émouvant.
Miracle Mile est un superbe film, un anti-blockbuster très réussi. D’abord sur le plan esthétique. Ambiance rétro, musique des Tangerine Dream superbe (la ballade en ouverture est magnifique), atmosphère moite, le réalisateur tourne un quasi huis-clos puisqu’il se limite à quelques rues avec brio, et il réussit quelques scènes de paniques brillantes. Le métrage fait son petit budget certes, notamment dans un final un peu abrupt, mais il y a une réelle recherche formelle, et les amateurs des années 80 seront aux anges. D’autant que ça apporte un vrai quelque chose en plus à ce film délicieusement mélancolique et pessimiste finalement. Le scénario est impeccable. Rythme solide, descente aux enfers remarquablement filmée, émotions en continue, séquences chocs rares au cinéma, Miracle Mile est une petite pépite scénaristique. Peu de spectaculaire, mais un morceau brut de film de survie, et de romance, et un vrai moment de cinéma dont il est difficile de décrocher ne serait-ce qu’une seconde. Si la fin est un peu abrupte comme je disais, et s’il y a une ou de ficelles un peu légères, pour autant cela n’entame vraiment pas beaucoup l’attrait incroyable du film. Le casting était ce qui m’inquiétait le plus, dans le sens où je ne connaissais pas, ou mal, les acteurs. Mais finalement belle surprise. L’alchimie entre Edwards et Winningham, qui finirent en couple d’ailleurs est évidente. Les deux acteurs sont top, entourés de seconds rôles pas forcément très connus mais qui assument vraiment bien leurs divers personnages. J’ai apprécié spécialement le côté peu conventionnel et peu lisse des personnages de manière générale. Tous savent accrocher d’une façon ou d’une autre, même s’ils ne sont pas tous (rarement même), reluisants. Pour moi Miracle Mile est pas loin du chef-d’œuvre. Il ne s’élève pas jusque-là, à cause de quelques petits défauts que j’ai pu détailler dans ma critique. Parfois le film fait un peu « facile » pour avancer. Maintenant, c’est presque rien par rapport aux qualités du film, brillant. 4.5
Voici un petit film des années 80 aussi improbable que la mode de l'époque. Mélanger une histoire d'amour où le mec apparaît comme le pire stalker du monde, un thriller façon Chute Libre où la nuit d'un pauvre type se transforme un peu plus chaque minute en Enfer, et le tout sublimé par la peur d'une guerre nucléaire. Si les thèmes abordés sont forts, reste que la mise en scène et le scénario ne sont clairement pas à la hauteur. Des décors qui font factices, des acteurs filmés sur une grue à 50 mètres au-dessus du sol qui se demandent quoi faire, des figurants en roue libre, des plans filmés par moment à l'arrache qui dénote des plans d'ensemble tournés avec une plus grande minutie. Le film transpire l'improvisation permanente, le script écrit 5 minutes avant le tournage, le côté maladroit et vacillant de la direction d'acteur. Certains acteurs en font des tonnes, quelques-uns sont justes, d'autres sont inexpressifs au possible... Le film reprends les grandes lignes des blockbuster des années 80 et du début des années 90, mais donne également l'impression d'avoir été tourné un week-end à l'arrache. Un film hallucinant, absurde, à mi-chemin entre une histoire d'amour guimauve et des réflexions nihilistes sur la fin de l'Humanité. Je ne suis pas certain que le réalisateur ait compris son film, si tant est qu'il ait un sens...
Quelques années avant qu'il ne soit une des têtes d'affiche de la série TV "Urgences", Anthony Edwards aura tourné dans ce très bon film d'anticipation où il interprète le rôle d'un homme qui reçoit dans une cabine téléphonique un appel d'un militaire qui lui apprend que des missiles nucléaires vont s'abattre sur Los Angeles. La mise en scène de qualité propose une bonne dose de suspense, l'histoire tient en haleine du début jusqu'à une séquence finale bien émouvante et la musique électronique que l'on doit au groupe allemand Tangerine Dream apporte une drôle d'ambiance a ce film crépusculaire qui mérite d'être découvert par un large public, même si on peut regretter la présence d'une photographie qui a mal vieilli et de décors qui font un peu kitsch aujourd'hui.
Le film regorge de qualités : le pitch de base est génial, Tangerine Dream comme à son habitude nous régale avec une superbe bande-son, la photo typée 80's est très jolie. Et surtout, Miracle Mile était un précurseur des films pré-apo (et même aujourd'hui, ce n'est pas un genre très prolifique contrairement au post-apo), ce qui le rend d'autant plus original pour l'époque. Malheureusement, un gros défaut vient entacher ce joli tableau, les péripéties s'enchaînent assez maladroitement. Le film aurait été parfait si l'écriture avait été meilleure. Malgré tout, c'est un film qui mérite le détour pour son originalité.
Le film commence tranquillement, dans un mode comédie romantique guimauve. On retrouve deux jeunes adultes, Harry et Julie, pas très bien fait de leurs personnes, qui arpentent gaiement les coins mignons et festifs de Los Angeles, pauvres amoureux transit qu'ils sont. C'est mièvre, incroyablement vieillot, et les acteurs sont terriblement mauvais. Mais soudain, Harry va décrocher le téléphone...
"Hallo, c'est bien toi ? C'est horrible, ils l'ont envoyé ces fous ! Tout va exploser ! Dans 50 minutes la guerre nucléaire va débuter !". Bien évidemment pas adressé à lui, ce coup de téléphone va le chambouler. Une femme se trouvant là au restaurant, ayant plusieurs connaissances bien placées, lui confirmera la terrible nouvelle : leurs minutes sont comptées ! Vite, pas une minute à perdre : il faut foncer à l'aéroport et mettre les voiles le plus loin possible. Mais pour Harry, pas question de partir sans sa Julie, aussi moche soit-elle. Et malheureusement pour eux, le neurone est une denrée rare par ici...
spoiler: Comment, on ne va pas chercher Julie ? Bon bah je saute de la voiture, puis ensuite je me tape un petit somme sur le bitume, même si le compte à rebours est lancé. Ah, enfin ma chérie ! Tu dors ? Mais laissons la dormir voyons ! Trop fun, et si on y aller en hélicoptère ? Comment, personne ne sait le piloter ? Prendre la voiture j'ai plus envie, allons chercher un pilote à 4 heure du mat ! Chérie, reste là. Bah chérie, qu'est ce que tu fout là ? On approche de la fin ? Et si on oubliait l'hélico et qu'on foutait plus rien ? Tiens, ce gros con de pilote revient pour mourir avec nous ? Ah mince, on coule pas bien et il suffit de passer par les vitres cassées pour s'en sortir... Bon bah noyade !
Le film est l'une des plus grosses conneries qui m'ai été donné de voir. L'instinct de survie, ça fait peur ! Visualisez un comportement rationnel face à une menace que seul vous et une poignée de gens connaissez, et prenez l'exact opposé, mêlé à de la démence anarchiste. Les protagonistes du film sont tous d'une bêtise affligeante et hors norme, surtout la grosse cruche de morue qui n'arrivera pas une seule fois à faire quelque chose de sensé ou de logique, complètement démunie face à son vide cérébral abyssal. Le Harry n'est pas mal non plus : de débile binoclard ultra coincé, il passera à prophète suicidaire trisomique. Exténué et groggy, le spectateur subira cette démonstration de "tout ce qu'il ne faut pas faire en cas de catastrophe imminente" tel un calvaire, espérant à chaque instant que quelqu'un fasse preuve d'intelligence, en vain. Le potentiel nanar n'y est même pas : on ne ressent que de la lassitude, et le second degré n'existe pas. Donc à moins de vouloir rager face à cette débâcle par pur masochisme, mieux vaut brûler toutes les reproductions de ce massacre neuronal.
16 188 abonnés
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3,5
Publiée le 29 juin 2026
Attention riposte dans 70 minutes [...] "Miracle Mile" (1988) doit beaucoup à son ambiance guerre froide et au jeu du sous-estimè Anthony Edwards (le Goose de "Top, Gun") qui nous emmène dans cette course contre la montre avec une conclusion qui marque durablement les esprits! Pour accentuer encore plus le côtè paranoïa et obtenir un impact encore plus efficace sur le spectateur, on fera appel à Tangerine Dream pour la fascinante bande son! Le jeune Steve De Jarnatt (28 ans seulement) nous donne l'impression d'y croire, qu'une dèfaillance technique quelconque (cf. un appel par erreur) rèussit à enrayer le mècanisme bien huilè de la douceur de vivre californienne! Ce rèalisateur me semble avoir mieux fait passer la tension, la peur du conflit nuclèaire et le cauchemar nocturne que beaucoup d'autres! Et pas qu'un peu! Dehors, c'est la panique, la terreur, le chaos total! Dans le genre, "On the Beach" (2000) de Russell Mulcahy avait fait aussi bien...
Au beau milieu de la nuit dans une cabine téléphonique, un homme reçoit l’appel désespéré d’un militaire qui l’informe que des missiles nucléaires vont s’abattent sur Los Angeles dans 70 minutes…
Second et dernier long-métrage pour Steve De Jarnatt après un nanar devenu culte pour une certaine frange de cinéphiles (Cherry 2000 - 1987). Cette fois-ci, il nous entraîne dans une folle course contre la montre, oscillant entre le film catastrophe et la comédie romantique. Injustement méconnu du grand public, Miracle Mile (1988) est une petite Série B qui mérite d’être vue, ne serait-ce que pour son côté jusqu’au-boutiste, singulier et nihiliste.
Un scénario intelligent et suffisamment bien amené pour nous tenir en haleine. Imaginez un instant, vous apprenez qu’il vous reste à peine 1h avant que des ogives nucléaires s’abattent sur vous, que feriez-vous ? Et si tout cela n’était qu’un simple canular ? On se retrouve alors littéralement dans une ambiance pré-apocalyptique sur fond de Guerre Froide, le tout, merveilleusement accompagné au synthé par Tangerine Dream.
Bizarre, beau, touchant, énigmatique, palpitant, éreintant, les qualificatifs nous manquent pour arriver à exprimer tout ce qui nous aura traverser l’esprit pendant toute la durée du film.
(découvert en présence du réalisateur en 2016, critique réactualisée en 2023)
Ayant subi un échec à sa sortie, peu de gens avaient entendu parler d' « Appel d'urgence », si ce n'est une petite communauté de cinéphiles l'appréciant visiblement beaucoup. Et c'est vrai que cette sortie en DVD trente ans après se justifie grandement. Très ancré 80's dans sa forme et son propos, Steve De Jarnatt fait néanmoins preuve d'une grande personnalité derrière la caméra pour créer une atmosphère planante et paranoïaque, laissant toujours planer le doute quant à l'existence avérée de cette menace nucléaire. L'image cristalline, presque hypnotique, l'exploitation des décors, les enjeux, la manière dont est conduit le récit... Loin d'un banal film de survie, l'œuvre sait au contraire déconcerter, voire émouvoir, se montrant finalement assez imprévisible dans son déroulement tout en faisant constamment preuve d'une grande humanité dans le traitement de ses personnages : loin d'être des super-héros, mais faisant de leur mieux, notamment pour ceux qu'ils aiment : comment leur en demander plus ? Les moyens ne sont pas illimités et peut-être a t-on parfois légèrement l'impression de tourner en rond, mais au vu de l'intelligence du propos (assez novateur, disons-le!) et du talent de De Jarnatt pour imaginer cet univers à la fois beau et inquiétant, l'aspect nocturne rendant presque désert la ville ajoutant également à cette belle impression générale. Et comme le réalisateur spoiler: a décidé d'aller jusqu'au bout de ses idées (ce qui lui coûtera, sans doute, sa carrière) en concluant de façon aussi romantique que pessimiste ... Oui, vraiment, beaucoup de belles choses pour ce titre fort injustement oublié, que l'on (re)découvre aujourd'hui avec grand intérêt. Ne passez pas à côté.
Jamais entendu parlé de ce film. Il faut dire que le réalisateur n’a réalisé que des navets et que les acteurs n’ont pas fait de grandes carrières. Mare Winningham a été assez en vogue dans les années 80 mais ne fait plus que quelques seconds rôles dans des séries télé aujourd’hui. Quant à Anthony Edwards son fait d’arme le plus marquant reste un rôle récurent dans la série à succès Urgences. Le film en lui-même a sans doute mal vieilli. Tout est assez kitsch ici. Un pur produit de ces années 80. La guerre froide était encore là. Les films pré ou post-apocalyptique étaient légion à cette époque. Si l’idée de départ de ce Miracle Mile est assez intéressante, elle est très mal exploitée. Le timing, les situations, les dialogues, les décors etc...sont bien plus comiques que dramatiques. Au final, tout de même un certain charme désuet pour un film qui a du passer pour séduisant et original à sa sortie...
Ne vous laissez pas avoir par son début aux airs de comédie romantique mignonnette : "Miracle Mile" est un film sombre et pessimiste sur le genre humain ! On y suit Harry, qui vient de louper un rencart avec la femme de sa vie. Il apprend alors fortuitement qu'une guerre nucléaire a démarré, et que des missiles frapperont Los Angeles dans 1h10 ! Clairement, le film n'a pas forcément bien vieilli. Entre une BO assez terne au synthé de Tangerine Dream, une mise en scène qui sent le téléfilm des années 80, et des éclairages rougeâtres pas toujours de bon goût, la forme n'est pas toujours convaincante. Mais cela est compensé par de très bonnes idées. On a une histoire d'amour fraiche qui permet de donner un leitmotiv au protagoniste, et ceci grâce à l'alchimie entre les deux acteurs principaux, même s'ils sont parfois légers. Une course contre la montre filmée peu ou prou en temps réel. Une ville qui part en sucette alors que l'information se propage, sans que sa véracité ne soit confirmée. Le tout se combine plutôt adroitement, et culmine jusqu'à un dernier acte enflammé. Tandis que Steve De Jarnatt n'y va pas de main morte avec son scénario, taclant à peu près tout le monde : police inutile et bébête, autorités expéditives, individualisme omniprésent, culte des armes, bestialité qui revient au galop... A l'arrivée, "Miracle Mile" ne mérite peut-être pas sa réputation de fabuleuse pépite oubliée des années 80, qu'il a acquis grâce à sa ressortie en vidéo dans les années 2010. Mais il ne mérite pas non plus d'être passé totalement inaperçu à sa sortie, et demeure intéressant à voir.
Un film méconnu et surtout raillé et massacré par la critique à l'époque. Après un difficile accouchement qui dura 10 ans, le scénario de De Jarnatt émerge enfin à la fin des années 80. On ressent furieusement les 80's dans sa vision et son film. La tension est palpable, la guerre froide bien présente, on reste jusqu'aux derniers instants sur le qui vive sans savoir ce qui est vrai ou pas. Un film dénonçant la guerre nucléaire splendide. Parfois maladroit dans ses dialogues et surtout ses doublages. Il reste excellent dans sa mise en scène et ses propos.
Peut-être bien que c'était ça que l'on préférait. Tu sais, ces petites séries B faites avec 3 dollars et deux bouts de ficelles, desquelles tu n'attendais absolument rien et qui finalement, te disaient que t'avais eu tort de ne pas croire en elles. "Miracle Mile" en fait partie. A partir d'une idée toute simple (qui sera reprise plus tard pour les besoins de "Phone game") on te déroule une intrigue improbable de bout en bout, mais qui fait son effet. Et quand t'en viens à faire les comptes quand apparaît le générique de fin, il y a malgré tout une légère frustration qui te chopes au collet. Parce que tu regrettes d'avoir à constater que le final est moins bien maîtrisé que le reste, tu regrettes certains jeux d'acteurs approximatifs et tu regrettes d'avoir les oreilles souffrantes à cause de l'horrible musique de Tangerine Dream. Si un peu plus d'attention avait été accordée à ça, on aurait pu augmenter la note d'un demi cran sans problèmes.