1499 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
144 critiques spectateurs
5
19 critiques
4
46 critiques
3
42 critiques
2
24 critiques
1
12 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
WonderfulLife
5 abonnés
299 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 6 août 2010
Un beau polar signé Truffaut. Un ancêtre de Kill Bill à la française. Une mariée veuve applique un protocole de vengeance bien réfléchi. On redécouvre Jeanne Moreau dans le rôle de la mariée : quel talent! quel charisme! Malgré les scènes un peu lente, ce film reste un classique dont on ne se lassera pas.
L'ange de la mort franchit le parvis d'une église, et n'en repart jamais vraiment. Julie cesse d'appartenir au monde des vivants dès ce seuil-là, et tout ce qui suit n'est que l'exécution d'un deuil qu'on lui a volé. Truffaut a une idée assez géniale : transformer la marche nuptiale en marche funèbre. Ses victimes sont des bourgeois sans histoire, liés par une faute commise à plusieurs et jamais punie, et ce qui me plaît, c'est que le film refuse le manichéisme facile. Julie a de la tendresse pour certains de ses futurs cadavres. Elle les tue quand même, et le film ne tranche jamais si c'est monstrueux ou juste.
Jeanne Moreau est glaciale du début à la fin, presque déjà morte elle-même, et la caméra ne la lâche jamais (on sent Truffaut hésiter entre l'admirer et se laisser posséder par elle). Il dira plus tard ne pas avoir aimé ce film, comme s'il avait trahi la beauté de son actrice. C'est un peu injuste, tant cette froideur, c'est tout le rôle. En face, le casting masculin est du genre qu'on ne voit plus : Charles Denner, Michel Bouquet, Michael Lonsdale, Claude Rich, Jean-Claude Brialy, chacun installé le temps d'un micro-portrait avant de tomber. Cette générosité d'écriture change tout, les victimes existent vraiment, avec leurs failles et leur petit quotidien, et chaque meurtre finit par peser plus lourd qu'il ne devrait.
Là où ça coince un peu, c'est le récit, prisonnier d'un rituel qui se répète trop à l'identique. Une victime, une approche, un coup, et Julie disparaît. Elle hante ces hommes plus qu'elle ne les traque, bonne idée sur le papier, sauf que le flash-back qui explique son mobile arrive trop tôt. On aurait aimé garder le mystère un peu plus longtemps. Visuellement, la dette envers Hitchcock est assumée, presque revendiquée, la mise en scène est propre, maîtrisée, mais elle ne trouve jamais vraiment son vertige à elle. Il reste quand même cette image, longtemps après : un visage fermé comme une tombe, une robe noire qui ne s'ouvre plus. Une mariée qui n'en finit pas d'enterrer son amour.
Rythme soutenu, acteurs charismatiques, scénario plutôt bien ficelé. Pour le reste, les thrillers de cette époque manquent bien entendu d'intensité, de rythme. Le propos principal est de mettre en avant le mobile d'une tueuse et d'exposer la médiocrité de ses victimes.
Filmé avec virtuosité, ce film est un modèle d'inspiration, de suspense, et de séduction, avec quelques scènes mémorables, inoubliables. Attention film culte !
Surtout si vous n'avez pas vu le film, ne lisez pas le pitch :spoiler: Deux jeunes gens viennent de se marier et sortent de l'église. Soudain l'homme s'effondre toucher par une balle de fusil venue d'on ne sait où. Julie la jeune mariée qui tout perdu, tente de se suicider, mais sa mère l'en empêche. Elle décide donc dans une âme vengeresse de partir à la recherche des hommes qu'elle tient pour responsables de la mort de son mari.
LE DOCTEUR MABUSE ET LE SYNDROME JEANNE MOREAU
Une expérience scientifique que personne n’aurait dû autoriser Dans son laboratoire, le Docteur Mabuse est penché sur une énorme machine couverte de cadrans, de tubes à essai et de fils électriques. À côté de lui, Léon Trotteur, rédacteur en chef de « Je fais mon Cinéma », observe la scène avec inquiétude. LÉON TROTTEUR Docteur Mabuse… Vous m’avez demandé de venir parce que vous prétendez avoir découvert quelque chose d’important sur le cinéma ? DOCTEUR MABUSE Exactement ! LÉON TROTTEUR Une nouvelle théorie ? DOCTEUR MABUSE Mieux. Mabuse appuie sur un bouton. La machine se met à vibrer. DOCTEUR MABUSE J'ai découvert la cause exacte de mon coup de foudre pour Jeanne Moreau. LÉON TROTTEUR Vous avez fait une étude scientifique sur Jeanne Moreau ? DOCTEUR MABUSE Une étude approfondie. LÉON TROTTEUR Combien de temps ? DOCTEUR MABUSE Trois semaines. LÉON TROTTEUR Seulement ? DOCTEUR MABUSE Trois semaines sans dormir. LÉON TROTTEUR Ah… DOCTEUR MABUSE Et quatre cafetières. Il ouvre un énorme dossier intitulé : « PROJET MOREAU — NIVEAU D'URGENCE : ABSOLUMENT INQUIÉTANT » DOCTEUR MABUSE J'ai commencé avec La Mariée était en noir. LÉON TROTTEUR Évidemment. DOCTEUR MABUSE Première observation : Jeanne Moreau apparaît à l'écran. Mabuse allume un graphique. Une courbe monte brutalement jusqu'au plafond. LÉON TROTTEUR C'est quoi ? DOCTEUR MABUSE Mon rythme cardiaque. LÉON TROTTEUR Il est à combien ? DOCTEUR MABUSE Je ne sais pas. LÉON TROTTEUR Pourquoi ? DOCTEUR MABUSE Le compteur a explosé. Silence. LÉON TROTTEUR Très scientifique. DOCTEUR MABUSE Deuxième observation : son visage. Il appuie sur un autre bouton. Une photo de Jeanne Moreau apparaît. Mabuse se fige. DOCTEUR MABUSE Voilà. LÉON TROTTEUR Voilà quoi ? DOCTEUR MABUSE Le problème. LÉON TROTTEUR Son visage ? DOCTEUR MABUSE Non. MON visage. LÉON TROTTEUR Qu'est-ce qu'il a ? DOCTEUR MABUSE Depuis que j'ai découvert Jeanne Moreau, je souris bêtement. Léon le regarde. LÉON TROTTEUR Effectivement. DOCTEUR MABUSE Moi ! Le Docteur Mabuse ! Il se montre du doigt, scandalisé. DOCTEUR MABUSE Un homme de science ! Un esprit rationnel ! Un chercheur sérieux ! LÉON TROTTEUR Vous avez des chaussettes dépareillées. Mabuse regarde ses pieds. DOCTEUR MABUSE C'est sa faute. LÉON TROTTEUR Comment ça ? DOCTEUR MABUSE Je pensais à elle en m'habillant. Léon soupire. LÉON TROTTEUR Continuons l'expérience. DOCTEUR MABUSE Troisième facteur : François Truffaut. Il écrit au tableau : JEANNE MOREAU TRUFFAUT = DANGER DOCTEUR MABUSE Truffaut savait exactement comment la filmer. LÉON TROTTEUR C'est-à-dire ? DOCTEUR MABUSE Il ne la filme pas comme une simple actrice. Il laisse la caméra tomber amoureuse avant le spectateur. Léon le regarde, perplexe. LÉON TROTTEUR La caméra peut tomber amoureuse ? DOCTEUR MABUSE Évidemment ! LÉON TROTTEUR Depuis quand ? DOCTEUR MABUSE Depuis Jeanne Moreau. Mabuse lance une nouvelle projection. Jeanne Moreau apparaît dans une élégante tenue. Mabuse pousse un cri. DOCTEUR MABUSE Arrêtez! Léon coupe immédiatement le projecteur. LÉON TROTTEUR Qu'est-ce qu'il y a ? DOCTEUR MABUSE Ses vêtements ! LÉON TROTTEUR Quoi, ses vêtements ? DOCTEUR MABUSE Ils aggravent considérablement les symptômes ! Il ouvre un graphique. DOCTEUR MABUSE J'ai isolé quatre facteurs : le regard, la voix, la silhouette et les tenues. LÉON TROTTEUR Et lequel est le plus dangereux ? Mabuse hésite. DOCTEUR MABUSE La petite robe blanche dans laquelle elle pose ! LÉON TROTTEUR La robe de Diane la chasseresse? DOCTEUR MABUSE La robe est redoutable. LÉON TROTTEUR Pourquoi ? DOCTEUR MABUSE Parce qu'elle la porte comme si elle savait parfaitement qu'elle allait ruiner la santé mentale de plusieurs générations de cinéphiles. Léon éclate de rire. LÉON TROTTEUR Vous êtes amoureux. DOCTEUR MABUSE Je réfute catégoriquement cette hypothèse. LÉON TROTTEUR Docteur… DOCTEUR MABUSE Je suis victime d'une réaction neurocinématographique. LÉON TROTTEUR C'est quoi ? DOCTEUR MABUSE Je ne sais pas. LÉON TROTTEUR Vous venez de l'inventer. DOCTEUR MABUSE Absolument. Il reprend son sérieux. DOCTEUR MABUSE J'ai également mesuré le taux de fascination. LÉON TROTTEUR Et ? Mabuse consulte ses notes. DOCTEUR MABUSE Sept. LÉON TROTTEUR Sept quoi ? DOCTEUR MABUSE Sept sur dix. LÉON TROTTEUR Ça va encore. Mabuse le regarde gravement. DOCTEUR MABUSE Sept sur dix… Avant le générique ! Léon devient soudain sérieux. LÉON TROTTEUR Ah oui. DOCTEUR MABUSE Après le générique, nous avons atteint 18,7. LÉON TROTTEUR Sur dix ? DOCTEUR MABUSE Oui. LÉON TROTTEUR Ce n'est plus de la science. DOCTEUR MABUSE C'est Jeanne Moreau. Mabuse s'approche de Léon et lui murmure : DOCTEUR MABUSE J'ai même tenté un traitement. LÉON TROTTEUR Lequel ? DOCTEUR MABUSE J'ai regardé un autre film. LÉON TROTTEUR Et ? DOCTEUR MABUSE Jeanne Moreau était dedans. Viva Maria !! avec Brigitte Bardot. LÉON TROTTEUR Mauvaise stratégie. DOCTEUR MABUSE J'ai essayé un deuxième film. LÉON TROTTEUR Elle était encore dedans ? DOCTEUR MABUSE Oui. Mademoiselle de Tony Richardson. LÉON TROTTEUR Vous le faites exprès, un troisième film ? DOCTEUR MABUSE Les Valseuses … Toujours là Léon se prend la tête entre les mains. LÉON TROTTEUR Docteur, vous êtes fichu. Vous voyez des Jeanne Moreau partout ! Mabuse regarde une dernière fois l'écran où apparaît Jeanne Moreau. Son expression change. Il devient soudain sincèrement ému. DOCTEUR MABUSE Vous savez, Léon… J'ai beau utiliser des machines, des chiffres, des graphiques et des équations… Il désigne son immense tableau. DOCTEUR MABUSE …je n'arrive toujours pas à expliquer pourquoi elle me bouleverse autant. LÉON TROTTEUR Parce que vous êtes amoureux. DOCTEUR MABUSE Non. Un temps. DOCTEUR MABUSE Parce qu'elle est Jeanne Moreau. Léon sourit. LÉON TROTTEUR Ça, Docteur, ce n'est pas une explication scientifique. Mabuse remet ses lunettes. DOCTEUR MABUSE Non. Il éteint toutes les machines. DOCTEUR MABUSE C'est beaucoup plus grave. LÉON TROTTEUR Quoi donc ? DOCTEUR MABUSE C'est du cinéma. La machine se remet soudain à sonner. BIP ! BIP ! BIP ! Léon regarde le cadran. LÉON TROTTEUR Docteur ! Votre appareil indique « surcharge émotionnelle » ! Mabuse regarde l'écran. DOCTEUR MABUSE Impossible. LÉON TROTTEUR Pourquoi ? Mabuse aperçoit une nouvelle image de Jeanne Moreau. Il soupire. DOCTEUR MABUSE Elle vient de mettre une petit robe bicolore noire et blanche. Elle est tout simplement magnifique !! LÉON TROTTEUR On évacue le laboratoire ? DOCTEUR MABUSE Non. Un sourire béat apparaît sur son visage. DOCTEUR MABUSE On relance le film.
- Houlala calmez vous !! Fanfan la Tulipe : Enthousiaste et pointilleux critique facile à la page Facebook « Je fais mon Cinéma ». Il aime l'action, les dessins animés, la Science-Fiction, les aventures de l'espace ou sur les mers. Et de temps en temps les belles histoires d'amour. - Comme l'a affirmé un certain Quentin Tarentino, ce cinéma là ressemble fort à celui d'un amateur empoté ! Les dialogues sont plats, sans relief, récités et mal joués. Et je vous rejoins Mabuse, ce n'est pas de la faute des acteurs. Des citations bateaux, toutes faites et simplistes en guise de dialogue ? C'est le spectateur qu'on prend pour un imbécile triste !! Des longueurs en plan séquence inutiles, comme cette écharpe blanche qui s'envole au vent … Julie Colère, euh pardon Kolher tue de sang froid, et nous on reste froid d'émotion. La chasse et les femmes passions avouées des hommes démontrent bien que c'était la belle époque où le respect des femmes était bafoué en toute légalité. Les personnages de Fergus, René Morane et Corey le confirme si bien. L'horrible sonnerie du téléphone à fil de l'époque, la musique et les effets sonores sont désastreux ! Notre énigmatique meurtrière nous balade bien, et prend de plus en plus de risques, elle n'a plus rien à perdre puisqu'on lui apris l'unique amour de sa vie. Elle remplira à bien la mission qu'elle s'était donnée sacrifiant tout son être. Y avait un beau sujet là, de la matière, pourquoi avoir traité ceci aussi platement ? Tout n'est pas de la faute à François Truffaut, mais cette nouvelle vague me fait plutôt boire la tasse.
Revoir ce film est une expérience stimulante. Je craignais qu'il ait vieilli : pas du tout. D'abord Jeanne Moreau est envoûtante, pour ne pas dire magique (magie noire, s'entend). Mais les acteurs qui l'entourent n'ont pas grand chose à lui envier : ils sont tous excellents. Peut-être un seul meurtre est-il un peu invraisemblable (pour ceux qui n'ont pas vu le film, je laisse le suspense). Cette nouvelle vision m'a aussi fait prendre conscience de la musique... jusqu'à ce que je découvre qu'elle était de Bernard Hermann (Vertigo, Psychose, etc.). Il ne fait pas partie de mon top 10, mais il n'est pas loin.
Un film implacable. Jeanne Moreau dégage une sensualité glacée, une effrayante amabilité parfois, dans une lumière éblouissante où l'écho de la marche nuptiale rythme un parcours sanglant. Onirique et sublime.
Ce film est réalisé en 1968 : c'est dire s'il est en avance sur le programme. Une histoire froide et implacable de vengeance d'une femme qu'on a privé de son mariage, ça ne vous dit rien? Si? ah oui, "Kill Bill" bien sûr. Et bien non c'est "la mariée était en noir" de Truffaut en 1968.
5 crimes à commettre pour sa veangence, et la rencontre avec 5 hommes, 5 hommes ayant en commun un amour de la femme idéale, vision qui leur fera à chacun "choisir" sa mort.
Alors oui ce n'est sûrement pas là le meilleur film de truffaut mais par son côté novateur il mérite largement cette note maximale.
Quel dommage! En ce 21 juin 2024 je revois, par temps d'orage, ce film de Truffaut. A la vision duquel je prends un certain plaisir... N'en déplaise à la kyrielle de critiqueurs qui n'ont fait que collectionner les mauvaises notes au sujet dudit film! Donc je me suis dit qu'il fallait apporter ma pierre à l'édifice et améliorer, si possible, ce score si déplorable... Bien sûr, il faudrait que je creuse un peu pour connaître la manière dont la "mariée" a pu identifier tous les protagonistes de cet "accident" qui a amené le décès de son mari... Mais bon! Passons... J'ai pu voir que Jeanne Moreau joue son rôle d'une manière froide. sans expression... N'oublions pas qu'elle n'a qu'un but: venger la mort de son homme. son amour... C'est donc une attitude déterminée... Le livre, que je ne connais pas. n'est pas respecté ? La belle affaire... Est-ce le premier film dans ce cas? La plupart des films actuels m'ennuient souverainement... Je n'ai eu aucun ennui à revoir ce film et je tire mon chapeau à Truffaut ! Et je note...
Le policier n'est pas le genre que Truffaut maitrisait le mieux, tant au niveau du suspens que d'une recherche très minimale de crédibilité. L'intérêt du film est la psychologie des personnages, le portrait des personnages secondaires qui sont soignés.
Avec "La Mariée était en noir", Truffaut nous plonge dans un suspense haletant ce qui n’est pas habituel chez lui. Le film, mélange de thriller et de drame, est porté par une Jeanne Moreau sublime. L'intrigue, pleine de rebondissements, nous tient en haleine jusqu'au dénouement surprenant. Un grand moment de cinéma !
Ce film est intéressant dans sa construction de l'histoire. On ne sait pas au départ pourquoi cette femme assasine les deux premiers hommes, puis on découvre par des flashbacks ses véritables raisons de vengeance. Le personnage de la femme est impressionnant. Elle n'est pas folle mais très manipulatrice. Son plan est parfaitement calculé. La diversité des personnalités, des crimes et des approches de la jeune femme de ses proix sont particulièrement réussis. Un vrai plaisir cinématographique !