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Un visiteur
3,5
Publiée le 2 août 2011
En somme Deep End est un film à voir, qui pour l’époque aurait sûrement influencé plus d’un cinéaste tentant de faire l’apologie étrange des désirs adolescents et de la construction de cette période si difficile à retranscrire à l’écran.
C’est toujours un plaisir de revoir ce film inclassable de Skolimowski. A partir d’un scénario somme toute anecdotique, le réalisateur réussit, grâce à une mise en scène virtuose, à nous amuser (du moins jusqu’à la séquence finale) des déboires de ce jeune homme entrant de plein pied dans la vie active au sein d’un établissement de bains, peuplé de personnages pittoresques et où le sexe prédomine. L’alchimie entre les origines slaves du metteur en scène et l’esprit so british trouve une justesse de ton et une originalité tout à fait uniques et jubilatoires. Excellent choix des acteurs dans leur ensemble (la pulpeuse Diana Dors nous offre une scène d’anthologie qui à elle seule mérite le déplacement).
L'une des premières oeuvres de Jerzy Skolimowski, sortie il y a déjà 40 ans, revient sur les grands écrans français sous l'applaudissement général des critiques et de la plupart des spectateurs si l'on en juge Allociné... Pour ma part je suis resté de marbre devant ce que beaucoup appellent «un bijou d'émotion» ou plus encore un «chef d'oeuvre». Mise en scène datée, scénario assez simpliste, le film manque pour moi de consistance, de densité... Les personnages ne sont pas vraiment attachants, même si la magnifique rousse intrigue, il est bien difficile de la cerner tout comme le jeune héros, aux réactions bien étranges, mais pourquoi la suit-il sans cesse? ... Sans que l'on s'ennuie complètement, on tourne souvent en rond plutôt que de dire les choses comme elles sont, et la bleuette adolescente finie par lasser... Dommage car de ci, de là apparaissent quelques bonnes idées, l'alliance du côté morbide à un autre très pop par exemple, qui apportent cachet et charme à oeuvre qui finalement ne fait que reposer dessus. Ambiance singulière, personnages plastiques, décors atypiques, scènes marquantes, BO intéressante : l'atout charme ne comble malheureusement pas le décalage avec le cinéma tel qu'on le fait aujourd'hui, qui me convient mieux, une affaire de goût peut être.
Un des plus beaux films réalisés sur l'adolescence, fiévreux, lyrique. Des idées de scénario particulièrement heureuses (le vol de la pancarte, la perte du diamant), qui font progresser l'histoire de manière inattendue. Enfin des images inoubliables : la piscine craspouille support de tous les phantasmes, le héros en vélo sur du Cat Stevens... Ce film reste bien vivant.
Deep End ressort au cinéma, c'est l'occasion pour moi de m'y intéresser, je ne savais absolument pas de quoi ça parlait avant de voir le film, et c'est très bien comme ça, parce que tout simplement ça ne ressemble à rien de connu, une sorte d'initiation sexuelle, sur le jeu du je t'aime moi non plus, le tout baigné dans une musique envoûtante. C'est un objet totalement bizarroïde, et qui a un sens, ça change pour une fois, et ça reste malgré tout assez accessible, une sorte de totale réussite, qui non seulement captive son spectateur, mais le fait aussi voyager dans ce Londres, très pop, dans cette piscine où l'amour naît en même temps que les pulsions sexuelles de cet adolescent. L’ambigüité du personnage féminin est très bien faite, on ne sait pas trop si elle l'aime en retour ou non, si elle veut juste jouer avec lui, ce qui rend le film, non seulement imprévisible mais totalement délicieux, ça se regarde avec un grand sourire sur les lèvres durant beaucoup de scènes, jusqu'à la fin, énigmatique, étrange, effrayante. J'avais jamais vu ça, et pourtant ça se tient, tout est compréhensible, les intentions du jeune Mike, son désir jaloux de garder la belle Susane pour lui tout seul, les méthodes qu'il emploie, juste pour se faire remarquer, pour montrer son mécontentement, c'est le genre de conneries qu'on fait à 15 ans, il y a beaucoup de vrai dans ce personnage, en quelque sorte on peut s'identifier à lui, parce qui ne tomberait pas amoureux de Jane Asher ? C'est un film vraiment envoûtant, bien plus qu'une simple curiosité, je suis certain qu'il a tout pour être le film culte d'une génération. En tous cas c'est à voir, un très beau film sur l'amour, le désir, l'adolescence et terriblement réaliste.
Un choc. Ce récit décalé d'une initiation adolescente est un bijou d'étrangeté et de finesse. Les séquences dans la neige puis la piscine sont déjà cultes. Le meilleur film d'un grand cinéaste polonais et une date dans l'histoire du cinéma anglais.
Typique des comédies anglaises pop-trash des années 70, Deep End est un des meilleurs films sur l’initiation d’un adolescent au sexe et l’émoi amoureux. Ce jeune garçon employé des bains publics, qui découvre le désir et la jalousie au contact d’une jolie fille n’hésitant pas à arrondir ses fins de mois en usant de ses charmes, est émouvant de naïveté mais aussi de rouerie. L’occasion pour Jerzy Skolimowski de nous dépendre une Angleterre poisseuse et contrastée et de nous offrir quelques scènes d’anthologie comme ce final dans une piscine vide où les deux protagonistes se livrent à un jeu sans issue. Un film produit il y a quarante ans qui n’a pourtant pas pris une ride.
Les tourments d'un jeune garçon , qui découvre petit a petit la réalité au sujet de la fille sur laquelle il a jeté son dévolu, de jolies métaphores, des scènes bien penser (lorsque le jeune garçon commande un hot dog, le mécanisme mise en place par la prostituée pour enclencher la musique, ouvrir la porte..et bien d'autres..), mais on observe quelques longueurs A noter, b.o sympa.
Le plus beau film du monde sur l'adolescence ! Jerzy Skolimowski, l'enfant terrible du cinéma polonais, débarque à Londres et réalise un chef d'oeuvre. Une succession de morceaux de bravoure, notamment une déambulation dans le swinging London, un trajet dans le métro avec un mannequin dénudé en carton, des scènes de fantasme érotique sous l'eau, une leçon de sexe-rugby dans une cabine de bain. Courez-y !
Si j'étais étudiante en cinéma je ferais une thèse sur le début des années 70 et leur production de tant de films superbes. Deep end m'a un peu effrayée au début tant l'esthétique (musique comprise) était datée mais très vite ces doutes se sont dissipés. C'est un film très bien fait avec une mise en scène de talent, avec une très belle esthétique dans le cadre comme dans les couleurs. Il y a de l'humour mais également beaucoup de cruauté. Ce qui pourrait être une belle histoire sentimentale s'avère d'un tout autre ordre avec des personnages principaux subtils et en miroir. Bien que film de jeunesse de Skolimowski c'est un film parfaitement abouti tant du point de vue de la compréhension des ressorts humains que de la réalisation.
C'est drôle : l'acteur principal ressemble à Roman Polanski, pour qui Jerzy Skolimowski avait scénarisé Le Couteau dans l'eau. Ce film est bien mieux, soit dit en passant. C'est à la fois comique, érotique et poétique. Ce qui se rapprocherait le plus de Deep End, ce serait Le Lauréat. Mais un Lauréat filmé sous LSD, avec des situations complètement démentes ! Le réalisateur plonge jusqu'aux tréfonds du délire pour nous en sortir complètement rafraichi. Si j'avais une machine à remonter le temps, j'irais dans le Londres des années 60/70. Je fréquenterais les endroits glauques qu'on voit dans le film et je profiterais de la dépravation des petites Anglaises ! Bon sang, il m'a émoustillé ce film !
Petit délire érotique d'un pervers, Deep End est aussi inoffensif que creux. Le spectateur peut s'émoustiller de l'histoire de cette fille trop belle et de ce garçon trop naïf mais il aura aussi bien ri devant tant de clichés. Une ressortie était-elle utile?
Du cinéma vérité percutant et poétique qui transmet, sans jamais sacrifier la psychologie des personnages, son pouvoir d'évocation, malgré les 40 ans qui nous séparent de sa première sortie! Avec Deep End on accède véritablement au cinéma des profondeurs. Tout peut paraître ici baroque et excessif, mais c'est pour mieux accéder à une vérité intérieure plus essentielle, plus "vraie". Le décalage permanent entre ce que l'on voudrait être, ce que l'on voudrait percevoir du monde et la crudité de la réalité, est asséné ici avec une efficacité confondante. L'auteur nous renvoie ici un portrait cruel et tendre à la fois de l'adolescence et de la société "adulte" qui avec ses codes se prête si mal aux élans passionnés. L'issue ne peut être ici que fatale, tant la volonté de vivre et d'aimer à tout prix de cet adolescent se heurte à l'individualisme et aux petitesses de ce monde. C'est une constatation plus qu'un réel jugement, mais dans sa forme même, ce film prend partie aujourd'hui encore pour l'énergie débordante de la jeunesse qui nous est rendue ici intacte...