Un bijou ! A travers les tribulations d'un journaliste témoin involontaire d'une dispute préalable à un meurtre, Eastwood nous dresse le portrait d'une galerie de personnages surprenants dont la transsexuelle Lady Chablis qui nous fait une prestation fabuleuse toujours à la limite de l'outrance mais sans la dépasser. La direction d'acteurs est exceptionnelle, le propos est généreux, l'histoire intéressante. Alors bien sûr, il y a cette facilité de scénario à la morgue, mais on est au cinéma, n'est-ce pas ?
Vingtième long-métrage de Clint Eastwood mais seulement le troisième où il ne se donne pas de rôle, "Minuit dans le jardin du bien et du mal" s'avère une excellente surprise et un très bon film. L'histoire est intéressante et plutôt bien écrite et construite, mais la réussite du film tient avant tout de la galerie passionnante et parfois mystérieuse de personnages qu’Eastwood met en scène. Que ce soit le journaliste John Kelso qui semble parfois bien perdu, le riche collectionneur d'art John Williams, un transsexuelle ou encore le gigolo Billy Hanson, ils sont tous fascinant, complexe, bien écrit et étudié. L'atmosphère mystérieuse, insolite et planante est impeccable et prenante, c'est un film long mais jamais ennuyeux, le récit est assez dense. Clint rajoute quelques doses d'humour et (beaucoup) de cynisme qui sont le bienvenue et à travers son étude de mœurs se cache une légère critique sur celle des Américains. La bande-originale jazzy est excellente et est adéquat au récit. Si la galerie de personnages est aussi intéressante, c'est aussi car elle est bien interprété et notamment le toujours excellent Kevin Spacey. Décidément j'ai du mal à comprendre la réputation d’Eastwood mineur que traine ce film, c'est une réussite, un film captivant, intelligent et envoutant.
A priori, "minuit dans le jardin du bien et du mal" n'est pas un Eastwood habituel : une enquête sur un meutre commis par un riche aristo, sur fond d'homosexualité, le tout entouré de personnages tous plus bizarres les uns que les autres. Au fur et à mesure que le film avance, les liens se font et l'attention se fait de plus en plus grande. Kevin Spacey interprète brillamment cet homme mystérieux dont personne ne comprend les motivations. Rien que pour ça le film est un plaisir. On suit l'enquête, le procès, essayant de le comprendre. Il y a aussi beaucoup de légèreté avec les personnages secondaires farfelus. Pour éviter de perdre le spectateur, on évolue à travers les yeux du journaliste interprété par John Cusak, perdu au milieu de tous ces êtres étranges de la ville de Savanah. Selon moi, Eastwood renouvelle ici sa recherche de l'identité américaine, en essayant comme souvent de remonter aux origines d'une culture (le cimetière vaudou, le dialogue entre morts et vivants, le passé qui revient hanter les individus). Il confronte ce passé à la modernité (droit des homos, travestis, ...) avec pas mal d'humour. Surtout, cet humour lui permet de mieux montrer le malheur d'une société qui vit caché derrière ses apparences, en faisant semblant que tout va bien. La fête de noël en est le meilleur exemple, et la réplique célèbre de Spacey "la vérité, comme l'art, réside dans le regard du spectateur. Croyez ce que vous voulez, moi je crois ce que je sais." Avec le recul je repense quelque peu aussi au Liberty Valence de John Ford qui serait relu par Eastwood, avec la confrontation entre la loi et l'ordre, de la légende et de l'histoire entre la vision idéaliste (John Cusak essayant de marcher sur les traces de James Stewart - inutile de dire qu'il n'arrive pas à sa cheville) et la vision réaliste (Kevin Spacey serait le bandit de l'histoire). L'intrigue de base n'est pas toujours passionante (le coup de théâtre dans le procès, par exemple, me semble un petit peu médiocre), mais Eastwood a créé tout un univers autour, et finalement avec le recul je suis encore à Savanah quelques jours après la vision du film !
Un très bon polar , a la limite du fantastique a certains moments . La ville de Savannah se révèle être un lieu très étrange et empli de personnages hauts en couleurs , un excellent terrain de jeu pour Eastwood . L'ambiance parfaite de l'Amérique des années 70 nous emporte dans cette enquête trouble et fascinante , mené par cet excellent personnage qu'est John Kelso (John Cusack , très bon acteur malheureusement méconnu du grand public) . Kevin Spacey est aussi bon et dans un registre différent de son habitude , et la Lady Chablis (Je sais pas comment ca s'écrit) amène , par son excentricité , une touche de légèreté bien utilisé . La BO très Jazz rajoute une touche de douceur et parfum des nuits d'été au film . Une réussite d'Eastwood , et une vrai réflexion sur ce qu'est le bien et le mal .
Le sud des Etats-Unis se prête bien au thriller. cela amène une moiteur, un poids du passé, une profondeur à l'histoire. Le dernier film de Tavernier rends très bien tout cela, et c'est le cas également avec le Eastwood. Un bon scénario, de bons acteurs et une mise en scène très classe font de ce film, un très bon thriller qui se permet de ne pas tout expliciter. Ce qui devient de plus en plus rare.
Après lautodérision dImpitoyable, la complicité affective dUn monde parfait, et la sentimentalité de Sur la route de Madison, Eastwood, que lon a trop longtemps assimilé aux héros sans états dâme qui ont fait sa réputation dacteur, continue dans le registre tendre et respectueux des faiblesses humaines. Cette vocation nouvelle lui permet de réussir des scènes aussi inutiles du point de vue de lintrigue quindispensable à léquilibre du film, comme lapparition de la dragqueen dans un bal de la haute bourgeoisie noire. Cette sincérité se retrouve aussi dans la façon dont Eastwood dirige ses interprètes : pas lombre dun cabotinage nest à relever dans cette galerie de personnages pourtant très typés. A ce titre, Kevin Spacey est un nouvel exemple d « understatement », tant il arrive à exprimer sa situation, qui passe sans arrêt du chaud au froid, sans que lexpression de son visage ne change vraiment. Il réussit ainsi à créer un personnage à la fois innocent et monstrueux. Et la mise en scène ? Cest un aspect capital de la réussite de Minuit dans le jardin du bien et du mal. Elle imprime un rythme serein, parfois même lent, à un scénario que dautres auraient sans doute traité avec plus de nervosité. Les angles des prises de vue, très travaillés, ont leur importance dans linterprétation qua le spectateur de chaque scène. Eastwood reste à une certaine distance de ses personnages en multipliant les plans généraux : il est le conteur dun fait divers dont il donne un point de vue personnel en utilisant au mieux les pouvoirs de la mise en scène.
Film assez lent mais captivant. John Cusack est très à son aise dans cette ambiance étrange et mystérieuse, et Kevin Spacey est égal à lui-même. Une foule de personnages secondaires extravagants donnent de la profondeur au film, et la scène du procès est géniale. Une belle réussite.
Minuit dans le jardin du bien et du mal : Même si ce n’est pas le film de référence de Clint Eastwood. Je trouve que ce film est fort divertissant car il a un petit quelque chose en plus que les autres films d’enquête (procès…) n’ont pas : l’humour. Car ce film est remplit d’humour grâce aux personnages aux en couleurs. Ils sont tous très marrants et certains sortes du lot : Lady Chablis qui est juste hilarante. Et il faut dire que le casting est de qualité et les acteurs sont tous très bons : John Cusack, Kevin Spacey, Jude Law… Pour en revenir au scénario, on a le droit a un enquête/procès avec un déroulement plutôt classique donc peut être peut original. Mais, il est agrémenté comme je disais de petites notes de délire et d’humour bien placé, donc ça passe mieux. Ensuite, réalisation signé Clint Eastwood est toujours aussi soigné et bien cadré : franchement, il a rien à dire, c’est du Clint Eastwood. Et pour finir, je n’ai pas signalé de musique, elles sont peut être trop discrète mais bon. Donc voila, un très bon divertissement qui change des autres films de Clint Eastwood : on passe un bon petit moment.
Eastwood à la baguette avec Kevin Spacey et John Cusack dans les roles principaux, c'est un gage de réussite, non? Et bien non, c'est le gage d'un nanar de 2h30 qui tourne en rond et laisse franchement sceptique. Un des thèmes du film, la normalisation de l'homosexualité, repousse une banale intrigue policière au 2ème plan. On a connu Clint Eastwood mieux inspiré.
Malgré un casting en béton armé et Clint Eastwood à la réalisation, ce film ne décolle jamais. L'intrigue ne nous passionne pas du tout, on se demanderait même si c'est bien Eastwood est à la réalisation tant on ne reconnaît pas du tout la patte du cinéaste. Je n'ai pas du tout saisi le message qu'il a voulu faire passer, peut être qu'il fallait être tolérant sexuellement vu ce qu'il nous présente entre travestis et homosexuels. Bref, du bas de gamme malgré la présence de cadors comme Kévin Spacey et John Cusack. Un Eastwood très décevant.
Je n'ai pas aimé les personnages, l'histoire, l'univers. C'est long et ennuyeux. Je n'ai pas bien compris l'intérêt de ce film, aucun divertissement, pour moi.
"Minuit dans le Jardin du Bien et du Mal" est un bien joli film, souvent négligé au sein de la désormais riche filmographie d'Eastwood : il donne surtout une impression étonnante d'équilibre, de sérénité, Clint se jouant assez élégamment des poncifs liés à son sujet (le Sud folklorique et ses excès de décadence) pour transformer son scénario quelque peu chargé (un meurtre à élucider, une scène emblématique de procès, de la magie noire, des personnages hauts en couleur, de la musique couleur locale...) en une œuvre assez... opaque. Certains - plus confortables avec la logique démonstrative et l'efficacité hollywoodienne - regretteront le traitement "négligent" de la fiction, comme par exemple dans la scène incohérente des "aveux" de John Williams (Kevin Spacey, impeccable d'onctuosité ambiguë). Autres petits "problèmes" du film, la prestation assez incompétente de John Cusack, irritant avec son air perpétuellement ahuri, et jamais convaincant quant à son évolution intime, son intégration dans cette culture différente, mais également une certaine multiplication de personnages inutiles et sous-exploités, comme la blonde girlfriend de service, témoignant sans doute des difficultés d'adaptation d'un roman foisonnant. Mais là n'est pas le plus important : soupçonné à l'époque d'être un cinéaste trop viril et "de droite" pour être un véritable humaniste, Eastwood clouait avec "Minuit..." le bec à ses détracteurs, en filmant avec générosité une communauté homosexuelle : évitant la caricature facile, il réalisait film qui semblait plus AVEC cette communauté (voir le magnifique personnage - réel - de la drag queen Lady Chablis)... Il en va jusqu'au filmage élégant et relâché (pas encore bâclé, toutefois, comme ce sera ensuite le cas dans d'autres films), qui paraît complètement en phase avec l'ambiance de la ville de Savannah, ses traditions figées dans le temps et ses petits délires.
Envoûtant, vénéneux et surtout ambigu... La Louisiane est le lieu rêvé pour faire s'affronter le cynisme et le pragmatisme des mondains du cru d'un côté (ces gens qui se croiient nécessairement tout puissants, éternels) face au mysticisme et aux croyances irrationnelles de l'autre (ce mystère baignant les marécages alentours qui pour le coup ont quelque chose d'immanent, d'éternel), Le tout sous l'oeil amusé, goguenard d'un journaliste qui comme le spectateur dévore avec appêtit et curiosité ce nouvel univers qui s'est imposé à lui. Minuit dans le jardin du bien et du mal est un savoureux mélange de classicisme (l'oeuvre, le sujet, son ampleur) et de radicalité de l'intrigue, de la mise en scène d'un film où le plus important est toujours invisible pour les yeux. Comme le curieux destin du personnage divinement incarné par Kevin Spacey, qu'on ne voit pas venir... Denrée rare au cinéma
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1,0
Publiée le 5 juillet 2021
Que vous soyez un fan du livre ou un nouveau venu Minuit dans le jardin du bien et du mal est sûr de vous décevoir. Le roman qui n'est déjà pas fameux consiste en un certain nombre de croquis de personnages suivis d'un court mystère et il a été transformé en une intrigue mystérieuse remarquablement banale. Le scénariste a également ajouté une intrigue secondaire romantique probablement parce que le public le demande ou peut-être parce que la fille du réalisateur avait besoin d'un rôle féminin. Enfin la grâce le charme et la bizarrerie de Savannah si bien rendus dans le livre ont complètement échappé au réalisateur et le film dure trop ce qui ne laisse rien a regarder d'intéressant pour le spectateur...
Un policier classique mais traité de sorte que le spectateur ne ressente pas d’ennui. Cependant Eastwood y ajoute des personnages « hors-normes », marginaux. Le film est passionnant. Un grand film policier mais aussi de tribunal. Le seul bémol que je puisse faire revient a John Cusack qui m’a insupporté avec sa bouche toujours ouverte. Je ne l’ai pas trouvé très bon (comparé a d’autres de ses prestations). Le scénario quand a lui est excellent et montre a quel point la justice n’est pas parfaite. « Minuit dans le jardin du bien ou du mal » est une enquête passionnante de 2h30 dans laquelle aucune longueur ne se fait sentir. Envoutant.