A travers une enquête empreinte de quelques égarements qui va virer au film de prétoiries, Eastwood nous dévoile les moeurs et les états-d'esprit enfoncés en profondeur dans l'Amérique sudiste. Bénéficiant d'une interprétation plus que convaincante, "Midnight in the garden of Good and Evil" dispose de quelques longueurs mais ne perd pas son pouvoir d'attraction et se centre plus sur les personnages que sur l'intrigue. Au final, il ne s'agit pas là d'un Eastoow majeur, cependant ce film constitue une petite réussite.
Clint change son style et son ton habituel afin de nous offrir un film plutôt à part. Aux côtés de John Cusack on découvre une étrange ville et ses habitants, suite au meurtre la trame narrative ne devient pas tellement policière, on reste sur un rythme et dans une ambiance assez particulière mais aussi très agréable. Œuvre quelque peu décalée, Minuit dans le jardin du bien est du mal, brille également par son casting.
Rien de terriblement excitant dans ce polar sudiste dont l'un des seuls attraits est la plongée dans la culture et l'ambiance si caractéristiques de la Géorgie grâce à une photographie chaleureuse et colorée. Un film plombé par un rythme très lent et une enquête loin d'être passionnante. Sans surprises, à la limite du cliché, certainement pas la meilleure œuvre de Clint Eastwood.
Une galerie de portraits très intéressante dans ce film mineur d'Eastwood. Mineur parce que trop long et parfois répétitif. Malgré tout, quelle mise en scène, quelle fluidité dans les mouvements de caméra et quelle direction d'acteurs. Le thème de la culpabilité, qui a toujours hanté le metteur en scène, est ici évacué par une pirouette un peu légère, que, comme l'écrivain John Kelso, j'ai moyennement appréciée. Cela reste néanmoins une œuvre de qualité, certes bien inférieure à "Sur la route de Madison", qui l'avait précédée, mais qui éclaire la filmographie d'un des auteurs les plus importants du cinéma américain.
Si le démarrage est un peu fade, le film prend de l'ampleur rapidement. Acteurs excellents, réalisation sublime, ambiances sonores et décors de grande qualité, on reconnaît là la grande classe de Clint Eastwood, homme de talent aux multiples facettes. La prestation de Mrs Chablis est remarquable. Bravo !
L'ambiance est originale et elle rend le film plutôt comique et atypique. Le scénario est quant à lui proche du roman policier classique. C’est un tout petit peu long tout de même et ça manque légèrement de rythme. Le film n’évite pas quelques clichés cinématographiques tels que la jolie fille destinée à tomber dans le bras du « héros » mais qui n’a aucune autre utilité.
Avec "Minuit dans le jardin du bien et du mal", Clint Eastwood livre un thriller énigmatique dans un lieu chargé de secrets et de personnages hauts en couleur. Kevin Spacey est parfaitement glaçant dans le rôle de l'élégant et ambigu Jim Williams, mais John Cusack manque parfois de relief pour incarner le journaliste au cœur de l'intrigue. La réalisation d’Eastwood est maîtrisée, mais le rythme peut paraître inégal, s'étirant parfois au détriment de la tension narrative. L'atmosphère gothique et l'exploration des thèmes de la justice, de la morale, et du charme empoisonné de Savannah confèrent au film une certaine richesse. Un film intrigant et singulier, mais qui peine à trouver le juste équilibre entre mystère et profondeur psychologique.
Après le succès commercial recueilli par « Les pleins pouvoirs », thriller politique où il retrouvait Gene Hackman, Clint Eastwood enchaîne avec la réalisation de l’adaptation de « Minuit dans le jardin du bien et du mal » roman écrit par John Berendt, relatant un fait divers sordide survenu en 1980 à Savannah dans l’Etat de Georgie. C’est John Lee Hanckock déjà présent à l’écriture du scénario sur « Un monde parfait » qui a envoyé à Eastwood le script après que la Warner hésite à se lancer dans le projet. Immédiatement conquis par la description proposée de cette ville du Sud profond et de ses habitants n’ayant pas encore complètement renoncé à leurs mœurs et coutumes ancestrales, Eastwood accepte de réaliser ce film dans lequel il n’apparaîtra pas à l’écran. Un jeune journaliste (John Cusack) est envoyé sur le site par un magazine new-yorkais afin de couvrir la grande fête de Noël qu’organise chaque année dans sa somptueuse villa (Mercer House) Jim Williams (Kevin Spacey) un riche antiquaire aux goûts très raffinés. Le journaliste logeant dans la villa tout à la fois ébahi et dépaysé est intrigué par son hôte et par les personnages pittoresques et bizarres qu’il rencontre sur place comme une vieille femme pratiquant le rite vaudou, un valet promenant chaque jour au bout d’une laisse rendue rigide un chien qui n’existe plus pour tenir une promesse faite à son propriétaire mort lui aussi, un passant iconoclaste (Geoffrey Lewis) se déplaçant entouré de mouches fixées à ses vêtements par de fins fils transparents ou encore un travesti fantasque (Chablis Devau) et coqueluche locale. spoiler: Quand le soir même de la fameuse fête un jeune homosexuel (Jude Law) est tué dans la villa par le riche antiquaire, le journaliste jusqu’alors un peu en déshérence demande à son magazine de rester sur place pour écrire un livre afin de couvrir l’enquête et le procès. Deux des personnages anachroniques décrits plus haut vont alors entrer en scène pour rappeler que dans la région la vérité n’est jamais vraiment celle qui semble la plus évidente. L’ambiguïté règne alors à tous les étages. Heureusement le préambule doctement instauré par un Clint Eastwood sortant de sa zone de confort peut avoir préparé le spectateur à goûter cette sauce très particulière notamment grâce au charisme d’un Kevin Spacey tout-à-fait à l‘aise dans la peau de ce grand bourgeois manipulateur qui n’est pas sans rappeler le Keyser Söze de « Usual Suspects » (1995) de Bryan Singer. Sa prestation en tout point remarquable compense celle un peu fébrile d’un John Cusack que l’on a connu meilleur notamment dans « Les arnaqueurs » de John Huston ou encore dans « Ombres et brouillard » de Woody Allen. Malgré quelques moments savoureux et sans que l’on sache vraiment expliquer pourquoi, le film ne convainc pas totalement, Eastwood n’étant pas vraiment parvenu à tisser un lien étroit et surtout fluide entre comédie de mœurs, enquête policière et film de procès. Sans doute un réalisateur lui-même un peu fantasque comme Robert Altman se serait mieux accommodé du sujet. Clint Eastwood on l’a dit placé hors de sa zone de confort livre un film à l’esthétique irréprochable mais comme John Kelso (John Cusack) son personnage principal, il reste jusqu’au bout un étranger de passage. Le critique comme le public a ressenti ce décalage qui n’ont pas plébiscité le travail toutefois méritoire d’un Clint Eastwood ambitieux. A voir donc pour admirer un Kevin Spacey à son meilleur.
Le titre « Minuit dans le jardin du bien et du mal » résume parfaitement le film. Arrivé dans un sud comme en terre étrangère, un écrivain et journaliste « yankee » (John Cusak) va découvrir dans une terre de vaudou (où pour comprendre les vivants doivent parler aux morts), des personnages plus inattendus les uns que les autres. De l’énigmatique et richissime Williams (dont les motivation restent ambigus) à Minerva (Irma P. Hall) la mystérieuse prêtresse vaudou, en passant par Mandy (Alison Eastwood) superficielle seulement au premier abord et surtout Lady Chablis, un incroyable travesti dont chaque sortie en public entraine l’angoisse d’un dérapage incontrôlé vers les bas fonds de l’outrance et de la vulgarité. Il n’en sera rien, le réalisateur restant toujours à la limite, parfois à l’extrême limite comme dans le bal des débutantes afro américaines, une des inversions les plus significatives du film. Dans cet univers au chaque pas, chaque découverte amène une énigme qui cache une surprise, le rationnel new –yorkais écarquillera des yeux qui peinent à croire ce qu’ils voient et ouvrira la bouche pour récupérer une respiration rendue difficile. Enfin comble de l’ironie, le document qui sauve l’accusé au tribunal est un clin d’œil narratif supplémentaire, car il ne change rien à l’histoire si ce n’est qu’il permet à Jim Williams de prononcer cette phrase devenue culte : « la vérité, comme l'art, réside dans le regard du spectateur. ». Dans une réalisation techniquement parfaite où chaque scène est bien scriptée, chaque mouvement de caméra d’une fluidité sans accroc et chaque plan construit avec soin, le casting exprime les personnages avec justesse, avec mentions particulières pour Kevin Spacey et l’inattendu Lady Chablis et ce pied de nez à la réalité puisque le vrai avocat Sonny Seiler (ici Jack Thompson) interpréte le Juge White. Le tout accompagné par une musique très locale de Lennie Niehaus. Bien sur dans le jeu des miroirs Eastwood n’a pas la virtuosité d’Hitchcock, ni sa créativité visuelle. Mais il évite aussi les moments spectaculaires et parfois malhonnêtes du « maître », pour offrir un déroulé élégant, par la grâce d’une fluidité maîtrisée de bout en bout. Et dire que ce grand film est considéré, à tort, comme un Eastwood mineur.
J'étais parti pour mettre deux étoiles, puis trois, puis deux... A vrai dire il est vraiment difficile de critiquer un film tel que « Minuit dans le jardin du bien et du mal ». C'est à la fois lent, un peu déconcertant et on ne comprend pas toujours où veut en venir Clint Eastwood. Mais de l'autre, c'est toujours aussi bien réalisé, écrit et peuplé de personnages étonnants, presque tous très bien joués, auxquels on peut ajouter quelques réflexions très pertinentes et plusieurs scènes vraiment réussies. Cela a beau ne pas être très « Eastwoodien », voilà une œuvre qui peut se targuer d'avoir une vraie atmosphère, interrogeant subtilement sur les frontières parfois infimes entre le Bien et le Mal, pour finalement se conclure de façon assez apaisée et sur une très belle chanson signée k.d. Lang. Inabouti donc, mais intrigant et même parfois envoûtant.
Minuit dans le jardin du bien et du mal est un film à part dans la filmographie de Clint Eastwood. En effet, ce troisième film où il n’apparaît pas en tant qu’acteur (après Breezy et Bird) se situe dans un univers qui fait plus penser à la première saison de Twin Peaks qu’à l’univers habituel d’Eastwood. En effet, Savannah est une ville où les excentriques pullulent et frôle même une ambiance fantastique avec Patrick, le chien promené même après sa mort. Ainsi, Eastwood s’amuse dans un premier temps à décrire cette ville à l’ambiance peu commune. Toutefois, il adoptera un ton un peu plus sérieux pour les séquences traitant du procès en lui-même malgré la petite digression comique de la comparution de Lady Chablis. Il est d’ailleurs important d’évoquer ce personnage car, malgré les prestations de Kevin Spacey, de John Cusack, de Jude Law, d’Alison Eastwood ou de Geoffrey Lewis (pour sa dernière collaboration avec Eastwood), c’est ce personnage transgenre (le seul à interpréter son propre rôle dans le film) qui marque le film par sa personnalité totalement atypique. Le film est donc un mélange entre une description souvent comique d’une ville un peu étrange et un film de procès, le tout sur un rythme volontairement assez lent. Le résultat est donc assez déroutant pour toute personne s’attendant à un film caractéristique de l’univers eastwoodien, ce qui explique sûrement le peu de succès commercial qu’il rencontra, mais qui reste tout de même assez plaisant quand on sait à peu près à quoi s’attendre (notamment lors de la seconde vision).
Même s’il y eut Impitoyable et Sur la route de Madison, la carrière de cinéaste de Clint Eastwood n’était pas encore aussi connue qu’elle ne l’est aujourd’hui (surtout avec Mystic River, Million Dollar Baby, Mémoires de nos Pères, Lettres d’Iwo Jima, L’Échange, Gran Torino, Invictus). L’ancien Inspecteur Harry est également passé par des réalisations quelques peu douteuses (j’en parlais déjà au sujet du Maître de Guerre). Comme ce bizarroïde Minuit dans le jardin du bien et du mal, adaptation du roman éponyme de John Berendt.
Inspiré d’un fait réel, l’histoire retrace le jugement d’un homme, Jim Williams, fêtard introverti, accusé du meurtre de son jeune compagnon. Un jugement qui, ici, sera vu par John Kelso, envoyé à Savannah (Géorgie) pour couvrir la fête de Noël du même homme et qui décide finalement de rester sur place jusqu’à la fin du procès. Ce qui lui donnera le temps de découvrir l’étrange faune que composent les habitants de Savannah (où le vaudou semble avoir une place importante). Et c’est là que vous vous posez cette question qui m’a tant trotté dans la tête : pourquoi Clint Eastwood ? Un tel récit n’est franchement pas dans ses cordes. Minuit dans le jardin du bien et du mal aurait très bien pu atterrir entre les mains Michel Gondry, Terry Gilliam ou même Tim Burton. Mais non ! C’est ce bon Clint qui en hérite, montrant qu’il n’est franchement pas fait pour raconter une telle histoire.
Car Minuit dans le jardin… (marre d’écrire le titre !) n’est pas qu’une histoire de procès. Cela présente en plus des personnages hauts en couleur (une mamie vaudou, le vieil homme promenant un chien invisible, celui entouré de mouches, la célébrité drag queen…). Et c’est là qu’il faut reconnaître l’audace de Clint dans ce projet. Celle qui le fit sortir des sentiers des battus en osant sortir des clichés qui lui ont été attribués depuis le début de sa carrière. Ceux qui auraient pu lui faire pondre une simple histoire de procès comme Hollywood raffole au lieu de faire ressortir tout l’univers du livre. Malheureusement pour lui, il aurait peut-être valu rester avec cette étiquette là pour ce film. Car Clint allonge son histoire à tel point que les personnages n’ont rien d’intéressants, le film se montre d’un ennui parfois mortel, le bizarroïde ne marche pas à l’écran… Beaucoup de choses semblent meubler un scénario vide de sens et d’intérêt !
Et quand je vous dis que cela aurait donné autre chose avec les réalisateurs cités plus haut, c’est que, vraiment, Minuit dans le jardin… pouvait se présenter de bien des manières dans les mains d’un expert ! Rien que cet homme toujours survolé par des mouches, où l’on voit clairement la tige qui les fait virevolter dans les airs. Comme pour des effets spéciaux « maison » à la Michel Gondry ! Avec lui à la barre ou un autre, tous les détails jugés étranges du film passeraient inaperçus (adéquats à l’univers qui nous est présenté, plutôt) ou bien délectables à nos yeux. Mais là, on se demande toujours « pourquoi ? » à chaque fois que l’on voit une étrangeté apparaître à l’écran. Et si le côté fantastique ne fonctionne pas pour le film, il n’est pas étonnant que le scénario ne mette pas non plus dans le mille.
Dommage car, comme à son habitude (malgré quelques exceptions, comme Le Maître de Guerre) s’entoure d’excellents comédiens. Si Minuit dans le jardin… peut se montrer intéressant, c’est bien par sa distribution, qui réunit un John Cusack trop souvent cantonné aux seconds rôles ou bien mal exploité dans des blockbusters à gros budget (ah, la connerie cartoonesque de 2012…) alors que le comédien prouve là qu’il est capable de bien jouer ; et un Kevin Spacey qui, à l’heure actuelle, n’a eu qu’une fausse note dans sa filmographie (Superman Returns). Rien que pour un tel duo, nous ne pouvons que dire oui pour accepter de voir ce film.
Sans oublier l’importance musicale qui importe à Clint pour ses films (le réalisateur confiant souvent la BO à son fils et en participant même par moment). Pour Minuit dans le jardin…, il confie la tâche à Lennie Niehaus, son compositeur de toujours jusqu’à Créance de Sang (2002) qui livre une bande son assez jazzy et donc entraînante, qui s’accorde avec le cadre qui nous est présenté dans ce film. Sans oublier d’apporter la (seule) touche de fantastique lorsque le film plonge dans la sorcellerie vaudou. Au moins, l’ambiance du film est soignée !
Oui, on peut féliciter Clint Eastwood d’avoir voulu se lancer dans autre chose que son cinéma traditionnel (fait de westerns et de policiers). Mais il en fera malheureusement les frais en livrant un film bavard et fort ennuyeux, qui ne présente pas d’intérêt à part celui de présenter un bon casting et une bonne ambiance. Normal que Minuit dans le jardin… ne soit pas un film de la carrière du grand Clin qui ait marqué les esprits !
Des personnages hauts en couleurs, la beauté des paysages de l'état de Géorgie et une atmosphère très étrange nous font oublier les quelques longueurs du film (notamment au début). Ce n'est pas le meilleur film d'Eastwood, très classique dans sa réalisation, mais les adaptations de roman au cinéma sont souvent compliqué, ici il s'en sort très bien. Niveau casting ce n'est pas excellent, John Cusack manque toujours autant de charisme mais les seconds rôles jouent très juste.
Il n’est pas anodin que John Kelso effectue le trajet depuis l’aéroport jusqu’au centre-ville en bus touristique, scandé par les informations que transmet le guide à ses passagers : les personnages, dans Midnight in the Garden of Good and Evil, valent davantage pour le portrait qu’ils brossent de la ville si particulière de Savannah, que Clint Eastwood révèle dans ses fondements les plus secrets. Le procès qui encadre le récit vaut ainsi pour son exploration de la vérité, notion ramenée à terme à celle de subjectivité du spectateur, et déclinée par chacun des habitants qui apporte avec lui son excentricité et, donc, sa vision du monde. La mise en abyme entre fiction et réalité s’accentue lorsque nous découvrons que certains résidents campent leur propre rôle : Jerry Spence (le coiffeur), Emma Kelly (la pianiste) et la Lady Chablis (l’artiste travesti), pour ne citer que les principaux. Eastwood capte à merveille les tensions à l’œuvre dans une ville plurielle et qui pourtant témoigne d’une grande homogénéité : si plus de la moitié de la population est d’origine afro-américaine, la richesse semble détenue par une élite blanche qui entretient son pouvoir lors de fêtes mondaines et de réceptions codifiées (le bridge des femmes mariées compte parmi elles). Dès lors, des cérémonies similaires sont données parmi les familles noires, comme celle en l’honneur des jeunes célibataires nommée Alpha Phi Beta où se rend l’indésirable Lady Chablis. Le principe qui gouverne le long métrage est celui de perturbation de l’ordre : ladite Lady vêtue de bleu s’affiche aux bras d’un prétendant, l’arrivée d’un journaliste et écrivain dont tout le monde connaît le nom sans qu’il ne se soit présenté, les coups de pistolet tirés chez Jim Williams, l’infirmière qui a rectifié un oubli de la police témoigne au tribunal, les pratiques sexuelles de Jim et de Billy sont dévoilées au grand jour et heurtent la sensibilité d’une assistance puritaine, etc. Le surnaturel s’invite même à plusieurs reprises, s’incarne dans la figure prophétique de Minerva évoquant, par son nom, la déesse de la sagesse qui rejoint, à son tour peut-être, la statue filmée en ouverture et en clausule, celle de la fille aux oiseaux (Bird Girl) tenant dans chaque main un bol destiné à apporter boisson et nourriture aux volatiles. Eastwood la regarde telle une allégorie du Bien et du Mal, se gardant bien de se rallier à l’un ou à l’autre pour célébrer l’humain dans sa complexité fondamentale. Un beau portrait de Savannah et des marginaux qui l’animent – celles et ceux qui, en raison du procès, quittent temporairement la marge pour se retrouver au centre de l’attention –, que dessert pourtant une mise en scène trop hachée et approximative par moments, au sein de laquelle l’onirisme peine à naître.