Le film joue sur les non dits d'une société, sur sa violence, sur ces travers, et sur l'abime que chacun de nous porte en soit. Nick Nolte, nous avait habitué à des rôles de durs, ici, il est fragilisé mentalement, comme une brute au cœur pur, mais pour combien de temps, il m'a fait penser à Lennie dans des souris et des hommes, le roman de Steinbeck. On sent bien que son état est du à un trauma de son enfance, avec ce père violent joué pour James Coburn, juste désagréable, juste ce qu'il faut pour rendre son personnage de vieux complétement antipathique. Les points positifs se révèle surtout par l'interprétation de ces acteurs, car l'histoire reste sommaire malgré tout, et le rythme est très lent. Heureusement, qu'il y a un certain quelque chose qui retient le tout, de manière fébrile, feutré, comme les pas dans la neige. C'est bien construit, comme la rumeur qui se repend comme une trainée de poudre, qui s'installe dans un esprit, qui fait son petit bout de chemin, et qui pousse à l'irréparable. Déconcertant, et pas sans intérêt.