François Truffaut réuni ici deux monstres sacrés du cinéma français dans un contexte de Seconde Guerre Mondiale. Ajoutons à cela ses dix Césars et j'étais certain de tomber sur un chef-d’œuvre. Bien mal m'en a pris puisque si le film reste quand même bon (faut pas déconner !), on est loin du film haletant de résistants auquel je m'attendais. Il faut dire aussi que je n'avais lu ni synopsis ni vu de bande-annonce, ainsi j'étais loin de m'imaginer que tout le film prendrait place dans un théâtre, celui de Lucas Steiner, juif, qui se cache dans la cave pendant que sa femme assure les représentations. En effet, cette dernière se voit léguer le théâtre et elle est également actrice dans une nouvelle pièce que la troupe prépare. Et, encore une fois, l'idée n'est pas mauvaise, notamment celle de ce metteur en scène dépossédé de son art qu'il essaye toujours tant que bien mal de faire vivre de sa cave, de là où il peut peut entendre les représentations et donc les corriger. C'est finalement moins un film sur la Guerre que sur l'artiste avec un grand "A", celui qui donnerait sa vie à sa passion, qui continuerai de travailler quoiqu'il en coûte. De même que le film met en avant l'importance de l'art dans un contexte où il est naturellement relégué au second plan. Mais non, le théâtre en question est présenté comme un échappatoire vital, autant pour les acteurs que pour les spectateurs. Évidemment, le contexte est tout de même important mais prend, à mon sens, que trop peu de place dans l'intrigue. La pièce aurait par exemple pu être une sorte de mouvement résistant tout en réussissant à passer la censure ou aurait pu avoir avoir un sous-texte plus profond, au-delà de la romance assez niaise. D'ailleurs, la pseudo-romance entre les deux héros qui sort un peu du chapeau, enfin que je trouve du moins mal amenée, fait partie de ces nombreuses sous-intrigues pas très intéressantes qui alimentent et viennent presque parasiter le reste du film. Cela affaibli un rythme déjà en dents de scie, d'autant plus que le film est assez long. Bref, malgré un très bon casting et un très bon réalisateur, "Le Dernier métro" ne fera pour moi pas partie des plus marquants de ce dernier.
Le dernier métro ne passe décidément jamais. On attend, et l'air se raréfie. François Truffaut filme des boîtes emboîtées : le théâtre, la scène, la cave où Lucas Steiner respire encore. En pleine Occupation, les Allemands restent pourtant presque absents au décor, parce que tout se joue entre Français. Le juif terré, le flic passé à la Gestapo, l'acteur qui bascule, la petite comédienne qui monte sans frémir dans une voiture allemande. Le monstre s'appelle Daxiat, critique de théâtre, et son arme est un stylo chargé. Ici, l'antisémitisme entre par le papier, les chroniques, les ondes de la radio. Dehors, Paris est gris et lugubre. Dedans, le théâtre brûle de rouges et d'ors, et j'ai passé le film à vouloir rester du côté chaud. Bref, sur le papier, des thèmes forts, une base solide, de beaux décors. Tout pour faire un carton, non ? Et pourtant, l'exécution ne suit pas toujours, et le film finit par se replier sur un classicisme qu'il aurait pu dépasser.
Catherine Deneuve joue une femme qui ne s'autorise jamais à être, épouse qui ment, patronne qui rassure, actrice qui répète. Sa froideur, c'est le rôle même, et je la respecte plus que je ne la savoure. Gérard Depardieu prouve qu'il peut vraiment tout jouer. Ici, comme souvent il il occupe l'espace mais cette force est doublée d'innocence. Un acteur qui semble ne rien fabriquer. Mais c'est surout pour moi d'abord un grand film de seconds rôles et il est important de le souligner ! Heinz Bennent, saturé par la haine que lui déversent la radio et les journaux, Jean Poiret louvoie sans jamais se salir, et Jean-Louis Richard est magistral en ordure.
Cette horloge morale, Truffaut oublie de la remonter. Passé le premier acte, plus personne ne court vraiment vers le dernier métro pour respecter le couvre feu. La Résistance reste une intrigue de service, simplement effleurée. Bernard pose sa bombe entre deux répétitions, l'action se règle hors champ, et le film rentre au théâtre comme on rentre chez soi. Oui, Truffaut filme magnifiquement ce qui se murmure mais expédie ce qui se risque. Le Truffaut des Cahiers du Cinéma, pourfendeur de la « qualité française », qui a fini par signer, trente ans plus tard, le film académique qu'il exécutait dans ses articles. Ça ne me gêne pas, chacun a le droit de changer d'avis, l'ironie me régale. Pour un "grand classique du cinéma français", j'en attendais plus et Truffaut, en refermant la porte, me laisse sur le quai avec un goût d'inachevé.
C'est le film parfait, selon moi, mais pourquoi ? Un contexte historique hyper-tendu et dangereux : l'Occupation allemande à Paris. Le petit milieu d'une troupe de théâtre, dans le théâtre en question. Des personnages passionnés qui tentent d'éviter la tragédie avec un grand "T" mais qui ne peuvent pas toujours éviter la tragédie avec un petit "t"...
Multi récompensé aux Césars lors de sa sortie « Le dernier métro » raconte le quotidien des membres d’une troupe d’un théâtre parisien sous l’occupation allemande. François Truffaut signe une œuvre fine, délicate et brillamment interprété avec au casting notamment Gérard Depardieu et Catherine Deneuve se mettant au diapason de dialogues intelligemment écrits. Amenant de manière subreptice à faire évoluer ses personnages aux contours flous, entre résistance et collaboration avec une pointe de romanesque, le cinéaste amène son long-métrage à un fragile équilibre précaire mais parvenant toujours à maintenir une ligne de conduite au souffle romancée.
J’ai été assez déçue par ce grand classique du cinéma Français. Si le sujet est intéressant et l’interpretation plutôt bonne, le scénario est hélas bien trop mollasson. Ce film est en fait assez ennuyeux. De plus, on voit bien que toutes les scènes d’extérieures sont tournées en studio, ce qui rend certains points pas très réalistes. Bref il manque un peu d’actions pour un film traitant de résistance et de juifs sous l’occupation.
Très bon film aux multiples intrigues admirablement bien mêlées, le tout parfaitement joué par l'ensemble des acteurs. Quelques rares temps morts mais beaucoup d'émotion et de tension, sur fond de contexte de seconde guerre mondiale de plus en plus pesant. La vie intérieure du théâtre, et la préparation de la pièce, comme un film à l'intérieur du film, sont tout à fait crédibles et passionnants. La surprise finale clôture le film en beauté. Vraiment un grand film
revu ces derniers temps comme par masochisme pour retrouver mon impression générale concernant ce film parmi d'autres de François Truffaut dont ce Dernier Métro reçu, comme d'autres, les louanges faites aux truffes, alors que tout sonnait faux...
Une petite histoire de l'Occupation, une évocation du théatre sous l'Occupation, telle se présente la chronique de François Truffaut. Reclus dans la cave de son théatre, l'auteur juif Lucas Steiner observe clandestinement les répétitions de la pièce qu'interprète Marion son épouse, épie aussi les sentiments naissants entre cette dernière et Bernard, qui lui donne la réplique. Il assiste, comme le spectateur, à un travail créatif soumis aux contraintes de la période tout autant qu'aux contingences sentimentales au sein de la troupe, qu'évoque avec délicatesse Truffaut. C'est ce second aspect qui, au coeur d'un environnement historique dramatique, donne sa fantaisie eu film, et ce sont ces aspirations le plus souvent déçues qui, même si elles tiennent une place très modeste dans le scénario, confèrent aux personnages leur humanité attachante et leur justesse. La force du film est précisément de s'appuyer sur une reconstitution habile, tant dans la forme que dans l'esprit, des années de l'Occupation. Le couvre-feu, le dernier métro, les coupures d'électricité et la pénurie sous toutes ses formes fondent le contexte du récit probalement mieux que des incidents dramatiques. De l'accessoiriste de la troupe à l'infâme critique collabo Daxiat, tous les protagonistes existent pleinement autour du couple vedette Deneuve-Depardieu. Et son souci du détail vrai, son tact à l'égard de ses personnages permettent à François Truffaut de réaliser une oeuvre sensible, une fiction historique tout à la fois divertissante et crédible.
Quand on regarde le dernier métro en 2020, on se rend compte, malgré ses nombreuses récompenses, que c'est loin d'être un des films majeurs de Truffaut. Néanmoins c'est extrêmement bien joué, avec un Depardieu formidable et une Deneuve tout en nuance, et le film, avec un décor de théâtres fort réussi, est aussi sobre que sombre. A voir.
Tout en finesse, dans un style parfois assez monocorde mais sans légèreté, Truffaut nous livre un récit sans sécurité où le suspense n'est pas évident. L'ennui, ou plutôt la banalité, illustrée par la bulle de ce théâtre au centre de la guerre, est un prétexte pour enfouir, cacher les émotions, les pensées et les intentions. Une histoire de faux-semblants, où se chacun se défile en apparence pour vivre en secret, ou l'inverse.
Je connais très mal le cinéma français des années 80 et ayant beaucoup aimé la trilogie des 400 coups de Truffaut, j’avais bon espoir de découvrir quelque chose de bien avec Le Dernier Métro. Mais je n’ai pas du tout accroché, je ne saurai expliquer pourquoi : trop de dialogues, pas beaucoup d’action, malgré une excellente représentation de Paris occupée. Pas suffisant pour m’accrocher helas.
C'est dans le point d'ancrage d'un théâtre et ses coulisses que Truffaut évoque la période de la seconde guerre et la traque des juifs. Bien écrit, avec une tension permanente, un drame, multi césarisé et notamment pour la merveilleuse C. Deneuve, qui fera date.
A travers l'évocation d'un théatre Francois Truffaut nous parle de la seconde guerre mondiale en s'entourant de Deneuve et Depardieu. On est face un bon cru de Truffaut, les acteurs sont bons pourtant le film se passe sans ressentir véritablement d’émotions . C'est le principal défaut du film mais il est de taille , car au final tout se passe sans que l'on s'attache aux personnages set sans ressentir la moindre chose pour eux.
Peut-être est-ce à cause de ses accusations récentes, mais je ne peux m’empêcher de voir Depardieu comme un prédateur tout au long du film. Lourd et peu commode, il semble meilleur au théâtre qu’au cinéma (ceci dit ; il faut être bon acteur puisque nous sommes au cinéma et non au théâtre). Catherine Deneuve et Heinz Bennent forment un très beaucoup couple et de très bon directeurs de théâtres. Les scènes au sous-sol sont inexorablement les meilleurs et Bennent est vraiment excellent. La fin également mérite le coup d’œil ; à condition d’avoir le courage de regarder tout le reste.