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Un visiteur
4,0
Publiée le 26 juillet 2012
Toujours la même impression qu'on a après un film de Mike Leigh. On apprécie l'immersion dans un petit groupe d'individu. Même s'il n'y a pas vraiment d'histoire, de retournement de situation, on n'en est pas pour autant si frustré que ça étant donné que c'est la vie, le quotidien, la routine. Il ne se passe pas forcément des changements importants chaque années, ou chaque mois. Enfin, ce film est très agréable à regarder et apaisant aussi d'une certaine manière. Les acteurs, comme à l'habitude dans les films de Mike Leigh sont excellents et font de ce film un film agréable à regarder.
Dans certaines vies, il n’y a pas de meilleurs moments parce qu’il n’y a même pas de bons moments… Il n’y a presque pas de souvenirs quand arrive l’âge mûr, puis le naufrage de l’âge sur… Tom et Gerry, (oui, ça ne s’invente pas !) respectivement géologue et psychologue, sont de sympathiques sexagénaires autour desquels gravitent quelques électrons qui se croient libres mais ne sont que seuls… ils vieillissent tendrement et calmement dans les allées de leur jardin, et on les suit depuis la plantation des tomates au printemps jusqu’à la récolte des fruits et à l’arrachage des vieux pieds pourrissants au début de l’hiver… une autre année écoulée… Leurs amis solitaires fument, boivent et se raccrochent à eux comme à un îlot de survie, notamment Mary (formidable Lesly Manville !) qui n’a pas plus de repères qu’une ado. Il y a chez eux quelque chose d’usé, quelque chose d’inassouvi, une pathétique solitude qui n’arrive même plus à se mentir à elle-même… Et puis il y a des familles qui s’effritent, des solitudes dont on ne parle même pas, des détresses sans éclats, sans tapage, des mélancolies sans effondrement ni pathos, mais aussi des petits moments humbles mais partagés, une lucidité qui sent le jardin mouillé et la sérénité, un subtil parfum d’espoir… Criant d’une vérité magnifique et bouleversante !!!
Un petit film sans prétention mettant en scène des protagonistes sensibles et humains, mais l'ensemble c'est d'une monotonie sans pareille et malheureusement la fin m'a laissée sur ma faim. On espère quelque chose, on attend ne serait-ce qu'un minuscule rebondissement, ou au moins une action quelconque, mais il ne se passe absolument rien.
Beaucoup d'humanité dans ces portraits d'êtres déchirés, plus ou moins à la dérive, observés par les yeux bienveillants mais justes d'un couple harmonieux. On apprécie surtout la finesse des dialogues, non dénués d'humour, où l'un des personnages, venant d'acquérir une nouvelle liberté par le biais d'une petite voiture rouge se sent comme "Thelma et Louise"...
Mike Leigh signe une comédie de mœurs douce-amère pleine d’humanité et bien servi par des comédiens hors pairs étonnant de naturels. Ecrit avec intelligence le long-métrage est surtout une réussite grâce à une formidable direction d’action dont sert d’écrin une mise en scène grisonnante qui à l’inverse de son précédent film beigne davantage dans le pessimisme.
Mike Leigh est un cinéaste très constant dans la qualité dont la filmographie peut atteindre des sommets (voir Vera Drake et Secrets et mensonges, pour moi son chef d'oeuvre). Sans atteindre le sommet de ces deux films, Mike Leigh, dans Another year, réussit une oeuvre d'une dimension parfois Tchékovienne aussi proche de The Dublineers de Joyce. Le film commence très fort en déroutant le spectacteur par la mise en évidence d'une des actrices cultes de Leigh, l'excellente Imelda Stauton puis est ryhtmé d'une manière très fluide par les saisons. Film sur le vieillessement, la mort, la solitude et le désespoir, Leigh a très bien choisi ses lieux avec son beau pavillon londonien et un petit jardin où l'élément "terre" revient à chaque saison. Le film tient beaucoup sur l'interprétation géniale de tous les acteurs et actrices dont Lesley Menville qui aurait pu bénéficier d'un prix à Cannes malgré une outrance dans le jeu comme celui de Pete Wight qui boit de la main gauche et fume de la main droite et surjoue un peu. Finalement, dans toute son ambiguité et son ironie c'est peut être Jim Broadbent qui semble le mieux s'en sortir. Le film est bon mais trop long, certaines scènes sont trop étirées et qui peuvent donner une sensation de lourdeur, surtout lors de l'hiver même si, à juste titre, des ambiguités ne sont pas levées (tel le fils indigne de retour) et le statut de la névropathe alcoolique.
Ca se passe de nos jours, près de Londres, Tom réussi a faire son trou comme géologue, Gerri sa souris est Psy dans un hôpital et leur petite vie s’égrène gentiment au fil des saisons, rythmée tous les week-ends par des sempiternels déplacements au vert où ils partent cultiver leur jardin, quelques m² d‘un lopin de terre perdu au milieu d’autres. Et parce qu’ils ne sont pas Candides, qu’ils ont lu Voltaire, et que ce sont des gens bien, en plus des tomates, ils s’occupent des cœurs d’artichauts, ceux de leurs amis et de leur familles, dont la plupart sont des âmes en peine et qu'ils noient, leurs peines, dans de grands verres d’alcool et dans les volutes des clopes…
Ainsi va la vie, Printemps, été, automne, hiver, métaphore sur le temps qui passe, sur l’évolution des sentiments… Le plus beau résumé D'Allociné c’est Arthroz qui vous l’offre : « Ces jardiniers ne sont pas si sympathiques... surtout soucieux de préserver leur enclos des herbes folles...la Mary amie chérie quand elle fleurit en fait les frais quand elle se fane et menace les plantations... ».
Bon ceci dit attention, les critiques Presse et spectateurs sont dithyrambiques, j’étais un peu plus mitigé qu’eux à la sortie, et ne vous attendez pas à une comédie légère, c’est tout sauf ça, mais les acteurs sont excellents !
Au secours!!! ennui assuré , film long et d'une totale vacuité. Film type pour abonnés à Télérama et snobinards cultureux avides de reconnaissance dans les diners mondains. A éviter
L'émotion devrait jaillir de ce film aux personnages tourmentés et délaissés par la joie de vivre. Malheureusement, après "Be happy", voici le nouveau gadin de Mike Leigh. Il refait la même grosse erreur fatale que dans ce précédent film : le choix de son actrice principale, en l'occurence le personnage de Mary. Elle devrait nous toucher, nous émouvoir, elle dont le bonheur l'a délaissée toute sa vie durant ; et bien non, elle nous insupporte. Oh certes, elle est moins insupportable que l'actrice dans "Be happy", mais ses humeurs changeantes et ses sanglots sont plus irritants qu'émouvants ! Cette chronique est donc longue et ennuyeuse et n'atteint pas son but.
Même si j'ai longuement hésité entre ces quatre étoiles et la note inférieure tant ce « Another Year » compte parfois de réelles longueurs, c'est en définitive une réelle satisfaction qui domine. Il n'est en effet pas si courant de voir un réalisateur capable à ce point de capter l'instant présent, mais surtout de se montrer aussi juste, réaliste. Attention, cela ne veut pas dire pour autant méchant ou cynique. Bien au contraire, celui-ci réussit à trouver un équilibre remarquable entre l'humanité des personnages, mais aussi leurs excès, leurs maladresses, leurs angoisses... Mike Leigh ne juge personne et le film n'en est que plus émouvant, d'autant que niveau interprétation (nous pensons en particulier à la bouleversante Lesley Manville), nous sommes également à un très haut niveau. Du cinéma adulte donc, dont on ne sort pas franchement guilleret, mais ému et marqué : une belle réussite.
Ce conte des 4 saisons sur des sexagénaires de la classe moyenne britannique est un ravissement permanent,tant dans l'écriture parfaitement équilibrée que dans la direction artistique,chorale et homogène.Mike Leigh se surpasse avec cette chronique,d'apparence débonnaire et chaleureuse,en vérité cruelle et lucide.C'est là tout le talent de Leigh.Croquer des personnages dans leur banalité,les révéler dans leurs gestes,leurs réactions,leur regard.Un couple d'amis tendres et complices(merveilleux Ruth Sheen et Jim Broadbent)reçoivent collègues et amis dans leur hâvre de paix.Mais si au printemps et en été,leur prévenance est chaleureusement accueillie,en automne et en hiver,elle flirte avec la condescendance.Car dans le fond,Leigh dévoile les peurs secrètes de gens face à la vieillesse.Se rassurer en contemplant le malheur des autres,même si bien sûr ceci se passe dans le subconscient.Dans la peau d'une femme entre deux âges,sexy et candide,alcoolique et vulnérable,amusante mais encombrante,Lesley Manville est touchante à un point qu'on a du mal à imaginer.Sa solitude pathétique se cache difficilement derrière sa volubilité maladroite.La petite ritournelle musicale et l'évolution de la photographie au fil des saisons donnent à "Another Year" un ton profondément triste et mélancolique,mais célébrant tout de même la vie et la collectivité.
La force du film réside dans la capacité au scénario d'éviter les sentiers battus (et accessoirement dans ses acteurs géniaux). Le film n'est jamais lourd, pesant, il parvient à faire naître l'humour, l'émotion sans forcer, la musique sait se taire (rien de pire que la musique larmoyante pour accentuer l'émotion), et laisser ainsi les personnages vivre. C'est cette finesse qui est réjouissante, c'est un film joyeux sur la dépression, la tristesse et ça fait du bien.
Un évident chef d'oeuvre. Quel bonheur de commencer l'année 2011 avec ce concentré d'humanité, cette leçon de cinéma, cette pléiade d'acteurs tous plus justes et émouvants les uns que les autres. Chapeau monsieur Leigh!