De rouille et d'os
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1 609 critiques spectateurs

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Selingues G
Selingues G

96 abonnés 995 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 juillet 2013
Après le succès d'un prophète, Jacques Audiard signe une nouvelle œuvre choc. De rouille : le sang ( on peut extrapoler au sang rendu par Marion Cotillard dans la scène avec les dauphins.) et d'os ( Les os perdus au combat par Mathias Shoenart. Le film dresse le chemin de deux êtres qui s'attirent et souffrent à deux. A la foie dure et poignant, le film de Jacques donne une leçon sur la vie et la survie des laissés pour compte.
tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 15 juillet 2012
Jacques Audiard, fils de Michel (scénariste, réalisateur, de cinéma et de télévision, écrivain et journaliste, à l’occasion acteur, et surtout passé à la postérité pour les dialogues gouailleurs d’un grand nombre de succès « populaires »), n’a pour sa part réalisé que six longs métrages en …. 18 ans, après avoir quasiment arrêté de « scénariser » pour les autres. Cette filmographie limitée ne l’a pas empêché d’être couvert de récompenses diverses, dès son 1er film (« Regarde les hommes tomber ») : Césars lors de différentes éditions, prix à plusieurs Cannes, divers prix dans d’autres festivals du Vieux Continent, Bafta - en 2006, 2 « Etoiles d’Or du cinéma français », le Prix Louis-Delluc et le Prix Lumière en 2010, le « Prix du cinéma européen » …. et j’en oublie sûrement ! Ne manque en vraiment notable qu’un Oscar - « nominé » seulement, pour « Un Prophète »). Cette « icône » du cinéma français livre pour le Cannes 2012 un « De rouille et d’os », précédé d’une réputation plus que flatteuse. D’abord, la distribution. On la supposera soignée, de nature à assurer au pire une récompense à ce titre lors de la compétition cannoise 2012. Les deux candidats (seuls les premiers rôles prétendant à un prix d’interprétation) sont donc l’ «Oscarisée » Marion Cotillard pour sa prestation dans « La Môme » - également titulaire d’un César, d’un Golden Globe et d’un Bafta à ce titre (Stéphanie) et la « révélation » récente dans l’intéressant « Bullhead », le Belge Matthias Schoenaerts (Ali). La première est en net progrès par rapport à sa filmographie récente, essentiellement internationale, où elle avait plutôt tendance à appuyer les effets (ce qui pouvait se comprendre d’ailleurs, puisque la prestigieuse Academy américaine - l’AMPAS - avait apprécié son appropriation outrée de Piaf), et c’est sans doute à porter au crédit de la direction d’acteurs, mais bien insuffisant par rapport à la concurrence potentielle (cf. la liste des autres films de la Sélection officielle). Quid du second ? Jacques Audiard qui cherchait un acteur « physique » a retenu ce Flamand (parfaitement bilingue, via en particulier une grand-mère wallonne), que l’on a surtout découvert en France dans « Bullhead » et parfaitement « raccord » pour lui : déjà mutique, solitaire et violent en « Jacky », il se glisse sans difficultés dans la peau d’Ali (même si les histoires personnelles sont bien différentes, quand par exemple le fils de riches éleveurs belges paye les conséquences d’une épouvantable mutilation intime, alors que ce nouveau rôle est celui - aussi - d’un fornicateur en série !). Cette concordance des profils permet de noter finalement peu d’évolution au niveau de la performance artistique, et si Matthias Schoenaerts ne déçoit pas, il n’emballe pas non plus (bis repetita non placent). Un mot des rôles secondaires maintenant. Coproduction oblige, on notera la présence d’un autre Belge, l’excellent Bouli Lanners, ici sous-employé et pas franchement à l’aise dans le rôle-prétexte de Martial (« espion » de grandes surfaces et agent de combats clandestins). Pour jouer Anna, caissière adepte du recyclage familial des produits en DLC proche (pratique interdite au personnel, et qui la fera licencier), Audiard a encore choisi la facilité, avec Corinne Masiero, déjà prolétarisée à souhait dans « Louise Wimmer ». Enfin le pitoyable rejeton d’Ali (materné heureusement par la précédente, « ogresse » bienveillante – rugueuse au physique, mais avec un grand cœur) est incarné par le jeune Armand Verdure, gentil blondinet jouant hélas comme un pied. Bilan plus que mitigé. Ensuite, la « manière » Audiard. Il serait ridicule de nier le savoir-faire du cinéaste, qui, né dans le sérail, a fait ses armes comme assistant auprès de metteurs en scène de valeur (Polanski, Girod, Drach, Chéreau), a (plutôt bien, et dans des genres différents) écrit (ou coécrit) de nombreux scénarios, et a été aussi monteur. Côté de sa propre équipe technique, rien à redire évidemment au niveau des compétences - s’il a changé à chacun de ses quatre premiers « longs » de directeur de la photo et d’ingénieur (s) du son pour amorcer une habitude en la matière avec Stéphane Fontaine et Brigitte Taillandier (« Un Prophète » et l’actuel « numéro six »), c’est bien sûr à dessein, et l’on notera que Juliette Welfling au montage (4 fois « césarisée », dont une fois seulement ailleurs – « Le Scaphandre et le papillon », d’ailleurs « nominée » aux Oscars au même titre) et Alexandre Desplat à la musique (multi récompensé) sont de toutes ses réalisations - gage indéniable de qualité. De plus les moignons (puis l’appareillage) sont vraiment impeccables ! Mes (importantes) réserves se situent au niveau des choix scénaristiques, à partir de « Sur mes lèvres ». Audiard coscénariste entame une série (histoires originales pour les numéros 3 à 5, ou retour, comme pour les numéros 1 et 2, à l’adaptation) non pas « noire », mais « misérabilisante » (handicap, délinquance – d’ «affaires », puis « de cités », avec expansion vers le crime organisé avec ou sans la case prison, handicap à nouveau et sur fond amplificateur de « quart-mondisme »), une sorte de fonds de commerce. Le matériau est donc de moins en moins emballant, de plus en plus glauque, voire sordide, de plus en plus « signifiant », et l’actuel opus réussit à habiller en mélo (de nature à attirer un public de midinettes ne retenant que la surface des choses : la « pauvre » infirme qui retrouve l’amour) un produit nettement plus conceptuel qu’empathisant - voir alors l’aspect « social », à destination de la critique germanopratine et du jury cannois, prompts à s’apitoyer sur ces « pauvres » qu’ils ne connaissent qu’en théorie et quelque part donc si « exotiques ». Désolée de ne pas faire chorus avec les thuriféraires professionnels et les ingénues ayant toujours un pleur facile en réserve : ce « De rouille et d’os » m’est apparu « sec », où l’émotion n’est que dosage habile et le « message » bien court (au fond c’est une histoire de « freaks » contemporains stéréotypés, ou une variante de « La Belle et la Bête », avec une « Belle » qui descend de son piédestal, puis s’en construit un nouveau, jambes coupées et prothèses assumées, et une « Bête », brute se dégrossissant à son contact – bof, bof). « Chapeau » en tout cas (cela s’impose), M. Audiard, pour cette œuvre bien calibrée pour au moins quelque (s) hochet (s) annoncés. Pour ma part, je souhaiterais plus de générosité et d’inventivité la prochaine fois : votre « style » tourne maintenant à vide.
reymi586

558 abonnés 2 444 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 février 2017
Jacques Audiard nous gratifie encore d'un grand film. De rouille est d'os est un film à la fois fort et plein de douceur. Cette alchimie fonctionne très bien, d'autant plus que tous les personnages ne sont ni tout blanc ni tout noir, comme dans la vie après tout. Je pense que la prestation de Marion Cotillard a fait taire ses détracteurs parce que là c'est un gros boulot. Mais la révélation du film, c'est quand même Matthias Schoenaerts qui est juste excellent. Ça aurait été plonger dans la facilitée de se concentrer seulement sur le personnage de Marie, là c'est beaucoup plus intéressant d'observer la renaissance de ces deux protagonistes au contact l'un de l'autre. Bref, je ne suis pas étonné de la qualité du film quand il y a un Jacques Audiard derrière la caméra. A noter, la très belle musique tout le long du film.
Juan 75
Juan 75

78 abonnés 488 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 20 mai 2012
Très décevant ! Un mélange de guimauve et de violence. Le personnage masculin est débile et le féminin absurde. L'intrigue est prévisible. La mise en scène artificielle. La presse n ose pas critiquer Audiard, pourquoi ?
favincen
favincen

2 abonnés 15 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 décembre 2013
Fantastique ! un film d'une rare intensité, et d'une rare justesse. J'en suis sortie sonné !!!
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 mai 2012
...De rouille et d'os est tout simplement parfait. A mettre sur le même pied d'égalité que De battre mon cœur s'est arrêté, jusque là mon préféré du réalisateur. Sa mise en scène est juste ici puissante. Virtuose, maitrisée, simple et sophistiquée à la fois. Visuellement, il se surpasse même si les personnages sont bien le seul fil conducteur. Tous les plans sont magnifiques. La lumière superbe. Rarement Marion Cotillard a été aussi bien filmée. Quand elle est de dos dans la scène de la discution sur la plage, c'est juste beau à pleurer. La musique de Alexandre Desplat est aussi belle que discrète et efficace. Bien sûr le scénario est tout aussi fort. Une grande mise en scène ne se fait pas sur du vent. Et ne peut donner qu'une interprétation en adéquation. Marion Cotillard trouve donc là son meilleur rôle
La suite sur : http://lecinedefred2.over-blog.fr/article-de-rouille-et-d-os-105609146.html
CH1218
CH1218

280 abonnés 3 232 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juin 2021
Bel exemple d’une réalisation parfaitement maîtrisée où l’émotion est palpable à chaque instant. Entre dureté et espoir, ce mélodrame de Jacques Audiard est surtout une histoire d’amour entre deux êtres que tout opposent et qui tentent de rapiécer les lambeaux de leur vie. Crevant littéralement l’écran, Matthias Schoenaerts est d’une intensité qui m’a impressionné. La puissance de son jeu relaye Marion Cotillard au second plan en dépit d’une belle et forte présence de sa personne.
GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 novembre 2024
En 2012, Jacques Audiard est devenu un réalisateur reconnu pouvant assumer des choix artistiques audacieux tout en profitant de budgets confortables. Ainsi « De rouille et d'os » bénéficie de la prestation vertigineuse de Marion Cotillard et Matthias Schoenaerts (César du meilleur espoir masculin) malgré le caractère misérabiliste du récit. Dans cette histoire glauque, où deux êtres meurtris se rencontrent, la tendresse côtoie la brutalité. La mise en scène joue également sur cette alternance de séquences en apesanteur et de passages volontairement sales et violents. Cela donne un résultat mitigé accentué par un scénario s’étirant en longueur. Bref, une œuvre sombre qui recherche davantage les effets de style que les émotions.
Inglorious_Ben
Inglorious_Ben

90 abonnés 1 708 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 décembre 2012
Un film maîtrisé de bout en bout.
Après avoir dépeint l'univers carcéral dans "Un Prophète", Jacques Audiard nous offre un film plus humain, toujours aussi cru et violent dans son propos, mais sans jamais tomber dans la gratuité.

Le jeu des acteurs est juste, on est happé par l'histoire.
Ce n'est pas le chef d'oeuvre que j'attendais, mais ça reste un très bon film.
24titouille
24titouille

60 abonnés 1 061 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 août 2012
Loin des blockbusters français ou américains, ce film français au scénario simple et efficace arrive à nous toucher d'une façon totalement inattendue. En retraçant l'histoire et la rencontre de deux éclopés de la vie, l'un dans sa chair l'autre dans son psychique, Audiard réussit à captiver avec un scénario d'une simplicité rare. En effet, il a réussi à exploiter toute la complexité des personnages, grâce à sa réalisation et sa direction, et ainsi rapprocher deux personnes que tout oppose. Alors certes tout n'est pas rose, et le tout est loin d'être conventionnel, au contraire l'ambiance est pesante, parfois oppressante d'émotions contradictoires et critique. Au final le réalisme transparaît, et le film parait alors comme une peinture honnête, et peut-être même dérangeante de la société selon le réalisateur, et le parcours des deux personnages principaux. Alors bien sur les deux acteurs que Audiard dirige ont interprétés avec retenu, intelligence, et force. Ainsi le réalisateur réussit un excellent film d'auteur, certes un peu long parfois, mais réalisé et interprété avec une telle justesse et honnêteté que ce serait idiot et dommage de ne pas aller jusqu'au bout.
Charles G
Charles G

35 abonnés 627 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juin 2012
Un nouveau film de Jacques Audiard, c'est toujours un évènement. Un film en compétition à Cannes pressenti pour remporter la palme d'or, c'est toujours excitant. Alors quand on rassemble ces deux critères, on est en droit de s'attendre à un chef d’œuvre. Depuis Sur mes lèvres, chacun des ses films était meilleur que le précédent, et Un Prophète touchait selon moi déjà l'excellence. Vous l'aurez compris, c'est donc l'eau à la bouche que je me suis installé dans la salle obscure. Le film commence, et déjà, Matthias Schoenaerts éblouit par son charisme, sa force naturelle, son jeu, sa présence. Pendant deux heures, le film repose, au sens propre comme au sens figuré, sur ses larges épaules. En deux longs métrages, cet acteur s'est imposé comme un très grand, et il faudra sans hésiter compter sur lui à l'avenir. Le mélange de bestialité, d’icône sexuelle et d'homme perturbé et paumé fonctionne à merveille et nous transporte dans la vie du personnage principal, imparfait et fascinant. Vient se greffer dessus une Marion Cotillard au meilleur de sa forme (au niveau du jeu), avec un personnage qui pimente le récit de notre baroudeur. On apprécie de passer vite fait sur son accident, puisque ce qui importe est ce qu'il en résulte et non la façon dont ça s'est passé. Toute la première moitié du film est passionnante, jusqu’à ce que nos deux cascadeurs couchent ensemble (scène remarquable par ailleurs). Après ça, le film plonge dans un méli-mélo d'histoires secondaires et semble ne pas savoir où s'attarder et quoi traiter : les conditions de travail des petites gens par l’intermédiaire de la sœur trahie par son frère, les difficultés pour un bonhomme de l'envergure de notre boxeur d’élever seul un enfant, la difficulté à entretenir une relation sentimentale quand elle a commencé par "potes de baise", le milieu de la boxe clandestine, la dépression post-accident quand on se retrouve handicape... On se perd dans cet océan d’idées. Dommage, car ça commençait fort bien. En fait, le personnage de Cotillard prend trop d'importance et nuit au récit qui devrait rester concentré sur le personnage de Matthias, largement suffisant pour tenir le film. On passe quand même un excellent moment, et il ne fait aucun doute que De Rouille et d'Os est un des films à voir de cette année.
Loskof

421 abonnés 688 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 décembre 2014
J'en attendais peut-être un peu trop et du coup je suis un peu déçu de ne pas m'être pris la claque annoncée. Je l'ai trouvé un peu trop simple, c'est ce qui fait sa qualité mais aussi sa faiblesse. La simplicité est de mise, il n'y a pratiquement pas d'artifice, Audiard ne sort pas les violons à chaque scène émouvante, c'est super sobre dans les moments de drame. La scène de l'accident au Marineland est à ce titre une merveille, parce qu'on sait tous ce qu'il va se passer, il suffit de lire le synopsis, mais Audiard arrive quand même à créer de la tension. J'ai beaucoup apprécié le fait que les personnages ne soient pas manichéens, on est loin d'intouchables ici. Ali a un gros coeur mais est aussi un père raté, un dragueur, un hors-la-loi. Idem pour Stéphanie qui cherche à plaire aux hommes. Et tout ça donne une histoire vraie, loin des clichés, on ne va pas chercher à nous dire des trucs faux sur le handicap. Mais il m'en a manqué un peu, car finalement le personnage de Stéphanie n'occupe pas tant de place que ça, et en voulant sortir des sentiers battus je trouve qu'il manque une touche d'émotion supplémentaire, en tout cas sur la fin. Car le début est très bon et on n'atteint pas ensuite ce niveau. Je reprocherai aussi à Audiard des tic de réalisations assez malvenus, des choses un peu trop appuyées, comme les ralentis à gogo, le plan sur un hélicoptère. Tout ces artifices assez lourds, ces images appuyées, ça m'a fait un peu sortir du film qui n'était pas du tout sur le ton du grandiose.
MC4815162342

449 abonnés 1 489 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 janvier 2013
Très beau film, mais aussi très dur, avec une Cotillard parfaite et un Schoenaerts excellent !
Un très bon Audiard !
BlueSkull
BlueSkull

91 abonnés 523 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 mai 2013
Comment transformer un récit en apparence simple en un petit bijou dramatique ? Jacques Audiard a apparemment trouver la réponse. Il a littéralement sublimé cette histoire par une superbe réalisation. Les deux heures s'écoulent à une vitesse folle. Peu d'action ne veut pas dire manque rythme, ce que prouve ce De rouille et d'os. Le gros point fort du film, selon moi, réside dans l'intensité de ses scènes dramatiques, je pense notamment à la séquence sur la glace à la fin du film qui m'a vraiment subjugué tellement elle alliait parfaitement tension et émotion. La réussite du film est également due aux excellentes performances du casting. Marion Cotillard, quoi qu'on en dise, démontre une fois de plus l'étendue de son talent, touchante dans ce rôle de dresseuse d'orques, qui suite à un accident, se voit se faire amputer de ses deux jambes et reprend petit à petit goût à la vie. Et je découvrais Matthias Schoenaerts, l'étoile montante belge, qui m'a vraiment impressionné de par son jeu à la fois brut et émouvant. Un beau drame, bien filmé et bien interprété, qui nous donne une petite perle poignante à la française, qui ne sombre jamais dans le pathos.
B-Lyndon
B-Lyndon

86 abonnés 45 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 avril 2013
Parfois Audiard laisse vivre ses personnages. Il les regarde sans rajout, sans effets inutiles, sans petites coquetteries esthétisantes. Il les perçoit, les entrevoit, les fixe dans des angles différents qui se mouvent et s'entrechoquent. Une larme coule, des têtes se baissent, un homme regarde la poitrine d'une femme puis referme les yeux, des mains caressent un orque à travers une frontière de glace - gestes qui disent les blessures de la vie et le renfermement des êtres sur eux-mêmes.
Alors le film est magnifique.
D'autres fois, le cinéaste subvient à ses autres prétentions : il lui faut donc raconter la misère sociale, doublée de ses cris et de ses pleurs assourdissant, mais dans quel but ? Il lui faut aussi hurler son statut à chaque plan : Jacques est, on le sait, le plus grand cinéaste français en activité. Que celui qui l'ignore encore sorte de ce pas. Amen.
Alors le film est tout de suite moins bon. La misère, il la dit, la montre, la crache et la hurle mais n'explique jamais pourquoi. Et pour le confort de son fameux statut ? Des effets scénaristiques en béton armé : ça donne le pseudo-suspens final, en forme de craquement de verglas du cœur d'un monstre que l'on croyait sans. Alors que le film n'a pas besoin de ça. Le film sait être magnifique, il faut le savoir. Nul besoin de se faire caisse de résonance de ce monde trop sale lorsque le but en reste définitivement abscons, nul besoin de s'offrir ce bouquet final dégueulasse de calcul émotionnel... Jadis, le cinéma d'Audiard résistait à cette facilité pour une fois atteinte en suivant un principe cinématographique sublime : la mise en scène montre ce que les mots ne peuvent dire, traduit sur les visages les sentiments refoulés.
Avec De Rouille et d'Os, Audiard s'applique à ce principe autant qu'il le délaisse.
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