Déçu et peu tenté par un revisionnage.
Comme pour Blindness, le réalisateur veut nous montrer la barbarie de l'homme à travers le viol systématisé et comme pour Blindness, ce qui devient vraiment dérangeant ce n'est plus l'horreur du viol mais la passivité et l'absence de réaction des personnages.
Malgré un début très prometteur, le scénario s'essouffle très vite, jusqu'à l'intervention d'hommes mystérieux, armés, l'enlèvement de l'enfant d'une des survivantes, la révolte des survivants puis l'enfermement de ces derniers.
Là le réalisateur veut nous emmener dans un huis clos ou l'humanité bascule dans la barbarie, plus ou moins progressivement, par des ellipses et un découpage étrange.
Une autre façon de montrer l'horreur ici est de montrer le dégoût des personnages face à la nécessité de devoir découper le corps de personnes décédées afin de survivre en lieu clos.
Bien que ce ne soit pas développé ni même suggéré, l'on peut supposer une crise morale face au tabou de la profanation. C'est donc l'un des méchants qui va le faire, apparemment seul un vilain garçon peut faire ça.
En revanche, l'on voit un des personnages, celui de la mère de famille, devenir menaçant puis négligé, se faire menacer, humilier, se promener à moitié nue et la personne ne dit rien. Sans que les tortionnaires fassent preuves de véritables violences envers les autres survivants, hormis le concierge, malmené puis immobilisé et séquestrer.
Les gentils n'ont pas plus de réactions d'horreur que nécessaire qu'une mère de famille qui voit son gosse uriner dans la piscine municipale.
Le seul personnage à être dérangé par celà, c'est l'autre survivante, la femme forte, plus belle, plus jeune et qui en plus se révolte contre les méchants, qui la laisseront étrangement tranquille avant de vouloir violer son mari.
Ce dernier est le mari émasculé cliché, passif et soumis, qui laisse sa femme prendre tout les risques et toutes les décisions.
Les deux autres gentils étant un concierge survivaliste à moitié (fait des stocks de nourriture et d'eau mais ne cache qu'une arme à feu et ne possède qu'une hache, aménage un sous sol pour l'apocalypse sans prévoir d'issue, de divertissement, d'aération et ne se procure aucun équipement pour faire face à une catastrophe nucléaire) vite maîtrisé et mollement torturé pour ses ressources (oui, il se fait couper un doigt, de toute façon personne ne dit rien).
Et un dernier perso, le lâche par excellence, qui fait l'autruche et demi-tour dès que quelque chose ne lui plaît pas.
Le tout desservi par un découpage étrange et des ellipses non annoncées.
Il y a malgré tout quelques bonnes idées, tout n'est pas à jeter mais on a vu plus de consistance et de réaction chez les victimes dans les pires Rape and revenge.
On a cette impression de passivité complice, un peu une façon de dire: Fais ce que tu veux, c'est pas grave, je préfère le cassoulet. Qui est finalement très dérangeante.
Le gore ? En réalité il y en a peu, on a vu dans le cinéma d'horreur bien plus sanglant, tordu et dérangeant. Et pourtant avec des réactions bien plus logiques de la part des personnages.