The Master
Note moyenne
3,1
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521 critiques spectateurs

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41 critiques
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139 critiques
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114 critiques
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65 critiques
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53 critiques
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anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 16 avril 2013
Les films ambitieux aboutissent à des chefs-d'œuvre ou à des ratages. Pour moi The Master est plutôt un ratage. On sent l'ambition de prendre le sujet de la secte, et celle-ci utilise le même vocabulaire que la scientologie, non par le biais du de la polémique ou de la peinture macroscopique, mais par celui de la relation personnelle du maître avec un disciple récalcitrant. Plein de choses sont réussies, mais le film est un peu raté. La façon dont Freddy Quell (Phenix) compense le fait qu'il ne parvient pas à croire à ce qu'enseigne son maître par un dévouement excessif, violent, est incroyablement touchante. La façon dont le maître (Phillip Seymour Hoffman) ne trouve de complicité qu'avec ce disciple qui justement ne croît jamais tout-à-fait, et lui offre un miroir encore vrai est très vraie, très subtile. Mais le film ne prend pas vraiment. Je pense que c'est en partie parce que la secte en tant que telle n'a pas de chair. Le film est tellement centrée sur les protagonistes principaux qu'on ne parvient pas à savoir ce que font les disciples, ce que prône lemaître, quelle méthode il vend, quelles arnaques luipermettent de vivre. Et paradoxalement, Paul Thomas Andersen reproduit le système même de la scientologie : ne pas donner d'information sur la théorie (débile) qui sous-tend l'enseignement du maître, parce qu'elle n'est accessible qu'en payant. Mais en payant plus que la place de cinéma.
tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 13 janvier 2013
"There will be Blood" était globalement un très bon film racontant une histoire et porté par l'excellent Daniel Day Lewis."The Master" revient pour moi aux pires afféteries de "Magnolia", que j'avais détesté, et où je me souviens avoir souvent somnolé. Ce vrai/faux biopic de Ron Hubbard est d'une prétention stylistique de l'ordre de l'imbuvable (séquence d'introduction donnant déjà le ton - le pire est à craindre, et arrive) et d'une vacuité abyssale. Les interminables séances d'application de la fumeuse "méthode" de la quasi secte m'ont permis de somnoler, comme pour "Magnolia" (2 h 17, que c'est long). Joaquin Phoenix réussit d'emblée une composition saisissante de Freddie, l'âme damnée et souffre-douleurs, entre le demeuré et l'allumé, violent, cabossé sans remèdes par la guerre, alcoolique original (il va jusqu'à s'envoyer le liquide de révélation - un temps photographe), mais n'évolue pas d'un iota. Seymour-Hoffman tient mieux la distance en "Master" tireur de ficelles. Mais même pour la distribution, je ne mets que la note minimum, tellement je me suis barbée (et pourtant je suis bon public).
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 21 janvier 2013
Merci une fois encore aux critiques professionnels qui nous envoie nous emmerder pendant 2h15 en notant 4 et 5 étoiles un film qui n'en mérite que 1 peut-être pour les simples pékins que nous sommes en majorité. Le culte du metteur en scène soi-disant génial voilà leur critère de base. Dans le même genre je vous recommande le dernier Tarantino. mais c'est 2h45 !!! A croire qu'ils aiment s'ennuyer au boulot !!! mais nous faudrait-il qu'ils sachent que ce n'est pas notre job et que nous n'y allons pas pour ça.. Amis cinéphiles de base tenez un peu plus compte des critiques des spectateurs, moi dorénavant c'est ce que je ferais.
TTNOUGAT

701 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 janvier 2013
C’est un film qui m’a profondément déplu par son ambiance et le peu d’attirance que j’ai pour les sectes. Etant curieux de toutes les pratiques humaines, je remercie le metteur en scène d’avoir mis ce sujet à nu, d’avoir essayé de nous en faire comprendre les mécanismes et surtout de nous en avoir complètement dégoûté. Le film doit beaucoup à Joaquin Phoenix qui y est remarquable de bout en bout, sa présence provoque un malaise permanent. Pour moi, c’est ce genre de performance d’acteur qui mérite des récompenses et non pas des rôles phares joués sous des maquillages ou des costumes tape à l'oeil.’’ The master’’ est aux antipodes du film commercial, il me parait normal de s’y ennuyer mais normal aussi de reconnaître ses qualités basées sur le sérieux et le classicisme. Le format d’origine n’est pas passé dans la salle de projection, seule la netteté semble améliorée. La bande son est belle et aide à passer les nombreux moments creux. Au final, je crains fort qu’en France ce film n'atteigne pas les 500.000 entrées car le bouche à oreilles va être très mauvais.
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 janvier 2013
Le grand retour du master (oui je sais facile) Paul Thomas Anderson après avoir signé l'un des 3 plus grands chefs d'oeuvre de ces 12 dernières années avec "There will be blood". Autant dire qu'il était évidemment attendu au tournant. Est-ce un film sur Ron Hubbard le créateur de la Scientologie ?! Pour ma part non, ce dernier a dû servir d'une inspiration parmi d'autre mais c'est un film sur une secte qui mixte avant tout une multitude de références. Paul Thomas Anderson s'est servi pour ce film un format 70mm, un format qui n'est plus utilisé depuis des lustres ("Lawrence d'Arabie" ou 2001 l'odyssée de l'espace"). Le réalisateur a voulu ce format pour créer un film qui rend l'époque des années 50 moins kitsh. Paul Thomas Anderson retrouve son acteur fétiche (absent juste pour "There will be blood") Philip Seymour Hoffman dans le role du gourou et offre le rôle de l'acteur ressuscité Joaquin Phoenix ; une déception pour le personnage de l'épouse interprétée par Amy Adams, magnifiquement écrit, complexe ce personnage aurait mérité plus de place. La beauté des images et la majesté des scènes prouve que le choix n'est pas anodin. Par contre ce film est certainement le plus cérébral du réalisateur, il manque un côté passionnel au film qui le rend parfois un peu froid ; c'était justement ce juste milieu qui faisait de "There will be blood" la perfection de son style. La BO aussi envoûtante qu'agaçante surligne parfaitement le lavage de cerveau initié par les discours du master. La BO ajouté aux scénarios assez bavard joue dangereusement sur le fil, entre lassitude et lourdeur des propos, avec la fascination et la réflexion que ça peut apporter. Ca reste un grand film parce que la forme est sublime, que le fond est captivant même si Anderson a joué le funambule. Néanmoins, si ce film est peut-être le moins bon du réalisateur (et ça se discute !) il prouve aussi que Paul Thomas Anderson est un des 4-5 plus grand cinéaste de ces 15 dernières années.
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 janvier 2013
Chaque film de Paul Thomas Anderson est un événement. Pour ma part depuis Boogie Nights (1998), je les attends avec impatience, celui-ci étant l'un des plus attendus de l'année. Pour arriver vierge devant le film, j'ai, une fois de plus fait, le block-out total sur la promo (pas de bande-annonce, pas de télé...), ce qui est extrêmement difficile de nos jours ! Premier constat en sortant de la salle : j'étais très dubitatif mais je ne m'étais pas ennuyé une seule seconde sur les 2h17 de projection, c'est bon signe en général. Je peux même dire après coup que, d'entrée j'ai été subjugué et...
La suite sur : http://lecinedefred2.over-blog.fr/article-the-master-114327180.html
alain-92

350 abonnés 1 078 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 janvier 2013
Paul Thomas Anderson revient après cinq années d'absence. Le sujet de ce dernier film parait alléchant. Le casting essentiellement composé de "poids lourds" a tout, pour assurer un bon moment de cinéma. Sur ce dernier point rien à redire. Amy Adams est parfaite en femme glaciale tour à tour manipulée et manipulatrice. Joaquin Phoenix, malgré un jeu quelque peu trop appuyé dans certaines scènes reste assez convaincant. Philip Seymour Hoffman est tout simplement excellent. Mais hélas, The Master souffre d'une mise en scène qui ne trouve jamais son rythme, ou tout simplement sa place. Certains plans sont vraiment trop longs et rendent les séquences concernées parfaitement ennuyeuses. Le scénario confus et incertain ne convainc pas davantage. En revanche, la photographie de Mihai Malaimare Jr est absolument magnifique. Quant à la bande-son, elle a fini par me lasser et rendre la dernière heure du film vraiment trop longue. Au final une certaine déception. http://cinealain.over-blog.com/article-the-master-113915452.html
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 septembre 2024
Auteur-réalisateur, Paul Thomas Anderson est sans conteste l'un des artistes actuels les plus intrigants d’Hollywood. Ses films s’ils s’attachent parfois à des personnages existants, s’attardent surtout sur des périodes de l’histoire de son pays et sur la description de certains milieux. « Hard Eight » s’immisce dans le cercle des casinos, « Boogie Night » décrit la naissance de l’industrie du porno dans les années 70 quant à « There will be blood » il ausculte la naissance des grands groupes pétrolifères après la fin de la ruée vers l’or. Ce qui intéresse Anderson dans les grandes évolutions sociales ou technologiques c’est leur genèse qu’il aborde à travers le parcours initiatique souvent décevant de pionniers qui se lancent à corps perdus dans la quête d’eux-mêmes via une aventure qui souvent les dépassent.
Cet aspect de l’œuvre d’Anderson l’apparente sans doute à celle d’un Stanley Kubrick ou à celle d’un Jonathan Demme dont il se réclame. L’autre versant de son art représenté par « Magnolia » et « Punch Drunk Love » est sans conteste un hommage au cinéma de Robert Altman mais ce n'est pas le sujet ici. Avec « The Master » il se penche de manière à peine voilée sur les premiers pas de L. Ron Hubbard avant qu’il ne fasse de sa thèse sur la dianétique le fondement de l’église de scientologie créée en 1953.
C’est un GI revenu cassé du front Pacifique, Freddie Quell (Joaquin Phoenix) qui va nous mener jusqu’à sa rencontre avec Lancaster Dodd (Philipp Seymour Hoffman) sorte d’aventurier en quête d’asseoir sa notoriété à partir de théories plus ou moins fumeuses sur la capacité de chacun d’entre nous d’accéder au bonheur éternel à partir d’expériences sensorielles propres à extirper nos conflits intérieurs nés en vérité dans des vies antérieures. Le film se nourrit essentiellement de cette rencontre pour le moins anachronique entre deux hommes fondamentalement différents. Un Freddie Quell alcoolique en proie à une suspicion maladive prêt à sauter sur tout ce qui bouge et un Dodd patelin à souhait installé dans la séduction permanente, vérifiant en continu son pouvoir d’influence et de manipulation.
Pour orchestrer cette joute des caractères, Anderson dispose d’un duo majeur dont la complémentarité dans les scènes communes nous envoûte carrément tellement chacun se nourrit de l’autre pour élever un peu plus le niveau de son jeu d'acteur. Anderson sans aucun doute fasciné par cette osmose miraculeuse a laissé le duel entre les deux acteurs phagocyter en partie son film au détriment d’autres personnages comme Peggy Dodd (Amy Adams) dont la prédominance intermittente sur son gourou de mari n’est qu’à peine effleurée. Mais ce n’est pas très grave tellement la confrontation est jouissive. La volonté de dominer Quell, jugé par tout le monde comme un esprit faible ne quittera pas Dodd qui ne parviendra jamais à déceler dans la soumission de son élève ce qui relève du simulacre ou de la sincère conversion à ses thèses.
À ce sujet, Anderson nous livre à la toute fin une explication en pied de nez, offerte comme une moquerie envers toutes ces stars qui se sont laissé abuser par les pratiques douteuses de la scientologie. D’un point de vue esthétique le film est somptueux grâce aux tons mordorés de Mihai Malaimare Jr, nouveau chef opérateur de Francis Ford Coppola (« Tetro », « Twixt ») mais c’est surtout la musique de Jonny Greenwood de Radiohead qui confère au film son aura envoûtante et voilée de mystère. Un film inabouti certes mais d’une virtuosité rarement atteinte grâce aux efforts d’un trio qui a su trouver l’état de grâce. C’est déjà énorme et pas si fréquent !
shindu77
shindu77

116 abonnés 1 684 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 janvier 2013
Malgré quelques longueurs et aussi des passages oū l'on peut décrocher du film, ce long métrage est très intéressant pour plusieurs raisons: son histoire de secte et de manipulation, son casting excellent (Joaquin Phoenix en tête). De très belles images en plus. 1er très bon film de l'année.
B-Lyndon
B-Lyndon

86 abonnés 45 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 mai 2013
Animal. Comme un chien aux abois, il lève sa tête à demi-caché. Il a les yeux bleus-vert d'un lynx qui cherche sa proie. Son visage, sous un casque de guerre, est divisé en deux. On ne voit que le haut. Sa bouche disparaît sous une ligne floutée. Une plage. Les vagues qui viennent. Des hommes qui dessinent, au moyen du sable, une femme à la poitrine rêvée. Il se jette dessus. Animal. Animal adolescent qui (re)découvre le sexe, qui mime des vas-et-viens sur cette femme de sable, pour faire marrer ses copains, vite dérangés par la sincérité finale de son action. Le cinéaste le filme d'abord en plans fixes, dans le silence de la mer, aligne ces plans, les colle bout à bout et les fait défiler, concisément. Le dos maigre et fatigué, se masturbant face à l'eau. Comme un gros poisson échoué qui semble se débattre, animal. C'est une pause au sein de la guerre, que filme Anderson là, une pause ou peuvent rejaillir toutes les pulsions animales des êtres, pas complétement extériorisées lors des invisibles instants de combat qu'il ne filmera jamais. The Master n'est pas un film de guerre, ce n'est pas un scoop, mais un film sur ses conséquences, l'Amérique souffrante qu'elle engrangera, qu'il filme sans jamais en citer explicitement les causes. L'homme animal, l'Amérique (beau parallèle), c'est Freddie Quell. Allongé dans les filets d'un bateau, une partie de ses lèvres retroussées : visage divisé, verticalement, une partie qui tient encore, une autre qui se perd. Car tout dans ce film, semble scindé, scié, éparpillé, en mille morceaux. Comme les bribes d'un passé lointain où l'on se rêvait plus grand que l'on est aujourd'hui. Dans chaque plan peut se remarque un axe, horizontal ou vertical, qui semble marquer un trait, une frontière, entre les personnages et leurs idées. Des personnages qui vont pourtant, un jour, se trouver, attirance mutuelle, dans leur constant désespoir. Comme ce gourou charismatique, Lancaster Dodd, maître de tout le monde semblant dépendre de personne, dont l'on apprendra bien vite la soumission à sa propre femme, qui dans une scène troublante, lui demandera en le masturbant "de jouir pour elle" pour lui faire comprendre ce qu'elle veut. Soumission animale qui nous est longtemps resté masqué, d'un manipulateur devenu pantin. Ce même homme, essayiste de renom, rêvant dans ses paroles d'un homme débarrassé de son animosité. C'est alors que, sans manichéisme, Anderson pose la question : est-il un arnaqueur hypocrite gagnant sa vie sur le dos des naïfs gens (disons-le, l'hypothèse que nous préférons, nous spectateurs) ou un homme tentant de combattre ses propres démons, un maître pris dans son piège, accrochés à des fils qu'il ne peut diriger ? Le cinéaste se montre beaucoup plus intéressé par la deuxième hypothèse (sans donner tort à la première, au contraire), le soulignant en faisant entendre le cri de celui qui aura jouit pour sa femme, un cri résigné et désolé, d'un désespoir grotesque et déchirant. L'un des grands sujet de The Master est donc la domination permanente des êtres, le fait de dépendre forcément d'un maître dans sa vie, de sa vie. La profonde douleur des hommes semble être dans ce film une cause essentiel de cette domination recherchée (Quell ira même jusqu'à demander à Dodd de lui laver à nouveau le cerveau !), le fait de vouloir retrouver ce qui est perdu et ne reviendra jamais, tout en reconnaissant la fumisterie de la méthode utilisée. Le long-métrage improvise alors, dans des flashbacks troubles et étranges, une histoire d'amour malheureuse et très belle que le temps a brisé. Elle donne alors au film une profondeur insensée, et lui accorde définitivement son véritable propos : The Master est, ni plus ni moins, qu'un voyage. Un voyage au pays des regrets, des vies brisés. Une chose universelle que le cinéaste raconte, sincèrement, sèchement, sans qu'il ne soit non plus dénué d'empathie. Alors, le film, à sa fin, semble une nouvelle fois recommencer, lorsque Freddie, fuyant son maître dans un désert, disparaissant dans un mirage floutée, ira retrouver la jeune femme qu'il eut aimé. La scène est alors magnifique : la vie l'a prise, elle s'est envolée, s'est mariée, et ce n'est pas grave. On voit alors la déception dans le visage de Phoenix, on sent une colère qui se refoule, alors qu'il pourrait la laisser éclater. Anderson aurait pu se passer de la scène de retrouvailles avec "son maître" dans son royaume à la Citizen Kane, une scène donc clé, mais pas tout à fait réussi, un peu ridicule, noyée dans un magnifique final. Freddie Quell qui fuit, tel un loup affamé de liberté, seul être sur terre, sans dieu, ni maître, maître de personne, maître de son destin. Et il se finira dans le nouveau mystère d'une douce chanson. Ce film fragile et souffrant qui rêve de grandeur restera donc encore longtemps obscur mais il faut parfois accepter l'obscurité pour en sonder toutes les beautés. On parle souvent de Paul Thomas Anderson, en bien ou en mal, et il semble curieux que pour ce film là un unique et même terme soit employé à la fois par ses laudateurs et ses détracteurs : celui de la "maîtrise". Curieux phénomène que celui de dénigrer ou d'aduler cette fameuse "maîtrise", souvent recherchée par l'artiste et par son public. The Master serait donc un film génial puisque maîtrisé pour les uns, pour les autres un mauvais film puisque donc trop maîtrisé. J'aurais envie de dire aux uns et aux autres, même si je partage l'opinion de certains quant à la qualité du film, qu'un film "maîtrisé" n'est pas forcément un film réussi, et surtout que The Master ne l'est absolument pas, plutôt, dans une moindre mesure, rêvant de perfection et sachant cela impossible, abandonnant vite cette piste pour se concentrer uniquement sur les failles de ses personnages sexués et malades, désespérés, tourmentés, magnifiques. Ainsi, The Master va, fuit - tout dedans relève de la fuite : fuite des personnages, fuite des rêves, fuite du passé, fuite impossible de l'animosité de l'être, fuite à la fois physique et psychique des personnages - ; glisse, vole et tombe en se cassant les ailes, poème rugueux et sec, vers le monde trouble et bleuté des vies et des rêves brisés, nourries par les douleurs que le passé a dessiné dans notre dos malade. Imparfait et fragile sous ses airs de grandeur lisse, c'est finalement assez immense, et ça va, je pense, longuement continuer à me hanter, comme ces fantômes insoutenables que les regrets font et qui nous tourmentent, le regard de fer, pour la vie entière, jusqu'à la mort.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 février 2013
Après l'acclamé et récompensé There will be blood, Paul Thomas Anderson était attendu au tournant pour son nouveau film. Le moins que l'on puisse dire est que The Master est un grand film, tourmenté et hypnotisant qui nous entraîne dans les profondeurs du traumatisme post-seconde guerre mondiale en se focalisant sur la relation entre Freddie Quell, un ancien combattant, et Lancaster Dodd, chef "master" du mouvement "La Cause". On suit ainsi l'évolution de ces deux protagonistes, Freddie tentant de se reconstruire à l'aide de Lancaster tandis que ce dernier ne cesse d'accroître l'influence de son mouvement sectaire basé sur l'hypnose comme voyage dans le temps. Et c'est dans cette évolution que l'on voit toute la subtilité de l'écriture de Thomas Anderson, d'une incroyable subtilité qui rend la relation encore plus ambigu, se penchant sur l'homme et ses réactions, qu'elles soient sincères ou simulées. Il manipule ainsi ses protagonistes pour leur faire refléter ce contexte de traumatisme omniprésent, tout en introduisant avec autant de finesse le thème de la soumission ou de l'influence d'une seule personne sur un groupe. Là encore, le scénario est calibré de tel sorte qu'en plus de nous épargner de nombreuses longueurs, il traite ces deux sujets avec une grande équité, les mélangeant puis les séparant avec aisance. En plus de signer un scénario brillant, Paul Thomas Anderson nous gratifie d'une mise en scène sublime. Que se soit la photographie ou la réalisation, Paul Thomas Anderson nous offre une vraie leçon de cinéma, explorant de nombreux aspects de mise en scène qui apportent au film une mise en image d'une grande qualité. Le casting est lui aussi à la hauteur du film avec un Philip Seymour Hoffman disposant d'un grand charisme, un Joaquin Phoenix torturé qui comprends tous les aspects de son personnage ou encore la fabuleuse Amy Adams tout en retenu.
Mais ce qui fait de The master un film magistral est avant tout la relation que crée Paul Thomas Anderson avec son spectateur, le plongeant dans l'intimité de cet relation. Car si il lui est cependant difficile de nous identifier à Freddie sur le plan du traumatisme, il arrive néanmoins à nous plonger dans cette secte avec tact et intelligence. C'est d'ailleurs là où sa mise en scène se ressent vraiment, lors des longues séquences de "manipulation" de Dodd qui engendre une fascination de notre part, nous donnant envie de comprendre son pouvoir sur les autres. Même si cette immersion n'est cependant pas totale, elle lui permet de traiter son thème sous un point de vue plus abordable, nous faisant prendre part à ses réflexions.
Avec The Master, l'année 2013 nous fournit déjà un premier chef d'oeuvre, virtuose et envoûtant.
Guillaume182
Guillaume182

148 abonnés 1 194 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 janvier 2013
Enfin! le retour de Pta au cinéma! Je ne cache pas que j'aime son travail depuis Magnolia.

Donc je n'ai pas attendu longtemps après sa sortie en salle pour aller le voir.

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre et j'étais un peu sceptique bien que le film est gagné plusieurs prix à la Mostra ce qui est très subjectif et n'est en aucun cas un gage de qualités pour moi, car la plupart de mes films préférés sont le plus souvent oubliés par ce genre de cérémonie.

Je ne vais pas livrer une véritable analyse sur le film bien que je pense qu'il le mérite, mais il y a des gens pour ça qui savent le faire mieux que moi.

J'ai été vraiment frappé par cette histoire.

Un homme traumatisé par la guerre tente de retourner dans la bonne société au lendemain de l'abdication du Japon.

Seul et en manque de repaire il est totalement déconnecté et vie en marge de la société.

Il a un amour dans sa vie, mais sans que l'on sache ce qu'il se passe dans sa tête il décide de partir pour un nouveaux travail avec la promesse de revenir et d'épouser la fille.

L'histoire de cet homme est une éternelle fuite.

Lorsqu'il rencontre un homme aux talents mystérieux appelés le maître il se fait facilement embobiner jusqu'à ne plus savoir qui il est.

sans suit un dangereux jeux de manipulation.

Mise en scène très maîtrisé peut être même trop, trop parfait, trop lisse, mais peu importe.

On reconnait à nouveau dans le style de Pta les illustres Kubrick, Malick ou Wells.

Très belle photographie à l'image des années 50.

Les meilleures scènes sont celles qui opposent Joaquin Phoenix et Philip Seymour Hoffman, les scènes de fuites ou encore la scène romantique et pleine d'espoir avec Joaquin Phoenix et Madison Beaty.

Belle réflexion sur le temps qui passe et qui prend.

Une quête de possession du Maître et une éternel fuite pour l'autre.
Pta s'amuse à perdre le spectateur par moment et à sa place j'aurais couper le dernier quart d'heure.
Ce n'est pas un film facile, mais finalement ce n'est qu'un film qui parle de l'homme.

Les acteurs sont excellents.

Une vision animal et manipulatrice de l'homme magnifiquement orchestrer par Paul thomas anderson.
Son film le plus maîtrisé.
Bon film, mais pour moi "Punch drunk love" reste devant.
Myene
Myene

20 abonnés 373 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 février 2013
C'est mon premier film de Paul Thomas Anderson j'ai entendu les critiques de France- Inter être déçus, ce n'est pas mon cas. J'ai trouvé ce film beau , fort et certes dérangeant mais laissant cette trace après l'avoir vu qui signe pour moi mes classiques que je reverrai avec plaisir Ce réalisateur s'intéresse aux tréfonds humains américains: leur capacité à passer du mégalo au quotidien, leurs tendances parano fondées sur leur gout de l'intrigue et de l'affirmation narcissique. D'un point de vue universel ce film nous fait ressentir toutes les interactions des dépendances et de la manipulation Bravo aux acteurs et au casting: même les petits rôles sont parfaits.
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 février 2022
The Master est à ce jour, le film le plus " déranger " de son réalisateur, Paul Thomas Anderson. Un peu trop selon moi. Ce n'est pas tant son sujet qui me refroidis mais plutôt la démonstration et tout le paradoxe qui suit. Si d'un coté je suis à fond avec Anderson pour ce qui est de ses choix esthétiques, la photographie, les costumes et décors sont en touts points excellents, je le suis moins pour ce qu'il en est de son malin plaisir quasi pervers à suivre et embrasser ( autant qu'il le rejette ) son sujet. Le réquisitoire qu'il dresse de la domination est parfois tendancieux ... La mégalomanie est pourtant un sentiment qu'il sait saisir !

J'apprécie le manque de nuance et le non manichéisme investit ici par la main et l'œil de ce cinéaste imprégner d'images et de grandeur, je me heurte à cette envie de portrait saccadé pour en mettre un peu trop la vue. Suis-je raccord ? Non certainement pas, mais me voilà partager. J'insiste et je me brouille, ce qui est incroyable ne fascine pas mais livre tout du moins son tribut à l'exercice de style. The Master à tout parfois du gros délire !

J'en viens à invoquer les interprètes et la composante aux forceps de ses funambules sur une corde qui se rapetissent lors de certaines envolées et qui à contrario semble gagner en consistance dans des petits riens ... Ce que j'ai préféré d'ailleurs. Joaquin Phoenix est toujours imbriqué dans des bizarreries et démontre encore une fois ses talents dans cet environnement, il flirt avec la sortie de route mais ce rattrape d'un coup de volant au dernier instant. Philip Seymour Hoffman est lui plus inspiré, trouble, ténu. Son échange dans la prison avec son chien fou qu'il domestique par défi, dans son entreprise de faire croitre sa parole d'évangile imbu de sa condition malade confère à cette séquence toute son étendu, sa portée philosophique assez abject. Jesse Plemons, Amy Adams et Laura Dern sont à mentionnés, avec un temps de présence parfois réduit, les apparitions suffisent.

Si j'ai rapidement parler de sa photographie et des magnifiques plans d'Anderson, je n'ai pas encore eu le plaisir d'écrire le nom de Johnny Greenwood et de sa compo enjôleuse, dans le ton, à la fois proche et à cent lieux de son superbe esquisse signé sur There Will Be Blood. Un étourdissement qui galvanise une histoire aussi démesuré, prise dans le tourbillon de ce foutoir émotionnel et qui ne gagne qu'a s'entendre encore et encore.

The Master est donc le long métrage le plus barbare de Paul Thomas Anderson, son film le plus lourd, il reste toutefois incroyable, une inscription dans le patrimoine de cet Art. Oui, rien que ça.
Skipper Mike
Skipper Mike

111 abonnés 650 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 mars 2013
"The Master" est un chef-d'œuvre d'une rare ampleur, transporté par trois magnifiques acteurs : Joaquin Phoenix, Philip Seymour Hoffman et Amy Adams, dont la présence à l'écran est stupéfiante. Mais les interprètes ne font pas tout : les images sont spectaculaires, les dialogues percutants et le scénario passionnant. On reste béat d'admiration devant ce film qui, malgré sa durée de plus de deux heures, pourrait en faire le double tout en restant passionnant. J'ai gardé le sourire aux lèvres pendant l'intégralité de la projection et ressenti une réelle déception quand les premières lettres du générique de fin se sont affichées, bien trop tôt à mon goût. Un futur classique, espérons-le…
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