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Philippe C
127 abonnés
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3,5
Publiée le 13 février 2013
Film poignant et très bien interprèté sur la difficulté de rentrer dans la modernité des moeurs quand on est pris dans une culture ancestrale, machiste et preignante. On suit la lutte pour sa liberté d'une jeune femme d'origine turque-allemande, confrontée à une famille traditionaliste, elle même souffrant de son écartèlement entre amour famillial et poids de la tradition et du regard de la communauté.
L'on pourrait résumer ce film en 3 mots : des cris ,du sang et des larmes tellement ces 3 "ingrédients " sont presents tout au long de ce film d'une profonde humanité malgré les rapports familiaux conflictuels qu'il donne a voir.D'une grande lenteur mais aussi d'une extrême noirceur ,le récit de cette jeune mère confronté au regard de sa famille ne laisse finalement que peut de place a l'espoir : prise entre le déshonneur de sa situation ,le poids des traditions et ses rêves d’émancipations ,son quotidien loin de son mari violent se révèle rapidement tout aussi cauchemardesque et les raisons de croire en des jours meilleurs bien minces.Fleurtant constamment mais habilement avec le pathos ,dommage que la cinéaste ne rate la scene finale ,ce qui pour le coup atténue la bonne impression globale.Très belle prestation tout en retenue de la jolie Kekilli et plus généralement de l'ensemble des comédiens.
Ce film ne va pas améliorer les chances de la Turquie d'entrer un jour dans l'Union européenne... Une femme turque, mère d'un enfant et maltraitée par son mari peut-elle quitter ce dernier et retourner vivre chez ses parents ? Plus fort : peut-elle devenir indépendante et "refaire sa vie" ? La réponse qu'apporte ce film à ces deux questions est un double "non". Aveuglement et obscurantisme de la structure familiale turque "traditionnelle" pour laquelle l'honneur et la cohésion de la communauté feront de cette mère une "putain" qu'il conviendra de rejeter dans un premier temps, puis condamner à mort et assassiner ensuite. A ceci près que la fin du film ne correspond pas au dessein premier de la famille... loin de là. Film magnifique très bien joué par des comédiens émouvants et même bouleversants. A voir à tout prix.
c'est dur, oppressant, cruel, amer, inhumain. malheureusement quand on sait que ce film est d'actualité on pense à toutes ces femmes de pays arabes qui souffrent d'être femmes qui n'ont pas droit au chapitre, qui sont salies, bafouées et j'en passe. c'est tout simplement honteux de savoir que des femmes vivent ça.
D'actualité et pertinent dans son propos, L'Étrangère évite les écueils mélodramatiques pour mieux faire évoluer son propos, sans diaboliser un camp ou l'autre avec un histoire complétement bouleversante aidée par des acteurs criants de vérités.
L'intensité tragique de ce film opposant une femme indépendante à sa famille turque traditionaliste est bouleversante. Grâce au jeu de l'actrice principale, nous partageons le drame intergénérationnel ainsi que le poids de la communauté sur la vie privée de cette femme qui devient davantage une étrangère pour les siens que pour ses hôtes allemands. Et l'autre réussite de ce drame vient du fait que la réalisatrice réussit à filmer, malgré une mise en scène basique, avec beaucoup d'émotions les relations de cette famille sans jamais accuser directement les usages socioculturelles qui en sont le barrage.
Ouh là là, il va falloir que je m'explique après une intro pareille.
Commençons pas le plus simple : l'actrice. Elle s'appelle Sibel (a-t-on déjà mieux porté son prénom ?) Kekilli. Outre le fait qu'elle ait commencé comme actrice de films X (véridique, le net le prouve trop facilement !), on l'a surtout vue dans le chef-d'oeuvre (oui, le chef d'oeuvre) de Fatih Akin : Head on. Elle est simplement irradiante, magnifique, solaire.
Ensuite la mise en scène : elle est OK. Nickel classique dans les champs/contre-champs, peut-être un poil trop de plans de coupe à mon goût, mais bon, ça va. Un peu quand même too much dans certaines séquences tire-larmes.
Et enfin, le propos du film. Alors voilà : notre société occidentale (état de droit, pour résumer) est quand même plus maline (et plus adaptable) que cette vieille société traditionnelle patriarcale et turque, condamnée à l'immobilisme et au final à l'auto-destruction, fut-elle résidente (en Turquie) ou délocalisée (en Allemagne).
Le film est donc clairement politique de ce point de vue, et son message est pour le moins complexe : peut-on quitter contre leur gré ceux qu'on aime ? Ou au contraire ne pas les quitter, toujours contre leur gré ? C'est tout le dilemme de notre héroïne qui ne choisit pas vraiment, et c'est ce qui m'a profondément énervé. Bref, vous ne comprenez probablement pas grand-chose à ce que je dis, mais (pour une fois) ce n'est pas grave : il s'agit en quelque sorte d'un débat sur la laïcité sans qu'il soit question de religion (d'ailleurs une actrice le dit : foutez donc la paix à Dieu, il n'a rien à voir là-dedans). Ou si vous voulez d'une baston éthique autour de valeurs : famille vs liberté, égalité des droits vs honneur.
Brrr, je n'ai pas l'impression d'être abusivement clair mais peut-être est-ce parce que le film m'a laissé cette impression de trop-plein, avec cette fin qui déborde un peu selon moi.
En tout cas un film intéressant, allez le voir et dites moi ce que vous en pensez. D'autres critiques sur Christoblog : http://chris666.blogs.allocine.fr/
Rarement un film m'aura autant bouleversée... surtout sa scène finale absolument horrible... Que faut-il retenir d'une telle oeuvre? En cette période où la culture arabe est autant visée, il est indéniable que cette famille turque ne va pas remonter l'empathie que les Européens peuvent avoir d'un monde qu'ils maîtrisent peu ou pas du tout... n'en demeure pas moins que ce film est de loin le meilleur sorti au cours de ce mois d'avril où les distributeurs ont caressé dans le sens du poil le public adolescent... ce film est un pur chef d'oeuvre à ne pas manquer...
Fuyant les violences de son mari, une jeune femme quitte Istanbul avec son fils pour chercher refuge au sein de sa famille installée en Allemagne. Parents et frères la rejettent sans humanité, prisonniers de leurs préjugés sociaux et religieux. Ce puissant réquisitoire contre le communautarisme en général et turc en particulier, s’appuie sur un magnifique portrait de femme et une peinture sans concession d’une société aveuglée par ses croyances et ses traditions. Cette fiction dramatique, épurée et violente, porte un message autrement plus précis et profond que toutes les exégèses des sociologues patentés. La mise en scène maintient un souffle émotionnel sans répit, bien servie par une actrice lumineuse et habitée.
Un peu too much dans le genre les turcs c'est fermé, agressif et destructeur; mais un film magnifique, tragique, doux et violent à la fois. La loi de la famille peut-elle parler plus fort que la voix des sentiments les plus intimes? Antigone version turc-allemand...
Attention, film de grande qualité. Une actrice magique, déjà vu dans un film un peu similaire (le superbe "Head on", de Fatih Akin), et un film poignant dans son récit, même si la réalisation pèche un peu, tout en étant très correcte. Le scénario est totalement magnifique, tout particulièrement la fin. Direction d'acteurs exceptionnelle. Deux ou trois scènes peu compréhensibles qui gâchent un peu le tout. Reste une oeuvre à voir sans hésitation.
Umay, allemande d’origine turque, vit à Istambul avec son mari, leur fils et sa belle famille. Fuyant un mari violent, elle rentre chez ses parents en Allemagne avec son fils de 5 ans. Prisonnière du regard de la communauté, Umay se voie à nouveau contrainte de fuir à nouveau afin de se préserver de cette famille désirant rendre son fils et sa femme à leur gendre. Umay souhaiterait tellement que les siens la comprenne et la soutienne ; elle qui a fui la Turquie pour protéger son fils et leur offrir un avenir plus heureux. Elle s’acharne à vouloir imposer aux siens sa présence et son point de vue ; cet acharnement ne nous inspire rien de bon. Gagner sa liberté lorsque le poids des traditions est aussi pesant est une gageure, mais vouloir l’appui des siens n’est-ce pas trop demander à sa communauté ? Son père désarçonné par une fille « irresponsable » et meurtri par la mise au ban de la communauté de sa famille. Il retourne en Turquie pour obtenir les lumières d’un Ancien. Ces lumières seront celles de l’obscurantisme. Le poids des traditions est-il plus fort que l’amour filiale ? Teo Aladag, femme autrichienne d’origine turque, pour son premier film, s’est beaucoup inspirée de faits divers autour des crimes d’honneur. Lent mais efficace comme un bon thriller, ce film montre comment cette idée peut germer dans des têtes aux idées exigües. La première scène annonce déjà le drame final dont on ne peut pas mesurer l’ampleur. En fait, Umay doit être punie aux yeux de sa famille ; mais comment la famille pourra-t-elle être punie à son tour ? La réponse se trouve dans une fin terriblement déchirante à vous arracher le cœur : une tragédie sans nom dont je ne suis toujours pas remis après 48 heures. Ayez les reins solides avant de vous mettre devant cette œuvre forte mais déstabilisante. Plus qu’un film coup de poing contre un islamiste radicale, il s’agit plutôt d’un film coup de poing contre le poids des traditions. Porté par une actrice d’origine turque elle-même répudiée ; Sibel Kekilli impose une présence d’une rare intensité, mélange de détresse, d’incompréhension, de fierté et de ténacité. Toujours accompagnée de son petit garçon de 5 ans spectateur de toute cette violence et jamais préservé de la bêtise des adultes jusqu’à un final terrible. La réalisatrice nous impose ici une fin sans concession ; là ou d’autres auraient conclu par un fin ouverte, positive ou plus attendue. A voir impérativement…
voilà un film choc coup de poing très dùr mais hélas la la réalitée de la vie dans certains pays tous les acteurs sont remarquables voilà l'un des meilleurs films de ce début d'année à voir pour ne pas oublier et ce dire que l'on à de la chance d'êtres libres
Doté d'un scénario extrêmement bien écrit, "L'Etrangère" porte un long-métrage à l'histoire touchante et enivrante. En effet, plus on avance dans le film, plus on est pris. La réalisation est réussie puisqu'elle offre une mise en scène réaliste. Quant aux acteurs, ils sont parfaits. Ainsi, l'œuvre est totalement convaincante malgré un début quelque peu poussif mais surtout avec un final grandiose d'émotion.