Et « bla-bla-bla-bla-bla-bla... » : le cinéma de Woody Allen est là ! Ah ça, c'est sûr qu'on ne pourra pas dire qu'on est surpris : comme souvent l'ami Allen parle, parle et parle encore. Certes, il n'est plus à l'écran pour incarner son personnage principal, mais Owen Wilson comme beaucoup avant lui ne font que reprendre ses expressions et ses mimiques, ce qui peut être pour certains facilement agaçant. Pour les rétifs, autant aborder aussi tout de suite la deuxième cause probable de réaction épidermique du film : le décorum parisien. Bien évidemment, celui-ci est totalement fantasmé et, qui plus est, il brasse tous les pires clichés de la vie bourgeoise parisienne ce qui, à telle concentration, est fortement vomitif pour ceux qui ne portent pas la capitale et son style de vie dans leur cœur. Mais bon, c'est la magie du cinéma d’Allen : il assume de bout en bout, et il a toujours ce brin d'autodérision qui fait que, me concernant, la pilule est quand même passée. Mais bon, personnellement, si ce "Minuit à Paris" m'a finalement charmé, c’est parce qu'ici – enfin ! – le cinéaste new-yorkais sort de ses habitudes et de ses facilités pour s'efforcer de proposer du neuf et de l'insolite. Ici, c'est par une sorte de récit fantastique qu'Allen nous surprend. Tant mieux, parce que la situation assez originale qu'il propose ouvre la voie à une certaine magie, celle d'un regard de rêveur sur le quotidien et sur l'humain, même si elle n'empêche pas une fois de oplus l'enlisement (voulu) dans les stéréoptypes. Au final, sans avoir été bouleversé par cette blablatrie d'1h30, j'ai malgré tout apprécié le voyage qu'Allen avait ici à proposer dans son univers confus et intrigant... et pour une fois qu'il y a du neuf dans ce voyage, j'avoue ne pas m'en plaindre...