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Musomuse
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5,0
Publiée le 9 novembre 2020
Je suis très content d'avoir pue voir ce film. Rare sont les filmes qui me font dire après coup, "c'est beau.". Peut être que je un peu limité là dessus. Enfin c'est un super film qui laisse la marge à l'interprétation. Après c'est un film étrange. Tant mieux d'ailleurs. J'ai pour ma part vue un film parlant des ambitions que le réalisateur a pour son fils. Tout cela est particulièrement intéressant quand on sait qu'il s'agit de son derniers film. Le Sacrifice est un nom tout trouvé. Le film est dédié à ce sujet, le père se sacrifie pour la vie de son fils et alors ils se séparent car l'un à fait son temps et l'autre à le sien à bâtir. Toute la poésie que Tarkovski utilise dans ses films est troublante. Souvent en passant par des moyens typiquement cinématographique. Il réussi alors à faire un œuvre qui traite à la fois de l'artiste, de la peur de la mort, du dévouement, du mysticisme, du rapport que l'on peut avoir avec la guerre, des premiers mots. Enfin j'imagine aisément qu'il y a bien plus. On est aussi face à une œuvre qui comporte une tripoté d'effets technique. Ils sont utilisé à la fois pour la poésie et le sens. Ayant pour objectif de donner un ordre artistique au métrage qui n'est plus seulement une thèse.
Le début du film pourrait être un pastiche abscons et verbeux de Bergman, puis la fin du monde est annoncée et on entre alors (ou pas) dans l’univers magico-mystico-poétique de Tarkovski.
Le dernier film de Tarkovski se situe dans une continuité étrange de Nostalghia. Fuyant l'art soviétique grâce à son talent, c'est avec un terreau suédois très inspiré de Bergman qu'il nous impose cette fois ses arguties. Chez lui, l'humanité semble souffrir d'un mal unique qui prend une forme différente à chaque fois. Osé-je dire qu'il ne pouvait pas connaître plus belle fin qu'en visionnant son film sur son lit de mort ? Il pourrait avoir scénarisé sa propre vie...
Trop marginal pour faire dans l'historique, il ne s'agit pas un film sur la seconde guerre mondiale. Quand la télé qui attire tous les yeux soucieux s'arrête et que l'électricité se coupe, c'est un conflit invisible mais final qui débute, une apocalypse intemporelle cristallisant l'entièreté de sa limpide symbolique : la peur. La terreur. Absorbé par le décalage montré entre le calme d'une Suède reculée et la frénésie causé par l'annonce du conflit mondial, le spectateur n'a d'autre choix que de s'enfoncer en même temps que les personnages dans une folie qui n'a rien de l'acception terne et monocorde du cinéma psychologique « habituel » (Bergman compris).
Ce qui intéresse Tarkovski, c'est l'impact du global sur l'esprit individuel : l'esprit écrasé par quelque chose qui le dépasse, et duquel il recherche le corollaire dans la spiritualité. Pas étonnant qu'Erland Josephson trouve l'acceptation dans le yin et le yang, représentés ici par le seul équilibre qui sache perdurer entre superstition et cataclysme : le fanatisme. Tout cela vaut la peine de subir quelques lenteurs, surtout quand, de nouveau et pour la dernière fois, Tarkovski fait parvenir à nos yeux des merveilles de minutage.
Film élitiste, avec des très belles images - la scène de l'incendie mais pas que-, une atmosphère dérangeante à contempler en période de confinement covid19 ( on repense à Stalker). Mais la lenteur des plans, leur théâtralité, les dialogues souvent abscons,l'ombre constante de l'âme torturée de Tarkovski rendent ce film marquant mais pas convaincant. L'ensemble baigne dans une spiritualité prégnante en quête d'absolu ou de rédemption. On va revoir du Lynch pour se reprendre du plaisir dans le genre onirique. DVD vo - mars 20
"Nous étions à la minute de l'ultime distinction. Il fallut rapatrier le couteau. Et l'incarnat analogique.
Peu auront su regarder la terre sur laquelle ils vivaient et la tutoyer en baissant les yeux. Terre d'oubli, terre prochaine, dont on s'éprend avec effroi. Et l'effroi est passé...
À chacun son sablier pour en finir avec le sablier. Continuer à ruisseler dans l'aveuglement.
Qui délivrera le message n'aura pas d'identité. Il n'oppressera pas.
Modeler dans l'apocalypse, n'est-ce pas ce que nous faisons chaque nuit sur un visage acharné à mourir ?
Un outil dont notre main privée de mémoire découvrirait à tout instant le bienfait, n'envieillirait pas, conserverait intacte la main.
Alors disparurent dans la brume les hommes au petit sac."
Ceci est de la poésie comme le film de Tarkovski est un poème cinématographique... Vous n'avez pas compris ? C'est normal c'est destiné à nous amener au-delà. Critique mise juste pour compenser les 1 ou 0,5 étoiles mises par ceux qui se sont ennuyé ou n'ont pas compris le film et parle même de 'daube" ! Mais finalement ce mot me va : Une daube... Sublime ! Qu'importe si cette recette-là est à déguster entre initiés...
Je décerne le dernier des chef-d’œuvre à ce réalisateur qui rembobine ses films, balancés dans la contemplation puis papoter. Tout ceci est subtilement beau à voir ces effets de caméra qui bouge en s’élançant à l’allure du temps. Ce style de prise de vue est de la magnificence, le mouvement suit en commençant par le bas vers là-haut comme une forme d’écriture complexe, ensuite de gauche à droite universelle ou à l’ancienne inversement, tout en avançant pour encadrer ces personnages qui ne cesse de se talonner. Après avoir quitter sa terre natale, la maladie du confinement en prévision d’une catastrophe nucléaire, transportée depuis « Stalker » le contamina à jamais. En passant par l’itinéraire italienne « nostalghia », les bagages posés s’achève en Suède avec coopération de la France, un accord de production entre les deux pays au vue des noms d’assistant casting au début du crédit générique. Cette région est plus petite en superficie donc beaucoup plus dense pour exprimer sa nature qui ne s’est pleinement vu auparavant. La mise en scène de fin du monde approche afin de tracasser autant ses protagonistes de princes et princesses d’une époque cyclique, le reclus philosophique est une observation pas une nécessité, leur fidèle serviteur pour les servir. Les flammes brûlent d’un feu ardent le non sens et les ellipses littérales qui y sont consumés. Un cinéma international que j’ai assisté au bout de sept films qui restera dans les annales, l’harmonie des scènes et longues séquences ultimes qui scotchent les admirateurs de la nature, il y a une raison à toute fin en soi. Une touche de dramaturgie s’accompagne par compréhension de l’histoire racontée, le lieu où les cinéastes d’aujourd’hui ont puisés de ce profond puits expérimenté.
Au bout d'une heure, il y avait de quoi s'interroger sur la signification du titre : le sacrifice en question, ne serait-ce pas celui du spectateur en s'infligeant la vision du dernier film d'Andreï Tarkovski ? Il faut dire que le monument – le film est construit comme tel – croule sur ses propres fondations, lesquelles reposent en très grande partie sur des dialogues philosophiques soit abscons soit ennuyeux quand ils deviennent intelligibles. Il faut dire que l'ombre de Bergman est tellement présente, du lieu du tournage au choix du chef-op et de l'acteur principal en passant par l'écriture qui ne fait que singer celle du génie suédois, que l'on se demande bien où est passé Andreï Tarkovski. Il faut attendre une bascule dans l'écriture et l'annonce ni plus ni moins de la fin du monde pour que le film prenne son envol, pour qu'enfin une mise en scène du chaos nous sorte de notre torpeur. "Le Sacrifice" trouve alors une qualité de silence tout à fait exceptionnelle, digne des plus grands longs-métrage du cinéaste, et reprend des thèmes majeurs tels que l'opposition entre foi et matérialisme et la volonté d'une rédemption qui conduirait à une forme d'apaisement originel. On accepte alors de ne pas tout comprendre et on est sidéré devant des images inoubliables – une lévitation, une maison en feu –, heureux aussi de constater que le film n'est pas la caricature que l'on pouvait craindre, ce qui ne doit pas faire oublier une première partie asphyxiante, mais bien une oeuvre au matériau philosophique dense et cohérent. En somme, "Le sacrifice" se présente comme un film extrêmement difficile et inégal mais qui mérite d'être vu.
"Le sacrifice" est de ces films grandioses qu'on ne peut oublier après l'avoir vu. Par son rythme lent et ses ellipses, c'est un film exigeant, qui impose au spectateur de fournir quasiment le même effort de concentration que la lecture d'un livre. Jamais je n'ai vu de film dont l'écriture cinématographique était aussi proche de la poésie pure, avec des images sublimes (comme la chambre du fils dont les rideaux battent comme une respiration) mais aussi des images filmées dans un noir et blanc à la limite de l'indiscernable, comme une poésie écrite au bord du silence. Ce film ne peut être vu que dans une salle parfaitement et totalement obscure et, si possible, dans une salle silencieuse. L'argument du film est d'une simplicité elle-aussi grandiose, empreint d'une foi profonde qui confine à la mystique. Pour éviter de spoiler, je dirai juste que la prière à Dieu d'un vieil homme solitaire et désabusé sauve le monde de l'apocalypse nucléaire. D'ailleurs, le film aurait pu tout aussi bien s'appeler "Le miracle" au lieu de "Le sacrifice" ! Mais, même s'il est indéniablement religieux, le film n'assène pas son message et reste ambigu. En fait, le film est sublime dans ses non-dits et très émouvant, notamment la scène finale de l'incendie où le vieil homme accomplit sa promesse tandis que tous ses proches le prennent pour un fou... Il est riche de multiples niveaux de lecture, sur notre rapport au monde et à la mort, sur le pouvoir d'un homme juste au milieu de la foule, sur ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue, sur les mystères qui dépassent la raison humaine, etc. qui le rendent inépuisable et en font un chef d'œuvre absolu, malgré quelques longueurs.
Bon... Je crois que Tarkovski c'est pas pour moi. Le genre de film qui fait me sentir très con. Trop spé, trop philosophique. J'en retiens tout de même un scène magnifique : le long plan séquence au tout début où le personnage principale plante un arbre mort. Pour la suite il me faut l'explication.
Le dernier film d’Andreï Tarkovski commence sur un plan-séquence de 9 minutes qui filme, la majorité du temps d’assez loin, des personnages discourant lentement. Le reste du Sacrifice sera à l’image de cette ouverture. Il est ainsi difficile de s’intéresser un quelconque instant à ce film si on n’est pas adepte du cinéma de Tarkovski. Un peu moins d’1h50 après le début du film, le protagoniste principal tente de se suicider et on regrette qu’un autre personnage l’en empêche, ce qui nous aurait évité une demi-heure de film. Le seul aspect qui pourra un peu attiser l’attention du spectateur français est la présence de Valérie Mairesse qui ne semble pas avoir tourné en suédois car elle n’est synchro ni en version originale ni en version française. Malgré, comme toujours chez le cinéaste, une visible capacité à offrir de beaux plans, Le Sacrifice, pour le spectateur non adepte de Tarkoski, porte bien son titre.
Film contemplatif et philosophique qui pourrait être classé dans le genre de films de Mallick et même Lynch même si aujourd'hui on pourrait tout à fait lui trouver une filiation avec le "sommeil d'hiver", 30 ans plus tard. L'existence de Dieu ou même notre place sur la terre. Les nombreux signes religieux, y compris le silence quasi monastique font du film une oeuvre à part et poétique.
Le Sacrifice était le dernier des long-métrages de Tarkovski que je n'avais toujours pas vu, c'est un réalisateur exigeant qui demande un effort de son spectateur et certains de ses films m'ont à ma grande surprise pas du tout déplu d'autres m'ont quelques peu ennuyé notamment Le Miroir très abscons. Avec Le Sacrifice je ne savais pas trop si ça me plairait ou pas et je suis mitigé rapidement on est frappé par une belle mise en scène mais aussi par un film qui va sembler bavard et un peu lourd cependant la 1ère heure passe plutôt bien. Puis Tarkovski s'enfonce encore dans un récit hermétique, c'est intéressant comme certains des dialogues des personnages mais je n'ai pas trouvé ce film passionnant à suivre, je crois qu'il aurait du y introduire plus de mystère ; contrairement à Nostalghia (son précèdent film) Le Sacrifice n'a rien de fascinant et m'a laissé de marbre sur la fin.
Ayant bien aimé "Stalker" et à un degré moindre "Andreï Roublev" et voyant les excellentes notes pour ce film, je m'attendais à toute autre chose. Si je n'avais pas tout compris concernant "le miroir", j'avoue ne pas avoir compris grand chose à ce film. Je me suis empressé de lire les critiques pour éclairer ma lanterne et en fait j'ai surtout lu 2 types d'avis. Le premier : "c'est génial, c'est sublissime, c'est le plus grand chef d’œuvre du 7° art", etc... ou le deuxième: "le film le plus difficile d'accès, peu compréhensible, etc... Bref, je n'en sais pas plus ! Par ailleurs, si l'image est souvent très belle, les cadrages impressionnants, le début du film et les dix dernières minutes sont vraiment très bien, le reste est vraiment bien ennuyeux, sans grand intérêt pour devenir complètement incompréhensible. Je ne me suis pas non plus enthousiasmé comme certains à la vue de l'arbre "japonais", rachitique au milieu de la lande.
Dernière réalisation de Tarkovski, "Le Sacrifice" n'échappe pas aux règles du cinéastes. On se retrouve dans une œuvre où la contemplation compte plus que l'action et où le symbolisme compte plus que la narration. Nous voilà donc au cœur d'une île en Suède où un professeur fête son anniversaire avant d'apprendre à la télévision la nouvelle d'une guerre nucléaire mondiale, condamnant l'humanité. Les personnages réagissent alors comme ils peuvent et très vite, la parole devient de trop, ne pouvant rien régler. Comme toujours chez Tarkovski, on se trouve devant un film à la fois beau et chiant. Si l'ambiance de fin du monde qui s'installe est particulièrement soignée, il faut bien reconnaître que l'on ne comprend pas tout à cet univers hermétique qui comporte plusieurs longueurs. On décroche parfois mais dans l'ensemble on reste fascinés. Fascinés par cette proposition de cinéma forte et radicale, composée de longs plans (notamment celui, impressionnant, de la maison qui brûle), on peut que se laisser porter par cette atmosphère lourde et pesante, qui raconte beaucoup mais qui saura en laisser plus d'un froid. C'est du grand cinéma mais il est tellement inaccessible...
Quelques temps avant sa mort, dont je me plais à imaginer que dans un geste mystique qui renforce encore l'empreinte de son cinéma, il avait eu une sorte de prescience, Andreï Tarkovski signait Le Sacrifice, son film testamentaire et dernière pierre d'une filmographie qui décline tant une vision du Monde qu'un meta-discours sur la place que l'Artiste et l'Homme ont à y tenir. Si j'ai été un temps perturbé par ce dernier long-métrage et ses détours satiriques, il faut finalement se rendre compte que les palabres philosophiques et l'hystérie des personnages sont regardés comme des signes de leurs névroses, les symptômes d'un mal que Tarkovski espère guérir par l'art et la spiritualité, et cheminer vers une renaissance symbolisée par l'enfant. Je me plains d'ordinaire, devant les films du maître russe, de ne pas toujours réussir la connexion, de ne pas réussir à m'engouffrer dans le chemin tracé par les images dont il faut emprunter les rigoles, pour que le voyage devienne éminemment subjectif et intimement percutant. Cette fois, j'ai enfin eu le plaisir de réussir cette immersion et de profiter à plein de la maestria picturale de Tarkovski, qui filme ce bout d'île suédoise comme une prison infinie, comme un chez-soi aux dimensions d'un univers dont il a la profondeur. Ce contraste entre intimité et infini céleste qui se lient en l'être humain, que Tarkovski a si souvent trouvé, par exemple en faisant des étendues d'eau un miroir des cieux, sert à nouveau la puissance du long-métrage, qui s'avère par moments tétanisante. Maintenant, j'ai presque trouvé le film un peu trop lisible dans sa narration. Si j'avais été déçu du Miroir parce qu'il m'avait délibérément et complètement perdu, il conservait aussi à ce titre une aura de mystère double, celle des images et celle de l'intention du réalisateur. De doutes sur celle-ci, j'en ai peu (voire pas du tout) à la sortie du Sacrifice, et j'espère que mon avis sur le film n'en pâtira pas sur la durée. Mais après tout, Le Sacrifice était aussi un legs à la clarté nécessaire, et se voir expliquer oralement (comme le film, qui appelle plusieurs fois au silence, le rappelle) un geste spirituel n'est ni le comprendre, ni se mêler réellement au mystère et aux vérités de son accomplissement. Comme le sublime incendie qui vient dépouiller la maison pour en révéler la charpente, Tarkovski revient à l'essentiel et se libère dans le geste d'un démiurge, d'un créateur inégalable qui dépasse le Monde au moment où il le quitte. Dans son Journal, il clamait en tout cas qu'il aurait réussi son pari si son cinéma poussait les gens à aimer le beau, et à le rechercher. C'est chose faite, Andreï, bravo.