Le Sacrifice
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3,8
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72 critiques spectateurs

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Benjamin A

818 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 juin 2015
Au crépuscule de sa vie, et de sa carrière, Andreï Tarkovski observe et surtout écoute le monde qui l'entoure, la nature et l'âme humaine. Il se retire sur une île suédoise, sur invitation d'Ingmar Bergman, pour tourner ce qui sera son testament alors qu'il décédera des suites d'un cancer du poumon peu de temps après, à l'âge de 56 ans. C'est donc ici qu'il met en scène Le Sacrifice, mettant en avant un vieux comédien face à la vie, la mort, la religion et les dilemmes en découlant.

Le Sacrifice regroupe une grande partie des obsessions et thématiques de l'auteur de Solaris, on retrouve à nouveau l'humain confronté à la mort et les péripéties de la vie, mais aussi la religion, les questions spirituelles et les sentiments. Malgré un monde violent, que l'on découvre à travers un média, Tarkovski préfère rester sur l'île qui elle semble innocente et préservée de la mauvaise influence de la nature humaine. Il met son personnage principal face à un lourd dilemme où il va devoir faire preuve de convictions, d'une quête spirituelle et de réflexions.

Toujours d'une grande richesse et justesse d'écriture, c'est à nouveau sublimé par la mise en scène de Tarkovski, donnant une vraie puissance émotionnelle et une atmosphère hypnotique et fascinante à son oeuvre. Il retranscrit très bien tous les thèmes qu'il aborde, notamment sur l'impression du temps qui passe, ce qu'on fait de sa vie et le regard que l'on peut avoir dessus. Toujours de manière contemplative, il sait prendre son temps pour bien mettre en avant les personnages et leurs dilemmes pour mieux en faire ressortir les interrogations et l'atmosphère.

Sans peut-être atteindre la maestria de Solaris, Andreï Roublev ou Nostalghia, Le Sacrifice n'en reste pas moins un magnifique testament pour Tarkovski qui, à nouveau, dévoile tous ses talents. Techniquement parfait, tout comme ses mouvements de caméra, et toujours au service de son atmosphère et de ses thématiques, il nous plonge littéralement dans son oeuvre et dans cette petite île, usant de symbolismes et jouant aussi avec les éléments naturels. Magnifiée par une très belle photographie, les scènes marquantes ne manquent pas et Tarkovski dirige merveilleusement ses acteurs, notamment Erland Josephson.

C'est donc toujours fasciné que j'en termine avec Tarkovski, fasciné par une oeuvre testamentaire puissance où il étudie la spiritualité, la vie ou encore l'âme humaine mais aussi par un auteur qui ne m'a jamais laissé indifférent et m'a totalement emporté avec des films comme Solaris et dont je redonnerais forcément une chance à Stalker et Le Miroir, ses deux œuvres qui m'ont le plus déçu.
LALALALALERE
LALALALALERE

22 abonnés 199 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 7 septembre 2014
Tout Tarkovsky qu'il est, il filme mollement un film à la manière de Bergman avec une histoire grotesque : spoiler: jugez vous même : un vieux qui vit avec un enfant qui vient d'avoir une opération qui l'empêche de parler, voit arriver des gens pour son anniversaire. A la radio on annonce quelque chose qu'on devine être la guerre ou la fin du monde. Tout le monde pique sa crise, le vieux se dit que si ça s'arrange il renoncera à sa famille. Bing : on lui annonce qu'il y a une vieille qui peut arranger les choses comme par magie, il faut aller dormir chez elle. Il s'y rend, elle se fout à poil et ils lévitent (eh oui !) Là dessus il se réveille, tout est arrangé, il n'y a plus de fin du monde. Comme il a fait sa vilaine promesse il met le feu à la baraque. Une ambulance (prévenue par l'opération du Saint Esprit sans doute !) vient le chercher. Fin
Certains crieront au génie. C'est bavard, prétentieux, imprécis, lent et peu clair et le scénario frise le ridicule. Enfin, quand même il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes.
gimliamideselfes

3 451 abonnés 4 018 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 septembre 2014
Je crois que je ne verrai jamais un film de Tarkovski sans m'endormir devant (pas longtemps, juste 5 minutes, mais c'est 5 minutes que je ne verrai jamais).Stalker c'était peut-être le premier vrai grand film que je voyais, et ça date. Mais depuis je n'ai jamais retrouvé ce que j'avais adoré dans Stalker dans les autres films de Tarkovski. J'avais cependant beaucoup aimé Solaris également, mais les autres m'avaient profondément déçu, voir ennuyé.Et le sacrifice est un peu entre les deux. Autant des films comme le Miroir, je regarde ça, ça ne me parle à aucun moment, c'est magnifique, mais je reste totalement en dehors du truc, autant le sacrifice c'est plus compliqué.En fait je connaissais l'histoire avant de voir le film (le docu de Marker disait pas mal de choses) et j'en attendais pas mal de certaines scènes (et même du film en entier). Cependant j'ai l'impression que le film alterne les scènes qui parviennent à me toucher et puis celles où je m'en fous juste.En général je préfère les scènes en extérieur, avec cette valeur de plan, cette plongée, qu'on retrouve justement dans Stalker et le côté plan séquence dont on ne sait jamais quand il va s'arrêter.Si ça ne m'émeut pas forcément non plus, c'est assez grandiose et fascinant.Je pense que le cinéma de Tarkovski est trop sur-travaillé pour moi. J'aime lorsque c'est peut-être moins technique mais que tu sens l'âme des personnages. La technicité ne me fait pas vibrer plus que ça. Du coup en fait j'ai regardé ce film comme j'aurai regardé une peinture splendide mais qui ne me touche pas. C'est le moment où je m'intéresse à la technique (ce dont je me fous dans un film que j'adore vraiment, parce que c'est pas intéressant pour un sous de savoir comment c'est fait, ce qui compte c'est l'émotion qui en résulte).Cependant il a cette fascination, je ne me suis pas ennuyé plus que ça parce que justement j'étais comme hypnotisé par ces mouvements de caméra, cette photographie parfaite (chef op' de Bergman si je ne dis pas de conneries) et je me suis rappelé ce que disais Marker dans le docu, Tarkovski met dans ses plans ses symboles des éléments. Et dans le film du coup a beaucoup beaucoup de terre, d'eau, d'air et on attend le feu. Et là, c'est assez grandiose.En fait il se dégage quelque chose du film qui fait que ça me parle malgré tout, mais d'une façon que je ne saurai pas forcément expliquer, disons qu'on sent que c'est habité, qu'il se passe un truc. Comme il se passait un truc dans la zone de Stalker.Il y a néanmoins une scène qui m'a touché, lorsque le facteur vient lui dire d'aller voir Maria et toute la séquence qui s'en suit. Il y avait ce lien très étroit entre le surnaturel et le vrai tel qu'on peut l'expérimenter dans la vie de tous les jours. Vous savez lorsque l'on arrive pas à dormir, que l'on se fait des promesses à soi-même pour revenir sur un événement en espérant que ça va s'arranger... et puis là une solution miracle semble sortir de nulle part, mais si avec le recul elle est totalement absurde... Il y a quelque chose là.Je pense que c'est un film dont je ne vais pas garder beaucoup de souvenirs, mais dont les bribes que je vais garder vont se bonifier dans mon esprit.
Remlap AruaL
Remlap AruaL

3 abonnés 25 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 août 2013
vu par hasard, ce film continu de me hanter presque un an après! Les plans sont magnifiques et il s'en dégage une puissance impressionnante. Un chef d'oeuvre de mise en scène et d'écriture qui mérite qu'on s'y arrête. à voir et à revoir!
TCovert
TCovert

102 abonnés 383 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 août 2013
Difficile de ne pas penser aux films d'Ingmar Bergman à la vision d'Offret : ça parle suédois, ça se déroule sur une île isolée et il y a Erland Josephson dans le rôle principal. On retrouve également une sobriété musicale et surtout une même ambition métaphysique qui se traduit par un film aux motivations floues, laissant au spectateur une liberté d'interprétation très grande. En revanche Tarkovski n'est pas le même metteur en scène que Bergman, le russe est plus grandiloquent et multiplie les plans séquences dont plusieurs, notamment le dernier, sont assez impressionnants. Toute la partie se déroulant la nuit est en revanche un peu décevante visuellement à cause d'une photographie proche du noir et blanc et légèrement violâtre pas très jolie. Offret est fascinant par moment mais comporte également des passages plus ennuyeux, les interprétations solides des comédiens l'emportent heureusement sur le ton contemplatif et philosophique du film qui évite ainsi un hermétisme fatal.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 juillet 2013
Que dire de ce film ? Que dire de l'oeuvre de Tarkovski dans son ensemble ? Des faits techniques tout d'abord. Sorti en 1986, le sacrifice est le dernier film du réalisateur russe. Tourné en Suède avec des acteurs suédois (Erland Josephson, échappé de chez Bergman, qui avait déjà joué dans le Tarkovski précédent : Nostalghia) et en suédois, sur une île où le grand Bergman a tourné plusieurs de ses films.
Le sacrifice, c'est l'histoire d'un homme, Alexander, et de sa peur. C'est son anniversaire et on annonce à la télévision une catastrophe. Alexander se met à prier, et jure de quitter tout ce qu'il aime si ils se trouvent, lui et sa famille, préservés de la catastrophe. Le lendemain matin, rien ne s'est passé.
La première chose qui frappe dans le film, est la longueur des plans. Le premier, le plus long de tous les films de Tarkovski, dure plus de neuf minutes. Ce procédé ralentit le film, mais lui confère son atmosphère si particulière, entre peur et contemplation.
On retrouve les thèmes habituels de Tarkovski : le mysticisme, qui arrive quand les hommes sont confrontés à l'inconnu ou l'enfance ( le personnage de l'enfant, qui prend toute son importance lors du dernier plan du film ).
Le sacrifice est un film lent et majestueux, beau et troublant, toute l'oeuvre de Tarkovski y est concentrée, jusque dans ce fameux dernier plan (avec l'arbre) qui fait écho au premier plan de son premier film : L'enfance D'Ivan. La boucle est bouclée, donc, et avec tout le génie d'un des grands maîtres du septième art.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 3 juillet 2013
Dernier film du cinéaste russe, "Le Sacrifice" est une sorte de long-métrage testamentaire, de la part de Tarkovski. Décédé quelques mois après la sortie de ce film, Tarkovski renoue avec les thèmes qui lui sont chers, à savoir les questions métaphysiques, spirituelles (notamment liées à la religion) sans oublier la présence d'un symbolisme marqué par les éléments tels que l'eau, l'air, la terre et le feu. Ainsi, pour ce dernier film, Tarkovski nous conte l'histoire d'un écrivain, Alexandre, et de sa famille. Le jour de l'anniversaire du patriarche, ils apprennent qu'un conflit nucléaire vient d'éclater au niveau mondial. La panique envahi la maison tandis que Alexandre sombre petit à petit dans le désespoir, à l'instar d'un Tarkovski mis à l'écart de sa famille et de sa Russie natale. Si "Le Sacrifice" reprend tous les thèmes qui ont fait le cinéma de Tarkovski de "L'Enfance d'Ivan" jusqu'à "Nostalghia", pour les sublimer de par une réalisation méticuleuse et une philosophie profonde, je dois avouer que ce dernier long-métrage du maître russe m'a quelque peu déçu. Du moins, j'ai été moins à l'écoute du discours philosophique tiré ici que par rapport à ses autres films, un peu comme je l'avais été avec "Le Miroir" qui m'avait laissé ce même sentiment. Si le film possède des qualités indéniables, comme ces vingts premières minutes formidables, dans lequel Alexandre discute avec son fils et le facteur, le reste m'a quelque peu laissé sur ma faim. "Le Sacrifice", aussi profond soit-il, ne m'a pas paru comme étant l'une des œuvres les plus abouties du cinéaste. De ce fait, peut-être n'étais-je pas suffisamment préparé à regarder ce "Sacrifice", peut-être suis-je passé complètement à côté du message, peut-être changerais-je d'avis lors d'une prochaine vision? En tout cas, "Le Sacrifice" m'a paru longuet par moment et ne m'a pas envoûté comme me l'avaient fait "Andreï Roublev", "Solaris" ou encore "Stalker", et je m'en veux presque à moi-même de n'avoir certainement pas été totalement plongé dans le film de Tarkovski. Ainsi, je reste quelque peu navré de cette première vision car, si la réalisation est parfaite, je n'ai pas été subjugué cette fois par l'intensité de l'histoire. Quoi qu'il en soit, "Le Sacrifice" reste un parfait exemple de cinéma d'auteur, profond et sensible, qu'il faut à tout prix voir pour se faire une opinion précise.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 13 mai 2013
Que l'on ne me fasse pas le coup du film exigeant : c'est un ersatz de cinéma, un sommet presque caricatural d'imposture intellectuelle. S'il donne des complexes aux gogos, sachez qu'on ne sort plus intelligent de ce film que d'un autre, ni plus sensible à le beauté du Monde. Ce film se passe d'ailleurs dans autre Monde, où la mayonnaise philosophique, entre indicible, doute et confusion mentale, tient lieu de spiritualité. Ce n'est pas du matérialisme, ni du réalisme, qu'il faut nous sauver, mais de Tarkovski. Il fait perdre son temps au spectateur et désoriente une certaine critique, très perméable à la posture devant de tels objets cinématographiques.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 13 mai 2013
Filmé dans un contexte difficile pour Andreï Tarkovski, Le Sacrifice, son œuvre testamentaire, se révèle être d'une densité incroyable par la multitude de thèmes abordés, à contrario de la façon de filmer très épurée. Ce film représente l'aboutissement de son œuvre, car il est la concrétisation de ce pourquoi il c'est dévoué tout le long de sa vie : la recherche de l'art et la place que doit garder la spiritualité et de la prière, c'est à dire au delà du matériel. Tarkovski au delà de cela, passe le flambeau à la nouvelle génération, dédiant le film à son fils et montrant un final qui nous ramène à l'essentiel : l'avenir, avec ce jeune garçon assoupi sous un arbre, mais aussi le commencement avec la fameuse citation finale que je vous laisse grand soin de découvrir. Le Sacrifice c'est cela, mais c'est aussi tellement plus : c'est la place de l'homme éclairé dans la société, c'est le devenir monotone de la vie à cause du matériel, c'est l'importance la méditation, c'est la complexité des rapports humains... C'est évidemment encore tellement plus, car la richesse de ce film est sans égale. Toutes les questions que le film nous pose sont abordées brillamment , avec une mise en scène minimaliste, mais extrêmement méticuleuse, loin de ce que Tarkovski nous à habitué à faire avec Stalker ou Solaris par exemple qui sont bien plus dense en terme de photographie. Cela participe à l'ambiance apocalyptique, qui évoque bien entendu tout comme dans Stalker, la fin d'un monde "pur", remplacé par l'arrivée d'un monde matérialiste. Qui plus est, toute l'action se déroule sur une île, contribuant à cette atmosphère de fin du monde. Au final, avec Le Sacrifice, Tarkovski m'apporte la confirmation qu'il est bien plus qu'un cinéaste, mais aussi un grand penseur, signant ici un nouveau chef d’œuvre ou la réflexion philosophique et la beauté nous font voyager dans un univers poétique mais pessimiste. 5/5
ER  9395
ER 9395

113 abonnés 1 337 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 26 janvier 2013
Très difficile de parler de ce film car je n'ai absolument ressenti aucune émotion devant cette " œuvre d'art "qui est pour moi d'un profond ennui .
Ti Nou

631 abonnés 3 925 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 août 2012
Si la mise en scène minimaliste et extrêmement contemplative contribue à l'ambiance de fin du monde qui ponctue toute une partie du film, elle finit par nuire à la concentration et à provoquer l'ennui. Comme pour "Le miroir" ou "Nostalghia", Tarkovski laisse le propos philosophique prendre le pas sur le récit.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 11 mars 2013
Voici donc ce qu'on peut considérer comme le chef-d’œuvre absolu. Ceux qui n'ont pas aimer ce film sont simplement ceux qui n'ont pas eu le courage et la concentration nécessaires pour entrer dans cette merveille. Du courage et de la concentration, certes il en faut, pour admirer les longs plans et tenter de percer les réflexions métaphysiques d'un Tarkovski exilé et qui se sait proche de la fin. Mais cela vaut la peine de prendre un peu sur soi ; on entre dans un univers sublime, calme, philosophique, dépouillé de tout ce qui n'est pas nécessaire. C'est un film à voir comme une oeuvre d'art, comme une toile de maître qu'on verrait au Musée du Louvre, pas comme un divertissement, pas comme un simple moyen de passer le temps. "Le Sacrifice", je le répète, est sans aucun doute le chef-d’œuvre absolu, l’œuvre qui transcende l'Homme et rend le reste dérisoire. Film à voir absolument, sans aucune excuse, pour toute personne qui prétend ou qui pense aimer le cinéma ; nous atteignons ici les hautes sphères, les hautes cimes de l'art cinématographique.
lorenzo fly
lorenzo fly

33 abonnés 818 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 1 juillet 2012
Andrei Tarkovski est reconnu comme un très grand réalisateur mais je dois dire que j'ai du mal avec ces films. En ce qui concerne "Le sacrifice" je trouve d'abord que le film vieillit mal, les monologues et discussions semblent interminables et la photographie est peu attractive. Les différentes scènes semblent sur joués et le film qui se veut intellectuel est plutôt lourd. Vraiment indigeste pour ma part!!
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 28 mai 2012
Que dire de ce film ... Un tableau pur et simple dans l'univers sombre de Tarkovski.
Film plutôt bien et assez compliqué. A voir pour tout cinéphile !
Arthur Debussy
Arthur Debussy

193 abonnés 777 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 avril 2017
Difficile, impossible même de parler d'un tel film, d'une oeuvre aussi accomplie et bouleversante sans être réducteur. La seule chose à faire est de le regarder, encore et encore! Toutefois je vais me risquer à placer quelques mots - pardonnez mon ton lourd et sentencieux, mais je ne peux évoquer ce film sans me répandre en louanges. «Le Sacrifice» est bien, et de loin, l'un des 2 ou 3 plus grands films de toute l'histoire du cinéma (à mon sens le plus grand), mélange de prière, d'essai philosophique, de testament spirituel, de leg paternel et bien évidemment sommet du 7e art à tous points de vue. Le film de Tarkovski est à la fois d'une simplicité évidente, presque enfantine, et à la fois d'une richesse que deux visionnages ne font qu'effleurer. Une fois de plus Andreï Tarkovski parvient à réaliser un long métrage extrêmement personnel et complètement universel à la fois, à un degré vraiment impressionnant! Par où commencer? Tout d'abord ce qui m'a vraiment frappé c'est son rythme : c'est comme si le film respirait de lui même d'une façon très douce et harmonieuse, contrastant avec le profond écoeurement de Tarkovski pour la dérive de notre monde vers un matérialisme qu'il qualifie lui-même de suicidaire. Son dernier long métrage est une exhortation à aimer l'autre et au don de soi, seul moyen de nous sauver, nous qui courons à notre perte, nous qui ne savons plus ce que signifie le sens du sacrifice. La première fois que je l'avais vu la mise en scène et la photographie m'avaient surpris par leur relative simplicité («Le Sacrifice» est bien différent d'un «Stalker» ou d'un «Andreï Roublev» sur ce point), mais ce que je prenais pour une hypothétique paresse (!), une esthétique excessivement consensuelle pour un tel cinéaste, n'est en réalité que subtilité et délicat équilibre entre maîtrise de la forme et profondeur (et beauté!) du fond. Le degré de maîtrise atteint par Tarkovski laisse sans voix : comment a-t-il fait pour réaliser un film aussi harmonieux et fort à la fois? «Le Sacrifice» est bien évidemment à mettre en parallèle avec la vie, l'engagement de cet immense artiste (et penseur!) que fut Andreï Tarkovski, et en ce sens quel film terriblement émouvant! Pour autant, il s'agit d'une oeuvre qui se suffit à elle-même, qui a son propre rythme (d'une perfection confondante), sa vie propre, ses images magnifiques, sa richesses inépuisable… Oui il s'agit d'un véritable chef-d'oeuvre, au sens premier du terme, de ceux qui semblent venus de nulle part et qui mènent très très loin, qui élèvent l'âme au plus haut! Si vous ne deviez voir qu'un seul film de toute votre vie, je vous conseillerais celui-là. Et si vous ne comprenez rien la première fois, c'est presque normal (ce fut mon cas). Il s'agit d'un film d'accès difficile, mais qui témoigne de sa qualité. Et puis quel bonheur de se perdre dans une telle oeuvre! Rares sont les films à traverser le temps et les visionnages successifs sans perdre de leur substance (on les compte sur les doigts de la main), «Le Sacrifice» y parvient sans peine. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
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