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Patrick Braganti
101 abonnés
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2,0
Publiée le 3 mars 2011
Il faut beaucoup de tact et de délicatesse pour ne pas transformer un tel sujet en une sorte de plaidoyer tire-larmes, à l’émotion facile et convenue. Avouons que Delphine Gleize ne réussit que partiellement à tenir cette gageure, notamment dans la surabondance nuisible des situations hautement symboliques à la résolution prévisible. De la lâche démission du père aux interrogations récurrentes de Romain sur la possibilité ou non de faire un jour l’amour, la réalisatrice multiplie ainsi les moments très lourds, avec un habillage musical ad hoc, comme si elle ne faisait pas confiance à sa thématique, optant pour la surcharge et la fioriture. Ainsi, la scène des adieux, largement annoncée et dont on présuppose à juste titre en quoi elle sera déchirante, semble-t-elle sans cesse ajournée. Et encore elle ne marque pas l’issue du film, auquel est rajouté un épilogue tout aussi mélodramatique, avec l’impression pour le moins désagréable d’un étirement dilatoire. De la même manière, appuyée et volontariste, la cinéaste signifie l’importance des lieux avec comme ligne directrice l’opposition entre l’univers hermétique et aseptisé de l’hôpital – souligné également par la combinaison opaque que doit porter Romain – et l’espace de liberté que constitue une route enneigée ou une grotte souterraine, sans parler de l’escapade bruxelloise, certes sympathique mais peu vraisemblable. Le comédien de Welcome et Mademoiselle Chambon continue à appliquer les mêmes recettes du dur au cœur tendre, au doux regard éploré, bourru et taciturne, mais une grande âme au fond. Au final, La Permission de minuit ne nous apporte guère d’éclairage singulier sur la relation équivoque et profonde reliant un médecin à son jeune patient, dans laquelle le cadre professionnel vole en éclats pour pénétrer la sphère intime des personnages. La dramaturgie croissante qui empile petits et grands événements pour mieux délayer une narration impropre à son autosuffisance emmène le film aux confins d’un aimable téléfilm, esthétique et message compris.
Petit film classique. Scénario relativement "bateau", on aurait aimé plus de profondeur, et on tombe dans une banalité : l'histoire entre le médecin et la jeune malade, les histoires de crise, les histoires d'amour. Certes, mais ça vole pas bien haut, tant le film paraît un peu limite sur la première partie, mais un peu plus humain dans la deuxième partie. Irrégulier.
Vincent Lindon s'est fait une spécialité d'interpréter ce type de rôle à fleur de peau et touchant une thématique sociale (Welcome notamment). Hélas, ici, c'est pas franchement réussi, le film étant très long, inégal et assez ennuyeux. La réalisatrice ne parvient quasiment jamais à insuffler de l'énergie à un récit en berne, léthargique, où les moments d'émotions sont assez rares. Dès que le scénario s'éloigne de l'histoire d'amitié entre le docteur et le garçon, l'ensemble part dans des digressions hospitalières bien faibles au sein d'une intrigue cousue de fil blanc. De manière globale, j'ai trouvé ce film un poil trop sombre, qui ne tombe certes pas dans le pathos mais ne respire pas la joie de vivre non plus. Côté casting, si Quentin Challal et Vincent Lindon ont une bonne complicité et jouent très bien, Emmanuelle Devos m'a déçu, à la fois par son rôle pas terrible et par son interprétation peu inspirée. À l'arrivée, la lenteur générale et un côté trop plombant ont tué la bonne idée de départ d'un film qui ne vaut que pour son duo docteur-patient.
La Permission de minuit (2011) est un drame social (et sociétal) où il est question du syndrome X.P. (Xeroderma Pigmentosum), une maladie rare dont le grand public a sans doute pu en entendre parler sous ce nom : "Les Enfants de la Lune". Cette maladie se caractérise par une très forte sensibilité (et donc, allergie) aux U.V, donc à la lumière du soleil. Obligeant les enfants (l'espérance de vie ne dépasse pas vingt ans) à vivre exclusivement la nuit ou le jour sous une combinaison spécialement conçue qui les couvre de la tête au pied. Alors que nous avions toutes les raisons de nous attendre à un drame pathos et larmoyant sur cette terrible maladie, la réalisatrice a privilégié tout autre chose, se focalisant sur la formidable amitié qui s'est liée entre ce médecin et cet adolescent (quitte à mettre le doute sur leur relation au début du film, est-ce son père ?). Le film nous permet d'en savoir plus sur cette maladie peu connu du grand public, Vincent Lindon & Quentin Challal sont plus que parfaits dans les rôles principaux, touchants et humains à la fois.
1er long-métrage de Delphine Glaize,"la Permission de minuit" possède pas mal de qualités et tout autant de maladresses.Cette maladie orpheline qui caractérise les "enfants de la lune" est atroce.Ils ne peuvent être exposés aux rayons UV,sous peine de peau déliquescente.En clair,pour éviter la lumière du jour,ils doivent toujours porter à l'extérieur un attirail les faisant ressembler à des astronautes.Heureusement,tout pathos est proscrit et Glaize préfère se concentrer sur la relation qui unit l'ado caractériel de 13 ans et le médecin chevronné de 55 ans.Si le jeune Quentin Challah joue à côté de ses pompes,et est même agaçant,Vincent Lindon est encore une fois inarrétable dans la peau d'un héros du quotidien,bouffé par cette relation filiale et son futur départ de l'hôpital.Quel dommage que le film,jamais mélodramatique(c'est une faiblesse pour le coup,car on y perd de la force),s'éloigne parfois de leur relation,pour des considérations plus usuelles:amourette d'ados,conflits entre médecins...En fait,on a du mal à s'attacher à cette histoire,et les moments poétiques sont superflus à mon sens.Mais il y a Lindon et une belle leçon de courage...
Un drame de l’adolescence plutôt bien écrit et interprété avec finesse, loin du désastre de "Carnages", le premier film de la cinéaste. Reste que le traitement télévisuel est plutôt lisse et que l’ensemble manque quelque peu de punch. Vincent Lindon serait-il de surcroit abonné au mélo médical ("Ceux qui restent") et aux rôles de protecteur de jeunes hommes désespérés ("Welcome") ?
Avec « La permission de minuit » Delphine Gleize porte à l’écran une maladie aussi mystérieuse que fascinante la xeroderma pigmentosum ou maladie des enfants de la lune qui empêche ceux qui en sont atteints de s’exposer à la lumière du jour et à toute forme d’éclairage générant de U.V. sous peine de développer immédiatement des tumeurs sur la peau. Mais dans les faits la maladie n’est qu’un prétexte pour montrer à l’écran une histoire d’amitié doublée d’un amour père-fils qui ne disent jamais leurs noms et se camouflent sous la relation patient-médecin. La réalisatrice se sert de la maladie pour explorer d’autre thème comme la transmission, les changements inhérents à la vie, les relations adultes-adolescents. Le film sans être dans le non-dit fait preuve de beaucoup de pudeur dans les sentiments comme dans les relations, le profond attachement entre David et Romain semble évident et plus profond que la relation à caractère médicale avec laquelle ils fonctionnent. Vincent Lindon est comme toujours formidable de justesse et il trouve dans Quentin Challal un partenaire, qui avec le naturel d’un premier rôle, montre avec lui une belle alchimie à l’écran. « La permission de minuit » est donc un film au sujet atypique et aux thèmes forts qui mérite d’être vu pour ceux-ci et pour la belle performance des acteurs.
Le scénario est très convenu et peine même à convaincre tant les relations entre le médecin et l'enfant semblent improbables. Mais pourquoi pas, on a donc une histoire ordinaire d'amitié entre un adulte et un adolescent, la maladie orpheline n'étant qu'un artifice d'originalité sans grand impact. L'investissement encore une fois remarquable de Vincent Lindon n'arrive pas à atténuer la sensation d'ennui qui se dégage de cette oeuvre morne.
Une histoire peu ordinaire dans la vie ordinaire. Aucune scène pathos ou autre larmoyante, la réalisatrice a su trouver le bonne direction et une grande simplicité avec un film épuré au tempo assez lent. Vincent Lindon exploite l'étendu de son talent et sa capacité à se métamorphoser dans chacun de ses rôles.
Bâti sur le thème de la relation quasiment paternelle entre un médecin et son jeune patient atteint d'une maladie rare ("enfant de la Lune"), ce film est intéressant dans son analyse des sentiments. Il est cependant beaucoup trop lent et m'a semblé bien long. La présence d'Emmanuelle Devos m'a rappelé "Ceux qui restent" que j'avais beaucoup mieux aimé, parce qu'il m'avait semblé sonner "plus juste".
Intéressant moment de chaleur humaine entre un médecin et son patient. Où l'on découvre que la dépendance est affective que portée sur la qualité du traitement.
Bof sans plus. A ne pas voir si vous êtes fatigué car c'est plutôt lent. Finalement peu d'émotion. A part quelques plans je n'ai pas trop aimé l'image même si leurs maisons respectives font vraiment envie. Il manque quelque chose même si le sujet est interessant.
Le réalisateur qui s'attaque à ce genre de projet est toujours confronté à un choix cornélien : est-ce que je donne dans le mélo et le pathos, au risque d'un trop plein d'émotion et d'une certaine lourdeur voyeuriste, ou au contraire fais-je le choix de la sobriété et de la retenue, mais au risque de produire à l'arrivée un film estimable mais cliniquement froid ? Ici, c'est la 2e solution qui a été retenue. Et de fait, si on estime ce film, on ne s'y attache pas. Mais Vincent Lindon, pffff, c'est dingue, j'ai l'impression qu'il joue toujours pareil mais ce type arrive sans arrêt à nous surprendre... revers de la médaille avec cet acteur très charismatique, il prend vraiment trop de place (malgré lui sans doute) et laisse bien peu d'espace à ses partenaires.