Nakache et Tolédano réussissent ce qu’ils ont toujours réussis dans leurs films, à mon sens, traiter d’un sujet grave (le handicap et le choc des cultures) avec une légèreté telle qu’ils peuvent faire passer tous les messages. Grace à un scénario (et des dialogues !) de qualité, des interprètes excellents et jamais caricaturaux (enfin, pas trop…), on se retrouve devant une comédie de près de 2h00 qui passe comme un éclair, sans jamais aucun temps mort, sans jamais aucune baisse de régime. Quand je parlais de la qualité des dialogues, c’est en m’appuyant sur l’énorme abattage d’Omar Sy qui enchaine les vannes comme une mitraillette à laquelle il est impossible de résister ! J’ai rarement vu un acteur au rire aussi communicatif, son fou rire dans la scène de l’Opéra m’a amené au bord des larmes. Pour tout dire, ça faisait un sacré bout de temps que je ne n’avais pas autant ri au cinéma, oui, un sacré bout de temps… Et ça fait un bien fou ! Ce serait injuste de ramener la qualité de ce film à la seule interprétation de Cluzet (parfait, comme toujours) et de Sy, sans mentionner la qualité des personnages secondaires, sans mentionner un scénario qui laisse parfois la place à une certaine gravité, sans mentionner quelques scènes visuellement très belles, comme celle des parachutes. Un tout petit bémol au milieu de ce concert de louange, le film fait un ou deux dérapages contrôlés vers une certaine facilité et manipule un peu maladroitement quelques clichés (le coup du tableau de Driss, notamment…) mais ce ne sont que quelques tous petits dérapages… Alors, comme le film marche vraiment très fort, on commence à lire ici ou là quelques critiques bien méchantes, reprochant à « Intouchables » une certaine abondance de bons sentiments. Certes, il ya beaucoup de beaux sentiments dans ce film, ce serait idiot de ne pas le reconnaitre, mais là où certains y voient un défaut, moi j’y vois surtout une justification de son succès. Ce ne sont pas des « bons » sentiments, ce sont des « beaux » sentiments, parce qu’il n’y a pas la moindre trace de pathos et mièvre dans ce film !