C'est véritablement dommage de gâcher un film qui partait sur les bases solides d'un très grand livre et d'un budget à la hauteur. Mais pourquoi ces choix de scénario qui ne font qu'enfoncer des portes ouvertes ? Le film se disperse dans la surexplication à travers des scènes qui n'existent pas dans le livre (celles avec le négociateur et le général allemand). Ca ne serait pas grave - les adaptations s'éloignent souvent beaucoup de la matière initiale - si on ne coupait pas stupidement des scènes de combats parmi les plus fortes émotionnellement, juste pour plonger le spectateur quelques secondes dans le contexte de la signature de l'armistice et qui n'ont strictement aucun intérêt en terme ne narration... sinon de montrer l'insensibilité de Foch aux arguments humanistes du négociateur allemand... Et on enfonce encore le clou sur le thème des officiers supérieurs dégueulasses qui envoient la piétaille à la boucherie avec le général allemand qui spoiler: envoie ses troupes à l'assaut jusqu'au 11/11 à 11h , on a connu plus subtil et crédible spoiler: (un régiment de soldats totalement démoralisés d'une armée en déroute, qui sont au courant de l'abdication de l'empereur, de l'armistice, qui savent qu'ils peuvent sortir vivants d'un véritable enfer, obéissent à l'ordre d'attaquer une tranchée... ils n'ont pas tous des fusils et des grenades pour faire la peau au type sur le balcon ? Sérieux ?) Et il n'y a pas que cette fin qui montre les incompréhensibles lacunes du scénario, en particulier spoiler: des paysans français de la zone occupée qui osent tirer sur des soldats allemands aguerris... . Ce manque d'un minimum de sérieux se poursuit jusqu'à la toute fin avec un texte défilant qui nous dit que les armées se sont retranchées en 1914 et que la ligne de front n'a presque pas bougé jusqu'au 11 novembre 1918... sauf qu'en 1918 il y a eu la grande offensive allemande, suivie de la contre-attaque des alliés qui ont repris tout le territoire français d'avant guerre (rappelons que l'Alsace/Moselle était allemande avant 1914) et une partie de la Belgique... et que 3 millions de soldats ont été tués - curieuse totalisation -, sauf que ça représente à peine les pertes de l'armée allemande et autrichienne, et que si on intègre les français, anglais, russes et autres, on approche des 10 millions. Côté scénario, on passera aussi sur l'absence de chapitres très importants du livre qui racontent le retour en permission de Paul dans sa famille... c'est vrai que des sujets tels que le traumatisme, l'incapacité de raconter l'indescriptible, ne sont pas intéressants... Mais malgré ces critiques acerbes, cette nouvelle adaptation présente des qualités visuelles indéniables. La guerre et toutes les horreurs vécues par ces soldats est montrée avec réalisme sans édulcorer sa représentation de l'indicible, il est d'autant plus dommage que les scénaristes se soient égarés.
La photographie est sublime. Ces images trop léchées donnent selon moi un aspect irréel à ce conflit qui peine à rendre compte de la violence et de l’horreur de la guerre.
De plus, ce film n’apporte rien au genre. C’est un film de guerre qui ne trouve pas sa singularité. Les procédés du genre sont toujours les mêmes : plans-séquences, pov, … Seul le bande son se démarque et le fait de vivre la guerre depuis le camp allemand est assez intérressant.
Le film s’essouffle un peu, les personnages sonnent parfois un peu creux, le non-sens et l’absurdité de la guerre se ressent très bien, mais l'impact politique (propagande, nationalisme,...) est à mon goût trop délaissé.
Enfin, il est vraiment regrettable de ne pas pouvoir profiter de ce film dans les salles obscures. C’est selon moi un film qui s’apprécierait, se sublimerait et prendrait sens dans une salle de cinéma.
Cela reste un film utile de par son apport historique et le devoir de mémoire. Il est agréable à regarder pour sa poésie, son jeu d’acteur, son atroce beauté et sa brillante mise en scène de l’humanité dans la déshumanisation.
Plutôt déçu par ce film 1/ très loin du livre 2/ déconnecté de la réalité (surtout l'attaque du dernier jour) 3/ le personnage principal qui a une fin plus qu'improbable
Bref j'ai préféré son ancienne version. Beaucoup plus proche du livre
Bon remake, avec ce point de vue germanique si particulier. Visuellement, c'est impeccable. Sur le reste, la réalisation pâtit de quelques lenteurs. Un plus pour le chauvinisme français : pour une fois, nous ne passons pas pour des lâches ou des faibles dans un film étranger, mais pour le danger. Le film atteint tout de même son objectif comme le livre (et grosso modo toutes les oeuvres liées à cette folle guerre) : nous montrer l'infinie tristesse et l'inexplicable futilité de ces guerres.
Une pépite ! Ce film est un chef d'œuvre. Je pourrais déblatérer des heures sur ce qui m'a plu, mais regardez le et je vous promets que c'est le meilleur film du genre que j'ai été amené à voir.
Une excellente surprise, un film qui nous montre la première guerre mondiale, ce qui n'est pas courant, et de plus côté Allemand. L'on y démontre toute l'absurdité et la cruauté de la guerre, où l'Homme n'est plus que chair à canon aux yeux de ses supérieurs. Mais on y voit surtout le point de vue du soldat au fond de sa tranchée avec son humanité, quel que soit son camp.
Pour apprécier le film à sa juste valeur il vaut bien comprendre les motivations qui ont poussé le réalisateur Edward Berger à porter cette œuvre à l’écran. Le film n’a pas pour vocation à être un documentaire sur la Grande Guerre mais un formidable message pacifiste, dans la même veine que l’œuvre de Remarque. Les historiens du dimanche seront certainement déçus mais ceux qui aiment le cinéma pour ce qu’il est – un art – comprendront la beauté du film, son importance et son originalité qui vient en partie du fait qu’il s’agisse d’une production Allemande.
Il est vrai qu’en France, notre esprit Cartésien nous pousse à aimer l’histoire pour tout ce qu’elle a de plus ennuyant et on s’attarde trop souvent sur la chronologie des évènements, la reconstitution qu’il en est fait, les chiffres, la véracité et la mesure du propos. Demandez à des guides de voyages étrangers, ils vous diront que les Français sont toujours ceux qui posent le plus de questions a vous glacer le sang : « à quelle date ça s’est passé ? Qui a tiré le premier ? Combien de soldats ? » Si c’est ce que vous cherchez passez votre chemin, le film en appel aux émotions. Alors de grâce débrancher un instant votre cerveau et regardez ce film avec votre cœur pour en tirer la quintessence et ressentir un instant – si tant est que cela soit possible depuis son canapé – ce que subirent ces millions de gens qui partirent au front. Les images sont sombres, brutales, sans concession dans la retranscription des horreurs de la Première Guerre Mondiale. La bande son raisonne sans relâche comme le bruit sourd des usines a obus. Toute la technique est au service de l’immersion et des émotions qui en découlent.
Plus encore – et c’est la toute l’originalité du film – on guette dans ce vacarme le soubresaut d’une vague d’héroïsme ou de patriotisme qui viendrait ternir le propos. Lorsque des soldats Allemands capturent une tranchée Française façon Call of Duty, on se dit, ça y est, il s’agit d’un énième film de guerre Hollywoodien empreint d’héroïsme. Le doute ne dure qu’un instant des lors qu’un convoi de chars fonce sur la tranchée anéantir les maigres progrès de l’infanterie. Ces monstres de métal, délibérément gigantesques, rappellent étrangement l’Elephant Celebes, peinture de l’artiste Allemand Max Ernst et ancien soldat du Reich, qui aura survécu à cette guerre et en sortira avec les mêmes traumatismes que Remarque. Cette scène – comme bien d’autres à travers le film - met en exergue l’absurdité d’une guerre ou le soldat n’est que bien peut de chose, ou tout instant de bravoure n’est finalement qu’instinct de survie avant la prochaine souffrance.
Il aura donc fallu un film Allemand pour nous rappeler que l’écrasante majorité des soldats de la Grande Guerre accueillirent l’Armistice non pas avec le sentiment du devoir accompli mais celui d’avoir été le témoin d’une folie qui – espéraient ils – ne se reproduirait jamais. Un tel film n’aurait pu être produit que par l’Allemagne ou la France, tant les deux pays partagent le même souvenir traumatique de cette guerre – a quand d’ailleurs une adaptation d’un Voyage au bout de la nuit ? De part et d’autre du Rhin nous ne parlons jamais de victoire ni de defaite mais toujours d’armistice, de paix, d’hommage aux soldats – inconnus d’ailleurs – de la honte de nos dirigeants pour nous avoir entrainer là-dedans. Qui oserait prononcer le mot de victoire après une telle boucherie ? Trop souvent malheureusement nos amis Britanniques, Américains ou Russes se plaisent à exalter le patriotisme et un chimérique héroïsme de guerre dans leurs productions cinématographiques. Il fait bon de voir un film de guerre sans héros autre que la paix.
Très belle réalisation et un acteur principal époustouflant. Un réalisme des tranchées réussi. Une bande son immersive et profonde très contemporaine sans crée d'anachronisme avec le décor.