David Lynch souhaitait que le spectateur aille le voir sans rien en connaître avant;il n'acceptait de ne dire qu'une chose:"C'est la victoire de l'esprit sur la matière".Reste à savoir si elle est réelle ou illusoire;pas très difficile de trancher.
Avis aux esprits barjots qui aiment s'exploser le cerveau devant des films d'illuminés : "Eraserhead" est fait pour vous ! Premier long-métrage signé de la plume de l'immense David Lynch, ce "Midnight Movie" laisse aujourd'hui comme hier laisser planer un vent de liberté plus que réjouissant permettant de s'éloigner des conventions du moment. Ne cherchez pas à travers ce film à y voir quelque chose de véritablement construit : il ne possède peu ou pas d'intrigue, pas de rebondissements, presque pas de dialogues... Il n'a pas de rythme réellement élaboré et se fiche royalement de ce que vous en penserez... Finalement, on peut le voir comme une succession de scènes décalées jouissives mêlant (déjà !) rêves et fantasmes à un univers sombre et violent où règnent des folies en tout genre. Dimension fantastique mais surtout surréaliste pour cet essai assez allumé proposant en outre une habile critique de la société de consommation (et j'avoue que de réussir à placer cela aussi explicitement dans un délire si particulier, c'est très fort !). Nous retiendrons avant toute autre chose les superbes qualités graphiques d'un opéra visuel et sonore (énorme travail sur ce fameux son) déjanté et choc laissant apparaître de nombreuses images de notre inconscient. Toute la thématique Lynchéenne est d'ailleurs présente, qu'elle soit psychologique voire philosophique. Bref, l'homme est pourri, réduit à un état animal dans ce trip incorrect et fascinant qui ne laissera pas grand-monde indifférent. Vous risquez selon votre mentalité d'adorer ou détester : pour moi, la première catégorie me désigne clairement, simple spectateur que je suis aimant prendre mon pied devant des oeuvres bizarres donnant une impression de jamais-vu. C'est tout à fait le cas de cet "Eraserhead" qui, s'il n'est peut-être pas mon Lynch préféré (pour le moment) n'en demeure pas moins une expérience unique à ressentir au moins une fois dans sa vie de cinéphile. Un très bon premier passage derrière la caméra.
Que dire??? c'est indescriptible, c'est un film qui cultive le paradoxe. Entre obscurité et lumière, entre le glauque a la limite du morbide et l'esthétique, entre l'angoisse et la sérénité... en fait j'ai longuement hésité entre mettre 2 étoiles comme beaucoup parce qu'il est difficile de le noter. mais j'ai choisi de mettre 4 étoiles tout simplement parce que s'il est possible d'adorer comme de détester, il n'est pas possible de réellement critiquer ce film. En fait la seule chose que l'on peut dire c'est Regardez le et faites vous vous même votre opinion. Mais que vous aimiez ou pas, il ne pourra vous laisser indifférent (à condition de le regarder vmt jusqu'au bout!) enfin vraiment incroyable...
Eraserhead n'a pas pour but de vous raconter une histoire mais plutot de vous procurer des émotions.Un peu à la maniere d'un tableau il utilise abondemment les symboles et les signes tout en gardant une trame (cela reste un film) bien que celle-ci soit largement implicite et tres peu suggérée. Paradoxalement le film semble avoir été créé dans le but que le spectateur n'ait pas envie de continuer à regarder ce qu'il voit ,ce qui pour un film est un comble. Cependant ,ce qu'il nous fait ressentir est si fort, que cela vaut le coup de supporter son malaise jusqu'au bout. Finalement ce film ne trouve que rarement son publique ,c'est à dire ceux qui louent massivement des films d'horreur à chaque fois plus gores mais qui ne les satisfont jamais,là pour le coup ils trouveraient leur maitre.
Je viens de voir ce film il y a quelques heures, et comme tout être humain à peu près normal, je suis... frappé, interloqué, estomaqué. Ce film est clairement le plus fort émotionnellement parlant, le plus puissant qu'il m'ait été donné de voir.
Eraserhead constitue une expérience à part entière, un modèle d'esthétisme glauque et dérangeant. Tout contribue à mettre en scène cette ambiance particulière que je n'avais jamais ressenti auparavant : aussi bien le noir et blanc, la bande-son plus qu'oppressante, l'intrigue (si l'on peut dire) quasi absente, d'une lenteur pesante, les situations cauchemardesques (je pense surtout aux 25 dernières minutes), les très rares dialogues, le jeu minimaliste (et donc terrifiant) de la poignée d'acteurs présente ? La folie du film est presque communicative, on se remet en question, on souffre presque, on doute. Je le répète, c'est la première fois qu'un film m'a fait autant d'effet. Cependant un problème se pose : bien évidemment, il ne faut pas essayer de comprendre, d'expliquer ce film, mais de le vivre comme un véritable cauchemar éveillé, de ressentir. C'est un fait. Mais où veut nous emmener Lynch ? Quel est son but, à part nous faire vivre une expérience cinématographique encore inédite ? Veut-il montrer une vision hyper-pessimiste d'un monde de plus en plus individualiste ? Explorer les psychoses humaines ? Sans doute un peu de tout ça, mais on ne peut en être parfaitement certains. Eraserhead reste une prestation trop rare dans le monde du 7e art. C'est une pièce d'art brute et sombre, cauchemardesque, qui nous renvoie en nous-même. Je ne qualifierais pas ce film de chef-d'oeuvre, mais il reste une oeuvre totalement à part, à découvrir, à vivre.
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4,0
Publiée le 26 janvier 2012
David Lynch a mis cinq ans avant de se lancer dans le dèjantè "Eraserhead / Labyrinth Man" et cinq autres annèes ont ètè nècessaires pour accoucher de ce premier long-mètrage, film culte par excellence! il faut dire qu'au dèpart l'auteur de "Mulholland Drive" ne se destine pas au cinèma mais à la peinture et qu'il a eu recours à la camèra pour donner un plus à son art graphique! En fait Lynch ne dèbute la production qu'en 1972, avec une bourse de cinq mille dollars offerte par l'American film Institute où il a, entre-temps, ètudiè le 7ème art! Le tournage dans des locaux dèserts de l'AFI est interrompu quand l'organisme comprend que c'est un long mètrage que prèpare Lynch, contraint alors de devenir marchand de journaux et de squatter clandestinement son plateau de tournage s'il veut poursuivre (par intermittence) ses dèlires pelliculaires en perpètuelle mutation (l'idèe du petit thèâtre dans le radiateur de la chambre du hèros ne lui viendra qua tardivement). Film ètrange et inclassable qui ne cesse de fasciner par son caractère insolite, "Eraserhead / Labyrinth Man" doit beaucoup à la l'incroyable prestation de Jack Nance, acteur fètiche du metteur en scène qui incarne le père hirsute du monstrueux foetus (les coups de ciseaux qu'il subit dans le final sont hallucinants avec la prècision d'un maître du scalpel). Un comèdien fantastique qui poursuivra une carrière sans èclats avant de dècèder en 1996 d'une crise cardiaque dans l'indiffèrence gènèrale! Unique...
L'un des premiers Lynch et unique en son genre. Lost Highway et Mulholland Dr. ne sont pas à la portée de tout le monde, mais Eraserhead va beaucoup plus loin dans l'expérimental. Le dialogue est très rare (il tient sur une page voire une demi-page). Tout est dans les mouvements, les images et la saleté de la situation. Eraserhead n'est sans doute pas un film, mais plutôt un recoin reculé du cerveau de Lynch. Ce dernier disait souvent que lorsqu'une idée germait dans son cerveau, il s'empressait de la noter. Eraserhead est une succession d'idées et demande de gratter la surface de façon minutieuse. Comme quoi il y a plus d'une façon de raconter la même histoire...
Lynch va le plus loin possible dans l’expérimental, le non conventionnel sans tomber dans la gratuité et l’ennui. Il est l’un des très rares sachant aussi bien créer un climat d’irréalité, de totale inquiétante étrangeté. A chercher des sources d’inspiration je verrais bien le théâtre de l’absurde (Beckett, Ionesco… surtout dans la séquence du repas de famille), la peinture surréaliste et bien sur le freudisme (le saignement évoquant les règles du poulet). J’ai le sentiment qu’il évoque la face cauchemardesque d’un univers puritain et industrialisé. Il y a enfin une angoisse, voire une horreur de l’enfantement particulièrement oppressante. Je ne recommanderais pas ce film à des femmes enceintes…
Je n'ai absolument rien compris à cette leçon de cinéma made by Lynch, les plans en noir et blanc se succèdent lentement, les acteurs déambulent, leur mimiques, personnalités resteront gravé à jamais dans ma mémoire. Ce film ne m'a pas plus, ni déplu il m'a juste marqué profondément de par se justesse, la réalisation est encore une fois parfaite (normal c'est lynch) je ne cherche plus à comprendre, pourquoi vouloir comprendre quelque chose d'aussi beau, alors qu'on pourrait juste l'admirer et faire travailler son imagination !
Je tiens déjà à dire aux rationnels de s’abstenir… Je vois énormément de personnes dire qu’elles n’ont pas compris. Pas compris quoi ? Les films de Lynch font souvent appel aux sens, à notre imagination. Ils s’interprètent différemment selon les gens et se ressentent plus qu’ils ne s’expliquent. Eraserhead fait partie de ces films, qui à la manière d’INLAND EMPIRE, demandent au spectateur de se laisser aller, de plonger dans ce cauchemar éveillé. L’expérience peut mettre mal à l’aise, cela va sans dire… Pour l’histoire : Jack Nance, pilier du film et magnifique acteur, mène une vie insignifiante et glauque dans une zone industrielle grisâtre, sombre et triste (qui plaira aux amateurs ses ambiances Simenoniennes et Kafkaïennes). Lui semble attardé, et sa « femme » complètement folle et sinistre. Elle appartient à une famille tordue (la grand-mère immobile, le père stupide, la mère très bizarre et les chiots couinant avec tout ce monde là !). S’ajoute à cela le bébé monstre qui les enfonce un peu plus dans le néant. On peut alors voir tout se qui se trame dans le cerveau de Jack jusqu’au dénouement final. Chaque image du film est magnifique, on pourrait presque mettre pause à chaque fois pour profiter de ces tableaux Lynchiens ! Le son est aussi dément et contribue en grande partie à la réussite de ce film. Un petit bijou, qui nous laisse sur le carreau…
Un film incroyable extrèmement profond réalisé d'une caméra de maitre avec des acteurs incroyables (Jack Nance est époustouflant). Un de mes film préféré qui est peut être très bizarre mais offre une expérience cinématographique inédite. Ce film ne m'a pas fait peur mais c'est le genre de film qui vous poursuit, vous hante et qui vous obsède pour que vous n'ayez qu'un seul souhait: le revoir pour mieux le comprendre. C'est un des films qui devrait être remboursé par la sécurité sociale pour que tout le monde puisse les voir: demandez conseil à votre médecin.