Une fois encore F. Leon de Aranoa nous surprend avec un scénario très original s’intéressant à la population immigrée de Madrid néo-clandestine, et leur effort pour s’intégrer dans la société civile occidentale. Cinq ans après le très réussi et plus abouti « Princesas », qui abordait le thème de la prostitution, ici on est face à une immigrée péruvienne, qui vit avec son petite cercle de compatriotes, de la vente de fleurs, déjà bien fatiguées, par un réseau de vendeuses ambulantes.
Mais celle-ci a besoin de ressources plus fiable pour aider son conjoint à consolider son business de fleurs .Elle entrera au service d’un vieil homme , Celso Bugallo ( très bon acteur de second rôle , qui avait eu un Goya en 2004 ) comme aide à domicile .Le film ,quoique de fibre social, n ‘est jamais triste , toujours beaucoup d’humour un peu caustique , la marque de fabrique de Aranoa , de la distanciation aussi , des dialogues savoureux , très bien écrits , souvent très profonds, sur le sens de la vie, le bien-fondé de la civilisation moderne, sur les différences. On pourrait rattacher son cinéma à l’ école italienne de la comédie sociale, : Risi et Comencini mais avec plus de subtilité et de finesse.
Cette jeune immigrée, très modeste, voudra essayer de sauvegarder son « poste », contre vents et marée.
Un scénario très bien écrit, avec beaucoup de rebondissements et de surprises. Un double twist final exceptionnel, tellement inattendu (l’arroseur arrosé), qui amène une fin pleine de dignité, d’humanité et d’espérance .
Bien sûr, très belle interprétation de la péruvienne Magaly Solier, qui porte le film sur ces épaules, toute en intériorité et en subtilité. Actrice reconnue, récompensée par plusieurs prix d’interprétation, mais aussi « star » de la chanson péruvienne , dans son pays, en langue « Quechua ».