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fasskinder
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3,5
Publiée le 26 février 2011
Un film fort passionnant, digne d'un Ettore Scola ou d'un Fassbinder... ce qui est très rare dans le cinéma contémporain, donc à ne pas rater ! J'avais bcp aimé aussi le film précedent du réalisateur, on y retrouve les mêmes thématiques et ambiances très originales... à suivre !!!
Compañero ? Pablo Larraín mêle tragédie, humour noir et onirisme en reliant une tranche de vie de Mario (Alfredo Castro) à l’Histoire du Chili quand son pays natal bascule vers la dictature. Ce qui surprend d’abord dans Santiago 73, post mortem est le rôle attribué à Mario : un simple « fonctionnaire » comme il se décrit sobrement. Mario est bien plus spectateur qu’acteur de sa vie tant professionnelle que familiale. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/festivals/travelling/2023-2/#S73
Pablo Larrain dresse ainsi le portrait d’un homme fade et effacé que la situation à l’extérieur de chez lui ne concerne pas, y compris lorsqu’il est recruté par l’armée au sein de l’hôpital. L’étrangeté de Mario à lui-même et surtout au monde qui l’entoure, hormis Nancy sur laquelle il jette son dévolu parce qu’elle est avant tout sa voisine, est suggérée par l’utilisation du hors-champ et le recours à une bande-son soignée et suggestive. Tout ce qui se joue d’important (conversations ou décisions) est filmé à la marge ou juste saisi au second plan. Alfredo Castro, acteur-fétiche du réalisateur, sorte de combinaison entre Jean-Pierre Léaud et Michel Houellebecq, livre une interprétation remarquable, singularisée par la rareté des dialogues et l’absence quasi-totale d’expressivité corporelle. Grâce à un énorme travail formel (le choix de cadrages qui fragmentent les corps et de plans fixes, dont l’ultime est une merveille) et sur la lumière, pâle et froide, déréalisant un peu plus l’environnement, le film donne l’impression de s’inventer au fur et à mesure à l’aune du comportement sans discernement ni esprit critique de son héros. De la manœuvre de séduction à la confrontation avec la réalité, c’est une sensation d’abstraction qui prédomine. Lorsque les soldats apparaissent, ils ressemblent à des silhouettes irréelles, figées comme des statues dans un décor de théâtre, dont d’ailleurs, Santiago 73, Post Mortem emprunte à plusieurs reprises les codes. Nous approchons souvent de l’absurde et du kafkaïen comme la scène d’anthologie où Mario est bien en peine de consigner le rapport d’autopsie sur la machine électrique sans mesurer le moment historique qu’il vit. Mais il est vrai qu’il représente dans son immobilisme médiocre et sa personnalité terne l’homme docile acceptant sans états d’âme de prêter main forte à tous les tortionnaires et despotes de la terre. Ce qui rend le film d’autant plus glaçant et terrifiant, sans aucun effet appuyé, cultivant un certain humour noir, créant au contraire une ambiance ouatée et cotonneuse, donc trompeuse, comme un songe agréable dont on sait pourtant qu’il n’est que le symptôme du plus palpable cauchemar.
Santiago 73 marque une nouvelle plongée de Pablo Larraín dans l’Histoire chilienne, mais cette fois, il se penche sur les jours sombres qui précèdent le coup d’État militaire de 1973. Avec une sobriété élégante, le film délaisse les figures politiques pour se concentrer sur des anonymes, témoins silencieux d’un monde sur le point de basculer.
Chaque scène, chaque silence, semble chargé d’un poids invisible. Le quotidien devient une tension permanente, où le banal – un repas, un trajet, une manifestation – annonce la tragédie. Larraín capture cette atmosphère oppressante avec un sens du détail qui touche à l’intime.
À travers ses personnages, Larrain montre les failles des divisions idéologiques, et la distance entre les élites politiques et le peuple. Larrain évite la glorification et adopte une perspective critique sur les deux camps, rendant le film plus réaliste et poignant.
Pourtant, derrière la beauté formelle, le film peine à se renouveler. Les motifs se répètent, les tensions s’étirent, et le récit tourne parfois à vide. Si la désillusion politique et les idéaux brisés sont traités avec nuance, ils finissent par étouffer sous un symbolisme un peu trop appuyé.
Avec Santiago 73, Pablo Larrafn continue d'explorer I'Histoire chilienne avec son style caractéristique, mêlant subtilité esthétique et gravité thématique. Larrain, connu pour sa capacité à humaniser I'Histoire, évite les récits grandiloquents ou didactiques, pour se centre sur l'intime.
Ce film sur les conséquences du coup d'état d’Augusto Pinochet sur un citoyen chilien lambda ne reflète à aucun moment la situation historique que semble pourtant dénoncer Lorrain. Le choix de ce personnage n’ayant aucune importance dans la vie politique du pays s’avère en cela une erreur scénaristique injustifiable. Mais, en plus de cette absence d'intérêt historique et d'engagement politique, la photographie glaçante créant une atmosphère dérangeante, les jeux d'acteurs très limités et surtout le rythme aussi mort que les cadavres que l'on voit se faire déchirer font de ce film une source d'ennui consternante.
Un film froid et dérangeant. Le spectacle est désagréable mais la complexité des personnages tient en haleine. Le message critique que veut faire passer le réalisateur à propos de la dictature chilienne est reçu : un pays malade et ravagé par les tueries.
Ceux qui ont vu Tony Manero, le précédent et excellent film de Pablo Larrain, ne seront pas surpris par Santiago 73, Post Mortem. Il y règne le même climat sordide et ambigu avec un personnage central inquiétant dont on doute de la santé mentale. Sauf que le réalisateur chilien pousse le bouchon de la radicalité encore plus loin, dans une lumière blafarde qui baigne tout le film, glauque au possible. Le putsch de Pinochet n'est pas le sujet de Santiago 73, mais ses effets collatéraux sur la vie de quelques citoyens de la ville. Le cadavérique Mario, joué par Alfredo Castro, traverse le film comme un zombie, plus mort que les défunts qu'il côtoie à la morgue. Belle ambiance ! Agé de 35 ans, chouchou des festivals, Pablo Larrain est présenté comme le petit génie du cinéma latino américain. Certes, il est talentueux, mais il ne faudrait pas qu'il s'enferre dans un style sépulcral qui finira bien, tôt ou tard, par laisser. Cela a d'ailleurs commencé avec ce Santiago 73.
Dans la filmographie de Pablo Larraín, il y a une parenté évidente, stylistique et thématique, entre ce film et Tony Manero. Côté esthétique : image “sale”, lumière glauque, mouvements de caméra chaotiques ou plans fixes étirés en longueur. Côté thématique : un arrière-plan politique (coup d’État ou dictature) qui influe sur le comportement du personnage principal (interprété dans les deux films par Alfredo Castro), véritable caisse de résonance des horreurs du contexte sociopolitique. Si Tony Manero est un marginal, Mario est bien intégré dans la société (avec un statut de fonctionnaire), mais tous deux sont gagnés par une folie meurtrière. Il n’y a rien de plaisant dans ce cinéma-là. C’est dur, froid et noir. Mais l’impact est fort dans la dimension réaliste de représentation d’une misère humaine, d’une violence politique et sociale, et dans la dimension symbolique de certaines scènes, notamment la dernière (où la séquestration et la dissimulation font écho à la privation de liberté d’un pays et à mille et un crimes cachés). On regrettera quand même l’aspect monolithique de la réalisation (cette constance dans la laideur) et on pourra questionner l’équilibre scénaristique entre drame amoureux et drame historique.
Hyper chiant et péjorativement lent. Oui car il y a des films avec des lenteurs, comme ceux de Lars Von Trier ou certains Kubrick, mais où la lenteur est bonne. Ici, c'est une lenteur minable. Très peu d'allusions au contexte politique, film dépressif ... franchement, Costa Gavras et Ken Loach font bien mieux que ça !
Si j'avais à faire un film sur le putsh de 73.... je prends Alan Rickman dans le rôle de Pinochet et De Niro dans le rôle d'Allende, et un film avec une vraie histoire politique, dramatique et dérangeante ! Pas un sous-amateurisme larmoyant à deux balles.
Tout l'intérêt de ce film réside dans le personnage de Mario ; portrait dressé en 1h30 au milieu des événements historiques cruellement importants qui se jouent alors au Chili ( faut-il le rappeler l'année 73 marque la mort de Salvador Allende et la prise de pouvoir du dictateur Pinochet ) .. Ainsi Mario est un être profondément immobile, indifférent et d'une placidité parfois effrayante. Mêlé malgré lui à une réalité historique violente et mouvementé, son comportement demeure régulier en toutes circonstances.. Mario est l'homme qui vit à côté de tout, Mario n'a pas d'existence sociale et sentimentale, il est profondément seul, il se masturbe, il mange, il dort, il travaille. Dans ce sens, l'acteur est d'ailleurs merveilleux et incarne à la perfection son personnage, un espèce de débris vivant robotisé incapable d'éprouver autre chose que des jouissances biologiques.. Quelques scènes sont d'ailleurs révélatrice, toujours à la frontière entre réalité froide et humour noir cinglant ; - Lorsque Mario doit taper la rapport d'autopsie de Salvador Allende ; il n'y parvient pas et son échec prend alors une importance bien supérieure à la mort de l'homme politique. Ce décalage, cette dérision est quelque chose que l'on retrouve tout au long du film.. Malgré tout, il faut noter que Mario agit, bien plus par une indifférence poussée que par conviction certes, mais il agit et se montre 'humain' ( si le terme peut prendre le sens qu'on lui donne ) .. Il sauve un chien, il sauve un homme, il veut aider sa voisine.. La fin, extraordinairement symptomatique, est une sorte de résumé ; Mario entasse, Mario oublie, impavide et résigné, Mario n'a pas conscience du mal ou du bien. On le sent bien, il est né malgré lui, il vit malgré lui et ses actes ne sont pas ses actes, seulement ils ont leur influence propre qu'il n'est pas capable de percevoir. Cette porte qui se ferme n'ouvre aucun autre avenir, cette porte qui se ferme est associée à l'avenir de Mario. D'ailleurs se ferme t-elle ou refuse t-elle de s'ouvrir ?
Evoquer un fait historique par des voies détournées peut s’avérer malin et perspicace, à condition que l’histoire développée ainsi que ses protagonistes présentent un intérêt certain. Ce n’est vraiment pas le cas avec « Santiago 73, Post Mortem », fiction qui plombe le pauvre spectateur dès les premières minutes de projection ; celui-ci ne sortira de sa torpeur qu’une fois la salle rallumée. En effet, dur dur de s’intéresser à ce médiocre qui s’amourache d’une danseuse de cabaret de troisième zone afin de dénoncer son irréversible assimilation au fascisme ambiant qui se propage dans le pays. Nous ne sommes pas aidés : des acteurs caverneux, des situations et des dialogues grotesques, une mise en scène Propofol, de nombreux plans de dissection de cadavres (depuis « Vénus Noire », le spectateur est désormais aguerri à ce genre d’images), mais rien n'y fait, on s’emm… Distanciation, froideur clinique : n’est pas Haneke ou Bresson qui veut. Seul le chef op’ trouve grâce à mes yeux pour ce prétentieux naufrage pseudo-intellectuel.
C'est l'histoire d'un célibataire qui dactylographie les rapports des médecins légistes, et qui a des problèmes avec le sexe et les femmes. Il est amoureux de la voisine d'en face qui doit être strip-teaseuse. Le coup d'Etat de Santiago du Chili passe par là et il soit s'adapter à cette nouvelle situation. Filmé d'une manière très détachée, lente et précise. Correct au niveau réalisation, le récit s'étire en longueur, avec des séquences parfois incompréhensibles sinon inutiles (scène de pleurs, scène de lit, de restaurant). Le peu de dialogue et la durée des séquences donnent au film un style étrange mais prenant. Bon point de vue sur la répression des militaires lors du coup d'Etat à Santiago en 1973. Néanmoins, un certain ennui s'installe car il y a peu d'action et les relations que le personnage principal entretient avec sa voisine sont incompréhensibles, et la fin paraît aberrante. Film d'une noirceur extrême.
Mario, dépressif chilien qui se fout de tout, de son boulot de ce qui se passe dehors, de lui même... il se raccroche à sa voisine, espérant que cette dernière ne lui offre autre chose que sa dépression... oui elle aussi... ce film est mortel. Mis à part qu'il poussera certains de nos compatriotes au savoureux sport de l'intellectualisation outrancière, j'en suis sortis vide.
un plan de 3 minutes sur un oeuf qui frit, de longs silences sur des visages ternes... bref on en sort lessivé, prostré... un film qu'auraient pu faire les avant gardes autrichiens des années 70...