Ah la la coupe est un excellent film français, on y critique le monde du football au niveau des supporters opportunistes et les magouilles qui s’y trouvent, le personnage est attachant, les dialogues sont bien trouvés, le casting est bon, le film est marquant. Je vous le conseille fortement
Le film commence par une fête, moment collectif où on oublie les normes pendant un court temps. Dès cette première scène, on date le film dans les années 70 mais aussi un caractère académique dans la photographie. L'après-fête à l'odeur de la pelouse mouillée, de la sueur des travailleurs: Annaud va droit au but en se servant du sport comme d'un prétexte à cette satire. Il n'y aura pas de démonstration de football parlant car techniquement parlant ce n'est pas du grand niveau sportif. Si les sportifs sont sur le banc de touche, les notables sont les joueurs ; François Perrin commente le match dans la première partie du film, puis dans la seconde, arbitre le match : il siffle et met des cartons jaunes et rouges aux bourgeois de Trincamp. En sortant du stade, pardon du cinéma, je sifflote la mélodie de Pierre Bachelet, je me remémore le voyage africain de François Perrin, ses acrobaties et puis le fameux dîner ouvrant le grand spectacle. Il s'agit d'une sacrée satire sociale, qui reste d'actualité, dommage que le film oublie de sublimer le moment sportif.
Une pancarte surplombant le stade indique Larousse. Nature et animaux. Ou comment la bestialité s’avère être la seule réponse possible à l’injustice humaine, le seul moyen adéquat pour essuyer un affront et reconquérir, tant bien que mal et paradoxalement, une forme de dignité humaine. Il est passionnant de constater à quel point la thématique du glissement culture/nature obsède Jean-Jacques Annaud si bien qu'elle se retrouve dans chacune de ses œuvres ; l’occasion de faire entendre ce cri primal enfoui au plus profond de l’être et qui ne demande qu’à sortir. Le réalisateur choisit le milieu sportif comme microcosme représentatif de l’hypocrisie sociale et change son incroyable histoire en récit de vengeance tantôt burlesque tantôt glaçant, ces deux dimensions s’entremêlant à de nombreuses reprises pour faire voler en éclats les barrières morales de bienséance bien plus sournoises que les comportements qu’elles sont censé proscrire. Il y a ici une lutte des classes doublée d’une lutte de l’individu marginal face au groupe : la montée en puissance, les retournements scénaristiques, tout sonne juste malgré la constante dissonance morale. Notre héros – ou anti-héros – s’apparente, devant l’hôtel bien nommé, à Napoléon et à son coup d’Etat après une chute sur l’île d’Elbe : il joue si bien le jeu social qu’il est capable de le dépasser et d’imposer sa loi. Voici venir le justicier solitaire et peu loquace au son du sifflement (Pierre Bachelet devenu entre-temps Ennio Morricone), engagé malgré lui dans un véritable western sportif. Annaud s’amuse à sans cesse désamorcer ses effets, construisant un vaste crescendo pour mieux l’achever en pétard mouillé. Surtout, il capte la réalité du football mieux que personne, son caractère magnifiquement populaire, ses assemblées dans les bars, ses galères, ses cars accidentés, ses supporters. En refusant d’esthétiser à outrance le football lors des séquences de match, Jean-Jacques Annaud restitue un savoir-vivre et un art à part entière aujourd’hui en voie de disparition. Il peint une chronique douce-amère – voire très amère – d’un sport rongé par les intérêts d’un tiers enrichi, mais animé d’une âme qui vibre malgré tout sous le maillot des fidèles. Coup de cœur.
Portrait au vitriol de l'humaine nature. Film à montrer dans toutes les maternités pour que les nouveaux nés sachent où ils débarquent... (lol) "Le primate" tient sa revanche... Quel chef d'oeuvre !!!
‘’ Coup de tête ‘’ ou le tragi-comique dans toute sa splendeur… Patrick Dewaere incarne François Perrin, un pauvre type calomnié à tort et à travers par les habitants de sa commune, Trincamp, et qui, profitant de son succès impromptu, va semer la zizanie dans la bourgade. C’est une comédie à la fois aigre et amusante. D’une part, on ne peut que rire des déboires de l’équipe de football locale. D’autre part, on sent monter l’inquiétude face au personnage de Perrin, imprévisible et réellement angoissant. Dewaere interprète (une fois de plus) un rôle assez sombre qui sied hélas à son violent mal-être mais n’altère nullement son immense talent. Sans omettre la légèreté, ‘’ Coup de tête ‘’ fait partie de ces films qu’il faut voir pour comprendre l’homme. Et rire un bon coup de sa perfidie.
Bonne surprise. Déjà j'adore Dewaere donc j'étais bien parti... Et puis le scenar est super malin, on pense aux comédies italiennes bien acerbes des années 70. Un film sur le monde du foot et de l'aberration de son star-system. Bon y a quand même un ptit coup de vieux dans la forme (la musique, le montage...) mais pour le fond c'est à voir quand même !
1979 est une année charnière dans la carrière de Patrick Dewaere. Euphorique voir fou dans "Série Noire", c'est ici un laissé-pour-compte du système qui va le renverser à sa merci. Un personnage à la Patrick Dewaere, forcément, c'est à dire une énergie inépuisable, un personnage en marge qui s'assume comme tel, respectant les codes à condition qu'ils vont en sa faveur. Un sale caractère qui lui permet d'être pugnace, d'être le vrai gentil, celui érigé en héros. Il est coquin, vicelard, mais toujours honnête. Il teste les limites de son environnement, parfois avec fracas, souvent avec brio.
Une bonne équipe qui compose ce film,Francis Veber au scénario,Pierre Bachelet à la musique,César du meilleur acteur dans un second rôle pour Jean Bouise,Jean-Jacques Annaud à la réalisation. Une pléiade de grands acteurs dont certains issus du doublage entourent Patrick Dewaere incarnant François Perrin qui perd tout au début y compris son honneur,trainer dans la boue,sali,emprisonné voit une occasion de prendre sa revanche et découvre une face du sport où règne le dictat de l'image,de l'argent,de la corruption,des pots de vins hypocrites et ne tombe pas dans le panneau en faisant tout pour ne pas joueur le jeu des sponsors et autres en les prenant à contre-courant et en essayant de les humilier à leurs propres jeux. Car le football n'est pas qu'une affaire de ballon et c'est cet homme seul qui a tout perdu qui va donner une leçon à tout ce petit monde et atteindre son but.
"Coup de tête" est un long métrage bien singulier dans la filmographie de Jean-Jacques Annaud puisque l'histoire ne s'inscrit pas,cette fois, dans un quelconque cadre historique mais bien dans le présent (du moins le présent du tournage). Ce deuxième film du réalisateur semble avoir été écrit pour Patrick Dewaere tellement ce dernier crève l'écran. Son personnage est d'ailleurs le seul à avoir du relief contrairement aux rôles secondaires sétéotypés. L'intrigue mélange légèreté (ça reste une comédie) et gravité (avec une dénonciation de la corruption et de l'impact du football dans notre société). Rien de bien profond non plus mais on passe un bon moment.
Excellente comédie, le milieu du football en toile de fond sert bien cette satyre sociale plutôt bien écrite par Veber, les seconds rôles sont tous savoureux et biens campés par de solides comédiens, Dewaere est juste génial dans un rôle fait pour lui , il est géant encore une fois , naturel dans tout les plans , il est à fond dans son personnage en restant naturel c est ce que j'aimais en ce comédien trop tôt disparu Une belle réalisation , et Veber en écriture pour les autres il était génial ! Annaud nous signera d autres œuvres dans le futur ce film est prenant à souhait