Amour
Note moyenne
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693 critiques spectateurs

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Yves G.

1 858 abonnés 4 067 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 février 2013
Je suis sorti du cinéma avec des sentiments ambivalents.
J'ai évidemment été traumatisé par l'impitoyable description de la lente déchéance de cette vieille femme soignée par son mari aimant. Elle m'a d'autant plus touché que j'y ai pressenti le déclin inéluctable de mes parents, de ma femme, de moi-même face auquel je n'ai pas de réponse.
J'ai bien sûr été impressionné par la maîtrise formelle de Hanneke, réalisateur multi-palmé en passe d'être panthéonisé de son vivant. La rigueur de ses plans fixes, le phrasé des dialogues, magnifié par l'élégance des voix de Jean-Louis Trintignant et d'Emmanuelle Riva, portent le film à un degré d'exigence rarement atteint.
Pourtant, j'ai eu la désagréable impression d'être pris en otage. Comme dans "Funny games" (où on regarde pendant plus d'1h30 la torture sadique d'une famille par deux sauvageons), Hanneke nous enferme dans un lieu clos avec l'interdiction d'en sortir. La scène introductive nous annonce déjà le dénouement dans toute son horreur et nous prive de la moindre lueur d'espérance. Le spectateur est pris au piège d'un récit inéluctable et assiste impuissant à une lente descente vers la mort.
QuelquesFilms.fr

360 abonnés 1 770 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 décembre 2013
La vieillesse, la maladie, le dépérissement physique et moral, toutes les humiliations que la vie peut infliger lorsqu'elle s'éteint petit à petit, mais aussi le lien, le partage et l'amour qui se renforcent au sein d'un couple confronté à cette extrémité... On a rarement vu pareille tranche de vie à l'écran, du moins traitée ainsi, exclusivement, frontalement. Sur ce sujet "peu cinématographique", assurément pas commercial, décadent, déplaisant, renvoyant à tout un chacun une image possible de sa propre fin, les réalisateurs ne se sont jamais précipités. On comprend. Michael Haneke, lui, n'a jamais eu peur de faire des choix radicaux. C'est cette radicalité qui fascine. Et qui inquiète aussi toujours un peu, tant les films du cinéaste autrichien sont des épreuves pour le spectateur...
Haneke aborde ce sujet de la fin de vie avec sa rigueur, son souci de vérité, son refus de plaire habituels. Mais il dépouille ici son drame comme jamais (à l'exception peut-être de Funny Games). Quasi-huis clos. Peu de personnages secondaires. Pas un geste, pas un mot en trop (y compris dans le titre). Haneke a taillé dans le gras pour toucher l'essentiel. Il atteint ici une simplicité remarquable, fruit d'une précision extrême. Son film est une sorte de "drame de chambre", saisi dans ce qu'il a de commun et de terrible à la fois. Le réalisateur fait sentir le poids des jours, le repli volontaire face au monde, la mort au travail. Fidèle à son style, il brosse un tableau froid en surface, sans pathos, mais traversé de chocs souterrains. Ça nous remue en profondeur, comme toujours. Mais il y a dans ce film quelque chose en plus. Quelque chose qui touche, qui bouleverse, qui déchire, sans qu'il soit nécessaire de convoquer des pulsions monstrueuses, barbares, destructrices ou autodestructrices, comme Haneke avait l'habitude de le faire auparavant. Sans parler d'empathie (le regard est toujours distancié), on trouve dans cet Amour un mélange nouveau de dureté et de pudeur, de crudité et de délicatesse. Le réalisme se teinte également de petites touches d'évasion dans l'imaginaire (superbe fin) qui ouvrent une autre dimension. C'est probablement tout cela qui fait la force et la beauté de cette oeuvre, auxquelles contribue grandement le jeu des acteurs principaux, Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva, tout en retenue et en mesure, parfaitement accordé, excellent dans un registre éprouvant. Des acteurs qui servent des dialogues d'une justesse sans faille et d'une belle qualité littéraire.
Kilian Dayer
Kilian Dayer

130 abonnés 838 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 mars 2013
Michael Haneke est un bien curieux cinéaste qui a la particularité de creuser là où personne ne pose même les pieds, ici dans les méandres du troisième âge avancé. Le réalisateur possède aussi la faculté de s’attirer les louanges des jurys de festivals, Cannes lui ayant discerné la Palme d’or, justement pour Amour, faisant suite au Ruban Blanc. Oui, l’autrichien aime la France, le cinéma français et ses interprètes et ressort ici d’un tiroir le grand Jean-Louis Trintignant et la très sobre Emmanuelle Riva pour composer une fable douloureuse sur l’amour qui unit des personnes en fin de cycle, les vieux couples à l’aurore de leur longue vie à deux. Georges et Anne, les deux personnages d’Haneke, sont de ceux-là, bourgeois, passionnés, cultivés, mais finalement rattrapés par la sénilité, la maladie et finalement la séparation. Oui, chronique, donc, d’une fin de vie qui signifie dans le même temps, fin de la vie du conjoint.

Haneke épure ses plans, ne se contentant comme décor que d’un appartement vieillot des quartiers chics de Paris, aux tapisseries passées, aux couleurs ternes et à l’ambiance austère. Les deux amoureux, dont on ne précise pas l’âge avancé, y vivent sans promesses d’avenir, si ce n’est une décrépitude de leurs moyens, ce qui arrive et qui verra le mari confronter à devoir voir sa femme dépérir. La joie de vivre, le bonheur, laissent place à l’inquiétude, la malaise et un profond ressentiment pour la raison humaine, vivre pour mieux mourir. Le mari assume seul la souffrance de sa bien-aimée, décidera du traitement qu’elle doit subir, prendra lui-même en charge les tâches ingrates qui lui incombent, s’excluant du monde extérieur pour ne plus qu’exister dans les murs de leur appartement, dépeint comme le dernier lieu de vie d’un couple à l’histoire chargé de souvenir.

Malgré tout ça, ce n’est finalement que très peu ému que j’ai terminé de contempler l’œuvre du cinéaste auréolé qu’est Haneke. Respectueux envers les deux acteurs principaux, excellents sur toute la ligne, l’on pourra reprocher à Haneke de ne traiter que les passages qui l’intéressent, enfilant les séquences sans trop de sympathique pour un public mis devant le fait accompli. Le réalisateur laisse même l’impression d’avoir parfois laissé tourner sa caméra et jouer ses acteurs tout en étant parti s’enfiler son apéro journalier. Bref, s’il touche avec un sujet dur et sensible car concernant systématiquement chacun d’entre nous, il s’éloigne de son sujet pour ne paraître plus qu’un voyeur, mais cela est sans doute la clef de son succès, son non parti pris. C’est donc pour moi un réalisateur curieux et distant qui met en scène une fabuleuse fin d’histoire d’amour.

Amour est donc un film majeur, ne crachons pas dessus, loin d’Hollywood, loin des standards européens, unique en son genre, en somme. Il s’agira pourtant de se laisser porter histoire de ne pas s’ennuyer ferme deux heure durant devant un sujet que beaucoup préfèrerai de pas trop évoquer, leur éventuel futur douloureux. Oui, malgré tous ses talents, Haneke est finalement le maître du malaise, en référence au Ruban Blanc, mais aussi à l’énorme Funny Games, retournant les boyaux, la bile et toutes les organes internes devant un spectacle qui nous glace le sang aussi sûrement que l’hiver refroidi le climat. Oui, si je parle d’œuvre passée du cinéaste c’est pour finalement dire qu’Amour n’est pas son meilleur film, qu’il est beau mais qu’il ne m’a tout simplement pas fait vivre le cauchemar escompté. Dommage mais je comprends l’attrait du public et de la presse pour le film. 12/20
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 16 mai 2013
Au risque de passer par un ignorant....une lourder épouvantable
! Je pense que ca été le film le plus ennuyeux que j'ai jamais vu!
Plume231

4 414 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 janvier 2013
Ce qui est bien avec Michael Haneke, c'est que l'on sait que ça va pas être facile et gai. Et en effet c'est pas facile et c'est pas gai. C'est pas facile car la forme est exigeante : l'action se résume quasi-totalement à un seul lieu, un appartement, et la technique est une suite de plan-séquences d'une durée assez conséquente. C'est pas gai car le sujet où règnent la vieillesse et la mort n'a pas à l'être évidemment, ce qui n'empêche pas que c'est beau et qu'on se surprend même souvent à être ému. Il ne pouvait pas en être autrement avec comme thème l'amour montré comme une force face au réalisme du quotidien, thème universel et porteur d'émotion par excellence. Jean-Louis Trintignant et surtout Emmanuelle Riva, dans un rôle qui a dû être difficile et éprouvant, sont en plus admirables. Une expérience qui vaut le coup d'être vécue.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 26 octobre 2012
Ennuyant. Loooooong à dormir. C'est du théâtre filmé qu'un bon film (qui ne méritait certainement pas la palme d'or). Haneke nous sort les grosses ficelles (appartement vieillot pour couple de vieux , électricité pas aux normes pour couple loin de la normalité, Huppert en hystero dépressive hyper sensible). Et puis faire faire des cascades à Trintignant boiteux et des courses poursuites hollywoodiennes avec des pigeons (d'ailleurs j'ai pas compris le symbole s'il y en avait un...)
c'est franchement trop !.
Alisson G
Alisson G

25 abonnés 235 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 6 mars 2013
A ne pas mettre entre toutes les mains. C'est trèèèèès long, très peu de dialogues, aucune action, ambiance glauque et... vraiment bizarre. Assez ennuyeux au final.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 21 octobre 2012
Quel coup de maître ! Haneke mérite amplement sa Palme D’or ! A la fin du film régnait un silence d’or que personne ne voulait briser excepté bien sûr par des applaudissements car il n’y a que comme ça que l’on peut exprimer notre ressenti pour le film, il est très difficile de parler après l’avoir vu, on préfère le méditer seul dans son coin. Le film est d’un réalisme sans égal et nous touche tous au plus profond. Je défie quiquonque de ne pas pleurer ! Tout est expliqué et suggéré par les images, par des plans séquences filmés avec une souplesse et une douceur légendaire, sans jamais touché au pathos. Aucune musique ne surplombe le film, étouffe la fusion des deux voix d’Emmanuelle Riva et de Jean Louis Trintignant. Ces deux voix qui chuchotent, qui crient, qui discutent, qui chantent, qui ne disent rien… Le huit clôt nous fait entrer petit à petit dans le rythme de ce couple de quinquagénaire sans jamais nous étouffer, et ceci jusqu’au plan final. Tandis qu’Emmanuelle Riva semble disparaitre peu à peu du film, nous encaissons les souffrances de George, et les plans en présence d’Anne nous assènent à chaque fois un coup de grâce. Ceci par l’amour qui se dégage du couple, toute cette puissance qui émane, tous ces efforts qu’ils font pour rester unis quoi qu’il en coute, pour surmonter les peines et les souffrances. Cependant on est pas dupe, tout comme George le spectateur souffre à chaque minutes passées avec Anne, on a plus envie de la voir, on a honte pour elle, on a pitié de son impuissance et de sa dépendance, on en a assez, on veut que ça se termine ! Et les vingt dernières minutes ( minutes très symbolique ) nous touchent au plus profond de nos entrailles mais de manière paradoxale on se sent soulager. Vous l’aurez compris Amour est un grand film, un des films les plus réalistes de l’histoire du cinéma, même un documentaire n’aurait pas pu être aussi réaliste. Haneke a tout compris aux sentiments humains , il sait comment les mettre en forme et comment préparer le spectateur à les ressentir. Le fait d’avoir choisi Jean Louis Trintignant et Emmanuelle Riva n’est pas un hasard, seul eux deux auraient pu interpréter ces rôles et surtout nous marquer à ce point-là. Le duo est tellement extraordinaire qu’il restera à jamais dans l’histoire du cinéma et j’en remercie Haneke de nous l’avoir créé. Dans notre cœur de cinéphile nous nous rappellerons de leur court instant d’amour à l’écran, court mais éternel. Il y aurait tellement de chose à dire encore sur le film .... Amour est un grand film sur la vie, sur l’amour, sur l’homme tout simplement… Il est difficile de ne pas être touché au moins une fois dans le film, à moins d’être un robot.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 7 juillet 2012
Fidèle à son penchant naturel pour le morbide(on l'avait oublié avec "Le Rubanc Blanc" qui est en quelque sorte transcendé par une mise en scène magistrale,même si on n'oublie de dire qu'il a tout piqué à l'"Effi Briest" de Fassbinder),Haneke nous pond un film assez indigeste.Sur le même thème,J.Schnabel("Le Scaphandre..")nous avait émerveillé:quand est-ce que les réalisateurs vont enfin comprendre que le cinéma est une sublimation ou une mise en abîme du réel(en quelque sorte une version lyrique de la vie) et non un calque exempt de sentiment(le sentiment est par essence lyrique)?!!
titicaca120

434 abonnés 2 179 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 novembre 2012
Trintignant et Riva jouent merveilleusement bien là il n'y a aucun doute.
par contre j'ai trouvé le film long,certaines scènes interminables.
l'amour est là bien sur et on comprend le désarroi de cette femme cultivée et pleine d'intelligence quand elle se retrouve si diminuée,si impotente.
son mari,digne,mais âgé fait tout pour la soulager mais il comprend très vite que tous ses efforts seront vains.
certaines séquences sont magnifiques de justesse.
enfin je suis assez partagé,mais je voulais le voir.
ned123
ned123

212 abonnés 1 769 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 octobre 2013
J'ai vu un film... qui nous noue, nous prend aux tripes et m'a totalement bouleversé... Alors bien sûr, on pourrait dire, "c'est trop çi", "c'est trop ça"... Mais c'est surtout des situations justes de la réactions des hommes face à la déchéance et à la maladie de l'être aimé... Et personne n'est préparé à cela... Et c'est ce qu'on sent et ressent dans la prestation d'exception de Jean-Louis Trintignant et d'Emmanuelle Riva... Les scènes sont longues, intenses, alors qu'elles ne soulignent que l'impasse du quotidien... Elles donnent une force incroyable aux propos. L'absence de musique -hors champs- appuie également cette "nouvelle" relation de huis-clos qui se joue entre le mari et la femme... On est littéralement submergé par la tension, l'émotion, et la force extrême de ce film est de nous mettre en lieu et place -selon son âge- des protagonistes... Par ailleurs, et c'est la force d'Haneke, ce n'est pas un documentaire, il y a des ressorts narratifs forts, avec un début-fin qui nous montre la dimension inéluctable de l'histoire qui va se dérouler, avec sa part de mystère... Certaines transitions sont époustouflantes et démontre, s'il le fallait encore, la totale maîtrise de son sujet par Haneke... Il ose montrer pour la première fois, avec une telle force et une telle sensibilité la fin inéluctable d'une vie... Une très grande leçon de cinéma, une très grande leçon de vie...
halou
halou

155 abonnés 1 532 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mars 2013
Huis clos saisissant par sa force qu'il dégage malgré sa froideur apparente. Le couple effectue tout le travail dans un film à la réalisation épuré qui rebutera beaucoup de spectateurs malgré les réflexions qu'il soulève.
ocelot
ocelot

31 abonnés 927 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 janvier 2013
Agréablement surpris par ce film ! Je m'attendais à m'endormir dans la salle et... pas du tout. Très bonnes performances d'acteurs (surtout à leur âge) ! A voir !
Nicolas L.
Nicolas L.

120 abonnés 2 091 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 février 2018
ça m'a beaucoup fait penser à Cris et chuchotement de Bergman. Un film magnifique sans sentimentalisme ni émotions faciles et pourtant le sujet s'y pretait énormément !! La mise en scène tout en justesse et les deux acteurs troublants d'humanité. Palme d'or, césars et oscars mérités.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 12 mars 2013
Jean-Louis Trintignant et Emmanuel Riva (avec une mention spéciale que je ne voudrais pas rendre injuste, mais sincère à Emmanuelle Riva) sont absolument prodigieux.
Le sujet est à la fois d'une cruauté et d'une banalité terrible : la maladie, ce prélude à la mort chez certains d'entre nous et à coup sûr passé un certain âge.
On pourra peut-être trouver la mise en scène froide, tout comme les relations - pudiques - entre les deux aimants, mais l'esthétique d'Haneke n'est pas celle d'un Fellini... et si on accepte de se laisser porter par les timbres de voix du couple Riva / Trintignant, on touche à une forme de justesse douloureuse et lumineuse d'un adieu où le rénoncement n'est pas uniquement celui à la vie (c'est à dire à une forme de temps terrestre), mais à toutes les émotions qui sont la nature même de notre humanité comme un ultime sacrifice d'une condition qui a le malheur de se connaître mortelle.
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