Je suis plutôt un fan du cinéma de Paul Thomas Anderson (dont j’ai vu tous les films à l’exception notable de son premier), le voir à la réalisation, ainsi que la critique élogieuse qui accompagnait sa sortie, la présence au casting de Joaquin Phoenix, un acteur rarement décevant et enfin une bande annonce intrigante, m’avait fait me réjouir de voir ce nouveau long-métrage. Et là, ouaouh ! Quelque immense déception ! Non seulement je n’ai pas aimé le film, mais cela a carrément été une torture de le regarder jusqu’à la fin. Je ne comprenais pas comment le réalisateur qui avait si bien réussi à scénariser ces précédents longs-métrages, avait pu commettre ce récit confus, abscons et parfois grotesque, bref pénible à regarder et à comprendre. Et là, au générique de fin, apparaît l’explication : “basé sur le roman de Thomas Pynchon”. Et la lumière fut ! Tous ceux qui, comme moi, ont un jour lu un roman de cet auteur américain comprendront (même sans avoir vu le film), ce que j’ai ressenti devant ce long-métrage. Je n’aimais pas la littérature de cet auteur, que je trouve insupportable à lire, Paul Thomas Anderson, m’a prouvé que mis en images ses romans restent toujours aussi pénibles et, en ce qui me concerne, sans intérêt, hormis pour les adeptes prétentieux de la masturbation intellectuelle. Du coup formellement, je n’ai rien à reprocher au film dont la lumière, les couleurs et la réalisation sont toujours aussi intéressantes et belles, mais elles habillent une histoire inintéressante et pour tout dire particulièrement pénible à suivre. Pour résumer, la réalisation d’Anderson est toujours aussi créative, malheureusement le sujet qu’il a choisi est loin, bien loin de fournir un récit un tant soit peu attrayant et seul les acharnés des oeuvres foutraques (où ils ne comprennent pas nécessairement quelque chose) ou les fans de l’écrivain trouveront quelque chose à sauver de cet harassant salmigondis cinématographique. Pour ma part, cela a été une torture de plus de deux heures que je ne peux en conscience recommander, tout au plus laisser chacun se faire sa propre idée.