Pour son deuxième long métrage en tant que réalisateur, l'acteur anglais Paddy Considine plonge tête la première dans ce que l'on appelle vulgairement "le film social anglais". TYRANNOSAUR, c'est le prolongement nihiliste de son court métrage DOG ALTOGETHER, court métrage peu sympathique dans lequel on devinait déjà l'attirance du cinéaste pour la glauquerie. Pour son dernier film, Considine obéit au cahier des charges du film social britannique: pillave, scènes de pub, bagarres, viols, larmichettes et gnons dans la tronche des femmes font bien leurs apparitions. Dès les premières minutes, le héros du film, complètement torché, sort d'un pub et passe ses nerfs sur son joli chien en lui brisant les côtes avec ses rangers. Etalé sur le sol, le toutou ne bouge plus. Une petite musique tristounette se fait entendre. Le héros, se rendant compte de sa bêtise, s'agenouille auprès de son meilleur ami. Il est en larme, il vient de tuer son pote poilu à cause de l'alcool parce qu'il va pas bien dans sa tête. S'ensuit un plan large dans lequel on voit l'assassin du chien carresser lentement le duvet soyeux du canidé en pleurant. Cette scène d'ouverture résume à elle seule TYRANNOSAUR. Un film aux scènes chocs souffrant d'une mise en scène aux effets trop appuyés, qui finissent par décrédibiliser le propos.Tout ceci est d'autant plus rageant que les acteurs du film sont parfaits. L'immense Peter Mullan campe avec brio les alcoolos déglingués et violents. Son charisme est dévastateur mais le malheureux doit se coltiner des dialogues clichetonneux la plupart du temps. Il s'en sort avec les honneurs malgré tout. Quand à Olivia Colman, cette dernière réussit sublimement à attirer la compassion du spectateur. Il faut dire qu'en se faisant pisser dessus, violée, tabassée et insultée par son mari, l'empathie n'est pas difficile.TYRANNOSAUR, c'est le petit film anglais qui a fait pas mal de buzz l'année dernière dans plusieurs festivals. Les jurés aiment couvrir de prix ces longs métrages montrant toujours la Grande Bretagne comme un pays peuplé de poivrots qui tabassent leur femme. Avec ses bondieuseries mal placées et le thème incontournable de la redemption, TYRANNOSAUR à fait son petit effet chez les cinéphiles. Le film n'est rien de moins qu'une complil' de scènes larmoyantes et violentes, le tout capté avec maladresse par un cinéaste débutant. N'est pas Stephen Frears ou Ken Loach qui veut.