Une Séparation
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Sebi Spilbeurg
Sebi Spilbeurg

93 abonnés 1 005 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 février 2014
Succès surprise en France, affichant au box-office de 2011 plus d’un million d’entrées. Plusieurs récompenses, tels que le César et l’Oscar du meilleur film étranger. Une presse unanime à son sujet. Il n’y a pas à dire : le cinquième long-métrage d’Asghar Farhadi a grandement fait parler de lui. Au point de devenir en un rien de temps l’un de ces films qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie. Pour quelles raisons ? C’est ce que nous allons ici découvrir !

Sur une histoire originale de Farhadi, Une séparation se place à Téhéran, lorsqu’un couple plutôt aisé se retrouve en pleine rupture. Un point de départ hautement classique qui va pourtant entraîner diverses conséquences qui vont bouleverser des vies. Déjà, cette séparation va forcer le patriarche familial, Nader, à engager une femme (d’un milieu bien plus modeste) pour s’occuper de son père, atteint de la maladie d’Alzheimer. Seulement, elle cache qu’elle est enceinte. D’où ses plaintes d’un travail qu’elle juge plutôt dur pour elle. Et puis, quand Nader retrouve son paternel en mauvaise posture, en l’absence de son employée, c’est la goutte qui fait déborder le vase ! Il la vire violemment, apportant à la femme comme séquelle la perte de son enfant (fausse couche). Dès lors, la femme se lance dans une procédure pénale, attaquant Nader en justice pour meurtre.

Voilà ce qu’est Une séparation. Un film qui use d’une base scénaristique mille fois vue au cinéma pour finalement nous emmener vers un drame d’une ampleur émotionnelle rarement atteinte. Qui a la brillante idée de ne jamais choisir son camp (entre Nader et la femme, bien que le film se concentre bien plus sur la famille de Nader). Et tout cela grâce à un effet scénaristique, une ellipse, placée comme il faut dans la trame. Nous permettant d’adhérer à la vérité de chaque personnage pour nous permettre de découvrir le mensonge que chacun tente de cacher à leurs proches (Nader ignorait-il vraiment que son employée était enceinte ? Cette dernière n’a-t-elle pas mentie sur la perte de son bébé ?). Des petites questions qui prennent forme au fur et à mesure que le récit avance, nous empêchant ainsi de prendre partie et donc de nous intéresser à chacun des personnages, grandement travaillés. Il faut dire aussi que niveau interprétation, nous sommes servis ! Les comédiens arrivant à donner suffisamment d’humanité et de naturel pour que les protagonistes prennent vie sans difficulté. Nous donnant l’impressionnant d’avoir de véritables personnes en face de nous, et non les fruits d’une histoire de fiction.

Une séparation, c’est également le portrait que dresse Farhadi de l’Iran. Et dès lors, le titre Une séparation prend une toute autre ampleur ! Car il n’est plus question de divorce, de couple qui se morcelle. Mais plutôt d’un pays qu’est partagé. Notamment à l’échelle sociétale, où Téhéran est le théâtre d’une fracture inévitable entre les riches et les pauvres. Les plus aisés (Nader et sa famille), vivant dans un appartement confortable, la fille allant à l’école, voulant gagner l’attaque judiciaire pour garder l’honneur. Les plus modestes, qui acceptent tous les boulots possibles (même si cela nuit à la santé et au moral), la fille n’allant pas à l’école mais accompagnant sa mère sur son lieu de travail, voulant remporter l’assaut en justice pour avoir de l’argent et rembourser quelques dettes. Une rupture au niveau de la société iranienne, symbolisée par la confrontation entre Nader et son employée.

Mais Une séparation ne s’arrête pas là ! Allant jusqu’à décrire la place de la religion auprès de la population, encore une fois imagée par ce face-à-face : l’employée entièrement croyante contre Nader, qui l’est beaucoup moins voire pas du tout. Un constat qui renforce encore plus les deux univers qui s’opposent dans ce film. Permettant, par ce biais, de mettre en avant ce qu’est une femme iranienne. Qui, malgré quelques améliorations au niveau droits et libertés, doit encore souffrir de quelques inégalités vis-à-vis de l’homme. Des femmes qui, étouffées par la politique du pays (religieuse, économique, sociétale…), s’autorisent l’exil, voulant quitter leur terre natale pour vivre dans de meilleures conditions ailleurs. Cela, c’est la fameuse séparation (là, il faut comprendre le divorce de Nader avec sa femme) qui le met en valeur, via la femme de Nader qui désire partir à l’étranger.

Vous l’aurez compris : ce qui fait d’Une séparation un excellent film, c’est son travail scénaristique hors du commun. Qui bâtit une trame complexe au possible à partir d’une base plutôt simple. Afin d’en tirer un scénario extrêmement riche en thématiques. Qui permet à Asghar Farhadi de raconter les diverses anecdotes qu’il a vécu en Iran depuis son enfance. Ce qui donne à Une séparation une allure grandement personnelle. On pourrait reprocher une fin expédiée rapidement (qui délaisse un camp au lieu de l’autre). Mais un défaut finalement anecdotique quand on voit l’intégralité de ce film, qui mérite amplement toutes les éloges faites à son égard !
AlphaWolf
AlphaWolf

91 abonnés 895 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 avril 2020
Asghar Farhadi démontre encore une fois à quel point il sait dépeindre les relations humaines et familiales, avec cette complexité et cette nuance qui font sa marque de fabrique. Aucun personnage n'est enfermé dans une case et comme d'habitude, plus le film avance et plus on découvre que tout n'est pas forcément noir ou blanc. Le scénario prend le temps de donner de l'épaisseur aux idées, aux situations, aux protagonistes, et le déroulé de l'intrigue est implacable même si on regrette certaines longueurs.
stanley
stanley

83 abonnés 769 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 août 2011
Une séparation est une oeuvre filmique qui marquera, tant sur son point de vue sociologique (par son questionnement sur la vie en Iran) que sur sa propre valeur cinéphilique. La première scène met d’entrée le spectateur dans le rôle d’un juge qui ne quittera plus cette place. La caméra, alors en position subjective, questionne le pays entier dont la fillette du couple, absolument remarquable de talent en est le vrai enjeu, le pays lui même étant tiraillé entre deux positions contradictoires, celle portée par la femme, qui a la volonté de partir, et qui renvoie à l'exode politique et celle du mari qui souhaite rester (privilégier la révolte du dedans à moins qu'il ne soit un peu poltron ou attaché à ses seuls bien affectifs (son père)). Certes, il faut un petit moment pour rentrer dans le film qui devient vite palpitant, entre drame, trépidation (plans saccadés), voir humour (très drôle la scène où la petite fille joue avec l'oxygène du grand père, le spectateur terrorisé par la peur qu'il ne meure, et qui se termine avec l'hilarité partagée par le cinéphile et le grand père sous oxygène). Une séparation est réussi grâce à son interprétation exceptionnelle (les deux femmes fébriles mais opposées (l'une émancipée, l'autre très religieuse, les deux maris avec leurs failles, la petite fille qui découvre la vie en apprenant la mort, les conflits adultes) et la préadolescente, géniale. D'ailleurs on ne pourra oublier la scène où c'est sur le visage de la jeune fille qu'on perçoit la déception lorsque son père ne tiendra pas sa parole, celle de faire revenir sa mère. La mise en scène, discrète, est efficace (caméra à l'épaule non gênante, jeu sur les vitres, plans serrés, longs plans séquences). Asghar Farhadi a aussi écrit un scénario qui mériterait toutes les palmes d’or dans sa complexité, sa subtilité et sa fluidité. Il donne le libre arbitre au spectateur, celui de composer lui même la propre histoire du film dont chaque détail est important. Farhadi ne juge en aucune manière ses personnages, tous pour le moins ambigus. L’émotion rentrée mais perceptible rend ce film époustouflant, bâti avec un suspens sans le moindre artifice tel un documentaire sur l'Iran qui grouille d'injustices, de magouilles (voir les négociations sur le fric, le flic connu par le couple "victime"). Le film joue aussi habilement sur la notion de culpabilité, la capacité pour assumer ses actes, son propre libre arbitre, la liberté vis à vis de la religion. Une séparation se situe entre Roberto Rosselini et Ten d'Abas Kiarostami (2002). Un des tous meilleurs films de l'année dont la fin reste suspendue à une vaine décision humaine où la jeune fille doit faire un improbable choix ; le dernier long plan séquence marquera à jamais. A voir absolument.
Misoramengasuki
Misoramengasuki

79 abonnés 399 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 juin 2011
Succès critique et public ultra-mérité. Reprenant le dispositif qui lui avait si bien réussi dans "La Fête du feu", Asghar Farhadi va plus loin et propose un film à multiples niveaux de lecture. Radiographie de la société iranienne, enquête policière, chronique sur la famille, l’éducation et la transmission des valeurs... Il y a tout ça à la fois, présenté avec une subtilité et un sens des nuances étonnants. Ce film "fait vrai", parce que comme dans la vie réelle, il n’y a pas de "gentils" ni de "méchants" - même si le réalisateur adoucit à l’évidence certaines réalités : il y a fort à parier, par exemple, que dans la vraie vie, ce ne serait pas à lui-même qu’Hodjat mettrait des baffes en découvrant que sa femme lui a menti... Il y a des personnages d’une richesse étonnante, complexes mais réalistes, cohérents, qui ont chacun leurs motivations, leurs convictions, leurs limites, leur orgueil… Personne ne sort indemne de cette histoire où la vérité semble insaisissable – mais où les mensonges sont omniprésents ! L’interprétation est absolument éblouissante, ce qui est dû aussi à la très grande qualité d’écriture du scénario : quand on donne à jouer un bon personnage à un acteur, il peut alors donner le meilleur de lui-même. Le jury du festival de Berlin a eu évidemment raison de distinguer l’ensemble des comédiens, tant la performance est ici collective. Pour ma part, je suis particulièrement admiratif de la jeune Sarina Farhadi (la fille du réalisateur ?). Quelle maturité, quelle finesse ! Du cinéma comme ça, on en redemande !
donniedarko1
donniedarko1

72 abonnés 258 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 juin 2011
Un film d'une grande facture, passionnant, envoutant et magistral, on ne peut pas passer à côté d'une séparation qui ressemble presque à un thriller tant la tension est électrique à chaque minute. Un bel ouvrage.
-Vinz-
-Vinz-

44 abonnés 240 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 septembre 2011
Une intrigue simple, mais des sentiments difficiles, joués avec sincérité par un casting formidable!
diki2
diki2

34 abonnés 330 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 juin 2012
J'étais pour tant réticent à m'asseoir pendant deux heures devant un film iranien traitant d'un divorce. C'est tout ce que j'en savais hormis les critiques élogieuses du site. Hé bien j'ai été happé , sidéré , captivé par ce grand moment de cinema universel. Ce film a l'immense intelligence de dépasser tous les clichés : je craignais un film militant, on nous donne à voir un film qui dépasse toutes les idées reçues pour nous confronter à ce qui nous rassemblent et nous divisent : le mensonge et la culpabilité. Je craignais un film religieux dénonçant les excès des interprétations coraniques. La religion est abordée mais subtilement, jamais visible exerçant de tout son poids la pression sur la société. La mécanique implacable du scenario met en tension les protagonistes , exacerbe les comportements . Les silences , les dialogues, les expressions sont parfaitement maitrisés pour nous faire saisir ce qui se joue à chaque scène : du grand art avec, pour ce qui me concerne, un très long moment de méditation. Un mot pour la fin que j'ai trouvée magnifique par ce qu'elle ne dit pas m et par ce qu'elle montre. Bravo et chapeau bas pour cette oeuvre forte .
philhag
philhag

33 abonnés 397 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 juillet 2011
Ben oui mais non. Ben oui c'est bien comme scénario, comme jeu d'acteur, comme son sans post-synchronisation. Mais non ce n'est pas un chef d'oeuvre. Parce que ... je n'ai pas été emballé, tout simplement. le film façon docu m'ennui un peu, je le trouve plus télévision que cinéma. MAIS je trouve positif que le cinéma iranien se développe, c'est signe de liberté ... plus forte par les intellectuels que par le régime.
pelu
pelu

27 abonnés 1 090 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 mai 2018
L’histoire qui est conté est intéressante et nous montre le quotidien de femmes en iran face aux coutumes et traditions, une population sans repère complètement perdu dans ce mélange politico religieux.on est captivé cependant on sent que le scénario aurait pu avoir un peu plus de potentiel certaines longueurs se font ressentir. Il faut aussi reconnaître que le réalisateur arrive à nous faire changer de camp tout au long du film sans jamais savoir qui a tort ou raison. Le récit qui traite de l ordinaire de la morale humaine de la justice corrompu un chaos sociale dans lequel est raconté ce drame. Intéressant
Lord Lyndon
Lord Lyndon

21 abonnés 131 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 août 2011
Une femme décide de divorcer tel est le point de départ banal de ce film sauf que l'action se passe en Iran et cela change tout. A travers ce début, le film aborde de nombreux thèmes tel qu'une famille déchirée, le poids de la religion, le droit de la femme et les traditions sur fond de mensonges et nous captive grâce à une intrigue haletante digne d'un bon suspense. Le film a le plus le mérite de nous montrer un Iran assez moderne grâce notamment au très beau personnage de Simin femme moderne qui décide de reprendre sa vie en main loin des sinistres clichés qui règne autour de ce pays dirigé il est vrai par l'extrême droite islamo-fasciste. Une oeuvre émouvante, captivante, digne, par moments poignantes et surtout remarquablement interprétée. Le film fut justement récompensé par l'Ours d'or du meilleur film, l'Ours d'argent de la meilleure actrice et l'Ours d'argent du meilleur acteur pour l'ensemble des acteurs
LaureP
LaureP

18 abonnés 199 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 août 2011
Très bon. Allez-y. Mêmes ceux qui ne sont pas forcément fans de films d'auteur sauront apprécier. Un bon rythme, intrigue qui tient en haleine, pas de facilité dans le dénouement. Acteurs exceptionnels, quel que soit leur rôle.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 175 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 juillet 2011
Une Séparation (2011), qui fut le grand lauréat de l'Ours d'Or et des Ours d'Argent (pour l'ensemble des acteurs principaux) lors de la 61ème Berlinale, est un film universel où ni la barrière linguistique, ni les différences culturelles et religieuses nous empêchent d'apprécier (et d'ovationner) cette perle du cinéma iranien. La complexité humaine mis sur le devant de la scène à travers laquelle on découvre deux univers de la société iranienne à travers le portrait de deux femmes, l'une venant de la classe pauvre et l'autre de la classe moyenne. Des origines sociales et des mœurs différentes, à commencer par leurs religions. Un drame social, humain et moral qui démarre par une histoire banale, celle d'un couple qui décide de se séparer, puis c'est tout un engrenage qui va petit à petit s'autodétruire (avec le mari qui embauche une aide à domicile, tout en prenant soin de ne pas avertir le mari de cette dernière car du point de vue de leur religion, ce serait très mal vue). Un drame vient par la suite tout chambouler et c'est les rouages de l'histoire qui s'en retrouvent affaiblit, ainsi, durant 120 minutes, on suit ce quatuor en pleine débâcle, alternant les scènes au domicile conjugale ou devant le juge. Entre mensonges et recherche de la vérité, le cinéaste ne fait que susciter des interrogations, tout au long du film le spectateur ne fait que douter de la véracité des propos tenu par tel ou tel protagonistes. C'est la force du film, celui de nous immerger au coeur d'une réalité palpable, tel un docu/fiction, d'une rare justesse, le tout magnifié par les remarquables interprétations des quatre acteurs & actrices principaux (qui ont amplement mérités leurs récompenses). Le rapport homme/femme et la religion qui s'immisce au coeur de ce drame nous tient en haleine jusqu'au bout, la justesse de la mise en scène et des acteurs criant de vérité, voilà ce qui fait de ce film, une oeuvre remarquable en tous points.
Akamaru

3 503 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 janvier 2012
Un drame universel,puissant,intelligent,vibrant qui prouve à quel point le cinéma iranien se porte bien actuellement."Une séparation" mérite amplement son succès critique et populaire,tant il est riche et dense.Cette histoire,à la fois familiale,sociale et religieuse,en dit autant sur l'Iran moderne,que sur les hommes et femmes du monde entier.C'est sa grande force:porter haut ses origines tout en s'adressant à tous.Chez Asghar Farhadi,le manichéisme n'existe pas.Chaque personnage est ambivalent,attachant ou repoussant selon les situations,comme l'être humain en général.En voulant faire le bien,on peut provoquer le mal,et dans une société iranienne bigote,partagée entre tradition et modernité,le drame peut éclater à la moindre erreur de jugement.Ainsi,un homme lâché par sa femme,est obligé d'engager une aide-soignante pour son père mourant.Mais celle-ci lui a câchée sa grossesse et ne l'a pas dit à son mari brutal.Les incompréhensions entre les 2 couples de classe et de culture différente va prendre des proportions que la justice(critiquée pour le coup)ne sera pas capable de trancher.Le dernier quart d'heure relançe tout ce qu'on a vu précédemment par une révélation,qui prouve que le vérité n'est qu'une affaire de point de vue,et que les dommages collatéraux de ce genre d'affaire sont ravageur.La surprise de 2011,et un film à voir impérativement.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 juin 2011
Je suis allé voir une séparation pour deux raisons, continuer à voir des oeuvres iraniennes qui m'ont parfois très agréablement surprises, et puis l'ours d'or de Berlin étant un argument suffisant en soit, ceci même si le sujet et la bande annonce ne me disaient absolument rien.
Alors c'est un film en somme assez classique, on est loin des expérimentations de Kiarostami ou bien de Jafar Panahi, mais c'est pas forcément un mal, ça permet au film d'être plus accessible et universel. La principale qualité du film est l'interprétation, je ne reviendrai pas dessus, même si j'avoue ne pas avoir été touché outre mesure par les personnages ou leur interprétation, sans doute parce que la mise en scène n'est pas là pour tomber dans le mélodrame basique.
Après l'autre qualité du film, et aussi sont plus grand défaut, le scénario. C'est un film très très écrit, alors c'est maîtrisé, je ne vais pas m'étendre là dessus, mais un tel degré de maîtrise, nuit un peu aux personnages, et à l'excellente interprétation des acteurs, ils sont prisonnier de ce scénario, qui somme toute est très prévisible, après c'est pas un défaut, je pense à la fin qui est à la fois ultra prévisible, mais aussi assez belle, et la seule possibilité satisfaisante, mais ce n'est que la finalité d'un film très calibré, trop maîtrisé sur ce point de vu. On perd en fait le réel de vu. Je pense à la scène où la fille fait les devoirs à son père, lui pose une question (que je ne révèle pas pour ne pas spoiler), mais je n'y crois pas, ça colle dans le film, dans l'histoire, mais c'est pas réel, dans la vie on a pas des scènes comme ça.
Le problème c'est qu'on comprend bien vite que chaque élément, chaque phrase aura des répercutions plus tard et le film n'arrive pas à sortir de cette spirale. J'ai l'impression de voir un super exercice de maîtrise, mais étouffant.
Je repense aux frères Dardenne qui eux vont parvenir sans y paraître avec des scènes écrites à instaurer de l'imprévisible, et filmer alors l'âme de leurs personnages.
Aussi belle que soit Leila Hatami, je n'ai jamais vu son âme, tout comme je n'ai pas vu l'âme de cette gamine tourmentée par le divorce possible de ses parents.
Après vu le côté très écrit on a les qualités de ce genre de film, voir ce couple se déchirer alors qu'ils auraient tout pour rester ensemble, c'est pas déplaisant. Mais encore une fois, ça manque de naturel peut-être.
Donc bon, c'est assez décevant au final de tomber dans de tels travers, alors qu'il y a une telle volonté de bien faire qui se sent. Je verrai d'autres films du réalisateur, mais je reste sur ma faim, surtout que c'est un peu long.
Après j'aime les films de procès, les personnages de mauvaise foi s'affrontant, dans une absence totale de manichéisme donc j'ai pas détesté, mais ça manque vraiment d'émotion (on peut le faire sans tomber dans un mauvais mélo).
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 janvier 2014
Avec "Une séparation", le cinéaste iranien Asghar Farhadi signe un drame captivant et tendu jouant sur deux histoires principales (une séparation entre mari et femme, et enquête judiciaire pour homicide). Le réalisateur évite tout cliché et niaiserie et favorise la psychologie des personnages. Une odeur d'autenthique sort de "Une séparation" et l’on ne peut être que touché par ce qu'il s'en dégage. Une réussite.
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