Si « Hitchcock » ne restera ni comme le plus personnel, ni comme le plus marquant des biopics, il faut reconnaître à Sacha Gervasi plusieurs mérites. D'abord, celui de s'être focalisé presque uniquement sur le tournage de « Psychose », donnant au film une dimension plus personnelle et une intrigue nettement resserrée. De plus, si, contrairement à son modèle, l'œuvre nous offre peu de scènes marquantes, le rythme est correct, et l'interprétation appréciable (mention spéciale à Helen Mirren, petit bémol pour Jessica Biel), d'autant que bien équilibrée. Dommage toutefois que l'aspect caustique du grand « Hitch » ne soit qu'à moitié rendu, le film baignant même lors des dernières minutes dans une quasi-niaiserie dont on se serait bien passé. Reste l'impression de ne pas avoir perdu son temps et appris quelques détails savoureux, la part belle faite à la relation entre le Maître et sa femme apportant un plus indéniable. Pas transcendant donc, mais convenable et plutôt malin : pour un biopic, c'est déjà pas mal.
Je n'imaginais pas le personnage de Hitchcock ainsi et encore moins que sa femme eut tenu un si grand rôle dans sa carrière. Une similitude avec le film "Dans l'ombre de Mary" je trouve. Le tournage des scènes de psychose et notamment la scène de la douche sont vraiment bien reproduites. On sent que les scénaristes et les personnages se sont donnés pour la réalisation de ce film. Très bon Anthony Hopkins. Et ravie de voir Scarlett Johansson au casting avec un rôle moins sulfureux.
Grand fan du maître du suspens Alfred Hitchcock et plus particulièrement de son chef d’œuvre "Psychose", je me suis forcément jeté sur ce biopic… ou plutôt sur cet extrait de biopic puisque Hitchcock ne traite, en tout et pour tout, que du tournage compliqué de "Psychose". Il est vrai que le réalisateur a dû faire face aux réticences de ses producteurs face à la noirceur du sujet et a dû hypothéquer sa maison pour financer le film lui-même. Le pitch était donc alléchant…mais au final, on ne peut qu’être déçu par ce "Hitchcock". Tout d’abord, la réalisation de Sacha Gervasi est particulièrement faiblarde et peine à se démarquer d’un téléfilm (malgré quelques effets de mises en scène un peu toc comme les apparitions d’Ed Gein)… ce qui est impardonnable lorsqu’on traite d’un des plus grands metteurs en scène hollywoodiens. Ici, les longueurs se succèdent, tout comme les errements scénaristiques. A titre d’exemple, la façon dont Gervasi traite des démons intérieurs d’Hitchcock (avec son caractère tyrannique ou son voyeurisme) ou encore les tentations d’infidélité de l’épouse du maître est traité avec une légèreté coupable, ce qui prive le récit de tout enjeu dramatique. Résultat : on se demande ce qu’a voulu exprimer Gervasi puisqu’on ressort du film satisfait d’en savoir un peu plus sur les secrets de tournage de "Psychose" mais dubitatif quant à la plus-value que pourrait avoir ce film par rapport à n’importe quel article sur le sujet. On aurait aimé que le réalisateur enfonce le clou des pulsions du maître (à peine effleurées ici) et explore davantage ces relations avec les autres personnages (notamment avec son épouse et avec Vera Miles). Quel intérêt de se limiter à une portion si courte de la vie du maître si c’est pour la traiter de façon aussi superficielle ? Mais "Hitchcock" souffre également d’une interprétation insuffisamment marquante. On aurait légitimement pu attendre des prestations oscarisables, ce qui est la norme des biopics à Hollywood… mais qui ne sera pas le cas pour ce film. La principale déception vient d’Anthony Hopkins, qui singe plus qu’il ne joue Hitchcock, et qui souffre d’un maquillage qui parait lui interdire toute expression faciale. Ce maquillage est, d’ailleurs, assez mauvais puisqu’on a davantage l’impression de se retrouver face à Pierre Tchernia que devant Hitchcock. Dans le rôle de son épouse dévouée et collaboratrice indispensable, Helen Mirren s’en tire parfaitement en laissant transparaître la détresse intérieure de cette femme dans sa relation compliquée avec son mari. Quant aux seconds rôles, ils assurent le minimum syndical bien qu’ils n’aient pas grand-chose à se mettre sous la dent (Scarlett Johanson en Janet Leigh, Danny Huston en scénariste volage, Jessica Bien en Vera Miles, James d’Arcy en Anthony Perkins ou Toni Colette en secrétaire…). Cas à part : Michael Wincott qui campe un Ed Gein épatant (malgré une exploitation du personnage un peu déroutante), au point qu’on voudrait voir l’acteur reprendre ce rôle dans un film entièrement consacré au Boucher de Plainfield. Le film n’a donc d’intérêt que pour les amateurs de Psychose qui seront ravis de revoir les décors mythiques (le motel Bates, la maison lugubre…) et les scènes cultes du film (telles que la douche ou la découverte du cadavre momifiée de Mme Bates) tout comme ils apprécieront tout particulièrement la séquence d’ouverture façon "Alfred Hitchcock présente". Il aurait, néanmoins, fallu un grand réalisateur aux manettes du film… ou alors le limiter à une diffusion sur petit écran.
J'ai vu un film... qui retrace un épisode particulier de la vie d'Hitchcock, à savoir la création du film qui est devenu la référence absolu du film d'horreur au suspens insoutenable... Comme toute oeuvre vraiment originale, sa création a été un parcours du combattant pour imposer sa vision, enfin, sa vision et celle de sa femme Alma qui a un rôle absolument fondamentale dans la carrière du Maestro. La réalisation est à la fois un hommage vibrant à ce réalisateur exceptionnel et aussi un portrait touchant d'un homme sensible, émouvant et parfois si peu sûr de lui. C'est un film drôle qui nous donne l'impression d'avoir le privilège de revivre une époque dorée du cinéma hollywoodien. Le film est pétillant, les anecdotes savoureuses et les personnages vraiment bien cernés. Anthony Hopkins habite ce personnage truculent d'une manière incroyable. Qu'il s'agisse des mimiques, de l'intonation de la voix ou la manière de se déplacer... Helen Mirren est d'un niveau incroyable. Elle crève littéralement l'écran par sa présence et par sa force. Et Scarlett Johansonn nous subjugue par sa naïveté et sa candeur. On passe un excellent moment, et à bien y réfléchir, on s'interroge toute de même de savoir pourquoi un tel génie n'a jamais eu d'Oscar... Ah oui, le génie gêne... c'est bien connu...
Anthony Hopkins dans un grand rôle : celui du maître du suspense. L'occasion de découvrir la genèse d'un très grand film et les risques pris par son réalisateur à l'époque. - http://louis-chatel.over-blog.com/article-la-genese-du-13eme-amendement-ou-celle-du-tournage-de-psychose-115180654.html
Pour apprécier ce film qui s’attaque à une légende ou plutôt à deux, Hitchcock tout d’abord et par ricochet son plus célèbre film, “Psychose”, il faut accepter tous les accommodements avec la réalité du scénario qui gêneront forcément les exégètes du maître du suspense et ils sont nombreux qui n’ont pas manqué de tomber à bras raccourcis sur ce pauvre Anthony Hopkins, accusé une fois de plus d’en faire des tonnes. Il faut en vérité être beaucoup plus prosaïque et se laisser aller à l’atmosphère des studios de l’époque quand les réalisateurs étaient pour quelques temps encore les employés des moguls. En ces temps où la mémoire se perd à toute vitesse mangée par le défilé continu de l'information, il n’est jamais mauvais de rappeler même de façon tronquée et un peu caricaturale qui étaient les grands artistes du passé. Il suffit de se rendre sur différents sites du web qui proposent des classements des plus grands films de tous les temps par genre, réalisés par les internautes, pour constater que dans le domaine du suspense, les premières places sont quelques fois trustées par des films aussi markétés que « Saw » ou « Paranormal Activity ». Si l'on n’y prend garde même des génies comme Hitchcock seront noyés un jour dans la masse de la starification de l'anonymat. Des films comme celui de Sacha Gervasi s’ils sont un peu racoleurs, appuyant un peu trop fort sur les petites manies perverses du grand Alfred, ont le grand mérite de montrer l’artiste au travail et donneront à certains l’envie de voir « Psychose » puis tous les autres films de la foisonnante production hollywoodienne du réalisateur (sa production anglaise qui remonte au muet étant parfois plus obscure même si elle recèle quelques pépites). Il convient donc d’y regarder à deux fois avant de jeter le bébé avec l’eau du bain, d’autant plus que les acteurs sont tous très professionnels et que le récit est plutôt alerte et cocasse . La métaphore de la discussion mentale d’Hitchcock avec le véritable tueur Ed Gein dont l’histoire à inspirée "Psychose" est une tentative d’approcher de façon ludique le processus de création du maître même si nous savons très bien qu’il a dû penser son film autrement. Pas la peine d’en faire toute une histoire comme certains journaux élitistes s'y sont prêtés. Répétons-le encore une fois, devant l’engloutissement des vraies valeurs par le flot continu de la toile, il ne faut rejeter par snobisme aucune approche mémorielle.
La meilleure façon de rendre hommage au maitre du suspense était-elle de reconstituer un making-of de Psychose ? C’est la question que l’on peut se poser à la vue de ce film de Sacha Gervasi qui accumule les anecdotes intéressantes, un aspect très instructif sur la construction du film, en parallèle à une intrigue plus "people" autour de la relation chancelante entre Hitchcock et sa femme sans suffisamment développer ses rapports troubles avec ses actrices. L’image donnée du réalisateur, difficilement interprété par un Anthony Hopkins méconnaissable sous ses kilos de prothèses, zigzague entre celle d’un génie plein de sympathie et d’un dépressif alcoolique dédaigneux, alors que beaucoup d’aspects de sa personnalité, comme sa main mise tyrannique sur son casting ou son obsession pour les détails, et du processus de création du film, comme la composition de la musique mythique, sont à peine évoqués. L’idée de ce biopic était donc bonne mais son scénario n’a pas su en faire une œuvre suffisamment profonde. Sur la forme, là aussi, on s’aperçoit que Gervasi n’a pas cherché à prendre de risques alors qu’il aurait pu rajouter bien plus d’effets de mise en scène purement "hitchcockiens ".
Alors qu’il n’y avait étrangement eu aucun film ou presque sur la vie d’un des plus grands réalisateurs de l’histoire du cinéma, deux projets sur Hitchcock sortirent en 2012, un à la TV britannique et un autre au cinéma.
C’est le Hitchcock de Sacha Gervasi qui eut les honneurs de sortir au cinéma, tout auréolé d’une nomination aux Oscars un peu usurpée pour ses maquillages et costumes, qui ressemblent plus aux Guignols de l’Infos qu’autre chose. Interprété par un très cabotin Anthony Hopkins (dont l’exagération labiale gène plus qu’autre chose), Hitchcock est un film remarquable dans sa première heure, celle qui parle réellement de cinéma, aussi savoureuse qu’un livre de Peter Biskind, avec des tonnes d’apparitions de noms connus, tous autour de la genèse de Psychose. Seules les scènes de délire d’Hitchcock ne fonctionnent pas vraiment, pas très bien tournées, hésitant entre la comédie macabre comme l’affectionnait le modèle ou l’horreur pure (signalons quand même l’excellente interprétation de Michael Wincott), le film ne sait pas trop où donner de la tête. La deuxième heure est bien plus laborieuse, avec un triangle amoureux qui se forme entre Hitchcock, sa femme Alma Reville (interprétée avec énorme talent par Helen Mirren) et Whitfield Cook, un scénariste womanizer joué par le mielleux Danny Huston, qui ne met AUCUNE nuance dans son personnage. On aurait aimé en apprendre beaucoup plus sur Psychose, en fin de compte, alors que Saul Bass et Bernard Herrmann sont expédiés en fin de film comme des malpropres. Certaines scènes sont un peu ridicules, comme celle où Hitchcock mime, tel un chef d’orchestre les coups de couteau de la scène de la douche.
Cependant, Hitchcock est un film plaisant, parfois très amusant, parfois un peu trop long et surtout un peu tiraillé entre son envie de faire de la comédie et d’être plus sérieux.
Même si la ressemblance n'est pas frappante avec le maitre (un choix dramatique à double tranchant), on se passionne pour ce portait caustique et touchant d'un couple qui a marqué durablement l'Histoire du cinéma. Avec pour contexte la production de Psychose, et les enjeux colossaux qui ont pesé sur le couple Alfred/Alma, seuls contre tous, le film rend hommage à un homme tourmenté, bourré d'humour et rend justice à son épouse, qui dans l'ombre à aussi sa part de responsabilité dans la réussite du maitre du suspense. Et quand on pense que Hitchcock n'a jamais obtenu d'Oscar on s'interroge sur la valeur à donner à la statuette...
Deçu par ce biopic du maitre du suspens décrit ici comme jaloux, alcoolique, caractériel, goinfre et "psychotique" lui même. Anthony Hopkins ne m'a pas convaincu par sa prestation, mal dirigé je pense. Le film n'aborde que peu les qualités de metteur en scène et réalisateur de génie, l'individu ici supplanté par ces failles d'homme perturbé. On apprend en revanche tout ce qu'Hitch doit à son épouse et l'hommage lui est assez bien rendu. Assez lent, trop long, on peut s'en passer...
Quel bonheur que ce film... Je croyais avoir affaire à une sorte de biopic, nous sommes bien mis en présence d'une comédie dramatique. Hopkins est excellent dans le rôle-titre et Helen Mirren campe a merveille Alma, son épouse inconnu mais qui commandait presque tout, excepte les impulsions du couple également traitées dans le film. Le dernier quart-d'heure est un bonheur pur pour les fans d'Hitchcock. Unique regret: trop court et la trame autour du tournage n'est, a mon sens, pas assez développée...
Tout n'est pas parfait dans ce film : la reconstitution très carton pâte du Hollywood des années 50, le grimage outrancier d'Anthony Hopkins ou encore la tentative d'approche psychologique (voire psychanalytique) du héros à travers le personnage du serial killer. A part cela, sur les difficultés qu'a rencontrées Hitchcock pour monter "Psychose", sur le rôle joué dans sa carrière par sa femme (superbement interprétée par Helen Mirren), le film est plutôt réussi. Et quelques scènes valent le détour : celle de la douche, presqu'aussi terrifiante que l'originale, et surtout la scène finale, euphorique, quand Hitchcock, qui a déserté la salle de cinéma qui projette son film, comprend aux réactions des spectateurs qu'il a gagné son pari. Là, malgré son grimage, Hopkins est excellent.
Même en ayant vu qu'un film de Hitchcock (Les Oiseaux dont la dernière image du film fait allusion) et sans avoir vu Psychose ,ce film présente cet immense réalisateur en montrant sa personnalité et la façon ,les conditions dont Psychose à été tourné. Intéressant et captivant. Le seul reproche possible à faire au film est qu'il ne soit pas réalisé de façon Alfred Hitchcock , autrement dit sombre et mystérieuse . Hopkins ,Mirren ,Biel ,Johansson ,... sont sensationnel . Un excellent film rendant hommage à son talent ,à sa personne et à son œuvre qui n'a jamais reçu d'oscar.
Hitchcock est une sorte de biopic sur Alfred Hitchcock, réalisateur mythique, et sur la création et le tournage de son chef d'oeuvre et monument du cinéma non moins mythique "Psychose". Pour ce qui est de la reconstitution c'est parfois discutable au vue des visions d'Hitchcock mais pour ce qui est du reste les décors, accessoires, etc sont convaincants. La musique très Psychosienne (on a même des scènes sur la musique originale de Bernard Herrmann) recrée assez bien l'ambiance. Les choix des acteurs Anthony Hopkins en Alfred Hitchcock et de Scarlett Johansson en Janet Leigh sont discutables en raison du manque de ressemblance physique, mais quand même Hopkins est très charismatique et Johansson livre une super performance et nous bleuffe en parvenant à recréer parfaitement les mimiques et geste de Leigh dans "Psychose". James d'Arcy lui est carrément hallucinant en Anthony Perkins (attention de ne pas confondre Hopkins et Perkins), c'est vraiment le même jusque dans les moindres intonations et mimiques. Mention honorable à Helen Mirren qui incarne la femme d'Hitchcock et qui est quasiment le personnage principal du film : on nous montre ses relations parfois compliquées avec son mari et sa place dans la carrière de ce dernier. Hitchcock nous est montré comme un personnage drôle et charismatique en public bien que très controversé et psychologiquement instable dans sa vie privée. Toutes les anecdotes sur lui et Psychose (les inspirations) sont amusantes même si on doute singulièrement de la véracité de certaines d'entre elle (les parallèles en le personnage de Bate et Hitchcock lui-même, intrigue qui me parait quand même très malsaine à suivre). Biopic très sympa à regarder pour la culture cinématographique et pour l'humour léger et jouissif par moment ("c'est pour cette raison qu'on me surnomme maitre du suspense") mais certains points du scénario sont à la fois clichés, malsains et inutiles.