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Pascal
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4,5
Publiée le 4 janvier 2026
Grand prix ( Cannes 2011 ) " il était une fois en Anatolie" représente le premier opus de la suite de films au long cours ( 175 minutes ici ) que le cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan mettra en scène.
Avant dans l'ordre " Winter sleep" Palme d'or à Cannes, " le poirier sauvage" et " les herbes sèches" ( tous excellents à mon goût ), NBC poursuit ce qu'il avait déjà mis en scène avec son film précédent " Uzak" mais dans un format plus court, le portrait de la condition humaine dans ses aspects cachés et souterrains.
Avec " il était une fois..." NBC rejoint la parabole du mythe. Ici il le scénario vaguement criminel ( ce serait se fourvoyer totalement de voir un polar ou une enquête policière dans ce titre ) est uniquement un prétexte pour présenter de façon subtile, la place qu'occupe le mensonge et ses répercussions tragiques dans la vie d'un homme, ou d'une femme d'ailleurs.
Le mensonge oui, mais aussi le mensonge qu'on se fait à soi-même pour ne pas voir une ou sa réalité. C'est pourtant celle ci , se la dire au moins, qui pourrait affranchir l'homme de ce qu'il appelle son destin ( pour s'inspirer de la phrase de Jung ).
Ici tous les personnages principaux se mentent ou mentent ( le meurtrier, le commissaire, le procureur, le médecin, la femme de la victime ) aux autres et à eux-mêmes.
Le dernier plan sur le jeune adolescent qu'on distingue de loin est dit long sur l'intention du cinéaste. Ce sont les descendants qui trinquent et transmettent indéfiniment les relais toxiques du passé. Jusqu'à ce qu'un briseur de chaîne de la lignée survienne.
Ici ce briseur de chaîne potentiel est sans aucun doute le cinéaste lui-même. Car aucun des personnages n' aura compris et agit dans ce sens.
L'attitude du médecin dans le plan final est sans ambiguïté. Oui il a compris la tragédie de ce qui s'est passé, mais en préférant un mensonge qui le console à une vérité qui dérange, il a choisi le travestissement de la réalité et ne change malheureusement rien au cours des choses.
Relevant du slow cinéma ( longs plans fixes, peu de dialogues, beaucoup de sous entendus intimes ), NBC n' oublie pas dans son panorama tragique de la condition humaine, la joie et la beauté de la vie.
Elle prendra la forme de la beauté humaine, de la grâce d'une jeune femme aperçue de façon fugace à l'occasion d'une halte impromptue. La vie est aussi un miracle !
La photographie est sublime et j’aime particulièrement la dilatation de ses plans qui permet de contempler et de prendre son temps. Une œuvre qui s’attarde sur ce qui est peu représenté au cinéma : l’attente lors d’une enquête et offre alors un autre regard sur les dispositions mises en place et réflexions du système.
Eclairages superbes, décors magnifiques, plans léchés… oui sur le plan esthétique c’est du très beau travail… Mais pour le reste, je suis dubitatif. Comment ce film a-t-il pu obtenir le grand prix au festival de Cannes en 2011 ? Pour moi, c’est un mystère car on s’ennuie tout de même pas mal en espérant ce qui n’arrivera pas, c’est-à-dire un rythme qui s’accélère avec un rebondissement. C’est beau mais long, terriblement long. Les dialogues sont empreints d’humanité, les portraits intéressants, les acteurs jouent avec beaucoup de naturel, on perçoit un malaise sous-jacent qui ne demande qu’à être explicité. Mais pas de quoi remporter un tel prix. Je mets cependant trois étoiles pour ce reportage contemplatif qui ressemble à ceux que produit régulièrement le magazine Géo.
Comme pour chacun de ses films Nuri Bilge Ceylan multiplie les pistes et les thématiques au risque parfois de nous perdre. C'est bien le cas dans ce film qui commence comme un road movie nocturne plus ou moins honirique et qui se termine par une scène d'authospsie d'anthologie spoiler: (le bruits, le sang, les odeurs, je ne vous dis que ça !)
Après reflexion la culpabilité masculine semble être ici le thème dominant. Culpabilité vis à vis des femmes en particulier qui ne sont que des ombres muettes tout au long du film, ombres portant le fardeau de cette société anatolienne que dissèquera si bien Nuri Bilge Ceylan dans l'ensemble de son peuvre cinématographique. "Il était une fois en Anatolie" est un coup d'essai, il fera beaucoup mieux par la suite, en particulier dans les "Herbes sèches" où il saura entreméler plusieurs thématiques sur fond d'une parfaite maitrise de la photo et de la lumière, signature de ses chefs d'oeuvre à venir.
Le film commence comme un fait divers criminel, une intrigue judiciaro-policière derrière une petite escouade hétéroclite -procureur, policiers, médecin, suspects...- avançant à tâtons dans la nuit pour découvrir le corps d'un supplicié abandonné par son meurtrier, si tant qu'il se souvienne de l'endroit précis. C'est une longue partie de la nuit (et du film) qui s'ouvre sous les phares des véhicules et on devine bien que le cinéaste ne réalise pas un polar. Le rythme lent, les cadrages et le dépouillement élégants, les personnages âpres et authentiques caractérisent, en dépit de dialogues prosaïques, un récit hiératique et mystérieux qui a tout d'une parabole sur la condition humaine, sur la souffrance et le mal. La deuxième partie du film, de jour, nous en convainc davantage, même si les instants poétiques, quelques symboles et le message que sous-tend l'action, ou plutôt l'absence d'action, tout au long du film, sont plus ou moins lumineux. Mais, après tout, les personnages eux-mêmes paraissent égarés. Quoiqu'il en soit, il y a quelque chose qui fascine dans la réalisation de Bilge Ceylan, un hiératisme et une douleur qui proviennent des personnages et du regard que le réalisateur porte sur la société turque, laquelle n'est pas étrangère, même réduite à sa plus simple expression, par ses particularismes, à l'intérêt qu'on prête au film. Il était une fois en Anatolie ou moins de vingt-quatre heures d'une humanité en pleine déreliction.
Il était une fois en Anatolie, en plus d'être ennuyant n'as aucune histoire. En effet pendant 90 minutes on suit dans l'obscurité des policiers un procureur et un meurtrier qui tente de les guider vers le lieu du meurtre. Hormis les jolies paysages de la steppe, le reste est a supprimer. On assiste à des dialogues qui en plus d'être inintéressants n'ont aucun contexte. Quant au sujet principal, c'est le flou le plus total, on ne sait pas le pourquoi du meurtre et comment celui-ci a été commis, tout comme le dénouement qui laisse plein de questions sans réponses. J'ai du passer a côté de quelque chose. Le réalisateur à sans doute voulu montrer comment se déroule une enquête du point du vue technique, mais c'est sans intérêt et bien trop brouillon.
La première partie nocturne m'a vraiment embarqué, les personnages sont bien travailles et crédibles, les paysages nocturnes sont vraiment beaux et j'ai bien aimé le côté un peu absurde d'aller de lieu en lieu en se faisant balader par le suspect. Bon après le film tire en longueur et la deuxième partie du film est moins intéressante et poétique.
Un polar minimaliste esthétiquement séduisant, mais plombé par un récit ennuyant d’une lenteur abyssale qui exaspère les personnages, comme les spectateurs.
Dans un prologue déjà d’une grande beauté, le cinéaste fait apercevoir ceux qui seront les protagonistes d’un sordide fait divers. Le fil conducteur du film sera la recherche de la vérité sur ce fait divers par les autorités locales, en particulier, un commissaire, un procureur et un médecin. Mais ce fil conducteur n’est qu’un support, le projet de Nuri Bilge Ceylan étant d’ordre esthétique, philosophique et moral. Le film est divisé en deux grandes parties, entrecoupées d’une scène de transition. La première partie, la recherche infructueuse du cadavre, restera dans les mémoires pour son originalité esthétique et symbolique. Les voitures et leurs occupants divaguent d’un point d’eau à l’autre et semblent perdus dans les grands espaces d’Anatolie, où la présence de statues rappelle des temps anciens. On passe du crépuscule à la nuit noire, les mouvements des phares évoquant alors de dérisoires lucioles. Chaque plan ou presque est une merveille de construction et de lumière contrastée. La scène de transition est elle aussi très contrastée : après un moment où le maire apparait bavard et superficiel, l’apparition de sa fille, à la lueur des chandelles, est un véritable moment de grâce ; ce sera le seul du film, mais il en porte tout l’espoir. Cette scène se conclut par un indice montrant un changement majeur, puisque le commissaire consent une cigarette au suspect. La seconde partie est visuellement différente (la pluie était annoncée par plusieurs personnages), l’image plus uniforme, l’ambiance blafarde. Les plans d’ensemble sont moins nombreux et l’on se rapproche des personnages, approfondissant les failles entrevues auparavant. La place du procureur et du médecin prend pus d’importance. La recherche de la vérité sur le meurtre fait suite à la recherche du cadavre, et elle culmine symboliquement avec la scène d’autopsie, où l’on dissèque un homme pour l’atteindre, mais c’est bien de la condition humaine qu’il s’agit, de la relation des hommes avec cette (leur) vérité, admise, déniée, ou cachée, de leurs problèmes avec leur passé, avec leur conscience, avec leur éthique. Tout cela est traité avec une humanité, une pudeur et une simplicité exemplaires, ce qui donne encore plus de force à cet immense film.
Il est évident que ce film est une pensée intérieure continue entre les protagonistes. Il aurait pu choisir de filmer un wagon de train. Il a décidé d'en faire une action de recherche. J'ai plutôt ressenti un envoûtement. La durée y est pour quelque chose. J'aurais voulu que cela continue. On ressent tous les dialogues comme essentiels. On analyse chaque mot. On comprend le désarroi du procureur. Son sourire triste. Le médecin qui regrette d'avoir dit la vérité. Le commissaire pour qui il ne peut rien. C'est profond et riche.
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0,5
Publiée le 11 octobre 2021
C'est ma deuxième tentative de regarder un film turc et je dois dire que je suis terriblement déçu et se sera surement la dernière. C'est comme s'ils avaient beaucoup de bobines de films gratuites qui traînent et qu'ils enregistraient des choses au hasard et les appelaient des films. Dans celui-ci un meurtre a été commis et la police se déplace en voiture avec le suspect pour localiser le corps. Il n'y a pas de contexte à l'histoire et il n'y a pas de fin non plus à l'histoire si tant est qu'il y ait une histoire pour commencer. C'est juste des conversations stupides et aléatoires l'une après l'autre. C'est comme s'ils faisaient des films juste pour tester ma patience. Celui-ci dure 157 minutes et c'est comme si cela durait trois jours. L'industrie cinématographique est un non-sens absolu. La seule chose qui vaille la peine dans ce film c'est l'apparition d'une belle fille pendant environ deux minutes et pourquoi ont-ils tué le gars et qui l'a tué on n'en sait absolument rien. Donnez-moi une caméra et je ferai quelque chose de mieux que cette absurdité. Dans d'autres films si un type doit aller d'un point A à un point B ils le montrent partir puis montre peut-être un bout du trajet et enfin il arrive au point B. Dans le cinéma turc si quelqu'un doit faire 500 pas ils le montrent faire les 500 pas ce qui est un non-sens absolu. C'est juste un film trop abrutissant pour moi et qui plaira a d'autres sans aucun doute...
Je voulais changer d'ambiance ce soir et ... je fus servi! L'Anatolie est bien belle, mystérieuse et vivante à travers ses personnages qui s'entremêlent d'une tombée de la nuit jusqu'au matin blafard. Mais, il y avait matière à faire un meilleur film ; c'est une évidence. Dommage!
Après avoir aimé Winter Sleep et adoré les Climats je regarde Il était une fois en Anatolie que j'avais boudé à sa sortie car j'avais détesté Trois Singes. Et j'ai eu tort, c'était très bien. C'est un film visuellement absolument magnifique, avec une lumière sublime, un cadrage parfait, ce qui fait que malgré sa longue durée, plus de deux heures trente, le film passe plutôt bien. Il y a toujours quelque chose à voir dans ces immensités quasiment désertiques de la Turquie. On voit que Ceylan aime son pays, aime ses paysages et surtout il sait les mettre en valeur comme personne, il a un sens esthétique à toute épreuve. Franchement, une bonne partie du film se passe de nuit, où les seuls éclairages viennent des phares de voitures et il arrive à rendre ça d'une beauté folle.
On suit donc une enquête policière, très longue, très lente, on suit des policiers chercher quelque chose, on ne saura pas tout de suite quoi, mais on se doute. On les voit donc arpenter les champs, de nuit, craquer, discuter, fumer... Et c'est là que le film fait fort, il arrive à mêler la trivialité des conversations de gens qui s'ennuient en attendant qu'un type veuille bien dire où il a caché quelque chose et un côté bien plus profond, bien plus philosophique. C'est le mélange des deux qui fait la force du film.
D'ailleurs c'est une de leur discussion qui peut sembler banale sur la femme d'un ami du procureur qui est morte quelques jours après avoir accouché qui prendra finalement de l'ampleur jusqu'à arriver à un sursaut tragique absolument terrible. Toutes ces discussions, tout ces non-dits, tous ces aveux à demi-mots permet de donner un cœur aux personnages et donc au film. Surtout que c'était bien casse gueule, car jusqu'à la dernière demi-heure on suit quatre ou cinq personnages, introduits quasiment tous en même temps, sans qu'un tire la couverture plus à lui... Et Ceylan arrive parfaitement à jongler entre le commissaire, le docteur, le procureur, les policiers et le criminel, notamment grâce à de longs plans fixes sur les visages abîmés par la vie des personnages et encore une fois à la qualité des dialogues.
Cependant il faut malgré tout dire qu'une fois le jour venu, sans être ennuyant, le film perd un peu en intensité, notamment après une scène juste sublime où la fille du maire du village où les policiers se sont arrêtés pour se reposer, propose du thé aux invités... Éclairée uniquement avec une lampe à pétrole, la scène est juste sublime et permet dans un silence quasiment complet de proposer des gros plans sur les personnages endormis réveillés par la beauté de la jeune femme. Sans doute la plus belle scène du film.
D'ailleurs le lendemain un personnage ne pourra pas s'empêcher de dire que la fille était belle... Aucun personnage ne réagira à cette phrase, mais on voit leur mine fatiguée, ce qui veut tout dire.
Vraiment, c'est un grand film et d'une immense beauté.
Un film d'une grande richesse sur la forme et sur le fond . C'est au tréfond de la nuit , l'espace d'un instant , que tout s'éclaire et quand le jour revient tout redevient mystère et vanité . On pourrait disserter longuement sur cette oeuvre et conseiller la lecture de toutes les critiques et analyses tellement elles sont riches et variées : toute la force du film , tendu subtilement d'un bout à l'autre , étant cette liberté d'interprétation . On pourra aussi à l'inverse s'en irriter . Une oeuvre majeure quoiqu'il en soit .
Certes les images sont jolies et les cadres bien construits, mais qu’est-ce que c’est long… La première partie du film consiste à suivre un groupe d’hommes à la recherche d’un corps. Après plusieurs tentatives, c’est une profonde lassitude qui s’installe chez les personnages comme chez le spectateur. "Il était une fois en Anatolie" est proche d’une caricature de film d’auteur aux plans fixes interminables à la façon de "Théréza", le sketch des Inconnus.