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Bulles de Culture
148 abonnés
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4,0
Publiée le 26 novembre 2014
Le ton est donné dès le premier plan, une image craspouille avec des grains gros comme le poing (du Welz tenait à tourner en pellicule) comme on en a rarement vue à l’heure où l’on jure par le tout numérique, mais qui permet d’introduire au mieux cette relecture de la cavalcade des « Lonely Hearts Killers », fait divers macabre qui ébranla l’Amérique au milieu des années 40.
Transposé dans le pays du « Mannequin qui pisse », le film de du Welz ne se veut pas une radiographie précise des faits mais axe son point de vue sur cette histoire d’amour hors norme et traite avec brio ce mélange de fascination/répulsion qui habite ce couple marginal rebaptisé pour l’occasion Gloria et Michel et interprété par des acteurs tout bonnement exceptionnels. Lola Dueñas et Laurent Lucas nous hypnotisent en livrant clairement l’une de leurs meilleures performances d’acteurs.
On ressort d’Alleluia comme on ressortirait d’une exposition d’art abstrait, on ne sait pas trop ce qu’on vient de voir, on n'est pas sûr de le conseiller à nos parents et on mettra peut être longtemps avant de retourner le voir, mais Dieu sait que les images que l'on a eues sous nos yeux pendant plus d'une heure vont nous rester longtemps en tête et n’auront pas fini de nous questionner.
Il s'agit sans nul doute du film le plus surprenant et intrigant de cette fin d'année 2014, preuve qu'un petit budget n'est pas antagoniste de grandes idées.
L'histoire vraie des « tueurs de la lune de miel » ! A la fois film d'amour impossible et film d'horreur brutal, dérangeant et fantasmagorique, Alleluia, le nouveau film du réalisateur de "Calvaire" est porté par un duo d'acteurs exceptionnels, une véritable plongée au cœur du mental et des émotions de ses personnages qui traumatisera bon nombre de spectateurs... Pour en savoir plus, lisez notre critique complète NoPopCorn !
(...) Avec Alleluia, il (Fabrice du Welz) continue ce qu’il a entrepris en 2004 avec Calvaire, le thème de l’amour fou. Et d’après ses propres mots, le film est le second opus de la Trilogie ardennaise, dont le dernier volet sera tourné d’ici deux ans, toujours avec Laurent Lucas (...) Alleluia s’inspire d’un fait divers macabre survenu au Etats-Unis, celui des Tueurs de la Lune de Miel, un couple d’américains passionnément amoureux qui ont assassiné et dépouillé de vieilles veuves entre 1947 et 1949, avant d’être arrêté et condamné à la chaise électrique (...) c’est la qualité d’image qui surprend. Fabrice du Welz fait le choix de la pellicule, tournant en 16mm avec un grain sale et poisseux. Choix pertinent tant il insiste sur l’aspect sauvage et primaire d’une excessive histoire d’amour dont la folie emmènera ces deux protagonistes aux frontières de leurs limites (...) si Alleluia est un récit macabre, Fabrice du Welz injecte une dose d’humour noir qui a beaucoup fait rire les festivaliers. Un équilibre parfaitement dosé entre l’humour et le drame, mettant à distance le spectateur de cette folie meurtrière (...) Tous les protagonistes du film ne sont au fond que des personnages en souffrance, certains se trouvant même une force meurtrière insoupçonnée. C’est en agissant à deux que les amoureux se muent en une sorte de bête meurtrière passionnée, comme aime à le rappeler le réalisateur (...) Alleluia transpire l’érotisme, le sexe à chaque plan avec ces moments de fougues où les respirations se croisent bruyamment donnant lieu à des moments de sensualité intense (...) Entre le film d’épouvante, la comédie musicale, le drame et l’humour grinçant, Alleluia est à la croisée de différents registres qui fonctionnent étonnamment bien. Un juste équilibre des tons qui permettent de prendre de la distance sur ce fait divers tout en captivant littéralement la réflexion du spectateur (...) Surprenant retour au genre, réadaptation radical d’un fait divers et mise en scène des plus audacieuses, Alleluia est tout simplement un sacré film.
Vu hier à l'Hallowwen Night au Kinepolis de Bruxelles. C'était le premier film de la nuit ....
Lent, musique stridente et fatigante, de longues scènes, plusieurs minutes sur des décors vous laissant le temps de vous ennuyer longuement plusieurs fois pendant le film.
Le jeu d'acteur est de plus des plus mauvais.... des scènes ahurissantes et ridicules au point d'en faire rire toute la salle à pleins poumons. Nous avons l'esprit large mais là ....
Glauque, malsain, cash, underground, violent, érotique, sordide... C'est comme cela que je résumerais le dernier film de Fabrice du Welz. Une histoire d'amour... Une vraie ! Passionnelle, aveugle, étourdissante, incandescente, transcendante, ... Le film marque la rupture totale de la réalité par l'un des protagonistes de cette aventure, qui l'amènera à l'horreur pure pour se terminer dans la folie la plus totale. Impossible de sortir indemne d'une telle séance. A chacun de prendre dans cette oeuvre ce qu'il trouvera bon d'y trouver. Un film d'auteur qui rime parfaitement avec "aureur"...
En 2005, Calvaire, le premier film de Fabrice du Welz, avait marqué les esprits. Mais en 2008, Vinyan, son deuxième, avait été pour moi une grosse déception. Quelques appréhensions donc pour cet Alléluia. Mais l'ambiance avait l'air d'être proche de celle de Calvaire, j'étais donc aussi très curieux. Et effectivement, elle l'est. Je dois dire que j'ai été totalement fasciné. D'entrée, le réalisateur impose une ambiance inquiétante. Plus le récit avance et plus on s'enfonce dans un périple noir et macabre où les deux personnages basculent dans une folie meurtrière incontrôlable. La mise en scène est particulière, collant aux corps et aux visages, nous mettant au milieu et au plus près de ce couple psychopathe qui a su se trouver. Cette folie basculant subrepticement de l'un à l'autre des protagonistes. L'image est sombre, moite, intensifiant la sensation de malaise présente de la première à la dernière minute. Au final, cela devient totalement étouffant, flippant et surréaliste (surtout quand on sait que cela est tiré d'une histoire vraie). Les acteurs sont aussi pour beaucoup dans la réussite de l'ensemble. En toute logique, on retrouve Laurent Lucas, tout aussi bon que dans Calvaire. Un visage et une voix qui a eux seuls font froid dans le dos. Il est une nouvelle fois parfait. Mais la vraie bonne surprise vient de l'actrice espagnole Lola Dueñas (Yo Tambien, Angèle et Tony, Suzanne). Elle est terrible, totalement abandonnée au personnage, belle, effrayante et totalement déjantée. Elle est juste prodigieuse. Une des meilleures interprétation de l'année. Dans la production actuelle, Alléluia, comme d'ailleurs tous les films du réalisateur, fait office de véritable ovni. Sordide, dérangeant, noir, sanglant, fascinant. Un vrai parti pris de mise en scène et d'esthétisme, un scénario tordu et tendu (mais pas dénué d'humour), des acteurs habités pour une incroyable histoire d'amour. On en sort un peu hébété, mais surtout perturbé, troublé, fasciné. J'en ai même rêvé la nuit suivante. Un film qui se mérite et à ne pas mettre devant tous les yeux. Fabrice du Welz nous bouscule, c'est rare de nos jours...