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Un visiteur
3,5
Publiée le 1 décembre 2014
Le père James œuvre tranquillement dans sa petite paroisse dans la campagne irlandaise. Lors d'une confession bien singulière, il va écouter l'histoire d'un inconnu, traumatisé par des sévices sexuels perpétrés par un prêtre lors de sa jeunesse. Cet inconnu, écorché vif, va promettre au père James qu'il va le tuer d'ici une semaine, en exemple de représailles vis-à-vis d'un monde ecclésiastique sali par des affaires de viol. Évidemment, le choix du père James n'est pas anodin, car il est totalement innocent, et l'assassinat d'un prêtre innocent serait à l'origine d'un véritable choc dans la société.
L'histoire nous fait donc suivre les enquêtes du père James, qui va aller à la rencontre des différents membres de sa paroisse afin d'y déceler des traits de caractère, des éléments passés ou des réactions pouvant permettre de faire un lien avec cet inconnu. Cette enquête nous envoie à la découverte d'un tableau riche en couleurs, avec des personnages variés : la femme battue et adultère, le jeune désabusé qui ne sait quoi faire de sa vie, le vieil homme lassé, le riche esseulé ne sachant que faire de son argent... Les profils sont divers, et le père James découvre ainsi toute une société relativement hostile, où il redécouvre son rôle de guide vers le droit chemin.
Ce film s'appuie directement sur la réputation du clergé et des divers scandales de pédophilie qui l'ont secoué. Le père James est l'incarnation d'un système devenu la cible de critiques, rétrograde, et où la piété n'est plus qu'une excuse pour s'absoudre des péchés de la vie quotidienne. La société est devenue hostile à la religion, autrefois source de dogmes voués à mener sur le droit chemin, et devenue prétexte à des dérives provoquées par ces mêmes dogmes. Brendan Gleeson endosse parfaitement le rôle de ce prêtre à la vie quelque peu triste, mais sans reproches, dans une petite ville où sa réputation n'est pas au beau fixe, chose dont il n'avait pas conscience avant cette fameuse confession. Une histoire intéressante, avec de magnifiques paysages et une belle palette de personnages.
Calvary interroge, par un raccord à la violence déclinée sous toutes ses formes et expressions, la posture religieuse de la retraite synonyme de distance prise à l’égard de la souffrance humaine. En cela, l’ouverture du film dans un confessionnal constitue une caisse de résonance du récit à venir : spoiler: l’absence de marques d’empathie témoignées à l’égard de la victime conduit cette dernière à se faire bourrelle et à réintégrer l’homme d’Église dans la société, jusqu’à lui faire ressentir les mêmes tourments que ceux endurés par ses ouailles. Il n’est pas anodin que l’ultimatum posé coïncide avec la visite de spoiler: sa fille souffrant de dépression , le reliant malgré lui à ses obligations paternelles – au sens familial – et intimes. La mise en scène alterne les plans contemplatifs sur les paysages irlandais, captés dans leur splendide sauvagerie, et les plans en champ et contre-champ sur l’ecclésiastique et ses différents interlocuteurs, dont l’énumération constitue une galerie de caractères tout à la fois comique et porteuse d’une ironie tragique – ils figurent la marche du destin et l’accomplissement de l’inéluctable. L’originalité du long métrage tient alors au parcours d’apprentissage du père James Levelle qui, alors qu’il est en charge de ramener ses fidèles dans le droit chemin, pratique le hors-piste, découvre des sentiers cachés par lesquels descendre dans la noirceur de l’âme humaine. Dit autrement, ce n’est plus lui qui enseigne aux autres, mais les autres qui lui enseignent leurs tares, leurs frustrations, leur vision du monde respective ; il doit alors réviser ses préjugés, synthétisés par une formule répétée ad nauseam, celle de « non-sens ». Nous regretterons une progression trop balisée et donc prévisible du film, ainsi que la longueur de certains dialogues donnant lieu à des séquences qui s’étirent sans raison. Reste une œuvre pertinente, campée par un Brendan Gleeson magistral.
film interessant ou l'on sait d'avance que le personnage principal va (d'après un appel anonyme ) être tué. Ainsi le personnage enquête mais continue ses responsabilité d'homme d'église.Le film est une suite d'échanges avec les paroissiens et autres habitants; offrants de multiples suspects.Cette "enquête à l'envers" nous questionne sur deux élements ; premierement qui va etre l'assassin et deuxièmement : le crime va t'il etre empêché ou aura t'il vraiment lieu? Mais même si l'acteur principal est toujours aussi excellent, et que le scénario est assez réussi, le film est un peu mou et les rebondissements sont rares. L'endormissement est a craindre vers le milieu du film.
Un Brendan Gleeson impressionnant encore une fois, son talent devrait être bien plus reconnu que ce qu il n est. Crédible même en prêtre harcelé par un de ces paroissiens dont le film survole chacun d eux. On commence alors à les suspecter les uns après les autres et à comprendre ce prêtre qui s aperçoit n être plus capable de les soulager. Le film dresse un constat flippant de l évolution de notre société et de l Eglise elle même puisqu elle est a l origine du traumatisme de l homme qui veut faire un martyre de son curé qu il sait pourtant bon. A côté de cette histoire, il y a ce rapport entre Gleeson et sa fille qui rend ce curé encore plus humain, plus attachant ... Un homme qui doute tout simplement. Un film qui m a marqué et que je conseille vivement!
John Michael McDonagh, le frère du gars à l'origine de l'excellent "Bons Baiser de Bruges" m'avait bien conquis en 2011 avec "L'irlandais" et il revient cette année avec "Calvary", un film plus accès dramatique que comédie, y'a de l'humour quand même mais pas autant que dans son précédent, l'histoire est intéressante et bien écrite, ça n'est pas non plus incroyable voire même un peu décevant au vu de mes attentes envers le projet mais bon ça reste très correct et bien trouvé, la réalisation est excellente, les plans sur l’Irlande sont très beaux, le coté curé et dieu et tout ça j'en suis vraiment pas fan, même très loin mais bon l'exceptionnel Brendan Gleeson incarne un curé attachant et profond donc ça passe.En bref, un deuxième film très sympathique mais qui ne surpasse ni égal "L'Irlandais".
Ce film nous fait partager un parcours et une réflexion personnelle et profonde sur la vie, l'amour, le sexe, la parentalité, la mort, le deuil et le pardon. On accompagne un prêtre irlandais qui apprend qu'il va mourrir 7 jours plus tard. Il noue, renoue et dénoue des liens avec des hommes et des femmes qui ne sont pas tous aimables, dans un paysage d'une beauté à couper le souffle. L'acteur principal est tout en humanité tourmentée. Kelly Reilly et Marie Josée Croze apportent leur force et leur douceur. Les seconds rôles sont parfois caricaturaux, mais tracent un portrait de groupe de la petite communauté très contrasté. Une découverte, un film à voir.
Un magnifique film, porté par un acteur de grand talent, Brendan Gleeson. Toute la beauté de l’Irlande, mais aussi toute sa rudesse et sa violence. Un superbe moment de cinéma.
Je vais être sans pitié, c'est atrocement nul. Au bout de 50 minutes, je regarde ma montre pour comprendre pourquoi il ne se passe toujours rien et finalement il ne se passera rien les 40 minutes suivantes. Je ne sais pas quoi dire, les acteurs sont bons, le contexte irlandais est là mais il ne se passe rien. Une messe muette serait plus excitante
Un film qui est dur, une bande de névrosés de quoi se poser des questions sur le ou les coupables... L'acteur principal joue vraiment très bien son rôle de Père Tout le monde ne pourra pas supporter ce film, mais je le conseille vivement malgré tout
Alléché par le thème l' Irlande et des acteurs peu connus (d'ailleurs très bons), bref dénicher la pépite Quelle désillusion, film pour grand dépressifs
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3,0
Publiée le 4 septembre 2014
Après le bon "The Guard" John Michael McDonagh est de retour avec un drame où l'Irlande sert une fois de plus de décors. Le film s'ouvre une surprenante confession qui va changer la vision du prêtre mas sans bouleverser le déroulement de l'histoire au contraire car avec un pitch comme ça on pourrait s'attendre à un thriller voir polar mais non on suit ce prêtre à travers ses taches quotidiennes et les différentes rencontres avec les personnages atypiques du village. Ce film est intéressant, profond, jamais ennuyeux malgré un faux rythme, l’histoire est rondement bien menée et se termine sur un final pas surprenant mais superbe et avec une grande tension. Le choix du casting est judicieux avec des acteurs qui collent bien à l'image du film comme Chris O'Dowd, Aiden Gillen, Kelly Reilly et le très bon Brendan Gleeson déjà tête d'affiche dans l'Irlandais.
Menacé de mort par l'un de ses paroissiens dont l'identité est couverte par le secret de la confession, un prêtre affronte le quotidien de sa bourgade irlandaise et ses habitants rongés par leurs propres démons. La grande force du film réside dans l'incertitude qui plane sur l'identité du "coupable" que l’ecclésiaste est le seul à connaitre : les pistes se multiplient alors que l'instant fatidique semble chaque instant plus proche, une mise sous tension contrebalancée par un cadre champêtre prenant lui aussi une teinte menaçante. Calvary est un polar noir et pessimiste, riche dans son propos, admirablement maîtrisé et brillamment écrit. Il met particulièrement en valeur l'époustouflant Brendan Gleeson dans le role principal. On a affaire ici à l'une des meilleures oeuvres du genre : à découvrir de toute urgence !
Sur fond de magnifiques paysages et de musiques d'Irlande, un prètre qui rencontre des vies cabossées, tout autant que la sienne. Un film qui bénéficie d'une belle photo, d'acteurs talentueux, sombre spoiler: et à la fin tragique .
Chronique d'un compte à rebours annoncé. Pas de surprise pour cela même si le film avançant, ce Père James devient de plus en plus attachant par son humanité. L'Irlande en perte de valeurs, déclinante, superbement filmée avec une belle bande son, nous fait plonger dans une atmosphère lourde, pesante, rehaussée par les joutes fleuries entre les personnages qui défient à longueur de temps l'église à coup de répliques cinglantes. Joli moment de cinéma qui ne laisse pas indifférent.