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Un visiteur
3,5
Publiée le 27 novembre 2014
C’est un drôle de paroissien que le père James accueille un dimanche à confesse. Violé par un prêtre pédophile à 7 ans, la voix de l’ombre annonce à son confesseur que pour prix de sa vengeance, il le tuera dans sept jours. Pourquoi lui ? « Parce que vous êtes innocent justement. Sinon la vengeance serait évidente !» Sept jours donc, pour que la victime devienne l’assassin. Et pour que le père James débusque son tueur parmi ses ouailles. Une semaine flic et prêtre, entre enquêteur et confesseur.
Sur ce scénario de polar malin, commence alors le défilé de suspects potentiels. Qui nous fait passer en revue tout ce que ce petit village marin au nord de l’Irlande compte de frustrés, de névrosés et de psychotiques. Ici, l’herbe est verte, mais l’océan est gris. Les témoins appelés « à la barbe » de James ne lui facilitent pas la tâche et le bon père passe par tous les états : « déni, colère, marchandage, dépression, acceptation… » Le calvaire n’en finit pas.
Grâce à la superbe interprétation de Brendan Gleeson, dont la conviction bourrue est épatante, on peut comprendre son questionnement sur «la faute et le pardon » et surtout partager sa souffrance morale. Malheureusement, on ne voit pas bien de quelle aide peut lui être sa jolie fille… car il a été marié dans le temps ! Au-delà de cette curiosité qui relève surtout du mélo, le film pèche un peu par sa naïveté et celle de personnages secondaires très « archétypés ». Le voir est cependant une douce pénitence.
Ce n'est pas à proprement parlé du cinéma. McDonagh se sert de ce moyen de communication pour dire tout ce qu'il a dans le coeur, sur Dieu, sur la religion et surtout sur les hommes. Son film est une suite d'allégories ayant pour révélateur un personnage central : le père James, ce prêtre victime expiatoire programmée sera le révélateur des âmes. On baigne en permanence dans la métaphysique avec plus de questions que de réponses. Le temps manque pour approfondir, les différents protagonistes passent trop vite. A peine a t on commencé à comprendre le sens de ce qui est dit qu'une autre séquence arrive. Il faudrait voir Calvary trois fois pour tout comprendre, non l'histoire qui est fort simple mais ce dont McDonagh veut nous convaincre. L'atmosphère irlandaise est bien rendue et l'idée du départ est à la fois intéressante et judicieuse : c'est vrai que l'ensemble des serviteurs de l'église catholique a fait preuve d'une indifférence coupable sur les actes de pédophilie. Cela valait un document intelligent. C'est fait avec Calvary. Il est évident que ce film va surprendre et faire sans doute des mécontents tant sur le cinéma montré que sur les dialogues complexes. Pour ma part je suis heureux qu'il existe et je le reverrai plus tard tant il me parait unique en son genre.
(...) Pour les chrétiens, le calvaire est la crucifixion du Christ, la mort de ce Dieu fait homme, et venu nous libérer de nos péchés. Cette notion est essentielle à la compréhension de Calvary (...) Film sur la foi, sur l’isolement d’une petite ville irlandaise et avant tout, film sur la solitude des hommes d’églises (...) Regard désenchanté sur une société qui oublie « l’être » au profit de « l’avoir », cette œuvre laisse un goût amer, car même si l’on ne partage pas cette foi, on peut en partager les valeurs et constater, à travers cette galerie de personnages, que les valeurs humanistes disparaissent, faisant des hommes d’église les derniers gardiens d’une civilisation qui s’éteint au profit de l’homo consummeris (...)
Difficile de ne pas saluer la démarche entreprise par John Michael McDonagh qui laisse ici entrevoir une humanité en déréliction, prompt à laisser certaines valeurs sur le bord de la route. Et comme il s'entoure d'une équipe au diapason, on aimerait saluer le geste. Malheureusement, l'inquiétude laisse place à une démonstration outrée qui s'avère pesante, faisant de Calvary un long-métrage peu subtil. Pour en savoir plus, lisez notre critique complète:
Tout simplement excellent!! Le cinéma irlandais dans toute sa splendeur. Drôle, sombre, réfléchi avec en plus une brochette d'acteur de haute volée. Une mention spéciale pour Brendan Gleeson au sommet de son talent.
Film intéressant, quoiqu'un peu surévalué dans les critiques à mon sens. Je n'ai pas bien saisi l'aspect "comédie" du film. Il s'agit plutôt d'un polar sombre, mais là encore, l'aspect "polar" est loin d'être le centre du film. A ne pas regarder si vous cherchez à rire et à passer un moment de détente.
John Michael McDonagh, le frère du gars à l'origine de l'excellent "Bons Baiser de Bruges" m'avait bien conquis en 2011 avec "L'irlandais" et il revient cette année avec "Calvary", un film plus accès dramatique que comédie, y'a de l'humour quand même mais pas autant que dans son précédent, l'histoire est intéressante et bien écrite, ça n'est pas non plus incroyable voire même un peu décevant au vu de mes attentes envers le projet mais bon ça reste très correct et bien trouvé, la réalisation est excellente, les plans sur l’Irlande sont très beaux, le coté curé et dieu et tout ça j'en suis vraiment pas fan, même très loin mais bon l'exceptionnel Brendan Gleeson incarne un curé attachant et profond donc ça passe.En bref, un deuxième film très sympathique mais qui ne surpasse ni égal "L'Irlandais".
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3,0
Publiée le 4 septembre 2014
Après le bon "The Guard" John Michael McDonagh est de retour avec un drame où l'Irlande sert une fois de plus de décors. Le film s'ouvre une surprenante confession qui va changer la vision du prêtre mas sans bouleverser le déroulement de l'histoire au contraire car avec un pitch comme ça on pourrait s'attendre à un thriller voir polar mais non on suit ce prêtre à travers ses taches quotidiennes et les différentes rencontres avec les personnages atypiques du village. Ce film est intéressant, profond, jamais ennuyeux malgré un faux rythme, l’histoire est rondement bien menée et se termine sur un final pas surprenant mais superbe et avec une grande tension. Le choix du casting est judicieux avec des acteurs qui collent bien à l'image du film comme Chris O'Dowd, Aiden Gillen, Kelly Reilly et le très bon Brendan Gleeson déjà tête d'affiche dans l'Irlandais.
Un film puissant à cause des questionnements qu'il amène à se poser sur l'âme humaine, nos motivations profondes, nos sens de vie. Nul doute qu'il restera confidentiel: la mode n'est pas aux films qui font réfléchir...
Menacé de mort par l'un de ses paroissiens dont l'identité est couverte par le secret de la confession, un prêtre affronte le quotidien de sa bourgade irlandaise et ses habitants rongés par leurs propres démons. La grande force du film réside dans l'incertitude qui plane sur l'identité du "coupable" que l’ecclésiaste est le seul à connaitre : les pistes se multiplient alors que l'instant fatidique semble chaque instant plus proche, une mise sous tension contrebalancée par un cadre champêtre prenant lui aussi une teinte menaçante. Calvary est un polar noir et pessimiste, riche dans son propos, admirablement maîtrisé et brillamment écrit. Il met particulièrement en valeur l'époustouflant Brendan Gleeson dans le role principal. On a affaire ici à l'une des meilleures oeuvres du genre : à découvrir de toute urgence !
Je vais être sans pitié, c'est atrocement nul. Au bout de 50 minutes, je regarde ma montre pour comprendre pourquoi il ne se passe toujours rien et finalement il ne se passera rien les 40 minutes suivantes. Je ne sais pas quoi dire, les acteurs sont bons, le contexte irlandais est là mais il ne se passe rien. Une messe muette serait plus excitante
Brendan Gleeson est fantastique dans ce rôle. Les noirs travers de ses paroissiens sont dévoilés les uns après les autres, jusqu'à une fin particulièrement rude. Les paysages sont à couper le souffle. A voir absolument !