Dans le registre des films de vampires, il y a ceux devenus populaires qui s'adressent à des ados pré-pubères en mal d'amour et il y a les autres. Après ''Thirst'' de Park Chan-wook, ''Only Lovers Left Alive'' s'impose comme le film de vampires le plus original qu'on ait vu depuis un moment. Avec son style bien à lui, Jim Jarmusch nous décrit un couple d'immortels qui s'ennuie. Alors que le sang des humains (les ''zombies'' comme ils les appellent) devient de plus en plus contaminé, les vampires sont contraints de trouver des moyens de substitution pour se nourrir sans tomber malades. Comme souvent chez le cinéaste, on sent que les personnages se font plus mener par une trame un peu floue que par un scénario à la mécanique bien huilée. Adam et Ève, en couple depuis des lustres, vagabondent de Detroit à Tanger et n'ont aucun but précis si ce n'est être ensemble et se nourrir. La mise en scène est souvent hypnotique, appuyée par une très belle photographie et une bande-originale qui correspond à merveille à l'ambiance du film mais quelques longueurs viennent tout de même pointer le bout de leur nez, le cinéma de Jarmusch étant aussi déroutant que fascinant. Mais, injectant une bonne dose d'humour chez ses vampires, le réalisateur parvient toujours à retomber sur ses pattes et à garder notre attention. Il faut dire que dans le rôle du couple éternel, Tilda Swinton et Tom Hiddleston sont excellents. Les deux sont en effet au sommet de leur charisme et composent des personnages réjouissants (en particulier Hiddleston en vampire aux allures de rocker romantique et suicidaire).
Jusqu'ici, je n'avais vu (et beaucoup aimé) que deux films de Jim Jarmusch : Ghost Dog et Broken Flowers. Après son passage à Cannes (en compétition) en 2013, Only lovers left alive débarque enfin sur nos écrans. C'est donc une chance que de l'avoir déjà vu en avant-première, présenté par le réalisateur lui-même et son chef opérateur (le français Yorick Le Seaux déjà auteur de la superbe photo de Amore et de celle de plusieurs Ozon). Vu depuis quelques mois déjà, le film continue à faire son petit effet. Déjà un des grands moments de 2014...
Le dernier Jarmusch est une merveille de poésie. Tanger et Detroit, belles et décrépites, filmées superbement, constituent l'atout majeur du film.
Tilda Swinton donne l'impression irrésistible d'être un véritable vampire (mais peut-être l'est-elle ?) et Tom Hiddleston est radicalement magnétique.
Le scénario du film est quant à lui quelconque. Je peine d'ailleurs à m'en souvenir, tellement l'intérêt de Only lovers left alive réside ailleurs : dans son aspect de gaze vaporeuse striée de riffs de guitare et de visions hallucinées. Jarmusch parvient à la fois à ... la suite ici :
Les vampires sont une des mythologies les plus courantes sur grand écran mais aussi l'une des plus difficile à représenter. Les films qui porte sur ce sujet ne sont pourtant pas rare surtout dans l'épouvante, là on pourrai citer des films récents tel que Fright Night ou Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires et plus anciennement Entretien avec un Vampire, la comédie avec Le Bal des vampires et prochainement Vampire Academy jusqu'à là romance avec Twilight. Ces films sont souvent assez fade (notamment un d'entre eux que vous avez tous deviné) et raconte souvent les mêmes histoires qui sont pour définition l'affrontement entre le gentil humain et le méchant vampire qui comme pour le cas Fright Night se termine dans un déluge numérique à vomir. L'inconvénient dans tout ça s'est que les les réalisateurs on une faucheuse tendance à exagéré trop souvent en donnant aux vampires une dimension beaucoup trop humaine pour être crédible ou bien tellement inhumaine qu'on finit par en oublier le gentil petit humain. Avec Only Lovers Left Alive, Jim Jarmush nous propose une immersion dans ce monde avec une romance très troublante.
Au programme donc vampire sexy et un retournement de situation puisque l'histoire est vu du point de vu des créatures fantastiques à travers une romance qui dure depuis des siècles. Le casting est prestigieux puisque ce sont Tilda Swinton et Tom Hiddleston qui se revoient la réplique. On commence directement à remarquer une mise en scène très très osé, et pour cause pendant l'introduction du film la caméra met en image les vampires en tournant autour d'eux et en se rapprochant petit à petit de leurs visages, le tout provoque un rendu vertigineux qui propulse le spectateur dans le film sans plus tarder.
La maturité et la mise en scène rivalise du génie, malgré les longueurs très présentent le montage et l'énergie de Jim Jarmusch seront payant puisque le tout abouti à une réalisation exemplaire. Le cinéaste privilégie la réflexion et n'ajoute du sang que quand cela est nécessaire pour nous immerger dans sa vision des vampires, on est dans leur intimité, leur vie quotidienne, Jim Jarmusch nous fais observer ces créatures comme nul autre ne l'a fait auparavant. Le réalisateur ne leur donnent jamais un coté humain ni animal mais bel et bien vampire et il ne nous le fait pas comprendre à travers quelque scènes gores mais à travers des répliques du style "on m'a offert ce pull en 1589" . Le réalisateur maîtrise son film à la perfection et le rend réellement vivant.
Jarmush joue aussi énormément sur les couleurs et plan divers et variés en ajoutant des décors somptueux qu'il film avec une virtuosité implacable, les images sont parfois d'une perfection instantanées et la BO sublime renforce le tout, même si par moment elle est beaucoup trop insistante.
Evidemment les acteurs sont à tombé, il interprète leurs personnages à merveille et en particulier Tilda Swinton renversante. L'actrice qui sera la semaine prochaine à l'affiche de The Grand Budapest Hotel montre un charisme absolument parfait et est brillante en tout point dans son jeux tout comme son partenaire l'ex-Loki Tom Hiddleston également parfait en rockeur dépressif et les seconds rôle Mia Wasikowska et John Hurt également excellents !
Le tout est malheureusement combiné sur une histoire qui tient sur un post-it et que le réalisateur tente désespérément de rallonger en rajoutant des séquences parfois interminables et en comblant le vide à l'aide de la BO ce qui peine d'ailleurs à éviter le bâillement.
Bilan : Jarmucsh s'affranchi des clichés du genre et offre un film qui malgré sa longueur est touché par la grâce.
Ce film est un OVNI. Lent, long, très lent...on regrette que le ressort dramatique arrive si tard dans le film. A voir pour cette ambiance "sous acide" très particulière et une très belle bande son.
D'un côté, la morbidité de Détroit, et de l'autre, la chaleur de Tanger. Autrement dit, le dépressif Adam éloigné de l'énigmatique Ève. L'opposition mise en place dans les quarante cinq premières minutes du nouveau film de Jim Jarmusch est fascinante. Mais plus que deux caractères présentés, ce sont surtout deux notions du temps bien différentes qui nous sont proposées. Parce que si le film est principalement contemplatif (il est meilleur dans ce domaine que dans la narration), il raconte avec une grande subjectivité le rapport entre l'immortalité et le fait de vivre en reclus. Et par cette idée, on se rend compte que Jarmusch fait bien un film de vampire tout en se l'appropriant. L'idée que l'artiste n'est pas un simple être humain, mais bien au dessus de cette condition est contestable, mais parcourt le film avec conviction. La noirceur mélangée à l'ironie, certaines images formellement sublimes (les amoureux marchant dans les rues de Tanger), et une lenteur délectable font de ce film un beau moment de cinéma. Enfin, on note bien quelques défauts frustrants, comme les considérations autobiographico-temporelles des vampires assez lourdes, ou encore le moment de flottement d'une vingtaine de minutes à partir du moment où les amants se retrouvent, mais qui heureusement ne parviennent pas totalement à vampiriser la très belle atmosphère ambiante.
"Only Lovers Left Alive", dans une atmosphère minimaliste et intime pleine d'humour et de références avec sa bande son enivrante et son ambiance envoûtante, trouble et nous amène à une réflexion sur la vie, l'amour et le monde qui nous entoure. A travers l'histoire d'amour éternel entre Adam et Ève interprétés par Tom Hiddleston et Tildz Swinton, sublimes en vampires underground et dandys qui traversent les siècles avec une certaine nonchalance, "Only Lovers Left Alive" nous offre une magnifique métaphore de la décadence d'un monde en perdition.
If you liked Ghost dog, you’re a Jim Jarmush’s fan and you’ll love this movie about two very trendy vampires. Forget twilight and their young precks, here the very (very, very) old guy is the coolest kid around the block. He lives in a crappie Detroit old house, composing music and drinking blood. With his immortal lover visiting from Tangier, played by the breathtaking Telda Swinton, they invite us to a journey through Motown’s underground streets and joints, until, they are thirsty again …
Un fable vampirique philosophico-existentaliste abordant le genre à la sauce Jarmusch : profondeur, subtilité et singularité prennent la place de toute mythologie classique facile pour une virée nocturne lancinante et crépusculaire façonnée en métaphore du monde actuel. Dommage que ce soit d'un tel ennui... A tel point que le plaisir de la beauté de la chose s'y abîme.
A travers une histoire d'amour ancestralle ayant traversé les temps et dont nos deux protagonistes : Adam et Eve ont tout connu, ont survécu à tout, et leurs sentiments avec, le réalisateur nous livre une très belle et poétique métaphore du monde moderne. Il se dégage une atmosphère très étrange, presque sensuelle du film venant de la simplicité des plans, car le rendu est très sobre et c'est de là que résulte une partie de la beauté du film. Tout cela sur fond de musique collant a la perfection avec cette ambiance si spéciale. Un film à voir ou à revoir au cours duquel le temps semble s'arrêter ou tout du moins ralentir et qui nous transporte dans un autre monde plus sombre où l'optimisme est la base de la survie.
Enfin un film qui traitent des vampires dans ce qu'ils représente vraiment. Vieux de plusieurs siècles, ils ont tous vécu et ont des réflexions sur le monde qui n'appartiennent qu'a eux. Nourri de la sagesse du temps, ils permettent de mettre en exergue les défauts de notre monde et sa décadence. Un film où deux amants, Adam et Eve qui tout oppose. Adam broie du noir vis seul à Detroit enfermé dans sa musique alors que Eve tout de blanc vêtu, vis à Tanger essaye tant bien que mal de continuer à s’émerveiller du monde qui l'entoure. La bande son est incroyable tout la musique de Adam, quelque note de guitare et nous voila propulsé dans l’atmosphère. A voir.