6,5/10
Sorti pile pour le vingt-cinquième anniversaire de la saga, ce cinquième volet a bien failli ne jamais voir le jour. Depuis un épisode 4 en 2011, pas mauvais mais que tout le monde a oublié depuis (moi compris), tous les ayant-droits s’arrachaient les cheveux sur le devenir d’une saga aussi culte que datée et encombrante : fallait-il tourner une suite ? Un reboot ? Une préquelle ? La mort de Wes Craven en 2015 avait rendu le choix moralement plus délicat, tout en le facilitant.. En fin de compte, on peut dire que ce ‘Scream’ non numéroté, confié à des fanboys futés mais visiblement un peu écrasés par l’ampleur de leur mission, tient à la fois de la suite et du reboot. Il choisit en effet de mettre en avant une toute nouvelle génération de personnages, même si les figures historiques de la franchise viendront leur prêter main forte et passer le flambeau, comme l’exige désormais tout Legacy-movie, et accumule aussi les appels du pied à la fanbase historique, en disséminant les clins d’oeil et les références tout au long du film, et en rejouant certaines scènes à l’identique (sous couvert, évidemment, de subversion des clichés de Scream, eux-mêmes subvertis par l’épisode fondateur). Comme l’époque a changé, le discours méta s’est évidemment adapté : il n’est plus seulement question de jouer sur les codes visuels et thématiques du Slasher mais d’aborder des considérations plus contemporaines, comme l’arrivée dans l’arène de l’elevated-genre qui taille des croupières à l’épouvante bête et méchant ou l’émergence du fan-toxique, gardien du dogme intolérant et véritable poison numérique pour ceux qui s’avisent de toucher à la vision qu’il nourrit de son film ou de sa série-culte. Evidemment, il est toujours dangereux de prêter aux scénaristes et réalisateurs des intentions qu’ils n’avaient peut-être pas mais en flanquant tous ces clichés du film d’horreur au shaker et même si on peut regretter un évident manque d’audace de la part du duo Bettinelli-Olpin/Gillett, je perçois quand même dans la mixture finale plus de sincère volonté de rendre hommage à la saga que d’opportunisme cynique. En 2022, ‘Scream’ radote, en toute connaissance de cause, et on ne passe certainement pas une mauvaise séance, a fortiori quand on fait partie de la génération qui a vu le premier épisode un paquet de fois…mais ce n’est clairement pas avec cet épisode consciemment passéiste qu’un nouvel élan sera donné à la saga. Quant au fait de savoir si ‘Scream’ est effrayant ou pas…franchement, est-ce que quelqu’un, un jour, a déjà eu la trouille de Ghostface ?