En 2025, James Dean est mort depuis 70 ans.
Il avait 24 ans, et en aurait eu 94 s'il avait continué de vivre pour nous éblouir.
Alors il y a eu East of Eden (À l'Est d'Éden) et Giant (Géant), où il expulse bien sûr toute sa beauté sauvage et rare de grand gamin blessé qui déchante, mais s'il ne fallait retenir qu'un film, c'est évidemment Rebel Without A Cause (La fureur de vivre), car personne depuis ne paraît avoir su incarner avec autant d'acuité et de magnétisme la fragilité énorme et le sentiment immense de révolte d'une jeunesse par définition intemporelle, parce qu'on est toutes et tous jeunes un jour, et qu'on ne l'est plus celui d'après.
Si vous ne l'avez pas vu, le film vous fera éventuellement pleurer, sans doute frissonner. Peut-être tomberez-vous amoureuses et amoureux de lui, mais en tout cas vous ne serez pas indifférents. Il est même assuré que cela vous mettra, en définitive, du baume au cœur. Vous pourrez poser des mots sur la soif de reconnaissance qui nous anime toutes et tous, la solitude parfois, le silence des drames intimes. Si vous êtes jeunes, et que vous avez peur du grand void devant vous, ce qui est normal, c'est encore mieux, parce qu'il pourra vous accompagner et vous aider.
Car si ce film demeure brûlant, plus de 70 ans après sa sortie au cinéma, c'est parce qu'il traverse les sociétés et les époques, ce qui en fait un chef d'œuvre intact, qui paraît particulièrement résonner avec une partie de la jeunesse qui continue d'exprimer, parfois assez désespérément, sa fameuse quête de sens, de repères, de justice, d'amour sincère et de liberté triomphante dans un monde carrément incertain.
À célébrer sans arrêt, pour participer à comprendre, appréhender et accepter la violence sourde qui nous est imposée par la mise en scène du monde, à l'instar de celle du film.
Être révolté et sentir qu'on parle de nulle part, parce qu'on part de nulle part, ne pas avoir de cause à soi, ou vouloir s'en trouver une, à défaut désirer en embrasser plusieurs... voilà peut-être un grand sujet que l'individu doit tâcher d'évacuer.
Bref, c'est comme une Bible.