On n'a pas vu la purge immonde qui est décriée par la presse... Ce troisième volet de la saga Tron, actuellement en train de flopper sévèrement au box-office (et de condamner encore une fois l'univers à un vieux carton poussiéreux dans la cave des studios Disney...), est pourtant un divertissement assez fun à regarder, grâce à des effets spéciaux très propres (on est même très agréablement surpris du "nettoyage" de la version 1982, dans une séquence nostalgique qui plaira aux fans de la première heure), à une histoire simple et efficace, à une BO électrisante qui met le paquet (les baffles du cinéma étaient fatiguées en fin de séance), un soupçon d'humour et d'humanité qui font du bien dans une saga qu'on a toujours trouvé trop sérieuse et rigide. On a bien aimé le personnage "qui apprend à être humain" de Jared Leto (qui joue encore comme s'il devait gagner un Oscar à chaque plan, mais ça a quelque chose d'accidentellement comique, donc on ne boude pas), et surtout la grande originalité de cet opus qui fait l'inverse des deux précédents (c'est-à-dire envoyer des humains dans un jeu vidéo) car ici c'est le jeu vidéo qui vient dans le monde réel. Il y a bien une séquence rétro 1982 pour les nostalgiques de la salle (avec le retour de
Jeff Bridges
, dans un caméo dispensable, si ce n'est pour cirer les pompes des fans), dont les néophytes n'ont pas dû comprendre grand chose (il vaut mieux avoir vu le premier film, sinon on pense "Qu'est-ce que ce trou fiche dans ce mur ?", pas sûr que les gamins de la salle aient eu la réf). Le final quant à lui est brouillon et maladroit au possible, c'est un peu le "game over" d'une partie plutôt cool jusque-là, puisqu'il enchaîne les inepties (
le gros "M" qui vole à 5km/h qui ne met que 15 minutes pour rejoindre le centre-ville, ça ne fonctionne pas, idem "Mes inventions blindées peuvent résister à tout, elles traversent des murs, patati-patata..." et le gros M qui s'effondre comme une bouse au moindre petit Mirage qui lui tape dans la jambe... Un tank volant en carton, oui
). Idem on ne sait pas trop ce que voulait faire Arès en
se jetant sur la méchante alors qu'il disparaissait (il n'est pas censé pouvoir l'embarquer dans sa dissolution,
alors il voulait faire quoi ? Lui mettre de la poussière cubique dans les yeux ?)... Beaucoup d'incohérences qui s'ajoutent aux dialogues parfois lunaires (il faut voir comment le scénario amène les conversations sur Depeche Mode, on se demande ce que ça fiche là), ce qui fera de Tron : Ares un film parfois bancal, malgré le plaisir global qu'on a éprouvé à le voir. On retient même Greta Lee comme étant le meilleur personnage du film (devant le rôle-titre), tant son personnage est attachant. Tron : Ares est donc loin de la catastrophe annoncée par certains papiers, il est bien maladroit (surtout dans son final plein d'incohérences), pas toujours très fin, mais il a l'audace d'avoir voulu changer le concept de la saga (inverser l'échange d'univers), de "re-mastériser" l'opus de 1982 (assez joliment), d'humaniser son personnage principal, et de mettre le paquet sur les effets spéciaux, l'action et surtout la sono.