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Un visiteur
3,5
Publiée le 16 novembre 2015
Film qui prend son temps, pas de tir, de gâchette dégainée nerveusement, pas de scène de torture. L’enquête prend son temps, un temps indispensable pour savoir qui est vraiment Issa. Je peux comprendre que l’on soit déçu par ce rythme et par la soi-disant absence d’intrigue. En effet, Issa est de suite identifié et assez rapidement localisé. Mais subsiste l’intérêt qui tourne autour d’Issa. Je me suis interrogé sur la sincérité des services secrets allemands en particulier en la personne de Günther Bachmann, interprété avec beaucoup de subtilité par Philip Seymour Hoffman. Selon moi, l’intérêt du film à défaut d’intrigue, repose sur la sincérité d’Issa d’une part et la sincérité de Günther d’autre part ? Un film qui en dit long sur les préjugés, sur les certitudes. Là encore, Günther dit à un moment donné, tout ce qui est basané, musulman qui porte une barbe peut être considéré comme terroriste. Tout comme on peut douter de la sincérité de Günther d’aider Issa. Et le rythme lent du film nous permet de nous interroger sur les agissements des uns et des autres et à appréhender petit à petit la confiance des uns et des autres, un peu comme Annabel Richter, interprétée par Rachel McAdams. Un rythme constructif, indispensable pour illustrer le côté méticuleux de Günther. Le réalisateur nous réserve une fin où « la raison d’Etat » est dénuée d’état d’âme et où le doute est ennemi de la stigmatisation. A l’heure où j’écris ces lignes, Paris est en deuil, spoiler: comment ne pas aussi comprendre l’intervention de la CIA ? Un film qui interroge plus que jamais en ces temps de souffrance, sur le doute, la confusion et les certitudes parfois iniques.
Avec Un homme très recherché Anton Corbijn est devenu le dernier réalisateur a avoir fait tourné Philip Seymour Hoffman. Ce film est donc l'occasion de revoir cet acteur inoubliable dans la peau de Truman Capote une dernière fois. Un homme très recherché est tiré d'un roman britannique éponyme écrit par John Le Carré.
L'histoire se situe en Allemagne dans la ville de Hambourg, quelques années après le 11 septembre 2001. Dès le début du film, on nous explique pourquoi cette ville en particulier et son rôle dans la mise en place des attentats du World Trade Center. Cette ville allemande est donc le centre d'attention des agences de sécurité allemandes et bien sûr américaines. Philip Seymour Hoffman interprète un agent des services secrets allemands en charge de surveiller les filières terroristes qui opèrent dans la ville. Son personnage est constamment sur un fil, il apparaît comme un homme torturé intérieurement par son passé. Un personnage qui sent le tabac froid, avec sa flasque de whisky toujours dans la poche.
Lorsqu'un jeune homme russo-tchétchène est repéré à Hambourg, la cellule en charge de la surveillance des terroristes est alors en alerte maximum pour découvrir qui est cet homme et ce qu'il vient faire à Hambourg. Alors que celui-ci entre en contact avec une jeune avocate représentant les immigrés en situation irrégulière. Il apparaît très rapidement que ce jeune homme à des liens avec un directeur d'une grande banque allemande. Soupçonné de vouloir financer Al Qaida, le clandestin devient la priorité numéro 1 des services allemands et américains.
Pour les besoins du film Anton Corbijn a non seulement fait appel à Philip Seymour Hoffman, mais pour lui donner la réplique le réalisateur a eu la bonne idée de faire appel à Rachel McAdams, Robin Wright et Willem Dafoe. Nous avons donc un casting particulièrement attrayant accompagné d'une intrigue exaltante. Autrement dit, tout pour nous tenir en éveil, à cela s'ajoute également une certaine réflexion sur la manière dont l'Occident gère la question des filières islamistes. A cela s'ajoute une critique du système américain non seulement dans sa manière de traiter ses alliés, mais également sur sa manière de traiter la question du terrorisme. Au final, il s'agit d'un très bon film, jusqu'à la dernière minute on se demande comment les choses vont finir et si la fin est particulièrement frustrante, je pense que c'est le but recherché par le réalisateur.
Philip Seymour Hoffman incarne parfaitement le rôle de l'espion, impliqué dans son travail qui n'est pas une partie de plaisir. Ce film donne image plus crédible de l'espionnage que celle des James Bond. La réalisation est bonne mais le scénario pèche par excès de sa sincérité : il est sans panache, sans humour ni rebondissements.
Un film d'espionnage (très) classique et sans esbroufe. Le film est très réaliste, le scénario complexe mais bien lisible, le tout emmené par un Philip Seymour Hoffman qui est (une dernière fois) exceptionnel. On peut toutefois regretter une mise en scène un peu trop sobre et trop froide et des personnages qui ne sont finalement rien d'autre que des pions.
Les adaptations cinématographiques des romans de John Le Carré ont rarement déçu, de "L'espion qui venait du froid" (Martin Ritt en 1965) à "La Taupe" (Tomas Alfredsson en 2001) en passant par '"MI5 demande protection" (Sidney Lumet en 1966) ou le "Tailleur de Panama" (John Boorman en 2001) , l'écrivain attirant à lui des réalisateurs ayant su intégrer parfaitement son univers où le plus souvent le héros, quidam moyen dépassé par son sens du devoir, ne sait plus établir la frontière entre sa mission et sa vie privée partie en lambeaux. Anton Corbijn ne s'y est pas trompé en adaptant un des derniers romans du grand auteur britannique "Un homme très recherché" (2008) et en confiant le rôle principal à Philipp Seymour Hoffman alors au zénith de sa carrière mais aussi à quelques mois de sa fin tragique, trimballant sur lui tous les stigmates d'une détresse qu'il avait choisi d'utiliser dans ses derniers rôles ("God's Pocket" de John Slattery). C'est dans un port de Hambourg magnifiquement filmé (photographie de Benoît Delhomme) que les services secrets sont sur les dents suite à l'arrivée incognito d'un dangereux terroriste tchétchène musulman prétendument venu sur place pour une affaire privée. Services secrets allemands et américains se tirent la bourre avec des objectifs différents liés à un mystérieux banquier (Willem Dafoe) soupçonné d'être un pourvoyeur de fonds pour le terrorisme international. Günther Bachmann (Phillip Seymour Hoffman) chef du bureau des services secrets allemands, sur la corde raide depuis une opération ayant fini en carnage au Moyen Orient, mise gros sur cette filature du jeune terroriste (Grigori Dobryguine) guidé dans un Hambourg interlope par une jeune avocate (Rachel Mc Adams) idéaliste. L'action pour une fois limpide, ce qui déroge plutôt aux canons du genre, ne distille pas le parfum de tubéreuse qui fait tout le charme des grands films d'espionnage. Reste le portrait pathétique de Günther Bachmann en résonnance troublante avec son interprète et la présence énigmatique de Robin Wright que l'on a du mal à reconnaitre teinte en brune, en deus ex machina manipulatrice.
Bon film d’espionnage. L'intrigue est finement ciselée avec pleins de rebondissements intelligents. La réalisation est très convaincante, ce n’est pas du James Bond (pas de bagarre en permanence), mais tout est disséqué, expliqué, fouillé, décodé avec soin. Et servi par une belle brochette d’acteurs, Philip Seymour Hoffman est génial.
Avec ce film, Anton Corbijn adapte le dernier livre d’un des monuments de le littérature d’espionnage John Le Carré. Le film est, donc, à l’image des livres du romancier un thriller où espions et espionnés sont des personnages complexes loin du manichéisme (souvent à l’américaine), avec d’un côté les méchants terroristes et de l’autre les courageux patriotes qui se sacrifient pour sauver des vies. Ici, le film nous évite même le coup des méchants Arabes qui veulent tout faire péter, au contraire il montre un visage multiculturel de l’Islam (turc, tchétchène…). Il montre aussi les limites de la guerre secrète contre le terrorisme et des alliances entre services au sein d’un même pays et entre agences de renseignements de différentes nations. À ce jeu, en bon Anglais, Le Carré ne tresse pas les lauriers des services américains. L’intrigue est très prenante et offre un suspens efficace, même si loin de la nervosité presque hystérique de ses confrères américains, qui permet au spectateur de plonger dans l’ambiance trouble de cette chasse à l’homme dont les tenants et les aboutissants demeurent longtemps brumeux. L’histoire doit également beaucoup à la performance comme toujours très profonde et très forte de Philip Seymour Hoffman, qui avec ce rôle nous montre à quel point sa disparition est un tragédie pour le cinéma. Un thriller d’espionnage plus tourné vers la psychologie des personnages que vers un tension nourrie d’action à tout crin. Deux heures de tension qui vous tiendrons scotché devant votre écran. À ne pas manquer.
Philip Seymour Hoffman occupe tout l'espace dans A most wanted man, un film languissant dans lequel il traîne son corps fatigué, de bureaux austères en bars miteux, cigarettes et whisky a portée de main. Situé à Hambourg, un décor rarement utilisé, et adapté d'un roman de John le Carré, cela donne un film d'espionnage psychologique aux ambiances feutrées et froides et aux éclairages chauds qui brille par son manque de scènes d'action. On est loin de Mission Impossible! On est plus absorbé par son atmosphère particulière et intrigué par les manipulations en série de ses divers personnages que surpris par ses rebondissements. À voir tout de même.
ce film d'espionnage est porté par un Philip Seymour Hoffman toujours aussi impeccable. Cependant , le film manque légèrement de rebondissement et de rythme. Sans etre inintéressant, le film propose beaucoup de longueurs et peine à lancer son histoire. J'ai beau être fan de l'acteur, le film est très monotone. A réserver aux fans d'espionnage
Mon dieu que je me suis ennuyée !! Y a rien dans ce film : le personnage principal ne montre aucune émotion (à part son énervement à 2min de la fin), un soi disant méchant jeune homme et puis aucun suspense, on sait d'avance comment va se terminer tout ca grace aux américains. J'oublie très vite ce navet..
Totalement maîtrisé, élégant,sans cesse évolutif dans sa dramaturgie, "A most wanted Man" est une réussite de bout en bout, flamboyante, servi par une distribution impeccable.Le roman de Le Carré est totalement respecté dans la forme du suspense et sa griffe se ressent tout au long du film. La ville de Hambourg et sa grisaille n'y sont pas pour rien, et ses deux heures passionnantes ne lèvent pas une seconde d'ennui. La traque est subtile, les rebondissements intelligents, on navigue tout au long du film en eaux troubles où chaque service cherche à tirer la couverture et les ennemis ne sont pas toujours ceux qu'on imagine. Un vrai coup de cœur !
Déception , pourtant j'avais envie de l'aimer , dernier film de PSH un acteur que j'appréciais ...
mais voila autant le casting m'a plu autant le reste m'a décu
pourtant je ne suis pas réfractaire aux films lent l'absence de fusillades et d'explosions m'importent peu tant que le rythme est soutenu les dialogues sont intelligents etc
mais ici il n'y a rien , les dialogues sont plats on s'ennuie ce n'est pas vraiment bien filmé ; il n'y a pas grand chose a sauver au final , dommage ...
Si, comme moi, vous adorez les romans d'espionnage de John le Carré, vous allez aimé cette adaptation fort réussie, très solide sur le plan du suspense, grâce à un scénario complexe mais maîtrisé, une mise en scène efficace et une solide interprétation dominée par l'immense Philip Seymour Hoffman qui trouvait ici son dernier grand rôle.